SCÈNE II

JEANNE cachée, D'ARTELLES, FOURDYLIS.

[Silence d'un quart de minute. On frappe à la porte.]

D'ARTELLES. Entrez!

[La porte s'ouvre. Le petit Fourdylis entre, le bonnet à la main.]

FOURDYLIS. Me voilà capitaine.

D'ARTELLES. Qu'est-ce que c'est que cette histoire? On a appareillé?

FOURDYLIS. Oui, Capitaine … Oui, Lieutenant.

D'ARTELLES. Mais pourquoi a-t-on appareillé? qui a donné l'ordre?

FOURDYLIS. J'sais pas Capitaine … Lieutenant …

D'ARTELLES. Mais quand a-t-on appareillé?

FOURDYLIS. J'sais pas Lieutenant, j'étais pas de quart … à quatre heures seulement que j'ai pris le quart.

D'ARTELLES. Tu ne sais donc rien, idiot! Va me chercher ton quartier-maître. [Se ravisant.] Non, reste, je le sonne. [Il sonne de nouveau.] Où va-t-on?

FOURDYLIS. J'sais pas, Lieutenant, on m'a pas dit.

D'ARTELLES. Mais pourquoi n'a-t-on pas prévenu les officiers?

FOURDYLIS. J'sais pas, Lieutenant, j'étais pas là.

D'ARTELLES. Tu n'étais pas là, on ne t'a pas dit, et tu ne sais rien?
[On frappe à la porte.] Entrez. [Entre Dagorne.] Ah! c'est vous Dagorne!
[A Fourdylis qui se dépêche d'obéir.] Toi, fous-moi le camp, idiot!