NOTES

[1] Il serait difficile de décider la question de savoir si le chiffre 13 était sacré avant l’invention des combinaisons du calendrier, ou si ce furent ces combinaisons qui y donnèrent lieu. On sait, du reste, par le Manuscrit Cakchiquel, que le nombre treize est celui des premiers hommes qui furent créés sous le nom de Chay-Abah, pour la défense de Tullan, c’est-à-dire des treize premiers chefs de la noblesse guerrière, destinée à soutenir les dieux et le sacerdoce. (Voir la note au chapitre précédent de Lizana.) «La cause de cette prédilection, d’après Signenza, c’est que ce chiffre était le nombre des grands dieux.» (Clavigero, Hist. antig. de Mexico, tom. II, lib. VI.)

[2] De chumuc, moitié, milieu, et kin, soleil, jour, exactement midi.

[3] Gama remarque, à propos du calendrier mexicain, que, outre ces subdivisions, le jour civil se divisait encore en seize parties diverses, chacune ayant son nom particulier, huit pour le jour et huit pour la nuit. Elles commençaient au lever du soleil comme chez la plupart des peuples de l’Asie. Les quatre premières, de ce moment à midi, étaient signalées par un gnomon, sur le cadran solaire, et les quatre suivantes par un autre gnomon finissaient au soir. Ces heures étaient surtout à l’usage des prêtres. Les heures de la nuit se réglaient sur les étoiles; mais, en outre, les prêtres chargés de veiller au sommet des temples, annonçaient, par le bruit d’un instrument, les heures des sacrifices qui se répétaient plusieurs fois durant la nuit.

[4] Ce partage de cinq en cinq réglait aussi l’ordre des marchés, qui avaient lieu tous les cinq jours et qu’on appelait tianquix ou tianquixtli, en langue mexicaine, et kinic en maya.

[5] Kan veut dire aussi jaune; le mot corde se rendrait plutôt par Káan, suivant Ruz. Kan aurait pu avoir été écrit autrefois Can, et alors il s’agirait du serpent qui se présente si fréquemment dans les mythes et symboles de ces contrées.

[6] L’auteur du calendrier n’observe pas ici l’orthographe de son pays; au lieu de qimi ou quimi, il faudait cimi, le c maya, ainsi que nous l’avons dit plus haut, étant également dur devant toutes les voyelles.

[7] Chuen me paraît être une corruption de Chouen, appelé Hun-Choven dans le Livre sacré, le frère de Batz ou Hunbatz, qui occupe dans le calendrier quiché la même place que Chuen dans le yucatèque; comme on sait, l’un et l’autre furent changés en singes par leurs frères, qui les avaient fait monter au haut d’un arbre, le même probablement dont il est fait mention ici sous le nom de Chuen-ché ou arbre de Chuen.

[8] Au dire de Nuñez de la Vega, les vingt noms des jours du calendrier seraient ceux de vingt personnages, ancêtres de la race de ces contrées, et Been serait un prince qui aurait laissé son nom écrit sur le monolithe, appelé la Piedra parada (la pierre debout) de Comitan. Cette ville se trouve sur le chemin de Ciudad-Real de Chiapas à la frontière guatémalienne, et l’on voit dans ses environs des ruines considérables.

[9] Hix, se trouve avec l’orthographe iiz ou itz dans le calendrier quiché où il signifie le sorcier et la sorcellerie.

[10] L’orthographe de ce nom doit être Eznab ou Eɔanab.

[11] Ymix, écrit Imox dans le calendrier quiché et celui de Chiapas, est représenté sous l’image d’un monstre marin d’une forme particulière; c’est le Cipactli du calendrier mexicain, donné par Nuñez de la Vega, comme le premier père de la race de ces contrées. (Constitut. Diœces. del obispado de Chiappas, in præamb. § XXX.)

[12] Ik est le souffle ou le vent, un des symboles de Kukulcan ou Quetzalcohuatl.

[13] Akbal, mot vieilli qu’on retrouve dans la langue quichée avec le sens de marmite, vase, peut-être le même que le mot con ou comitl du mexicain, le vase mystérieux, faisant allusion au sexe de la femme, et qui joue un si grand rôle dans les mythes primitifs de l’Amérique.

