V
Mais Puck, cette fois encore, avait trompé la princesse. Comme l’âme d’Yolaine montait vers le ciel, elle vit une âme qui descendait vers l’enfer. A la lueur d’une étoile, elle reconnut l’âme du beau jeune homme.
— Où vas-tu, âme de mon seul ami ?
— Hélas ! hélas ! j’ai parlé d’amour à ma bien-aimée dans ses rêves, et mes baisers posthumes ont effleuré sa bouche, comme un papillon noir qui tremble sur une rose. Je suis damné, je vais en enfer.
— Veux-tu que je te suive, moi qui suis morte pour te revoir ? Je te consolerai dans les tourments, je te relèverai dans les défaillances, je t’aimerai dans l’éternité. Mon amour sera la source de calme et de résignation offerte aux lèvres de ta douleur. Veux-tu que je te suive ?
— Non, le souvenir de ma bien-aimée doit seul m’accompagner.
Et l’âme du beau jeune homme se perdit dans les ténèbres, tandis que l’âme de la jeune fille s’élevait, seule, vers l’affreux Paradis ! Pendant ce temps, Puck, satisfait du succès de ses ruses, préparait dans la mousse d’un chêne, avec des brindilles en croix, des pièges où se prendraient les coccinelles réveillées.