A LA FRANCE

A Madame Geneviève Henry Bérenger.

Jours d’autrefois, jours purs, jours d’idéal, jours ivres,

Où sous le vaste ciel du tropique irisé,

Je sentais chaque soir, en refermant tes livres,

Mon jeune cœur pour toi d’amour fier embrasé.

France, j’aimais de loin ta grande âme qui vibre

Comme un clairon à l’aube où flambent tes drapeaux ;

Et je rêvais de vivre enfin sur ton sol libre

Sur ton sol où la gloire éclaire les tombeaux.

Et tandis qu’aux plateaux sanglants du crépuscule,

Le bataillon vaincu du jour ardent recule,

Sur les monts flamboyaient les pavillons du soir ;

Et d’une île perdue au bord des mers profondes,

Par delà les déserts de l’Atlantique noir,

Je t’invoquais, ô France, ô noblesse du monde !