Alger.
Le commerce d’Alger, bien moindre que celui de Tunis, a cependant de grands moyens de s’élever, vu la richesse du sol. Depuis quelque temps même, l’industrie des habitants s’éveille, et l’on en voit beaucoup venir trafiquer à Marseille. Nous avions, ci-devant, trois établissements à Alger: la concurrence des Juifs en a fait tomber deux.
Les objets d’envoi sont comme pour tout le Levant: on peut les estimer à 100,000 francs, sans compter les piastres d’Espagne. Les retours, qui sont de l’espèce de ceux de Tunis, se montent à 300,000 fr.
| De tout ceci il résulte que les envois annuels de la France au Levant se montent à | 23,150,000 fr. |
| Et les retours du Levant en France à | 26,280,000 fr. |
Dans les registres, depuis 1776 jusqu’en 1782, les résultats ont été très-différents; mais il faut observer que cet espace a compris cinq ans de guerre, où l’on éprouve toujours de grandes réductions.
La chambre de commerce a pris pour base de ses calculs les draps, parce qu’il est de fait que leur valeur égale presque celle de tous les autres objets réunis; or, l’on trouve par an entre sept et huit mille ballots d’envoi. De 1762 à 1772, c’est-à-dire, en dix ans de paix on trouve un terme moyen de sept mille ballots. En les évaluant à 1,200 fr. chacun, ce qui est le prix moyen de toutes les qualités, on a 9,600,000 fr. par an. Or, le reste étant égal, il résulte un total de 19,200,000 fr.; mais il y a d’ailleurs de la contrebande et un moins valu dans les déclarations aux douanes: en sorte qu’il faut ajouter 3 ou 4 millions, et compter sur un total de 23 millions.
On peut aussi calculer ce commerce à raison des maisons des facteurs: elles sont au nombre de 78 en Levant, savoir:
| A Constantinople, | 11 |
| Smyrne, | 19 |
| Salonique et la Cavalle, | 8 |
| Morée, | 5 |
| La Canée, | 2 |
| Cypre, | 2 |
| Alep, | 7 |
| Tripoli de Syrie, | 3 |
| Saide et Acre, | 10 |
| Alexandrie d’Égypte, | 4 |
| Tunis, | 6 |
| Alger, | 1 |
| Total | 78 |
En supposant que chacune, terme moyen, fasse pour 100,000 écus d’affaires, l’on a un peu plus de 23 millions.
Quant aux retours, obligés comme ils le sont de passer aux infirmeries où rien n’échappe, on est certain de leur quantité. Les dix années de 1762 à 1772 ont rendu, terme moyen, 26 millions.