Lingots et matières d’or.

Ce commerce n’a eu lieu qu’un instant. Il fut occasioné par l’édit de Mustapha, qui décria les sequins altérés par les Juifs, et en ordonna la refonte: comme le prix qu’offrait la monnaie se trouva plus faible que le cours de France, nos négociants en donnèrent un plus avantageux, qui attira une quantité de matières, sans que le gouvernement eût l’attention de s’y opposer. Cela fit en même temps sortir de terre beaucoup d’or enfoui. (La différence de l’argent à l’or se trouva de cinq à six pour cent de bénéfice.) En outre, la guerre des Russes ayant répandu la misère dans la Grèce, les habitants fondirent leurs bijoux, sans compter quelque peu d’or que roulent des rivières d’Albanie.

Lettres de change.

Il est impossible de les évaluer. Il arrive souvent que Marseille tire des lettres de change du Levant sur l’Angleterre, la Hollande et l’Allemagne: ce qui prouve que ces nations retirent bien plus de marchandises qu’elles n’en envoient; pendant que celles que nous y portons ne comprenant pas toute la valeur des nôtres, nous avons recours à ces étrangers pour faire la balance.

Il faut donc supposer l’envoi total àfr.
24,150,000
Et le retrait avec les fonds et
lettres de change à
30,000,000
Sur quoi les droits, le fret, et
les frais d’exploitation à
4,000,000
Reste26,000,000

Navigation du Levant.

Il part de Marseille, année commune, deux cents bâtiments pour la Barbarie et la Turkie, sans compter ceux de la compagnie d’Afrique; plusieurs font deux voyages; ce qui engage à porter le nombre par année à 350. Depuis 1764 jusqu’en 1773, inclusivement, il en est parti 2662, qui font par an 266; mais on n’y compte point les navires chargés de denrées qui font quarantaine à Toulon. Le temps de la dernière guerre ne peut servir de règle. De là il résulte que ce commerce nous soudoie 4,000 matelots à 12 par navire; mais il y a ici un emploi double de quelques voyageurs.