XIX.—DISSERTATIONS, CRITIQUES, PIÈCES DE THÉATRE ET PARODIES RELATIVES AUX OUVRAGES SÉPARÉS DE CORNEILLE.


I

1346. Mélite, ou la première Pièce de Corneille, nouvelle historique, par Dumersan.

Le Monde Dramatique, t. Ive, pp. 337 sqq., no Du 6 Juin 1837.

Cette nouvelle a été mise par l'auteur en un acte et en vers, et représentée sous cette forme sur le théâtre des arts à rouen le 29 juin 1837. Voy. le no [1570].

VII

1347. Parallèle des beautés de Corneille avec celles de plusieurs scènes de la Médée de Sénèque.

Lu à la séance de la Société libre d'émulation de Rouen du 16 juin 1804.

VIII

1348. Décoration de l'Illusion Comique.

La Bibliothèque nationale possède (msc. franç., no 24330) un manuscrit intitulé: Mémoire de plusieurs décorations qui serue [sic] aux pieces contenus [sic] en ce present Liure commance per Laurent mahelot Et continué par michel Laurent En lannee 1673. In-fol.

Ce manuscrit, dont les deux auteurs étaient fort ignorants, contient la description suivante, accompagnée d'un grand dessin. En dépit du titre, il ne peut être question ici que de l'Illusion comique:

«La Mélite» de M. de Corneille.

«Au milieu il faut un Palais bien orné. A un costé du theâtre [à droite] un autre pour un Magicien, au-dessus d'une montaigne; de l'autre costé du theatre un parc. Au premier acte, une Nuict, une Lune qui marche, des rossignols, un Miroir enchanté; Vne baguette pour le Magicien, des Carquans ou Menottes, des trompettes, des Cornets de Papier, un chapeau de ciprez pour le Magicien.»

Le continuateur du manuscrit, plus ignorant encore que le premier, n'a pas été en état d'esquisser même un dessin grossier. Il s'est borné à nous donner une liste des pièces qui composaient le répertoire courant de 1673 à 1685, avec l'indication sommaire des décorations et des accessoires requis pour la représentation. Les pièces de Corneille qui figurent dans cette liste sont: le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, Rodogune, Héraclius, Andromède, Don Sanche, Œdipe, Sertorius, Othon et Suréna.

Voici un spécimen des indications recueillies par le machiniste:

Rodogune.

Theatre est une salle de palais au second acte il faut un fauteuille [sic] et deux tabourest [sic] au cinquiesme acte trois fauteuille Et un tabourest une coupe d'or.

L'indication d'Andromède, «pièce en machine Jouee en 1682 Et recommancee [sic] le 22 janvier 1683» montre que le théâtre auquel appartenait Michel Laurent était le théâtre du faubourg Saint-Germain.

Les dernières indications fournies par le machiniste ont été recueillies par M. E. Despois (le Théâtre français sous Louis XIV; Paris, 1874, in-12, pp. 410-415), mais l'auteur de cet excellent travail n'a pas eu l'idée d'y faire figurer le décor de l'Illusion comique.

IX

1349. L'Avtevr || dv vrai Cid || espagnol, || a ||son Tradvctevr || François. || Sur vne Lettre en vers qu'il a fait Imprimer,||intitulée, Excuse à Ariste, Où, après cent || traicts de vanité, il dit de soy-mesme, ||Ie ne dois qu'à moy seul toute ma renommée. [Paris, 1637]. In-8 de 2 ff., caract. ital.

Ce pamphlet, attribué par Corneille à Mairet, paraît avoir été le premier factum dirigé contre le Cid, après l'imprudente Excuse à Ariste (voy. le no [141]); il se compose de six strophes de six vers signées: Don Baltazar de la Verdad. Voici les deux premières strophes:

L'Espagnol.

Je parle à toy vanteur, dont l'audace achevée,

S'est depuis quelques jours dans le Ciel eslevée,

Au mespris de la terre, et de ses habitans,

A toy dont l'insolence en tes escrits semée

Et bien digne du fast des plus foux Capitans,

Soustient que ton merite a fait ta renommée.

Les noms de deux ou trois, dont tu veux faire acroire,

Qu'en les traittant d'esgaux tu les combles de gloire

Dans l'Espagne, et plus outre avoient déja couru,

Mais de ton froid esprit qui se paist de fumée,

Rien certes dans Madrid n'avoit jamais paru,

Et le Cid seulement y fait ta renommée.

1350. Observations || svr || le Cid. || A Paris. || Aux despens de l'Autheur || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 2 ff., dont le premier est blanc, et 96 pp.

Première édition de la célèbre critique de Scudéry; elle se reconnaît aux Fautes d'Impression indiquées au verso du titre:

Page 12, ligne 3: euenemeut, lisez euenement.
Page 14, ligne 8: ses, lisez ces.
Page 14, ligne 11: Sopocle, lisez Sophocle.
Page 44, ligne 6: Mone, lisez Monsieur.

Dans certains exemplaires, on a retourné le f. blanc et l'on a encarté entre ce f. et le f. de titre l'édition de l'Excuse à Ariste, décrite ci-dessus (no 142).

1351. Observations || svr || le Cid. || Ensemble l'excuse à Ariste & || le Rondeau. || A Paris, || Au [sic] despens de l'Autheur. || M.DC.XXXVII, [1637]. In-8 de 4 ff. et 96 pp.

Collation des feuillets préliminaires: titre avec un fleuron composé de rinceaux dans le milieu desquels se trouve une tête coiffée de plumes; 3 ff. pour l'Excuse à Ariste et le Rondeau.

Cette édition se distingue facilement de la précédente, même si elle est incomplète des feuillets préliminaires, parce que les fautes d'impression y ont été corrigées.

1352. Observations || svr || le Cid. || Ensemble l'excuse à Ariste & || le Rondeau. || A Paris. || Au [sic] despens de l'Auteur. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 4 ff., 94 pp. et 1 f. blanc.

Collation des feuillets préliminaires: titre;—5 pp. pour l'Excuse à Ariste;—1 p. pour le Rondeau.

1353. Les || Favtes || remarqvees || en la || Tragicomedie || dv Cid. || A Paris, || Aux despens de l'Autheur. || M.DC.XXXVII. In-8 de 43 pp., y compris le titre.

Même ouvrage que le précédent sous un autre titre. Le titre de départ, p. 3, porte: Observations sur le Cid.

C'est au factum de Scudéry que Corneille répondit dans sa Lettre apologétique (voy. le no [144]).

1354. La || Deffense || dv Cid. || A Paris, || M.DC.XXXVII [1637]. In-4 de 28 pp., y compris le titre.

Le titre porte un fleuron qui nous paraît être celui de L. Maurry, de Rouen. Ce détail a son importance, parce qu'il prouverait que la Deffense du Cid aurait été écrite, sinon par Corneille lui-même, du moins sous son inspiration, par un de ses compatriotes.