[14] Uinal, signifiant un ensemble de vingt jours, paraît avoir la même origine que uinic, homme, vinak en langue quichée où ce mot a aussi le sens de vingt, parce qu’on était homme à vingt ans. Sa racine vin dans le quiché signifie acquérir, gagner, augmenter, croître, et vinak est un ancien participe qui dit, arrivé à sa croissance, d’où le mot homme. Ce mot a de l’analogie avec viginti, vingt, et win, en anglais acquérir, gagner.

[15] Afin de reconnaître quel est le chiffre correspondant avec le premier, il n’y a qu’à chercher le chiffre de la semaine avec lequel commence l’année et à ajouter successivement sept; mais, en faisant soustraction de treize, chaque fois que la somme de cette addition excède treize, ce qui donna les séries suivantes pour le premier jour de chacun des dix-huit mois 1, 8, 2 (15-13), 6, 3 (16-13), 10, 4, 11, 5, 12, 6, 13, 7, 1, 8, 2, 9, 3; en supposant, bien entendu, que le premier jour de l’année soit le premier de la semaine, et, généralement, en prenant pour premier chiffre des séries le chiffre de la semaine par laquelle l’année commence. (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. I, appendix, p. 436.)

[16] Zip paraît aussi signifier faute, erreur.

[17] Zeec, d’après Ruz, aurait le sens de discours, discourir.

[18] ɔe-yaxkin, ces deux mots ainsi réunis, dit l’auteur, ne signifient rien; cependant ɔe pourrait venir de ɔec, fondation, principe, d’autant plus que yaxkin ou yax-kin, soleil, verd nouveau, signifie l’été, ce qui reviendrait à dire le commencement de l’été; ce qui est d’autant plus exact que c’est le commencement de la saison sèche, appelée l’été dans ces contrées.

[19] Peut-être aussi parce que la campagne, à cette époque, de verte est devenue stérile, l’herbe jaunie et desséchée par les ardeurs du soleil.

[20] En examinant avec attention le signe qui représente le mois moan, on trouve que la partie principale est une tête d’oiseau, laquelle dans le manuscrit mexicain (dialecte maya) de la Bibliothèque impériale paraît être une tête d’ara; or l’ara se dit en maya ou móo.

[21] Páx ou páax signifie aussi rompre, briser.

[22] Ce nom s’applique parfaitement à un mois où les orages sont fréquents et où la foudre gronde avec tant de fracas; l’orage, l’ouragan étaient personnifiés dans les mythes antiques de ces contrées, c’étaient comme des manifestations de la divinité.

[23] Ce nom ferait-il allusion au temps dit de la nuit et des ténèbres qui précéda la civilisation nahuatl, dont il est si souvent question dans les traditions antiques?

[24] Ces jours s’appelaient aussi u tuz kin, u lobol kin, ce qui signifie jours mensongers, jours mauvais. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)

[25] Voir Landa, §.

[26]

Le Codex mexicain Letellier de la Bibliothèque impériale, que j’ai en ce moment sous les yeux, paraît destiné à résoudre cette question, si controversée depuis la conquête du Mexique. Les sept premiers folios de ce document, étant la suite d’un calendrier incomplet, représentent les douze derniers mois mexicains, terminant ici avec le mois de février, en sorte que, suivant l’auteur anonyme du Codex, le 6 mars serait le premier jour de l’année, laissant les cinq premiers jours de ce mois pour épagomènes, comme ils sont marqués ici. Or, l’année en laquelle écrivait l’anonyme était précisément une année bissextile; car il fait commencer les jours supplémentaires à un 29 février. «A XXIX de febrero, dit-il, los V dias muertos que no avia sacrificios.» Mais ce qui jette le plus de jour ici sur cette question, c’est que les jours supplémentaires sont désignés par des signes de couleur rouge et blanche, dans un quadrilatère au fond noir, lequel est surmonté d’un sixième signe semblable, en dehors du quadrilatère, et qui ne peut être que le jour restant, le 29 février, qui a tant embarrassé les savants, lequel est ajouté ici aux intercalaires, comme l’avait pensé Veytia. Ainsi qu’on peut le voir à la gravure ci-jointe, et que nous reproduisons d’après le Codex Letellier, le jour bissextile se représentait par un signe semblable aux supplémentaires; mais comme on ne pouvait le compter parmi ceux-ci d’une manière absolue, afin de ne pas déranger l’harmonie des jours et des années, on le plaçait en dehors du cadre; il avait ainsi sa place dans l’ordre chronologique et il s’écoulait avec les supplémentaires, sans qu’on lui donnât probablement aucune autre désignation. Il est à croire que les Mayas avaient quelque chose d’analogue.

