QUATRE.

Locut. vic.Si je le tenais entre quatre-s-yeux.
Locut. corr.Si je le tenais entre quatre yeux.

«Il est vrai de dire qu’il y a un certain usage en faveur de cette prononciation, proposée par Beauzée; mais c’est l’usage des personnes à qui notre orthographe est absolument inconnue. Deux hommes grossiers ont une querelle; ils se menacent: Si nous sommes jamais entre quatre-syeux, dit l’un d’eux, tu me le paieras. Comment l’homme instruit a-t-il pu conclure de là, que, pour la douceur de la prononciation, il faut dire, entre quatre-syeux? Si quatre yeux offre un son dur à l’oreille, quatre œufs n’offre pas un son plus doux; l’euphonie exigerait donc que l’on dît quatres œufs; et alors pourquoi, d’euphonie en euphonie, n’irait-on pas jusqu’à dire huit syeux? car enfin le s est plus doux que le t.

«Entre quatre-yeux est donc la seule prononciation qu’on puisse admettre; elle est d’ailleurs conforme à celle qu’ont adoptée Domergue, Lemare (p. 689 de ses Cours de langue fr.), la presque totalité des grammairiens et des littérateurs distingués.» (Girault-Duvivier, Gramm. des gramm.)