Voici en quels termes M. Taschereau (Hist. de Corneille, 2e édit., p. 301) a parlé de cette pièce:

«Cette Défense du Cid, à laquelle il est fait allusion dans plusieurs des pamphlets dont nous aurons bientôt occasion de parler, notamment dans la Lettre apologétique du sieur Corneille (1637), est mentionnée t. I, p. lxxix, du Théâtre de Corneille, édit. de 1747, et t. V, p. 256, de l'Histoire du Théâtre-Français (par les frères Parfaict), et, avant cela, dans les Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres (voir t. XX, p. 88 et suiv.). Nous devons avouer qu'elle a échappé à toutes nos recherches, et nous ne l'avons même vu mentionner nulle part, de manière à croire que ceux qui en ont parlé aient été plus heureux que nous. Ainsi Niceron, qui, en citant la plupart des pamphlets publiés à l'occasion du Cid, donne exactement le nombre de pages de chacun de ceux qu'il cite, ne le fait pas pour la Défense du Cid, et, s'il en indique le format, c'est qu'en indiquant celui dans lequel furent imprimées toutes les autres pièces de cette discussion, il aura cru pouvoir donner comme une certitude une conjecture assez vraisemblable.»

Les recherches de M. Marty-Laveaux n'ont pas eu plus de succès que celles de M. Taschereau; mais du moins le savant éditeur a donné, d'après des notes manuscrites de Van Praet, une description assez exacte de la pièce (il indique cependant 32 pp. au lieu de 28). Nous avons eu la bonne fortune de trouver enfin un exemplaire de la Deffense du Cid à la bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458 (1) Rés.), et, comme la même collection possède plusieurs autres pièces sur le Cid, qui n'ont été décrites que par Van Praet et qui ne sont nulle part ailleurs, nous croyons que cet exemplaire est celui que le célèbre bibliographe aura eu entre les mains.

Pour donner une idée de ce factum, nous en transcrivons fidèlement le début:

La
Deffense
DV CID.

Ces iours passez voyant paroistre vn liuret contre le sentiment commun, et contre l'approbation generale que tous les bons Esprits auoiēt dōnee à la Tragicomedie DV CID, et remarquant que ce liuret poussoit vne si foible voix qu'on empruntoit tous les Echos de la Gazette pour la faire mieux retentir, et que d'ailleurs il se presentoit hors de saison apres auoir souffert sans resistance que son ennemy fist la conqueste et triomphast de la creance de tout le monde: ie iugeay que son effet seroit pareil à celuy d'vne troupe de picoteurs qui n'osant affronter vn regiment le laissent libremēt passer pour venir fondre apres sur la queuë et se ruer sur le bagage. Et me sentant pressé par la clameur importune de ces Gazettons du Pont-Neuf pendant une semaine ne voyant point de iour à me mettre en colere contre eux mon despit s'auança iusqu'au liure que l'achetay tout indigné de ce qu'il troubloit le plaisir que l'auois eu à lire quelques Scénes DV CID, à l'ouuerture du premier feuillet ma veuë tomba sur ces mots AVX DESPENS DE L'AVTHEVR: certes pensay-ie en moy, cet esprit prognostique, comme vn fidele Almanach, l'euenement de son liure qui aura cours au despens de sa reputation. Et me mettant à lire pour entreuoir le dessein de l'Autheur dedans le cours de ses paroles. Ie fis iugement que cet œuvre estoit la descharge de sa melancolie, me persuadant par la suite de son discours que le grand esclat de l'ouurage fait pour LE CID, auoit produit sur l'ame de ce personnage ce que le Soleil fait quand il est joint à la canicule à l'endroit de nos corps qu'il desseiche et recuit, et faisant boūillir au dedans la melancolie, rend la ratte où elle se retire fort dure et importune. Ie le leuz donc en paix, et permis le libre cours à cet esprit qui se purgeoit, dont ie ne m'offensois non plus que des plaintes d'vn malade de qui le mal cautionne et excuse l'impatience, me promettant que cet homme seroit desormais bien gay apres auoir mis hors tant de mauuaises humeurs, ce qui me fait croire que ie pourrois par vne Response l'aborder seurement sans craindre son indignation, pensant bien qu'il n'y en pourroit plus auoir, ayant jetté tant de bile noire: En tout cas ie me suis persuadé qu'il ne sera pas plus mauuais à la recharge qu'à l'attaque, où son plus grand feu est employé. Et comme le grand zele qui l'anime à l'honneur des Poëtes luy a fait prēdre la plume, le desir de mettre paix entre deux combatans, me porte à en arrester le cours en luy monstrant tout doucement que sa veuë est préoccupée, et son organe vicie comme d'un fievreux à qui le vin semble amer à cause du fiel qui s'amasse sur sa langue et sur son palais. Des esprits plus auātageux que le mien eussent renuoyé son liure à la jalousie conceuë à l'encontre DV CID, comme vn effet naturel a sa cause propre, mais ie me suis volu efforcer d'auoir de luy de plus hauts sentimens, et croire quoy qu'à peine qu'vne grande ame comme la sienne ne se laisse pas toucher, ny mesme abborder par l'enuie qui est la plus basse de toutes les passions de l'homme, et le plus fort argument qu'il est esloigné de la vertu, puisque par elle le bien luy desplaist mesme en autruy, où il ne le peut contraindre à aucune subjection, mais en voulant le refuter, i'ay bien rencontré de l'obstacle, trouuant son ordre si confus qu'il offusque son dessein: Sa pēsee est de frapper sur celuy qui nous a fait parler François, cette belle Tragicomedie, mais n'y trouuant que peu ou point de prise il s'est fait de l'Autheur et du Traducteur vn seul objet de son mespris, les meslant confusément tous deux comme vn sujet vnique de la Satire qu'il en fait, mais par ce que l'ordre me plait, ie traitteray à part ce qu'il dit contre l'Autheur et separement, aussi les deffauts qu'il allegue contre son Traducteur faisant ainsi de ce discours deux parties sans obmettre pourtant la suite des cinq poincts où se reduit sa censure lesquels ie cite mot à mot:

1. Que le sujet n'en vaut rien.
2. Qu'il choque les principales reigles du Poëme Dramatique.
3. Qu'il manque de iugement en sa conduite.
4. Qu'il a beaucoup de meschans vers.
5. Que presque tout ce qu'il a de beautez sont empruntées.

De ces cinq articles, les trois premiers ne peuvent regarder que l'Autheur, le Traducteur n'y a point de part, il n'a qu'à ne deffendre des derniers où l'imposition qu'on luy fait est si legere qu'elle ne merite pas son courroux, vne moindre plume de beaucoup que la sienne pourra bien destourner le coup.

(Suit la première partie.

1355. La Voix || pvbliqve. || A || Monsievr de || Scvdery sur les || Obseruations du Cid. || A Paris. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 7 pp.

1356. L'Incognv || et || Veritable Amy || de Messievrs de || Scvdery et || Corneille. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 7 pp., y compris le titre.

L'auteur, qui signe D. R., et que le P. Niceron a cru être Rotrou, voudrait concilier Scudéry et Corneille.

1357. Le || Sovhait || dv Cid || en favevr || de Scvderi. || Vne Paire de Lunettes || pour faire mieux ses Obseruations. M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 36 pp.

Pamphlet favorable à Corneille; on lit à la fin: Mon ris.

1358. Lettre || dv Sr || Claveret, ||av Sr || Corneille, || soy disant Autheur || du Cid. || A Paris. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 15 pp., y compris le titre.

Le titre de départ, p. 3, porte: Lettre || contre vne || inuectiue || du Sr || Corneille, || soy disant Autheur du Cid.

