E
EAU D’AFF: Eau-de-vie (Argot du peuple).
EAU DE SAVON: Absinthe.
Allusion à l’eau troublée par la dissolution qui ressemble à de l’eau de savon surtout l’absinthe blanche (Argot du peuple). V. Poileuse.
EAUX BASSES: Les eaux sont basses quand arrive la fin de la semaine.
Quand la rivière est basse les bateaux ne circulent pas, quand les eaux sont basses qu’il n’y a plus d’argent pas mèche de naviguer (Argot du peuple). N.
ÉCARTER DU FUSIL: Lancer en parlant des jets de salive.
On dit aussi: lancer des postillons.
Quand quelqu’un a cette infirmité on ouvre son parapluie en l’écoutant et on ajoute:
—Tu baves et tu dis qu’il pleut (Argot du peuple).
ÉCHAPPÉ DE CAPOTE: Chétif, malingre (Argot du peuple). V. Avorton.
ÉCLAIRER: Payer.
—C’est mon vieux qui tient le flambeau.
Mot à mot qui éclaire.
ÉCOPPER: Épuiser l’eau d’un bateau avec une écoppe.
Écopper: recevoir un mauvais coup dans une bagarre.
Dans les faubourgs on dit par ironie:
—Tu boiras de l’anis dans une écoppe.
D’écopper, par corruption, on dit de celui qui est blessé: il est escloppé (Argot du peuple).
ÉCORNER LES BOUTANCHES: Forcer les portes des boutiques.
Cela indique bien l’action de la pince-monseigneur qui fait éclater le bois par la pesée (Argot des voleurs).
ÉCREVISSE DANS LA TOURTE (Avoir une): Être à moitié toqué (Argot du peuple).
ÉCURER LE CHAUDRON: Aller à confesse (Argot des voleurs). V. Comberge et Dépotoir.
ÉCUREUIL (Faire l’): Faire une besogne inutile, marcher sans avancer. A. D.
On nomme écureuil les ouvriers qui tournent la roue chez les petits tourneurs en bois; c’est au contraire un métier extrêmement fatiguant.
Autrefois les écureuils se réunissaient au carré Saint-Martin; c’était un ramassis de toute la fripouille parisienne; depuis que la machine à vapeur s’est vulgarisée ils ont presque disparu.
On les nomme aussi chiens de cloutier.
C’est une allusion au pauvre animal qui tourne la roue toute la journée pour actionner les soufflets de forge, allusion également à l’écureuil qui tourne sans cesse dans sa cage (Argot du peuple). N.
EFFAROUCHER: Prendre, s’évanouir sur la monnaie.
Cela arrive fréquemment dans les cercles, où l’on a remplacé l’expression effaroucher par celle d’apprivoiser.
—J’ai apprivoisé un sigue.
ÉGRUGEOIR (l’): Une tribune quelconque.
L’orateur égruge ses paroles.
Égrugeoir: la chaire à prêcher.
Égrugeoir: les petites boîtes qui ressemblent à un comptoir dans lequel se tiennent les sœurs qui font la lecture aux prisonnières de Saint-Lazare.
Allusion à l’antique égrugeoir qui sert à piler le sel (Argot du peuple). N.
ELLE EST ENCEINTE D’UN PET ELLE ACCOUCHERA D’UNE MERDE DEMAIN: Se dit d’une femme qui a un gros ventre sans pour cela être enceinte (Argot du peuple). N.
EMBALLEUR: Les agents de la sûreté.
Ils emballent en effet les prisonniers dans le panier à salade.
EMBARDER: Entrer dans une affaire (Argot du peuple).
EMBAUDER: Voler de force, d’autorité.
Il est évident que personne ne se laisse voler de bonne volonté, mais il est des voleurs qui reculent devant l’emploi de la force.
Embauder: signifie voleur que rien n’arrête, pas même la police et qui assassine à l’occasion (Argot des voleurs).
EMBOÎTÉ (Il est): Suivi ou arrêté.
On emboîte le pas à quelqu’un pour le suivre sans le perdre.
Être emboîté dans une affaire.
Emboîté, embauché; mot à mot: entrer dans la boîte.
—Je vais t’emboîter (te battre) (Argot du peuple). N.
EMBRASSADE (Le vol à l’): Le voleur feint de reconnaître un ami dans un homme qui vient de faire un encaissement; il se jette dans ses bras et l’embrasse chaleureusement.
En un tour de main il lui vole son portefeuille ou son porte monnaie; il s’excuse de l’erreur qu’il a commise grâce à une ressemblance extraordinaire, puis il file lestement.
