TOUT.

Locut. vic. Vous avez les mains toutes écorchées.
Prenez cette portion toute entière.
Il le ferait pour tout autre personne que vous.
Elle est toute autre que je ne croyais.
Locut. corr. Vous avez les mains tout écorchées.
Prenez cette portion tout entière.
Il le ferait pour toute autre personne que vous.
Elle est tout autre que je ne croyais.

Tout, placé devant un adjectif féminin, singulier ou pluriel, commençant par une consonne ou un h aspiré, s’accorde en genre et en nombre avec cet adjectif. Il a la main toute sanglante. L’euphonie est la raison de cette anomalie qui soumet un adverbe à la loi de l’accord. M. Barthélemy a écrit:

Force reste à la loi: l’inflexible assemblée,

Tout palpitante encor de la chaude mêlée,

Se change en tribunal..........

(Journées de la Révol., 10e j.)

La licence est trop forte. Il fallait toute.

Tout est invariable, si l’adjectif qu’il précède est masculin pluriel, commençant par une voyelle ou une consonne: les doigts tout écorchés, les doigts tout sanglans, ou bien si cet adjectif est féminin, singulier ou pluriel, et commençant seulement par une voyelle ou un h muet: la main tout écorchée, les mains tout écorchées.

Tout, suivi de l’adjectif entière, est un adverbe, et doit toujours être invariable. Quand on dit: la maison tout entière, c’est comme si l’on disait: la maison absolument entière.

Tout, joint à l’adjectif autre, est tantôt variable et tantôt invariable. Dans cette phrase, par exemple: Il le ferait pour toute autre personne que vous; on voit que tout doit être variable, parce qu’il est adjectif. C’est comme s’il y avait: il le ferait pour toute personne autre que vous.

Mais dans cette autre phrase: Elle est tout autre que je ne croyais; tout, ne pouvant être qu’un adverbe, reste invariable. Tout a ici la valeur de tout-à-fait.