PLURIEL.

Orth. et pronon. vic.Le plurier.
Orth. et pronon. corr.Le pluriel.

Nous ferons deux remarques sur ce mot: la première, c’est qu’il faut le prononcer pluriel, en faisant sonner le l final, quoique le Dictionnaire de Trévoux ait écrit plurier. Vaugelas est, selon ce dictionnaire, le premier qui ait écrit pluriel. Il le dérive de pluralis et singulier de singularis; ce qui est positif, et ce qui en assigne tout-à-fait l’orthographe.

Notre seconde remarque, c’est qu’on a grand tort de retrancher le t qui se trouve à la fin des mots enfant, garant, parent, etc., en même temps qu’on y ajoute un s pour former le pluriel. «Quand cette lettre radicale (le t) ne nuit point à la prononciation, c’est nuire à l’analogie que de la supprimer. Quoi de plus inconséquent que de supprimer au pluriel le t final des mots polysyllabes, terminés au singulier par nt, quoiqu’on le garde dans les monosyllabes! Pourquoi, en écrivant les dents, les chants, les plants, les vents, s’obstine-t-on à écrire les méchans, les tridens, les contrevens, etc.? Pourquoi terminer de la même manière, au pluriel, des mots qui ont des terminaisons différentes au singulier, comme paysan et bienfaisant, dont les féminins sont paysane et bienfaisante, et dont on veut que les pluriels masculins soient paysans et bienfaisans?» (Beauzée. Encyclopédie méth., art. Analogie.)

«Il vaudrait mieux suivre les auteurs du siècle de Louis XIV, et surtout les écrivains de Port-Royal, et ne jamais supprimer le t au pluriel. Chénier, Domergue, conservaient le t. M. Didot, dans ses belles éditions de nos auteurs classiques, suit cette orthographe.» (Letellier, Gramm. fr.)