Ce tour s’exécute aux environs de la Banque de France et des grandes maisons de crédit (Argot des voleurs).
ÉMÊCHÉ (Être): N’avoir pas assez bu pour être pochard mais suffisamment pour avoir une légère pointe; être allumé.
Allusion à la rougeur du visage (Argot du peuple).
EMMAILLOTER UN MÔME: Combiner un vol.
C’est une redondance de nourrir un poupard (Argot des voleurs).
EMMANCHÉ: Individu qui se tient raide comme un pieu.
Dans le peuple, on dit qu’il à un manche à balai de cassé quelque part.
On emmanche une affaire.
Emmanché se dit aussi dans une autre sens.
—J’ai emmanché la gosse (Argot du peuple).
EMMERDÉ: L’être jusqu’à la garde.
N’avoir plus rien à espérer.
C’est un démenti an dicton populaire qui prétend que marcher dans la merde cela porte bonheur (Argot du peuple).
EMMERDEMENT: J’en éprouve un à cinquante francs par têtes.
Se dit de tous les ennuis possibles.
Travailler, par exemple, est un emmerdement perpétuel (Argot du peuple).
ÉMOUCHEUR: V. Bête à chagrin.
EMPAVES: Drap de lit.
—Je vais m’empaver dans mon pieu (Argot des voleurs). N.
EMPAILLÉ: Imbécile qui ne remue pas plus que s’il était empaillé dans une vitrine du Musée zoologique (Argot du peuple).
EMPIFFRER: Manger comme un cochon (Argot du peuple).
EMPOUSTEUR: Truc très commun employé par des placiers.
Ils déposent chez des commerçants des mauvaises marchandises, à condition; des compères les achètent; les marchands alléchés prennent de nouveaux dépôts qui, cette fois, leur restent pour compte (Argot des voleurs).
EMPROSEUR: Variété de pédéraste (Argot des voleurs).
ENCALDOSSÉ: Superlatif d’endossé (Argot des voleurs). V. Passif.
ENCHTIBÉ (Il est): Être pris, arrêté (Argot des voleurs).
ENCLOUÉ: Allusion au canon dont on encloue la lumière (Argot des voleurs). V. Passif.
ENDORMI: Juge.
Allusion à ce que les juges dorment dans leur fauteuil pendant que les avocats plaident (Argot des voleurs). N.
ENDORMEUR: Individu qui sans cesse promet une chose et ne la tient jamais.
Endormir est aussi synonyme de voler.
—Il s’est endormi sur des bijoux (Argot des voleurs).
ENDORMEUR: Voleur qui opère au moyen d’un narcotique.
Les romanichels se servent pour ce genre de vol d’une décoction de datura stramonium.
Ce vol se pratique en wagon. Le voleur profite du sommeil d’un voyageur pour lui couvrir le visage d’un mouchoir imbibé de chloroforme.
Les voleurs qui ont cette spécialité forment une secte à part (Argot des voleurs).
ENDROGUER: Chercher un coup à faire.
Le voleur drogue (attend) sur le trottoir l’occasion favorable (Argot des voleurs). V. Arracheur de chiendent.
ENFIGNEUR: Vient de fignoton.
Ce dernier mot en dit assez. C’est l’actif du passif (Argot du peuple).
ENFLAQUÉ (Être): Enfermé, emprisonné (Argot des voleurs).
ENFLÉE: Femme enceinte.
On dit aussi: avoir une fluxion de neuf mois (Argot du peuple).
ENFONCEUR: Banquier qui promet 50% par mois aux imbéciles et qui termine ses opérations en emportant la grenouille à l’étranger (Argot du peuple).
ENFONCEUR DE PORTE OUVERTE: Homme qui se vante d’avoir pris la virginité d’une fille alors qu’elle était enceinte de six mois (Argot du peuple). N.
ENFRIMER ou ENFRIMOUSSER: Dévisager quelqu’un.
Les agents de la Sûreté enfriment les voleurs pour reconnaître les récidivistes (Argot des voleurs).
ENGAYEUR: Complice qui attire le trèpe (la foule) pendant que son complice explore les poches des badauds.
L’engayeur est indispensable à tous les camelots; c’est lui qui le premier achète l’objet mis en vente, pour entraîner les acheteurs.
L’engayeur est le complice du bonneteur; il mise pour engager les pontes à jouer (Argot des camelots).
ENQUILLER: Entrer.
—Il y a longtemps que je cherche à m’enquiller dans cette boîte (Argot du peuple).
