MÉCHANT.

Locut. vic.Il m’a donné un méchant habit.
Locut. corr.Il m’a donné un mauvais habit.

Au risque d’encourir le reproche de purisme, nous ne pouvons nous empêcher de blâmer ici l’extension de signification donnée à l’adjectif méchant. Ce qui est méchant a de la méchanceté, or, un habit peut-il en avoir? L’usage se déclare en vain pour l’emploi de méchant comme qualificatif de noms de choses; nos bons écrivains nous fournissent en vain de nombreux exemples de cet emploi abusif, notre répugnance reste toujours la même. Nous ne voyons dans méchant qu’un adjectif dont la signification est: qui a de la méchanceté, et non qui n’a pas les qualités requises. Il faut, pour rendre ce dernier sens, se servir de l’adjectif mauvais. Nous pensons donc que méchant ne peut jamais s’appliquer qu’à un nom d’être animé, mais que mauvais peut également convenir aux êtres animés et aux choses. Ces deux adjectifs ont entre eux une différence assez grande. Un écrivain est mauvais quand il écrit mal, il est méchant quand il écrit avec méchanceté.