[27] L’auteur de ce petit ouvrage donne d’excellentes raisons pour démontrer que l’Ahau-Katun était formé de périodes de 24 ans; mais en citant les manuscrits qui tous le déclarent, il n’en nomme aucun, et un peu plus loin il dit que ces manuscrits sont en petit nombre et incomplets, et qu’ils ne disent rien de l’origine de ce cycle. Notre auteur a-t-il bien compris ces manuscrits? Ajoutons que Landa et Cogolludo, sans compter même les faits consignés dans l’abrégé d’histoire chronologique, en langue maya, que Pio Perez invoque, paraissent prouver tout à fait le contraire. Voir ce que dit Landa § XLI, p. 315. Voici ce que dit Cogolludo: «Ils comptaient leurs ères et âges qu’ils mettaient dans leurs livres de 20 en 20 ans et par lustres de 4 en 4. Ils fixaient la première année à l’orient, lui donnant le nom de Cuch-haab, le second au couchant et l’appelaient Hiix, le troisième au sud, nommé Cauac, et le quatrième Muluc au nord. Ces lustres arrivant à cinq, faisaient vingt ans, ce qu’ils appelaient un Katun, et ils plaçaient une pierre sculptée sur une autre pierre également sculptée, fixée avec de la chaux et du sable dans les murs des temples, etc.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)

[28] Il est certain qu’à prendre ces chiffres pour guides, les périodes en question devraient être de 24 ans; mais ces chiffres, tout en s’accordant avec les séries de 24 en 24 ans, peuvent avoir une origine différente de celle que s’imagine l’auteur et faire partie d’une combinaison distincte, tout en servant à indiquer les Ahau-Katun. Ces calculs de l’auteur, comme on le voit, laissent beaucoup à désirer.

[29] L’auteur oublie complétement ment de nous dire quels sont ces manuscrits, et quant à ceux de don Cosme de Burgos qui vieudraient à l’appui de son système, s’ils sont perdus, comment les a-t-il pu connaître?

[30] Il est fort à regretter que tout cela ne soit pas mieux prouvé; car des faits rapportés par le manuscrit chronologique cité à l’appui de ces assertions, on est forcé de conclure, au contraire, que l’auteur anonyme de ce document donne à chaque période ou katun un nombre de vingt ans et non de vingt-quatre, ce que fait également Landa.

[31] Rien ne nous assure que ces périodes soient les périodes historiques; s’il y a eu des périodes de 24 en 24 ans, la citation actuelle donnerait plutôt à croire que ces chiffres s’appliquent à des périodes sacrées, non historiques ni civiles.

[32] C’est ici surtout que l’auteur se montre en contradiction avec lui-même. Le manuscrit chronologique auquel il réfère, donné par lui à M. Stephens et inséré dans le tome second de l’ouvrage Incidents of travel in Yucatan, porte, dans la traduction comme dans le texte maya, la date de 1536, et non de 1488. Or, nous avons dans Landa que le 13 Ahau, auquel cette année correspond, terminait précisément au 15 juillet 1541, le 11 Ahau, qui est le suivant, commençant avec le 16 juillet de la même année, pour finir, d’après cet écrivain, au 15 juillet 1561, juste vingt ans après. Ceci, non moins que les contradictions où tombe Pio Perez, dans la note explicative donnée par lui à la suite du manuscrit maya, dans laquelle il fait arriver les Espagnols au Yucatan avant l’année 1488, achève de discréditer son opinion au sujet de l’Ahau-Katun. Nous n’avons, néanmoins, pas voulu omettre l’article qu’il consacre à la période de 24 ans, son erreur même pouvant être utile plus tard pour découvrir l’origine des chiffres de 24 en 24 qui y ont donné lieu.

[33] Il semble que l’auteur dans ces dernières lignes prenne lui-même à tâche de détruire tout son système des katuns de 24 ans, bâti, sans aucun doute, sur les chiffres cités plus haut de 24 en 24, mais qui probablement s’expliqueront plus tard d’une autre manière.

