PARLER MAL, MAL PARLER.
| Locut. vic. | On l’a entendu parler mal de vous. | |
| Cet orateur a très mal parlé. | ||
| Locut. corr. | On l’a entendu mal parler de vous. | |
| Cet orateur a parlé très mal. | ||
«Beauzée pense que ces deux expressions ne sont pas synonymes. Mal parler tombe, selon lui, sur les choses que l’on dit, et parler mal sur la manière de les dire: le premier est contre la morale, et le second contre la grammaire.
«C’est mal parler que de dire des choses offensantes, surtout à ceux à qui l’on doit du respect; de tenir des propos inconsidérés, déplacés, qui peuvent nuire à celui qui les tient, ou à ceux dont on parle. C’est parler mal que d’employer des expressions hors d’usage; d’user de termes équivoques; de construire une phrase d’une manière embarrassée ou à contre-sens; d’affecter des figures gigantesques en parlant de choses communes ou médiocres; de choquer la quantité en faisant longues les syllabes qui doivent être brèves, ou brèves les syllabes qui doivent être longues.
«Il ne faut ni mal parler des absens, ni parler mal devant les savans, etc.» (Roubaud, Synonymes.)
«Observez que cette distinction n’a lieu qu’à l’infinitif et dans les temps composés du verbe parler. On ne dirait pas: il mal parle, il mal parlait.» (Gramm. des gramm.)