«Monsieur, dit Claveret en commençant, j'avoue que vous m'avez surpris par la lecture de vostre lettre apologitique, et que je n'attendais pas d'un homme, qui faisoit avec moi profession d'amitié, une si ridicule extravagance, que celle qui vous fait dire à l'observateur du Cid (au lieu de vous défendre contre luy par de bonnes raisons), Il n'a pas tenu à vous que du premier lieu ou beaucoup d'honnestes gens me placent, je ne sois descendu au dessous de Claveret. Ces termes si pleins de vanité, et dont vous vous servez vous-mesme pour embellir votre apologie, devoient (ce me semble) estre escris d'une autre main que de la vostre; et bien que l'esprit soit un legitime heritage, ou tout le monde croit avoir sa part, j'estois tout prest de vous signer que vous estes plus grand poete que moy, sans qu'il fust necessaire que vous empruntassiez les voix de tous les colporteurs du Pont-Neuf, pour le faire esclater par toute la France. Apres m'estre informé d'où pouvoit proceder une animosité si lasche et si extraordinaire, j'ay descouvert enfin qu'on vous avoit fait croire que j'avois contribué quelque chose à la distribution des premiers vers, qui vous furent adressez sous le nom du vray Cid Espagnol, et qu'y voyant vostre vaine gloire si judicieusement combattue, vous n'aviez pu vous empescher de pester contre moy, parce que vous ne saviez à qui vous en prendre.»

«Les frères Parfaict, t. Ve, p. 267 de leur Histoire du Théâtre François, disent que Claveret fit paraître une seconde lettre. Nous avons lieu de croire que cet écrit, dont ils ne donnent pas le titre, n'existe pas. Il est évident d'ailleurs, par le compte qu'ils en rendent, que ces historiens n'ont pu se procurer qu'un très-petit nombre de ces pamphlets.» Taschereau, Hist. de Corneille, 2e édit., p. 407.

1359. L'Amy dv Cid || a || Claveret. || A Paris. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 8 pp., y compris le titre.

Pièce attribuée à tort à Corneille par la P. Niceron. Elle a été réimprimée par M. Marty-Laveaux, t. IIIe, pp. 53-56.

On trouve à la suite de l'Epitre familiere du sieur Mairet, une Réponse à l'Amy du Cid.

1360. La Victoire dv Sr [sic] Corneille, Scvdery et Claveret, auec vne Remontrance par laquelle on les prie amiablement de n'exposer ainsi leur renommée à la risée publique. Paris, M.DC.XXXVII (1637). In-8 de 7 pp.

Cette pièce, que M. Marty-Laveaux n'a pu retrouver (voy, t. IIIe, p. 29), avait été citée par Van Praet. Nous avons eu la bonne fortune d'en rencontrer un exemplaire au Musée britannique (840. C. 22). / 4.

1361. Lettre || a *** || sovs le nom || d'Ariste.

Ce n'est donc pas assez, & de la part des Muses,
Ariste, C'est en vers qu'il vous faut des excuses,
Mais la mienne pour vous n'en plaint pas la façon.
Cent vers lui coustent moins que deux mots de || chanson, &c.

S. l. n. d. [Paris, 1637]. In-8 de 8 pp.

Cette lettre est attribuée par Niceron à Mairet, mais sans fondement sérieux. Nous avons eu l'occasion d'en citer un passage sous le no 4.

1362. Responce || de *** || a *** || sovs le nom d'Ariste. || A Paris, M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 8 pp., y compris le titre.

Cette pièce, attribuée à tort à Corneille par Niceron (voy. Taschereau, loc. cit., p. 306), a été reproduite en entier par M. Marty-Laveaux (t. IIIe, pp. 59-62). On y trouva des détails très-curieux sur les pièces de théâtre contemporaines du Cid.

1363. Lettre || povr Monsievr || de Corneille, || contre les mots de || la Lettre sous le nom || d'Ariste. || Ie fis donc resolution de guerir ces idolatres. S. l. n. d. [Paris, 1637]. In-8 de 3 ff. et 1 f. blanc.

Cette lettre, que Niceron a voulu attribuer à Corneille lui-même, n'est pas exempte de critiques contre lui; elle occupe les 3 premières pp. de la pièce; la p. 4 contient l'épigramme suivante de Martial, imitée en français:

Martialis

Epig. L. 9. Epi. 83.

Lector et Auditor nostros probat, Aule, libellas,

Sed quidam exactes esse Poeta negat:

Non nimium curo, nam cœnæ fercula nostræ

Malim conviviis quam placuisse coquis.

Traduction

à Monsieur Corneille.

Les vers de ce grand Cid que tout le monde admire,

Charmant à les entendre, et charmant à les lire,

Un Poëte seulement les trouve irreguliers:

Corneille, mocque toy de sa jalouse envie,

Quand le festin agrée à ceux qua l'on convie,

Il importe fort peu qu'il plaise aux Cuisiniers.

Ces vers, qui se trouvent déjà à la fin de la Lettre apologétique du Sr Corneille, sont accompagnés ici de l'épigramme suivante:

Si les vers du grand Cid, que tout le monde admire,

Charment à les ouyr, mais non pas à les lire,

Pourquoy le traducteur des quatre vers Latins

Les a-t'il comparez aux mets de nos festins?

J'advoue avec luy, s'il arrive

Qu'un mets soit au goust du convive,

Qu'il importe bien peu qu'il plaise au cuisinier;

Mais les vers qu'il deffend d'autres raisons demandent,

C'est peu qu'ils soient au goust de ceux qui les entendent,

S'ils ne plaisent encore aux maistres du mestier.

M. Marty-Laveaux a reproduit cette lettre in extenso (t. IIIe, p. 56).

1364. Lettre || de || Mr de Scvdery, || a || L'illvstre Academie. || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, à l'Escu de France. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 11 pp. (y compris le titre) et 2 ff. blancs.

«Messieurs, dit Scudéry au début de ce factum, puis que Monsieur Corneille m'oste le masque, et qu'il veut que l'on me connoisse, j'ay trop accoutumé de paroistre parmy les personnes de qualité, pour vouloir encor me cacher: Il m'oblige peut-estre en pensant me nuire; et si mes Observations ne sont pas mauvaises, il me donne luy-mesme une gloire dont je voulois me priver. Enfin, Messieurs, puis qu'il veut que tout le monde sçache que je m'appelle Scudery, je l'advoue. Mon Nom, que d'assez honnestes gens ont porté devant moy, ne me fera jamais rougir: veu que je n'ai rien fait non plus qu'eux indigne d'un homme d'honneur. Mais comme il n'est pas glorieux de frapper un ennemy, que nous avons jetté par terre, bien qu'il nous dise des injures, et qu'il est comme juste de laisser la plainte aux affligez, quoy qu'ils soient coupables, je ne veux point repartir à ses outrages par d'autres, ny faire comme luy, d'une dispute Academique, une querelle de crocheteurs, ny du Licée un marché public.»