[34] Ces pages de don Juan Pio Perez sont traduites, mais avec quelques variantes, dans l’ouvrage de Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. Iᵉʳ, appendix.

[35] Tel qu’il est ici, l’opuscule fut rédigé pour une revue, publiée au Yucatan, sous le titre de Registro Yucateco.


LELO
LAI
U TZOLAN KATUNIL TI MAYAB.

SÉRIE
DES
ÉPOQUES DE L’HISTOIRE MAYA.

Ahau.An de l’ère chrétienne.
VIII401
VI421
IV441
II461

Lai u tzolan katun lukci ti cab ti yotoch Nonoual cánte anilo Tutul Xiu ti chikin Zuiná, u luumil u talelob Tulapan chiconahthan.

C’est ici la série des époques écoulées depuis que s’enfuirent les quatre Tutul Xiu de la maison de Nonoual[1], étant à l’ouest de Zuinà, et vinrent de la terre de Tulapan[2].

XIII481
XI501
IX521
VII541
V561
III581
I601
XII621
X641
VIII661

Cánte bin ti katun lic u ximbalob ca uliob uaye yetel Holon-Chan-Tepeuh yetel u cuchulob: ca hokiob ti petene Uaxac Ahau bin yen cuchi, Uac Ahau, Can Ahau, Cabil Ahau, can-kal haab ca-tac hunppel haab. Tumen hun piztun Oxlahun Ahau cuchie ca uliob uay ti petene, can-kal haab ca-tac hunppel haab tu pakteil yete cu xinbalob lukci tu luumilob ca talob uay ti petene Chacnouitan lae.

Quatre époques s’écoulèrent depuis qu’ils se mirent en marche avant d’arriver par ici avec Holon-Chan-Tepeuh[3] et ses compagnons: avant d’atteindre cette péninsule[4], le Huit Ahau s’était passé, le Six Ahau, le Quatre Ahau, le Deux Ahau, quatre-vingt et un ans[5]. Car le premier point de la pierre du Treize Ahau[6] s’écoula avant qu’ils arrivassent à cette péninsule, quatre-vingt et un ans qu’ils tardèrent dans leur marche, depuis le départ de leur terre jusqu’à cette péninsule de Chacnouitan (an 482).

VI681

Uaxac Ahau, Uac Ahau, Cabil Ahau.

Huit Ahau, Six Ahau[7], Deux Ahau.

IV701
II721
XIII741
XI761
IX781

Kuchci Chacnouitan Ahmekat Tutul Xiu; hunppel haab minan ti ho-kal haab cuchi yanob Chacnouitan lae. Laitun uchci u chicpahal tzucuble Ziyan-Caan, lae Bakhalal.

Ahmekat Tutul Xin arrive en Chacnouitan[8]; un an manquait aux cent ans[9] qu’ils avaient été en Chacnouitan (c’est-à-dire à l’an 581). En ce temps-là eut lieu la conquête de la province de Ziyan-Caan, qui est celle de Bakhalal[10].

VII801
V821
III841
I861
XII881

Can Ahau, Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, ox-kal haab cu tepalob Ziyan-Caan, ca emob uay lae. Lai u haabil cu tepalob Bakhalal, chuulte laitun chicpahi Chichen-Ytza lae.

Quatre Ahau[11], Deux Ahau, Treize Ahau, soixante ans qu’ils gouvernèrent en Ziyan-Caan, depuis qu’ils y étaient descendus (de l’an 701 à l’an 761). C’est en ces années, durant lesquelles ils gouvernèrent à Bakhalal, que l’on marque le temps de la conquête de Chichen-Ytza[12].

X901
VIII921

Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau, Ho Ahau, Ox Ahau, Hun Ahau.

Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau, Cinq Ahau, Trois Ahau, Un Ahau[13].

VI941
IV961
II981
XIII1001
XI1021
IX1041

Uac-kal haab cu tepalob Chichen-Ytza, ca paxi Chichen-Ytza, ca binob cahtal Chanputun ti yanhi u yoto-chob Ah-Ytzaob, kuyen uincob lae. Uac Ahau chucuc u luumil Chanputun.

