IV
Il se décida à voyager.
Ce n’était pas qu’il aimât les voyages.
Au contraire.
Il fit comme tous les gens qui se déplacent rarement: il alla au bout du monde.
Là, comme il se trouvait sur le sommet d’une très-haute montagne et qu’il bâillait à un magnifique lever de soleil, il se vit soudain nez à nez avec un savant, membre correspondant de l’Institut, envoyé en mission extraordinaire pour étudier je ne sais quelle matière rocheuse.
Il le salua fort poliment.
Le savant, qui reconnut ce jeune homme si doux pour l’avoir rencontré dans les meilleurs salons de Paris, ne put retenir une exclamation.
—Vous ici!
—Comme vous voyez, dit Francis.
Le savant eut l’esprit traversé par un soupçon; il flairait un émule, un concurrent.
—Peut-on vous demander dans quel but vous êtes ici? lui demanda-t-il avec un accent inquiet.
—Oh! mon Dieu, c’est bien simple, répondit Francis.
—Ah!
On était à trois mille huit cents mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le savant retenait sa respiration.
Francis, ne voulant pas prolonger plus longtemps son anxiété, laissa tomber cette parole:
—Ma femme m’ennuie.