VOULOIR.

Locut. vic. Oh! ne m’en voulez pas!
Croit-on que nous veuillons reculer?
Locut. corr. Oh! ne m’en veuillez pas!
Croit-on que nous voulions reculer?

«Quoique l’Académie, et d’après elle plusieurs grammairiens, aient décidé que le verbe vouloir n’a point d’impératif, l’usage a établi le mot veuillez pour seconde personne de ce mode; on le trouve dans plusieurs écrivains distingués, et on le dit journellement dans la conversation.

Veuillez vous souvenir

Que les événemens régleront l’avenir.

(Corneille, Pompée.)

Veuillez être discret,

Et n’allez pas, de grâce, éventer mon secret.

(Molière, École des femmes.)

Veuillez du moins nous dire qui nous devons suivre.

(Volney.)

Veuillez, monsieur, rendre hommage au mérite.

(Voltaire.)

«D’après ces autorités et l’usage, on peut, je pense, donner un impératif au verbe vouloir, et employer le mot veuillez.» (Laveaux, Dict. des diff.)

On trouve souvent veuillons et veuillez employés comme personnes du subjonctif. C’est une énorme faute. Il faut dire: Ne croyez pas que nous voulions, je ne crois pas que vous vouliez. Les phrases suivantes sont condamnables: Votre impartialité ne me laisse aucun doute que vous ne veuillez bien donner place, etc.—J’espère que personne ne pourra penser que, lorsque nous sommes accusés nous-mêmes, nous veuillons méconnaître le caractère de ceux qui nous accusent. (Casimir Périer, Séance du 26 nov. 1831.)

Il fallait: Que vous ne vouliez, que nous voulions.