Depuis six vingt ans ils dominaient à Chichen-Ytza, lorsque Chichen-Ytza fut ruiné (de l’an 761 à l’an 881). Alors ils allèrent à Chanputun[14], où les Ytzas, hommes saints (sacrificateurs?), avaient eu des demeures[15]. Au Six Ahau, ils prennent possession du territoire de Champoton (de l’an 941 à l’an 961)[16].

VII1061
V1081
III1101
I1121
XII1141
X1161
VIII1181
VI1201
IV1221
II1241
XIII1261
XI1281

Can Ahau, Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau, Ho Ahau, Ox Ahau, Hun Ahau, Lahca Ahau, Lahun Ahau. Uaxac Ahau, paxci Chanputun; ox’ahun-kal haab cu tepalob tumenel Ytza uincob, ca talob u tzacle u yotochob tu caten, laixtun u katunil binciob Ah-Ytzaob yalan che, yalan aban, yalan ak ti numyaob lae. Uac Ahau, Can Ahau, ca-kal haab ca talob u heɔob yotoch tu caten ca tu zatahob Chakanputun.

Quatre Ahau, Deux Ahau, Treize Ahau, Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau, Cinq Ahau, Trois Ahau, Un Ahau, Douze Ahau, Dix Ahau. Au Huit Ahau, Chanputun fut ruiné[17], deux cent soixante ans depuis que les hommes d’Ytza régnaient à Chanputun (de l’an 681 à l’an 941), après quoi ils sortirent de nouveau à chercher des demeures, et alors, durant plusieurs époques, les Ytzas errèrent, couchant dans les bois, entre les rochers et les herbes sauvages, souffrant de grandes privations[18]. Six Ahau, Quatre Ahau, soit quarante ans (de l’an 941 à l’an 981), après quoi ils eurent de nouveau des demeures fixes, depuis qu’ils avaient perdu Chanputun[19].

IX1301
VII1321
V1341
III1361
I1381
XII1401
X1421

Lai u katunil Cabil Ahau u heɔci cab Ahcuitok Tutul Xiu Uxmal. Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau, Ho Ahau, Ox Ahau, Hun Ahau, Lahca Ahau, Lahun Ahau, lahun-kal haab cu tepalob yetel u halach uinicil Chichen-Ytza yetel Mayalpan.

C’est à l’époque Deux Ahau, qu’Ahcuitok Tutul-Xiu s’affermit à Uxmal (de l’an 981 à l’an 1001). Deux Ahau, Treize Ahau, Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau, Cinq Ahau, Trois Ahau, Un Ahau, Douze Ahau, Dix Ahau; deux cents ans qu’ils régnèrent avec les puissants seigneurs de Chichen-Ytza et de Mayapan (de l’an 981 à l’an 1181)[20].

VIII1441
VI1461
IV1481
II1501
XIII1521
XI1541
IX1561

Lai u katunil Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau. Uaxac Ahau, paxci u halach uinicil Chichen-Ytza, tumenel u kebanthan Hunac-Eel u halach uinicil Mayalpan ichpac. Can-kal haab ca-tac lahun piz haab tu lahun tun Uaxac Ahau cuchie, lai u haabil paxci tumenel Ahtzin-Teyut-Chan, yetel Tzuntecum, yetel Taxcal, yetel Pantemit Xuchu-Cuet, yetel Ytzcuat, yetel Kakaltecat, lay u kaba uinicilob lae nuctulob ah Mayapanob lae. Laili u katunil Uaxac Ahau, lai ca binob u pá ah-Ulmil Ahau, tumenel u uahal-uahob yetel ah-Ytzmal Ulil Ahau; lae oxlahun uuɔ u katunilob ca paxob tumen Hunac-Eel tumenel u ɔabal u naátob. Uac Ahau ca ɔoci, hun-kal haab ca-tac can lahun pizi.