ENQUILLEUSE: Voleuse qui opère dans les grands magasins de nouveautés.
Elle enquille la marchandise volée entre ses cuisses.
Il faut vraiment être organisée particulièrement pour cacher un coupon de soie à cet endroit-là (Argot des voleurs).
ENRHUMÉ DU CERVEAU: Allusion au nez qui coule sans cesse.
Mais ce n’est pas du nez qu’il s’agit (Argot du peuple). V. Lazzi-loff.
ENTAILLER: Tuer quelqu’un.
C’est en effet une fameuse entaille.
Avinain et Billoir étaient deux rudes entailleurs (Argot des prisons).
ENTAULER: Entrer dans une taule (maison) (Argot des voleurs).
ENTAULER À LA PLANQUE: Entrer dans une cachette pour se soustraire aux recherches de la police.
On entaule aussi à la planque des objets volés pour les reprendre au sortir de prison (Argot des voleurs).
ENTERREMENT: Morceau de gras-double, de lard et de pain que les femmes vendent aux environs des halles.
On les appelle Mesdames la poële, parce qu’elles font frire leur marchandise dans cet instrument de cuisine.
Un enterrement de première classe coûte trois sous, de deuxième deux sous, de troisième un sou.
Ces femmes gagnent de dix à douze francs par jour (Argot du peuple). N.
ENTOILÉ: Emprisonné.
Synonyme d’enflaqué.
Cette expression vient de ce que dans les camps, la salle de police est sous une tente-abri: de là entoilé.
Mot à mot: emprisonné sous la toile.
S’entoiler: se coucher, se fourrer dans ses draps (Argot du peuple). N.
ENTRAVES: Les cordes et les courroies qui ligottent les condamnés à mort pour entraver leurs mouvements quand ils marchent à l’échafaud (Argot des voleurs).
ENTRAVER: Empêcher une affaire.
Mettre des bâtons dans les roues.
Entraver: comprendre.
—J’entrave bigorne.
Mot à mot: Je comprends l’argot et non pas je le parle.
Entraver a un double sens:
—J’entrave nibergue ou niente.
Je n’entends rien, je ne comprends pas (Argot des voleurs).
ENTRECÔTE DE BRODEUSE: Une saucisse de deux sous ou une côtelette panée que les charcutiers tiennent au chaud dans des boîtes de fer blanc, et que les ouvrières mangent pour leur déjeuner—pas la boîte, mais la côtelette (Argot du peuple).
ENTROLER: Emporter des objets volés.
Troller serait plus exact, car ce mot signifie porter (Argot des voleurs).
ENVOYER UNE LETTRE CHARGÉE AU PAPE: Allusion au papier employé qui est en effet chargé d’un singulier cachet (Argot du peuple). V. Déballer.
ENVOYER AUX PELOTTES:
Envoyer promener quelqu’un.
On dit aussi envoyer à la balançoire, ou va le baigner (Argot du peuple). V. Dinguer.
ENVOYER À LA GOUILLE: Jeter quelque chose en l’air, au hasard.
Jeter une poignée de sous à des enfants (Argot du peuple).
ÉPARGNER LE POITOU: Cette expression se comprend peu; en effet, Poitou veut dire public; or, il n’est pas d’usage que les voleurs l’épargnent, puisque c’est lui justement qui forme toute sa clientèle.
Poitou veut aussi dire non point.
ÉPASTROUILLANT: Extraordinaire (Argot du peuple). N.
ÉPATANT: M. Jean Rigaud, dans son Dictionnaire d’argot moderne (1881) dit à ce propos du mot épater:
—Épater, épate et leurs dérivés viennent du mot épenter, qui signifiait au XVIII‧ siècle intimider.
Il y a quelques années, M. Francisque Sarcey écrivait que le vocable appartenait à Edmond About, qu’il avait été dit par Pradeau dans le Savetier et le Financier, pièce représentée en 1877 aux Bouffes Parisiens; le savant écrivain ajoutait que huit jours après, le «Tout-Paris» répétait ce mot.
Cette expression, n’en déplaise au maître critique et à M. Jean Rigaud, n’appartient ni au XVIIIe siècle ni à Edmond About, elle a cinquante quatre ans seulement d’existence.
Elle a pris naissance au Café Saint-Louis, rue Saint-Louis, au Marais (aujourd’hui rue de Turenne).
Des ouvriers ciseleurs sur bronze jouaient au billard une partie de doublé. À la suite d’un bloc fumant, Catelin, une contrebasse du Petit Lazzari, qui avait parié pour un des joueurs et qui perdait par ce coup, se leva furieux, et d’un brusque mouvement fit tomber son verre sur la table de marbre.
