III
Ce jour-là, il joua et perdit quinze mille francs au baccarat.
C’était la première fois qu’il touchait une carte.
A partir de cet instant, ce jeune homme si doux donna dans tous les plaisirs et dans toutes les turbulences. Il loua à l’année le char de la fantaisie et le lança à travers toutes les ornières.
Lui, qui avait toujours enveloppé les courtisanes d’une insouciance et d’un mépris sans égal, il s’enquit des plus fameuses et des plus chères.
On lui en indiqua plusieurs.
Il les harnacha et les empanacha d’une façon excessive, et il se montra avec elles dans les endroits les plus voyants, devant Tortoni, dans les avant-scènes des théâtres de vaudeville, aux courses d’Iffisheim. Il les fit souper à toute heure, il les excita à être insolentes et insupportables, et souvent elles dépassèrent son désir.
L’étonnement fut général.
Il arrivait quelquefois qu’un de ses amis l’abordait au sortir d’une orgie, harassé, débraillé, les yeux brûlés, les mains tremblantes.
—Qu’avez-vous, mon cher Francis? et dans quel état vous trouvé-je? Il faut que vous ayez quelque chagrin inconnu. Répondez.
Francis demeurait les yeux attachés au sol, et il finissait par dire:
—Ma femme m’ennuie.