Scudéry continue sur ce ton si voisin du comique et s'échauffe peu à peu au point d'écrire cette phrase dont son adversaire ne manque pas de se moquer (voy. le no [244]):

«Qu'il vienne, qu'il voye, et qu'il vainque, ce trois fois grand Autheur du Cid: soit qu'il m'attaque en soldat, maintenant qu'il est obligé de l'estre, soit qu'il m'attaque en escrivain, il verra que je me sçay defendre de bonne grace, et que si ce n'est en injures, dont je ne me mesle point, il aura besoin de toutes ses forces. Mais s'il ne se defend que par des paroles outrageuses, au lieu de payer de raisons, prononcez, O mes juges, un arrest digne de vous, et qui face sçavoir à toute l'Europe que le Cid n'est point le chef-d'œuvre du plus grand homme de France, mais ouy bien la moins judicieuse Piece de Monsieur Corneille mesme.»

Comme on le voit par la première phrase que nous avons citée, cette lettre est une réponse à la Lettre apologétique, dans laquelle Corneille dénonçait Scudéry comme l'auteur des Observations.

1365. La || Prevve || des Passages || allegvez dans || les Observations || svr le Cid. || A Messieurs || de l'Academie. || Par Mr de Scudery. || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, à l'Escu de France. || M.DC.XXXVII. In-8 de 14 pp. (y compris le titre) et 1 f. blanc.

Scudéry cite ces paroles du Tasse: «Io non mi dolgo, che habbiano cercato d'impedirmi questo honore, che m'era fatto d'al vulgo, perche di nissuna cosa ragionevole mi debbo dolere: piu testo dovrei lamentarmi di colero, che inalzandomi dove non merito di salire, non hanno riguardo al precipitio,» puis il ajoute: «Ce sont les modestes paroles, par où le Tasse, le plus grand homme de son siècle, a commencé l'Apologie du plus beau de ses Ouvrages, contre la plus aigre et la plus injuste Censure, qu'on fera peut-estre jamais. Mr Corneille, tesmoigne bien en ses Responses, qu'il est aussi loing de la modération, que du merite de cet excellent Autheur, puisqu'au lieu de se donner l'humilité d'un Accusé, il occupe la place des Juges, et se loge luy-mesme à ce premier lieu, ou personne n'oseroit seulement dire qu'il pretend. C'est de cette haute region, que sa plume, qu'il croit aussi foudroyante que l'eloquence de Pericles, luy a fait croire, que des injures estoient assez fortes, pour destruire tout mon Ouvrage, et que sans combattre mes raisons par tant d'autres, il lui suffisait seulement de dire que j'ay cité faux.»

1366. Epistre || avx Poëtes || dv temps, || sur leur querelle || du Cid. || A Paris, || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 14 pp. et 1 f. blanc.

1367. Pour le sievr Corneille contre les ennemis du Cid. A Paris, M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 7 pp.

Sonnet. (Bibliothèque de l'Arsenal.)

1368. Discovrs || a || Cliton. || svr les || Observations || dv Cid. || Auec vn Traicté de || la disposition du Poëme Drama- || tique, & de la prétenduë Regle || de vingt-quatre heures. || A Paris, || Imprimé aux despens de l'Autheur. [1637]. In-12 de 103 pp., y compris le titre.

L'auteur de ce traité, que les frères Parfaict ont mal à propos attribué à Claveret (Histoire du Théâtre-François, t. Ve, p. 257), affecte de montrer une grande impartialité en faveur du Cid. «Je me suis trouvé une fois dans le parterre, dit-il, et une autre fois dans les galleries, à la représentation de ce nouveau Poëme; et je suis tesmoin de ce qu'en disent encore les sçavants et les ignorants, la cour et le bourgeois, comme remarque notre Observateur: je n'en connois l'Autheur que de nom, et par les affiches des Comediens. Or à cause que je fais quelques fois des vers, et que je favorise ceux qui s'en meslent, j'ay inclination pour luy, et je panche desjà du costé de ses Approbateurs...» Il ajoute que le Traité de la disposition du Poëme dramatique était écrit cinq ou six ans avant la querelle du Cid et qu'il n'y a rien changé. «Comme ce Traicté, dit-il en terminant, estoit sous la Presse mesme auparavant la Lettre apologitique du Sieur Corneille, je ne sçay combien de feuilles volantes ont été jettées en public presque en mesme temps, sur le sujet du Cid, et de son Observateur. Apres quoy, il semble que je serois obligé de signer cet escrit, si je voulois prendre la qualité d'intervenant, au procés qui s'instruict en l'illustre Academie, sur la requeste du Sr de Scudery. Mais plustost que de plaider (qui est un mestier que je m'empesche de faire autant que je puis), j'ayme mieux que ce petit ouvrage s'en aille avec les vagabons et gens sans adveu, ou qu'il soit mis aux Enfermez comme un enfant trouvé. Cliton en aura du soin comme son parrain, et ma pauvre Muse, apres avoir couru le pont neuf et s'estre ainsi prostituée aux colporteurs, sera possible receue aux filles repenties.»

1369. Examen || de ce qvi || s'est fait povr || et contre le Cid; || auec vn Traicté || de la Disposition du Poëme || Dramatique, & de la || pretenduë Regle de || vingt-quatre heures. || A Paris, || Imprimé aux despens de l'Autheur, [1637]. In-8 de 103 pp.

Cette édition porte, comme la précédente, au titre de départ: Discours à || Cliton, || sur les || Obseruations || du Cid, || avec vn Traicté de || la disposition, etc.

1370. Le Ivgement || dv Cid, || Composé par vn Bourgeois de || Paris, Marguillier de sa || Paroisse. [Paris, 1637 ]. In-8 de 24 pp.

La pièce n'a qu'un simple titre de départ, p. 1.

Cette édition, que M. Marty-Laveaux n'a citée que d'après les notes manuscrites de Van Praet, est conservée à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 2538 (3) Rés.). Malheureusement l'exemplaire qu'elle en possède est incomplet des deux ff. paginés 3-6.

1371. Le Ivgement || dv Cid. || Composé par vn Bourgeois de || Paris, Marguillier de sa || Paroisse. S. l. n. d. [Paris, 1637]. In-8 de 16 pp.

Cette édition n'a pas de f. de titre, mais un simple titre de départ. La pièce a été réimprimée dans le Recueil de Dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine (no 1336), dans l'Esprit du grand Corneille, par François de Neufchâteau (no 792), et dans le Tableau de la littérature française au seizième siècle, par M. Sainte-Beuve, 2 vol. in-8; M. Marty-Laveaux en a donné un extrait (t. Xe, p. 502).

1372. L'Acomodement || dv Cid & de son || censevr. || A Paris, || M.DC.XXXVII [1637], Pet. in-8 de 7 pp. de 14 lignes, impr. en gros caractères.

