L’ANSE AUX TORTUES

Sur la plage où le flot a des lueurs d’agates

Ne glisse plus le vol émouvant des frégates.

Les lézards ne vont plus parmi les mangliers

Happer les fourmis d’or qui rôdent aux halliers.

Du croissant safrané vois les cornes pointues.

C’est juillet, mois torride où pondent les tortues.

Veux-tu que nous allions vers le sable luisant

De la plage où le flot blanchit le noir brisant ?

Là, muets, nous pourrons peut-être, sous la lune,

Voir l’immense tortue aborder la lagune,

Se traîner sur le sable et longtemps épier

Les ombres du rivage et celles du hallier

Puis enfouir, afin que l’île les protège,

Ses œufs dont la couleur est celle de la neige.