IV
Puck sortit d’un buisson d’asphodèles ; il portait un habit de deuil fait avec deux moitiés d’une tulipe noire ; une petite toile d’araignée était le crêpe de son bonnet de fou.
— Yolaine, pauvre Yolaine, dit Puck, pourquoi te désoles-tu si fort ?
— Mon seul amour est mort, et je ne puis le suivre.
— Est-ce ton amour, ce fantôme qui vient de passer sur la route ?
— C’est lui-même. On lui a arraché ses cheveux couleur de la nuit, et, de regret de perdre sa bien-aimée, il a pleuré ses yeux bleus comme le ciel.
— Je sais les herbes qui font revivre et je sais les herbes qui font mourir. Retrouve le corps de ton préféré, je te donnerai l’herbe qui fait revivre.
— O Puck, tu m’as déçue ! Mais, si tu trompes quand il s’agit de faire le bien, tu dis vrai, quand il s’agit de faire le mal. Donne-moi l’herbe qui fait mourir.
— Prends-la donc dit le malicieux Puck. Dès que tu seras morte, tu rejoindras ton amour, et jamais plus vous ne vous quitterez.
Il lui donna quatre brins d’une herbe qu’en souvenir d’une histoire d’amour on appelle la Simonne ; lorsque Puck fut rentré dans le buisson d’asphodèles, Yolaine porta l’herbe à ses lèvres et mourut sans souffrances.