Cette pièce, dont nous avons trouvé un exemplaire au Musée britannique (840. C. 22), n'a pas encore été signalée. C'est un tissu de violentes injures contre Corneille; mais, comme elle est très-courte, nous ne croyons pas inutile de la transcrire:

«Monsieur du Cid, vous n'avés fait que deux fautes, qui ne se puissent reparer: l'une, d'avoir fait imprimer vostre piece, qui avoit esté si bien approuvée sur le Theatre. Et l'autre, d'avoir répondu à celuy qui l'a censurée; Parce que vous ne vous deviés pas ennyvrer de la gloire du Theatre, pour montrer que vous n'en pouviez pretendre hors de là: Et que pour répondre à un ennemy déclaré et conneu, il faloit faire mieux de la plume ou de l'espee. Vous ne sçauriez mei [sic] que dans le détail de vostre Piéce, vous ne soyez imbecile dans le sentiment des Roys, de la Nature, de la Vertu, des Grands, des Sages, des Capitaines, des Fanfarons et des Modestes: Et que vous ne soyez extrémement plat et fade dans vos Vers, pour estre si presomptueux, si foible et si extravagant en l'Epistre d'Ariste, qu'on ne peut comprendre quel mouvement vous l'a dictée. Mais si l'on vous reproche qu'en vostre lettre Apologitique au Sr Scuderi, l'on ne sçauroit deviner si vous voulez passer pour Vaillant, pour Poltron, pour Ecolier ou pour Maistre: Et qu'on doute si vous connoissez vous mesme ce que vous estes (si ce n'est un Suppliant qui voudroit bien faire le Rodomont) Consolez-vous, que celuy qui vous a deffaict en une moitié de son Livre s'est deffaict en l'autre, et vous accordez tous deux. Fin.»

1373. Epistre || familiere || dv Sr Mayret. || Av Sr Corneille. || Sur la Tragi-comédie du Cid. || A Paris, Chez Anthoine de Sommauille, || au Palais, dans la petite Sale, || a l'Escu de France. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 48 pp. (la dernière chiffrée par erreur 38).

«Monsieur, dit Claveret au début de sa lettre, si je croyois le bruit commun, qui vous declare desja l'Autheur de ces mauvais papiers volants qu'on void tous les jours parestre à la deffense de vostre Ouvrage; Je me plaindrois de vous à vous-mesme, de l'injustice pue l'on me fait en un libelle de vostre style, et peut-estre de vostre façon [dans la Lettre apologétique de Corneille]: Mais comme l'action est trop indigne d'un honneste homme, je suspendray pour quelque temps ma creance en vostre faveur; et me contenteray (puisque la querelle de vostre Cid vous a rendu chef de party), de vous demander seulement raison de l'impertinence d'un de vos lanciers qui m'est venu rompre dans la visiere mal à propos; mais d'autant que je n'ay pas l'honneur de connoistre le galant homme, et qu'il ne seroit pas raisonnable que je me commisse avec un masque, je vous addresseray, s'il vous plaist, ce petit discours, comme si vous estiez luy-mesme.»

Cette lettre, dans laquelle Claveret nous donne un grand nombre de détails curieux pour l'histoire littéraire du temps, est datée de Paris le 4 juillet 1637. Elle est suivie d'un post-scriptum ainsi conçu:

«Si je ne craignois d'abuser de vostre bonté je vous prierois de faire tenir la cy-jointe à vostre Amy, que vous empescherez s'il vous plaist de plus outrager le mien: autrement nous userons du droict de représaille sur un des vostres, qui n'a desjà que trop souffert pour vos interests, et ceux de vostre Chef-d'œuvre. J'aime mieux paroître obscur que satyrique.»

Vient ensuite la Response à l'Amy du Cid sur ses invectives contre le Sieur Claveret, qui occupe les pp. 30 à 48.

1374. Lettre || dv || des-interessé, || av Sievr Mairet. S. l. n. d. [Paris, 1637]. In-8 de 7 pp.

Cette pièce, que le P. Niceron attribue à tort à Corneille, a été reproduite par M. Marty-Laveaux (t. IIIe, pp. 62-67); l'imprimé n'a qu'un simple titre de départ.

1375. Advertissement || av Besançonnois || Mairet. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 12 pp. (y compris le titre) et 22 ff. blancs.

Cette pièce, reproduite en entier par M. Marty-Laveaux (t. IIIe, pp. 67-76), est attribuée à Corneille lui-même par les frères Parfaict.

1376. Recveil || des bonnes || Pieces qvi ont esté || faites povr & contre || le Cid. || Par les bons esprits de ce temps. || A Paris, || Chez Nicolas Traboūillet, au Palais, || en la Gallerie des prisonniers, à || la Tulippe; [ou Chez Cardin Besongne, au Palais, au haut de la montée de la Ste Chapelle, aux Rosés vermeilles]. || M.DC.XXXVII [1637]. In-12.

M. Taschereau s'est borné à citer ce Recueil d'après une Vie de Corneille, «manuscrit d'une date ancienne qui faisait partie de la bibliothèque de M. de Soleinne», sans vérifier si c'était une réimpression ou un recueil factice d'un certain nombre de factums publiés dans la querelle du Cid. Nous avons été plus heureux que M. Taschereau, et nous avons pu constater que le volume dont nous venons de transcrire le litre n'est qu'un recueil factice pour lequel les libraires Trabouillet et Besongne avaient fait imprimer un titre. Voici l'indication des pièces que contient l'exemplaire de M. le baron James de Rothschild, en tout conforme à l'exemplaire au nom de Besongne, décrit au catalogue Soleinne (t. Ve, no 428). On remarquera que les libraires ne se sont pas appliqués à les ranger d'une manière absolument méthodique:

1o Titre;

2o Observations sur le Cid (no 1350);

3o Excuse à Ariste (no 142); cette pièce est encartée entre le titre des Observations et le f. blanc qui suit ce titre;

4o Lettre apologétique du Sr Corneille (no 145);

5o La Voix publique à Monsieur de Scudery (no 1355);

6o L'Amy du Cid à Claveret (no 1359);

7o La Preuve des Passages alleguez dans les Observations sur le Cid (no 1365);

8o L'Incognu et véritable Amy de Messieurs de Scudery et Corneille (no 1356);

9o Lettre à ⁂ sous le nom d'Ariste (no 1361);

10o Responce de *** à *** sous le nom d'Ariste (no 1362);

11o Lettre pour Monsieur de Corneille contre les mots de la Lettre sous le nom d'Ariste (no 1363);

12o Discours à Cliton sur les Observations du Cid (no 1368);

13o Epistre familière du Sr Mayret au Sr Corneille (no 1373);

14o Le Souhait du Cid en faveur de Scuderi (no 1357);

15o Lettre du des-interessé au Sieur Mairet (no 1374).

1377. Apologie || povr Monsievr || Mairet, contre || les calomnies du Sieur Corneille de Roüen. || M.DC.XXXVII [1637]. In-4 de 32 pp.

Cette pièce, que ni M. Taschereau ni M. Marty-Laveaux n'ont pu voir, existe à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458 (3) Rés.).

1378. Lettre de M. l'abbé de Bois-Robert à M. Mairet.

Cette lettre, relative à la querelle du Cid, et datée du 5 octobre 1637, a été imprimée pour la première fois dans le Recueil de Dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine (no 1336), t. Ier, pp. 114 sqq.

1379. Lettre de || Mr de Balzac, || a Mr de Scvdery, || svr ses Observations || dv Cid. || Et la Response || de Mr de Scudery, || à Mr de Balzac. || Auec la Lettre de || Mr de Scudery à Messieurs || de l'Academie Françoise, || sur le iugement qu'ils ont fait du Cid, || & de ses Obseruations. ||A Paris, || Chez Augustin Courbé, Libraire || & Imprimeur de Monseigneur frere du Roy, || dans la petite Salle du Palais, à la Palme; [ou Chez Antoine de Sommauille || au Palais dans la petite Sale [sic], || à l'Escu de France] M.DC.XXXVIII [1638]. In-8 de 34 pp.

