Espèces étrangères portées en Levant.

Nous avons plusieurs fois parlé des espèces monnayées que l’on porte aussi en Levant, telles que les piastres d’Espagne, les sequins de Venise, les dahlers d’Allemagne, etc. Leur valeur et leur quantité varient beaucoup. Autrefois on apportait à Marseille une quantité étonnante de sequins turks. En 1773 et 1774, cette place étant dans une crise de banqueroute, les négociants retirèrent des sommes considérables en monnaie turke que l’on fondit; ensuite on a renvoyé des monnaies d’Europe pour près de 4 millions par an. Mais depuis 1781, on n’y en porte plus, et elles y ont en même temps disparu, parce qu’on les fond à Constantinople. La prohibition de l’Espagne, pour ses piastres, ou plutôt sa refonte, les a fait disparaître de Marseille. D’ailleurs, cet envoi ne convient plus, parce que l’échange est à perte. Les Turks ont altéré leur monnaie de près d’un quart. Les denrées y ont renchéri au point qu’elles coûtent vingt-cinq pour cent plus que par le passé. Les grands et les riches ont enfoui leur or. Cependant on croit approcher de la vérité, en supposant actuellement nos envois en monnaie valoir 1,000,000.