DE L’ALPHABET.
L’alphabet de la langue maya manque des lettres d, f, g, j, q, r, s, v; mais elle en a d’autres, en revanche, que nous n’avons pas dans le français, deux, entre autres, où l’on trouve jusqu’à un certain point le son du d, du j et du z; tels sont le ɔ (c renversé), qui doit se prononcer dz, et le çh, que les livres modernes du Yucatan représentent avec un h barré ou croisé par le haut, mais que nous rendons ici par un ç pour plus de commodité. Autant qu’il nous est possible de nous en rendre compte, le son de ces deux lettres doit se rendre à peu près comme dj; mais elles se présentent rarement et dans un petit nombre de mots, où elles ne paraissent être qu’une variété du ch ordinaire de l’espagnol, qui se prononce tch.
La lettre c est dure indifféremment devant toutes les voyelles, autant que le k ou le q français; ainsi cimil, la mort, se prononce kimil. La lettre h est toujours aspirée avant ou après les voyelles, comme le j ou jota en espagnol[4]. I, devant une autre voyelle, prend le son de notre y, commun dans les ouvrages modernes, mais qui, d’ordinaire, est remplacé par deux ii dans les plus anciens, ou ij. K, différent du nôtre, a un son guttural que l’usage seul peut enseigner. Le pp est beaucoup plus fort que le p simple; il est, ainsi que le th, représenté dans les anciens ouvrages par tt ou double t; car il est de la classe des lettres américaines qu’on appelle détonnantes, le th maya n’ayant aucune analogie avec le th anglais. U est toujours prononcé ou, se modifiant légèrement en w devant une autre voyelle. La lettre x représente le son du ch français (en anglais sh), et le z a pour ainsi dire le son de notre s dur.
On peut remarquer, en règle générale, que les voyelles ont deux sons: l’un ordinaire, comme celui que nous connaissons, et l’autre nasal, que l’usage seul peut apprendre à distinguer du premier.