La Lettre de M. de Balzac à M. de Scudery occupe les pp. 3-14; ensuite vient 1 f. blanc, qui n'est pas compris dans la pagination et qui termine le cahier B.—La Response de Mr de Scudery à Monsieur de Balzac remplit les cahiers C et D, dont les pp. sont chiffrées de 15 à 39.—La Lettre de Mr de Scudery à Messieurs de l'Académie Françoise n'occupe que 2 ff., signés E et paginés de 31 à 34.

Bibliothèque nationale (Y. 5665 (5) Rés.) 2 exempl.

1380. Les Sentimens || de || l'Academie || Françoise || svr || la Tragi-Comedie || dv Cid. || A Paris, || Chez Iean Camusat, ruë sainct || Iacques, à la Toyson d'Or. || M.DC.XXXVIII. || Auec Privilege du Roy. In-8 de 192 pp.

L'extrait du privilége se trouve à la fin de la p. 192. Il est daté du 26 novembre 1637 et donné à J. Camusat pour dix ans.

La Bibliothèque nationale possède le manuscrit original de Chapelain, avec des notes autographes du cardinal de Richelieu. Voy. les détails que M. Marty-Laveaux donne à ce sujet (t. IIIe, p. 34, note 1).

1381. Les Sentimens || de || l'Academie Françoise || sur || la Tragi-Comedie du Cid. || A Paris || En la boutique de G. Quinet au Pa- || lais à l'entrée de la Gallerie des || Prisonniers à l'Ange Gabriel. || M.DC.LXXVIII [1678]. || Avec Privilege du Roy. || Pet. in-8 de 183 pp.

Au verso du dernier feuillet, chiffré 183, se trouve le privilége daté du 26 novembre 1637, et portant deffences à tous autres qu'à Jean Camusat d'imprimer le présent volume pendant l'espace de dix ans.

1382. Observations sur les Sentiments de l'Academie Françoise. Msc. de 35 ff. non chiffr. et 1 f. blanc, à la Bibliothèque Sainte Genevieve (Y. 458 (3), in-4, Rés.).

Il est possible que ces Observations aient été imprimées, et que l'Académie, à l'adresse de qui elles contiennent une assez vive critique, ait obtenu la suppression de l'édition. La copie que nous citons est d'une belle écriture de la première moitié du XVIIe siècle et fait partie d'un recueil qui a dû être formé vers 1650 (il contient une pièce de 1643). Voici le début de cette apologie du Cid:

«Observations sur les Sentiments de l'Academie Françoise.

«Ceux qui par un désir de gloire se veulent rendre les Censeurs des ouvrages qui sont donnés au public ne doivent pas trouver mauvais que le public mesme se rende le juge de leur censure, et comme ils entreprennent librement de corriger les œuvres d'autruy, et de soumettre à leur jurisdiction les Livres et les Autheurs, ainsi est-il raisonnable que leurs ouvrages souffrent la mesme correction et qu'à leur exemple chacun se donne la liberté de les examiner par les regles de sa propre raison, puisque sans authorité ils exercent une espece d'inquisition sur les Lettres, il est bien juste que ceux qui en font commerce soient aussi les inquisiteurs de leurs jugements, qu'ils corrigent leurs corrections, et qu'ils facent voir à ces nouveaux critiques que leur censure mesme n'est pas exempte de reprehension.

«Si, en la correction de la Tragicomedie du Cid, les censeurs académiques eussent suivy les regles communes et ordinaires d'une juste censure, et si balançant leur jugegement entre les loix de la justice et celles de la grace, ils eussent corrigé les deffauts qui estoient reprehensibles et pardonné à ceux qui estoient remissibles, leurs Sentiments eussent passé sans reproche, et tant de belles observations qu'ils contiennent eussent eu les louanges et les couronnes qu'elles pouvoient meritter. Certes nous leur rendons ce témoignage que l'élégance et la beauté du style relevé de poinctes égyptiennes et les raisons revestues de belles et specieuses apparences pouvoient porter cet ouvrage jusques au dernier degré de l'admiration. Mais quand on vient à l'examiner comme l'Académie a examiné la Tragicomedie du Cid, c'est à dire à la rigueur et par des regles severes et tyranniques, par chiquaner et pointiller comme elle a faict jusques aux moindres et plus legeres particules, combien de taches dans cette belle piece, que de nuages parmy ces brillans, et que de plates peintures entresemées parmy ces images de relief.

«Que les criticques en jugent sur nos indices, et qu'à nostre déclaration ilz examinent d'abord la premiere periode de ces beaux sentiments academiques, periode qui devroit estre ornée et embellie comme l'entrée et le frontispice d'un ouvrage corinthien et qui cependant n'est rien qu'un amas de paroles rudes, confuses, sans raison ni liaison. Mais pour en bien juger, il la faut considerer en son jour et en sa propre situation:

«Ceux qui par quelque desir de gloire donnent leurs ouvrages au public ne doibvent pas trouver estrange que le public s'en face le juge. Comme le present qu'ilz luy font ne procede pas d'une volonté tout a faict des-interessée et qu'il n'est pas tant un effect de leur libéralité que de leur ambition, il n'est pas aussi de ceux que la biensceance veut qu'on reçoive sans en considérer le prix.»

Cette seule phrase fournit à l'auteur quatre observations dans lesquelles il ne ménage pas l'Académie.

1383. L'Innocence ||et le || veritable Amovr || de || Chymene. || Dedié aux dames. || Imprimée cette Année || M.DC.XXXVIII [1638]. Pet. in-8 de 47 pp.

Cette pièce, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal (13826. B), contient la défense de Corneille, en même temps que celle de Chimène. «Nostre divin poëte, y est-il dit p. 47, n'a eu autre intention que de contenter les plus gentils esprits, il les a non-seulement contenté, mais ravy; que son poëme soit regulier ou irregulier, cela luy doit estre indifferent, il n'enviera jamais à son censeur la premiere chaire dans les ecoles pendant qu'il sera regardé et consideré dans la Cour, comme l'unique et le plus ravissant des poëtes.»

1384. La Svite || et le || Mariage || dv Cid, || Tragi-Comedie. || A Paris, || Chez Toussainct Quinet, au Palais sous || la montée de la Cour des Aydes..|| M.DC.XXXVIII [1638]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff. et 108 pp.

Collation des ff. prélim.: titre, avec un fleuron qui représente une fontaine jaillissante éclairée par le soleil; on lit au-dessus de cette fontaine, sur une banderole qui s'enroule dans la bordure, cette devise: Heureux qui naist ainsi;—3 pp. pour la dédicace A Madame la Duchesse de Lorraine, dédicace signée C.;—1 p. pour le Privilége (accordé pour dix ans à Quinet, à la date du dernier jour de juillet 1637, et suivi d'un achevé d'imprimer du dernier octobre 1637);—1 p. pour l'Argument du premier acte;—1 p. pour les Acteurs.

Cette pièce, en cinq actes et en vers, est l'œuvre de Chevreau, qui espérait peut-être, en signant seulement de son initiale, que le public l'attribuerait à Corneille.