Le verre se décolla net.
—Tiens, dit Catelin, mon verre est épaté—le verre n’avait plus de pied.
À chaque coup, les joueurs répétaient à l’adversaire: tu es épaté et, quand la partie se termina par un coup merveilleux, un des joueurs dit au vainqueur:—Si nous sommes épatés, tu es épatant.
Catelin, sans le savoir, se servait du mot épaté qui est en usage depuis des siècles dans les verreries, parmi les ouvriers verriers.
Ils disent d’un verre sans pied, mis à la refonte pour ce motif, il est épaté.
Épaté signifie étonnement (Argot de tout le monde). N.
ÉPINGLE AU COL (En mettre une): Avaler un demi setier d’un seul trait.
On dit aussi: mettre une épingle à sa cravate (Argot du peuple). N.
ÉPOILANT: Plus fort que tout ce que l’on peut rêver.
Pourtant la source de ce mot est des plus simples et ne signifiait au début rien d’extraordinaire.
À l’école de Saumur, en faisant un travail dans le manège, un cheval tomba et se couronna les deux genoux. En le relevant, l’élève dit:
—Mon pauvre cheval est époilé.
L’expression est restée, mais elle est autrement appliquée (Argot du peuple). N.
ÉPOUFFER: Saisir à l’improviste un passant par derrière, comme cela se pratique pour exécuter le coup du père François (Argot des voleurs).
ÉPOUSER LA VEUVE: Être guillotiné.
C’est Charlot qui remplit l’office de maire et les aides qui servent de témoins pour ce mariage forcé (Argot des voleurs).
ÉPOUSER LA FOUCANDIÈRE: Quand un voleur est pris par les agents en flagrant délit, en se sauvant, il jette sur la voie publique ou dans les égouts, s’il le peut, les objets volés, afin de se débarrasser des preuves compromettantes (Argot des voleurs).
ÉPPRENER: Appeler quelqu’un.
L’auseignot vient d’épprener bancalo pour aller au rastue (greffe) (Argot des voleurs). N.
ERMITE: Voleur de grands chemins.
Ainsi nommé parce qu’il opère généralement seul.
On dit aussi un solitaire (Argot des voleurs).
ESBIGNER (s’): Se sauver.
Dans les faubourgs, quand un voyou sait qu’il va recevoir une maîtresse correction, il s’esbigne (Argot du peuple).
ESBROUFFE (En faire): Faire des embarras, du vent, de la mousse.
Esbrouffe est un vieux mot qui vient d’esbouffer, éclabousser.
C’est Théophile Gautier qui a transformé ce mot dans le sens de vent et de mousse.
Les escarpes se sont emparés du mot esbrouffer pour désigner un genre de vol assez répandu.
Ce vol consiste à bousculer un passant dans la rue, à profiter de sa surprise pour le voler et s’excuser ensuite (Argot des voleurs).
ESBROUFFER: Dire des sottises à quelqu’un, le secouer vertement (Argot du peuple).
ESBROUFFEUR: Qui fait des esbrouffes.
Voleur à l’esbrouffe (Argot des voleurs).
ESCABRANTE: Échelle (Argot des voleurs) V. Montante.
ESCARGOT: Vagabonds, les habitués des refuges, les gouapeurs des halles, les hirondelles du Pont-Neuf.
Dans la pièce des Bohémiens de Paris, Colbrun chantait:
‧ ‧ ‧ ‧ ‧ ‧ ‧ ‧ ‧ ‧
Sur mon dos comme un limaçon,
Portant mon bagage,
Mon mobilier et ma maison.
(Argot du peuple).
ESCARGOT: Casquette que portaient les souteneurs avant la david, laquelle fut à son tour détrônée par la casquette à trois ponts (Argot des souteneurs). N.
ESCARGOT D’HIVER: Vieillard impuissant.
L’allusion est on ne peut mieux trouvée.
Comme l’escargot il rentre dans sa coquille (Argot du peuple). N.
ESCARPE: Voleur, assassin.
A. Delvau pense que cette expression vient de scarp mot allemand qui signifie instrument tranchant et aigu ou bien du couteau d’escalpe (du scalp des sauvages).
C’est aller chercher bien loin une étymologie bien simple.
Les voleurs et les assassins travaillent dans des endroits isolés, escarpés (Argot des voleurs).