Voici les époques de Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau[21]. Au Huit Ahau, les puissants seigneurs de Chichen-Ytza furent ruinés pour avoir péché en paroles contre Hunac Eel, ce qui arriva à Chac-Xib-Chac de Chichen-Ytza, qui avait péché en paroles contre Hunac Eel, le puissant seigneur de la forteresse de Mayapan[22]. Quatre-vingts années et dix points à la dixième pierre du Huit Ahau s’étaient écoulés, et c’est là l’année (an 1191) où il fut vaincu par Ah-Tzinteyut-Chan, avec Tzuntecum, avec Taxcal, avec Pantemit Xuchu-Cuet, avec Itzcuat, avec Kakaltecat, et ce sont là les noms des seigneurs marquants de Mayapan[23]. C’est dans la même période du Huit Ahau (de l’an 1181 à l’an 1201) qu’ils allèrent attaquer le roi Ulmil, à cause de ses grands festins avec Ulil, roi d’Ytzmal[24]; ils avaient treize divisions de troupes, lorsqu’ils furent défaits par Hunac-Eel, par celui qui donne l’intelligence[25]. Au Six Ahau, c’en était fait, après trente-quatre ans (entre l’an 1201 et l’an 1221)[26].

Uac Ahau, Can Ahau, Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, Buluc Ahau. Chucuc u luumil ichpáa Mayalpan, tumenel u pach tulum, tumenel multepal ich cah Mayalpan, tumenel Ytza uinicob yetel ah-Ulmil Ahau lae.

Six Ahau, Quatre Ahau, Deux Ahau, Treize Ahau, Onze Ahau. Envahissement par les gens d’Ytza avec leur roi Ulmil[27] du territoire de la forteresse de Mayapan (de l’an 1201 à l’an 1221), à cause des fortifications du pays et parce qu’un gouvernement républicain dirigeait Mayapan.

Can-kal ca-tac oxppel haab, yocol Buluc Ahau cuchie paxci Mayalpan tumenel ah-Uitzil ɔul, Tancah Mayalpan.

Quatre-vingt-trois ans (se passent), et au commencement du Onze Ahau (de l’an 1281 à l’an 1301) Mayapan fut ruiné par les montagnards[28], qui se rendirent maîtres de Tancah de Mayapan[29].

Uaxac Ahau lay paxci Mayalpan lai u katunil Uac Ahau, Can Ahau, Cabil Ahau, lai haab ca yax mani Españoles u yaxilci caa luumi Yucatan tzucubte lae, oxkal haab pâxac ichpa cuchie.

C’est au Huitième Ahau que Mayapan fut ruiné[30]. Ce sont les époques du Six Ahau, du Quatre Ahau, du Deux Ahau, qui sont les années où arrivèrent pour la première fois les Espagnols[31], qui donnèrent depuis le nom de Yucatan à cette province. Soixante ans s’étaient écoulés depuis la ruine de la forteresse (an 1511-1517).

Oxlahun Ahau, Buluc Ahau, uchci maya-cimil ichpa yetel nohkakil: Oxlahun Ahau cimci Ahpulá uacppel haab u binel ma ɔococ u xocol Oxlahun Ahau cuchie, ti yanil u xocol haab ti likin cuchie, canil Kan cumlahi Pop, tu holhun Zip ca-tac oxppeli, Bolon Ymix u kinil lai cimi Ahpulá; laitun año cu ximbal cuchi lae ca oheltabac lay u xoc numeroil años lae 1536 años cuchie, ox-kal haab paaxac ichpá cuchi lae.

Au Treize Ahau, au Onze Ahau, il y eut de la peste avec de la petite vérole dans les châteaux[32]: au Treize Ahau, Ahpulá mourut[33], six ans manquant pour que le compte du Treize Ahau s’écoulât; le compte de l’année suivant à l’est et le Quatre Can commençant (le mois) Pop, ce fut au troisième mois Zip et au neuvième jour Ymix que mourut Ahpulá. Or, voici l’année où cela s’était passé, afin que son nombre correspondant soit connu: l’année 1536[34], soixante ans après que la destruction de la forteresse avait eu lieu[35].

Laili ma ɔococ u xocol Buluc Ahau lae lai ulci españoles kul uincob ti likin u talob ca uliob uay tac luumil lae Bolon Ahau hoppel Cristianoil uchci caputzihil: laili ichil u katunil lae ulci yax obispo Toroba u kaba.

Mais, avant que se fût terminé le compte du Onze Ahau, arrivèrent les Espagnols, et des hommes saints[36] vinrent avec eux quand ils touchèrent cette terre. Au Neuf Ahau, commença le christianisme et l’avénement du baptême: c’est durant cette période qu’arriva le nouvel évêque, dont le nom est Toral.[37]