DES NOMS SUBSTANTIFS ET ADJECTIF.
Le nom, en général, a deux formes, sous lesquelles il se présente, abstraite, comme che, bois ou arbre, kaz, mauvais, uinic, homme. Pour les déterminer, on leur ajoute l’affixe el ou il; ainsi, che fait cheil, le bois de quelqu’un ou de quelque chose; kaz fait kazil, la méchanceté ou le mal; uinic devient uinicil, l’humanité et aussi le corps de l’homme. Yum, père, et ná, mère, paraissent faire exception à cette règle: ainsi, un fils dira: In yum, mon père; a ná, ta mère, yumbil et náil devant être pris, au contraire, dans un sens moins déterminé. C’est pourquoi on dit dans le Symbole: In u-oczic-uol ti Dios yumbil, je crois en Dieu le Père.
Quoiqu’il y ait quelquefois de la différence entre les noms de personnes et ceux des animaux ou des êtres inanimés, cette différence est fort peu sensible. La particule pronominale ah ou simplement ’h s’affixe pour exprimer le masculin, et ix ou x pour le féminin[6]. Ex.: Ɔon, qui est la racine du verbe ɔonah, chasser, fait ’hɔon ou ahɔon, le chasseur, et ’xɔon, la chasseresse. Ces préfixes se placent également devant les adjectifs lorsque ceux-ci, avec le substantif auquel ils sont joints, servent à exprimer la qualité ou l’attribut de quelque personne. Ainsi, nohoch étant l’adjectif grand et ná la maison, on dirait:
- Ah ou ’hnohoch ná, celui ou le maître de la grande maison.
- Ix ou ’xnohoch ná, celle ou la maîtresse de la grande maison.
Dans les anciennes grammaires, le préfixe xibil désigne ordinairement le mâle parmi les animaux, et çhupul la femelle[7].
Le pluriel, dans les noms, se forme par l’addition de la particule ob au singulier. Ex.: Zayab, fontaine, zayabob, des fontaines[8]. On verra plus loin de quelle manière se forme le pluriel dans les pronoms.
L’adjectif est, comme le substantif, indéclinable. Lorsqu’il qualifie le substantif, il doit toujours le précéder et c’est une corruption espagnole que de le mettre à la suite des mots qu’il qualifie, comme on le voit dans quelques ouvrages modernes[9]. Dans les ouvrages anciens, quelquefois il se présente dans sa simplicité, comme par exemple: Utz uinic, homme bon; mais le plus souvent, il se complète pour se déterminer avec les affixes al, el, il, ol, ul, qui varient quelquefois avec la voyelle radicale. Ex.: Utzul xçhupal, bonne fille. Un autre affixe déterminatif qu’on trouve dans les ouvrages anciens est la particule en. Ex.: Kuyen uincob, hommes saints.
Entre les adjectifs, il y en a qui dérivent des verbes et sont terminés en nac; pour former le pluriel, ils changent leurs deux dernières syllabes en lac: ainsi, banacnac fait banlac; kinicnac fait kinlac, etc.
Lorsque l’adjectif précède immédiatement le nom qu’il qualifie, ce dernier seul prend le signe du pluriel. Ex.: Kazil batabob, de méchants seigneurs. Le contraire est une corruption tout à fait moderne[10].