1385. La Svitte || et le || Mariage || dv Cid. || Tragi-comedie. || A Paris || Chez Toussainct Quinet || au Palais. Auec Privilege. || 1638. || Pet. in-12 de 4 ff. et 83 pp.

Cette édition, faite sur le modèle de la petite édition in-12 du Cid, est précédée d'un frontispice, gravé par Briot, qui sert de titre. Elle est dédiée par Chevreau à Madame la Duchesse de Lorraine. La dédicace est signée d'un C.

Vendu: 20 fr. mar. r. (Capé), Giraud, 1855 (no 1651).

1386. Le || Mariage || dv Cid. || Tragi-Comedie. || Iouxte la Copie Imprimee || A Paris. || CI Ↄ IↃ CXXXVIII [1638]. Pet. in-8 de 88 pp. (y compris les 4 ff. prél. non chiffr.), caract. ital.

Cette édition de la pièce de Chevreau est imprimée avec les mêmes caractères et avec les mêmes fleurons que l'édition du Cid portée sous le no 274. M. Pieters, qui ne l'a pas vue, s'est borné à la décrire d'après le catalogue Lambert (Annales de l'Imprimerie des Elzeviers, 2e édit., p. 190). Nous avons vu à la bibliothèque Cousin le recueil qui a figuré à la vente Lambert (1850), et nous avons pu vérifier la parfaite exactitude des renseignements fournis par le rédacteur du catalogue. Un autre exemplaire, joint au Cid Elzevier de 1638, nous a été communiqué par M. Tandeau de Marsac.

1387. La Svite || et || le Mariage || dv Cid. || Tragi-Comédie. || Iouxte la Copie imprimée || A Paris. || M.DC.XXXX [1640]. In-8 de 78 pp. (y compris le titre), plus 1 f. caract. ital.

Au verso du titre, un bois grossier représentant le Cid.

Le f. non chiffré qui se trouve à la fin contient un carton, qui doit se placer à la page 46. On y trouve l'argument du quatrième acte.

On trouve cette édition jointe à une réimpression du Cid, qui porte la même date (no 275).

1388. La || Svitte || et le || Mariage|| dv || Cid. || Tragi-Comedie. || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, au || Palais, dans la petite salle, à l'Escu de France. || M.DC.XXXXVI [1646]. || Auec Privilege du Roy. In-12 de 82 pp. et 1 f. blanc.

Les 8 premières pp. de cette édition contiennent les préliminaires: le titre, la dédicace signée C, le privilège où ne figure que le nom de Toussainct Quinet et les noms des Acteurs.

1389. La Suite || et le || Mariage || dv Cid. || Tragi-Comedie. || A Caen, || Chez I. Iacques Godes, Impr. & March. Lib. || proche les RR. Peres Iesuittes[sic]. || M.DC.LXXXII [1682]. In-12 de 60 pp.

Édition mal imprimée, sur mauvais papier. On lit au titre de départ, p. 3: La Suitte et le Mariage du Cid.

Nous avons cité, no 1016, une pièce française traduite en allemand par Isaac Clauss, en 1655, qui n'est autre, croyons-nous, que la pièce de Chevreau.

1390. La Vraie Svite dv Cid, Tragi-Comedie. A Paris, Chez Antoine de Sommauille, 1638. In-4.

Pièce en cinq actes et en vers, par Desfontaines; elle fut représentée en 1637.

1391. La vraye Svitte du Cid. A Paris, Chez Antoine de Sommanuille, 1638. Pet. in-12.

Vendu: 8 fr., demi-rel., Solar, 1860 (no 1694).

1392. The || Second Part of || the || Cid. || London, || Printed by I. Okes, for Samuell || Browne, and are to be sold at his || shop in St. Pauls Church-yard || at the signe of the white Lion. || M.DC.XXXX [1640]). In-12 de 35 ff. non chiff. et 1 f. blanc.

Traduction en vers de la Vraie Suite du Cid. La dédicace «to the truely Noble the Ladie Theophila Cooke» est signée Rutter. Le traducteur prétend qu'il n'a mis cette suite sur la scène anglaise qu'à la demande du roi Charles Ier.

1393. L'Ombre dv comte de Gormas et la Mort dv Cid, Tragi-Comedie par Chillac, Juge des Gabelles de S. M. en la ville de Beaucaire en Languedoc. Paris, Cardin Besongne, 1639. In-4.

1394. L'Ombre dv comte de Gormas et la Mort dv Cid, Tragi-Comedie [par Timothée de Chillac], Sur l'imprimé A Paris, Chez Cardin Besongne, 1645. Pet. in-8 de 98 pp.

Cat. Soleinne, no 1181.

1395. L'Ombre dv Comte de Gormas et la Mort dv Cid. Tragi-Comedie, Iouxte la Copie imprimée A Paris, 1646. In-8.

1396. L'Ombre dv Comte de Gormas et la Mort dv Cid, Tragi-Comedie par M. Timothée de Chillac; A Caen, Chez Jacques Godes, 1682. In-12.

1397. L'Ombre dv Comte de Gormas et la Mort dv Cid, Tragi-Comedie par M. Timothée de Chillac. A Caen, Chez Jacques Godes, 1696. In-12.

La pièce de Chillac a été traduite en allemand par Isaac Clauss, en 1655, à la suite du Cid (voy. le no [1016]).

1398. Chapelain décoiffé, ou Parodie de quelques scenes du Cid. S. l., 1665. In-12.

Cette parodie bien connue, de Furetière, figure dans un grand nombre d'éditions des Œuvres de Boileau.

1399. Récit tiré des Mémoires de Michel Turretini, pasteur et professeur, de la discussion qui eut lieu entre le Conseil et la vénérable Compagnie, en 1681, au sujet de la représentation du Cid.

Inséré dans les Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, t. Ier, pp. 80 sqq.

1400. Ode de Mr Boileau Despreaux sur la Prise de Namur. Avec une Parodie de la mesme Ode par le Sieur P. Motteux. Et une Parodie d'une Scene du Cid, sur ce sujet. Par Messieurs D. A. & H. A Londres, Chez R. Bentley Libraire, à la Poste au Covent-Garden; R. Parker, à la Licorne sous la Bourse Royale, & tous les Libraires François. S. d. [1683?], pet. in-8 de 15 pp.

Musée britannique: 1073. d. 30.

1401. Critica á Famosa Tragedia do Cid, composta por Pedro Corneille, e Reparos a ella, por D. Francisco Paulo de Portugal e Castro. Lisboa, por Miguel Rodrigues, 1747. In-4 de 18 pp.

Le comte de Vimosa, marquis de Valença, auteur de cette critique, est presque un contemporain de Corneille; il naquit à Lisbonne en 1679 et y mourut en 1749. Sa critique a donné lieu à la réponse suivante:

NOTAS á Critica que o snr. Marquez de Valença fez á Tragedia do Cid composta por Mr. Corneille.

Nous ne savons si cette pièce a été imprimée; il en existe une copie manuscrite à la Bibliothèque nationale de Lisbonne, dans un volume de Mélanges (Miscellaneas) d'Alexandre de Gusmão.