ESCARPER UN ZIGUE À LA CAPAHUT: Assassiner un complice pour lui voler sa part de butin.
Sur les deux mots, il y en a un de trop, capahut comme escarpe voulant dire assassin (Argot des voleurs). N.
ESCOFFIER: Blesser ou tuer quelqu’un.
Se dit également au point de vue moral.
—Je l’ai rudement escoffié dans l’estime de ses amis (Argot du peuple).
ESCOLE: Trois francs (Argot des voleurs).
ESCLOTS: Sabots (Argot des voleurs).
ESCRACHE: Passeport, papier. L. L.
Escrache veut dire voleur; c’est le synonyme d’escarpe et de fripouille (Argot du peuple). N.
ESGOURDES ou ESGOURNES: Oreilles.
Quand elles sont démesurées on dit: Ah! quelles feuilles de chou.
On dit également: plat à barbe.
Les voleurs disent: cliquettes.
ESPATROUILLANT: Cette expression est employée pour exprimer le comble de l’admiration.
C’est le mot épaté allongé (Argot du peuple). N.
ESQUINE: Le temps (Argot des voleurs). V. Boilard.
ESQUINTÉ: Fatigué, moulu, rompu.
L’ouvrier qui travaille mal esquinte son ouvrage.
Quand deux individus se battent, le plus fort esquinte son adversaire.
Dans une polémique, on esquinte son contradicteur pour avoir raison (Argot du peuple).
ESTAFFIOU ou ESTAFFION: Chat.
Estaffiou veut dire aussi gifle, baloche (Argot des voleurs).
ESTAMPER: Tromper quelqu’un.
Emprunter de l’argent sens le rendre, c’est estamper le prêteur.
Allusion au balancier de machine qui frappe.
L’estampeur tape (Argot du peuple).
ESTAMPEUR. V. Estamper.
ESTOURBIR: Tuer un individu par surprise (Argot des voleurs).
ESSENCE DE CHAUSSETTES: Sueur des pieds (Argot du peuple).
ÉTALER SA BIDOCHE: Se décolleter par en haut.
Raccourcir ses jupes par en bas.
Mot à mot: étaler sa viande.
Les filles appellent cette manière de s’habiller ou plutôt de se déshabiller l’éloquence de la chair car elles ne pratiquent pas le proverbe: À bon vin pas d’enseigne (Argot du peuple). N.
ÉTEIGNOIR: Cafard qui éteint l’intelligence des enfants qu’il est chargé d’instruire.
Éteignoir: individu morose qui éteint toute gaieté dans une réunion.
Éteignoir: nez monumental.
—Dérange donc ton nez que je voie la tour Eiffel (Argot du peuple).
ÉTOUFFER: Du vieux mot estouffer, prendre, cacher, faire disparaître (Argot du peuple). V. Étouffeur.
ÉTOUFFEUR: On étouffe une affaire, un scandale.
Un libraire étouffe un livre qu’il ne sait pas lancer.
Le caissier qui vole son patron étouffe la monnaie.
C’est surtout dans les cercles que les croupiers étouffent les jetons.
On étouffe un perroquet.
Étouffer, en un mot, est le synonyme de voler (Argot du peuple).
ÉTOUFFOIR: Agence d’affaires ou de renseignements (Argot des voleurs). N.
ÊTRE CHARGÉ À CUL: Être saoul comme la bourrique à Robespierre.
Allusion à une voiture chargée à cul qui ne peut avancer; l’ivrogne fait de même (Argot du peuple).
ÊTRE EN FINE PÉGRAINE: Être sur le point de mourir.
—Le ratichon vient d’être eppréné au castu; pour faire avaler le père la Tuile au frisé, il va tourner de l’œil (Argot des voleurs).
ET TA SŒUR? Façon ironique de répondre à une question ennuyeuse.
Il arrive fréquemment que la réponse est raide.
—Et ta sœur?
—Elle est à Saint-Lazare qui bat du beurre; quand elle battra de la merde la crème sera pour toi.
—Et ta sœur?
—Elle est couverte d’ardoises, les crapauds ne montent pas dessus.
—Et ta sœur?
—Elle est à Saint-Lazare qui fait de la charpie pour la tienne.
—Et ta sœur?
—Elle est au Panthéon qui prie le bon Dieu pour que tu soies moins... melon.
On pourrait varier à l’infini ces citations (Argot du peuple). N.
ÉTUI: V. Cuir.
EUSTACHE: Couteau (Argot du peuple). V. Lingre.
EXPULSER UN LOCATAIRE GÊNANT: Péter (Argot du peuple).