XIII
Max avait disparu.
C’est en vain que ses amis s’étaient présentés chez lui; la réponse avait été invariable:
—Monsieur le vicomte est sorti, répondait le domestique. On se livrait aux plus singulières conjectures.
Était-il à Paris?
Son père l’avait exilé dans une terre.
Il était aux eaux avec une de ses tantes.
Mais non, la saison était passée.
Il était en Italie alors.
Il avait été enlevé par une danseuse.
Tous ces bruits contradictoires avaient été longuement discutés, mais l’opinion publique n’avait pas décidé encore.
Qui donc eût pu se douter que Max, épris follement d’une ouvrière, passait ses journées, ses soirées, tout son temps, préoccupé sans cesse de cet amour.
Heureux seulement quand il voyait Louise, quand il pouvait rester quelques heures avec elle.
Car, maintenant, il allait souvent chez Louise; leur mariage était bien convenu, Max n’attendait qu’une occasion pour obtenir le consentement de son père.
Et Max était plus heureux qu’il ne l’avait jamais été, même dans ces jours de folie où, puisant sans compter, il jetait à pleines mains l’or et sa belle jeunesse.
Louise était heureuse aussi, l’avenir maintenant c’était l’amour de Max, le bonheur au lieu de la misère et du désespoir.