Le marquis de Valença fit paraître à son tour une contre-critique dont voici le titre:

Resposto do Marquez de Valença aos Reparos de um anonymo á Critica que fez o mesmo Marquez á famosa Tragedia do Cid. Lisboa, por Miguel Rodrigues, 1748. In-4 de VIII et 23 pp.

1402. Du Cid du grand Corneille, par A. La Beaumelle.

Chefs-d'œuvre des Théâtres étrangers; Chefs-d'œuvre du Théâtre espagnol, Torres Naharro, Cervantes Saavedra, Guillem de Castro (Paris, Ladvocat, 1823, in-8), pp. 309-331.

La Beaumelle compare le Cid de Corneille à celui de Diamante, et reconnaît dans ce dernier une simple imitation, contrairement à l'opinion de Voltaire et à celle de la Harpe.


Ici devraient figurer, dans l'ordre chronologique, deux pièces de circonstance, jouées à Rouen le 29 juin 1823 et le 29 juin 1827, et qui sont relatives au Cid. On les trouvera dans notre chapitre XXIe (nos 1559 et 1565).

1403. Le Cid, par Génin.

Le National du 11 avril 1841.

Génin fournit de nouveaux arguments à l'appui de l'opinion développée pour la première fois par La Beaumelle.

1404. Commentaire sur le Cid, tragi-comédie de Pierre Corneille, par M. Walras. Caen, imprimerie d'Hardel, 1843. In-8.

1405. Le Cid, par Paul de Musset.

Revue de Paris, IVe série, t. XXVIIe (mars 1844).

1406. L'Académie et la Critique du Cid, par Charles Loubens.

Revue indépendante, t. XVIIIe (1845). pp. 375 sqq.

1407. De Petri Cornelii Tragoedia Cid. Dissertatio quam scripsit Ulricus Petri, Brunopolitanus. Brunsvigae, typis exscripsit Fr. Otto, M.DCCCXLVII [1847]. In-8 de 40 pp.

1408. Le Cid, esquisse littéraire, par M. Walras, inspecteur de l'Académie du Nord. Douai, Adam d'Aubers, imprimeur-éditeur, 1853. In-8 de 4 ff. et 264 pp.

Cette esquisse est le développement du Commentaire publié par le même auteur en 1843. M. Walras, chargé, en 1846, du cours de littérature française à la faculté des lettres de Caen, prit pour sujet de ses leçons le Cid, s'attachant à déterminer les emprunts faits par Corneille à Guillen de Castro et au Romancero du Cid. Comme La Beaumelle et Génin, il s'est attaché à prouver que Diamante n'avait fait que traduire l'original français.

1409. Documents relatifs a l'Histoire du Cid. Par M. Hippolyte Lucas, de la Bibliothèque de l'Arsenal. Paris, Alvarés, libraire-*éditeur, 24, rue de la Lune, [Lagny, Typographie de A. Varigault et Cie], 1860. Gr. in-12 de 2 ff. et 211 pp.

Il existe quelques exemplaires de ce livre tirés sur papier de couleur, dans le format in-8.

Voici comment s'exprime l'auteur au début de sa préface:

«Nous avons pris à tâche, dans ce volume, de bien faire connaître les principales transformations de l'histoire ou de la légende du Cid; de montrer que les sources auxquelles Corneille a puisé ne sont autres que celles qu'il a indiquées lui-même, et que c'est à tort que Voltaire, la Harpe et Sismondi l'ont accusé de plagiat, lorsque son génie n'a fait que s'inspirer du Romancero et de la première des deux comédies de Guillen de Castro, intitulées: la Jeunesse du Cid. La traduction complète et littérale de la pièce de Diamante (Celui qui honore son père) ne laissera aucun doute, dans l'esprit du lecteur, sur l'imitation faite par ce dernier du chef-d'œuvre de notre scène en le recomposant à la mode espagnole, et en y introduisant l'élément comique; nous n'avons point inséré les nombreux documents qui concernent notre Cid, et la querelle que firent à son auteur Scudéry, l'Académie, Mayret, Claveret, etc., parce que ces documents se trouvent dans presque toutes les éditions de Corneille; nous en avons seulement esquissé les principaux traits. Nous nous sommes servi principalement de matériaux empruntés aux auteurs espagnols, pour combler une espèce de lacune dans notre histoire littéraire, et, à ce point de vue, nous croyons que notre travail sera utile aux aristarques futurs et aux éditeurs qui s'occupent du premier et du plus durable chef-d'œuvre de notre littérature dramatique.»

Cette étude contient la traduction complète de la pièce de Guillen de Castro (Las Mocedades del Cid) et de colle de Diamante (El Honrador de su Padre).

1410. Pierre Corneille Et Jean-baptiste Diamante, par M. Antoine de Latour.

Article Inséré Dans le Correspondant Du 25 Juin 1861 Et Reproduit Dans l'Espagne religieuse et littéraire (Paris, 1863, in-8, pp. 113-144); M. de Latour y donne la date exacte de la naissance de Diamante, d'après des recherches faites par D. Cayetano Albertano de la Barrera. L'auteur espagnol n'etant né qu'en 1626, la question si souvent discutée depuis Voltaire de la vraie paternité du Cid est définitivement résolue.

1411. Cid i de spanska Romanserna, hos Corneille och Herder, Afhandling som framställes till offentlig granskning, af J. Oskar I. Rancken, i hist.-filolog. lärosalen den 12 october 1861, p. v. t. f. m. Helsingfors, J. C. Frenckell & Son, 1861. In-8 de 49 pp.

Thèse sur le Cid dans le Romancero espagnol, chez Corneille et chez Herder.

1412. Corneille. Le Cid.

Articles de M. Sainte-Beuve insérés dans le Constitutionnel des lundis 2 février et 7 mars, du mardi 8 mars, du lundi 14 mars, du mardi 15 mars et du lundi 22 mars 1864; reproduits dans les Nouveaux Lundis, t. VIIe (Paris, Michel Lèvy frères, 1867, in-12), pp. 199-306.

L'auteur parle, dans le premier article, du Lexique, de M. Godefroy, de la Langue de Corneille, de M. Marty-Laveaux, et de l'édition des Œuvres de P. Corneille, donnée par ce savant chez MM. Hachette et Cie, de Corneille et son temps, par M. Guizot, du Grand Corneille historien, par M. Ernest Desjardins, et de Corneille à la Butte-Saint-Roch, de M. Édouard Fournier; il s'occupe, dans les autres articles, du Poëme du Cid, de M. Damas-Hinard, et des Recherches sur l'Histoire et la Littérature de l'Espagne pendant le Moyen-Age, par M. Reinhart Dozy.

1413. Est-il Vrai, comme l'ont affirmé Voltaire, Laharpe et Sismondi, que Corneille ait pris le sujet et les principales scènes du Cid dans une pièce espagnole de Diamante, qu'il aurait imitée et traduite sans l'indiquer et en l'adaptant à la scène française? Dissertation par M. Molinier, professeur à la Faculté de droit de Toulouse.

Mémoires de l'Académie impériale des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, 6e série, t. IIIe, 1865, pp. 410 sqq.

Sismondi, que M. Molinier, à l'exemple de M. H. Lucas, cite parmi les détracteurs de Corneille, n'a soumis la question à aucun examen; il s'est contenté d'indiquer d'un mot, sans aucune preuve à l'appui, que Diamante était le véritable auteur du Cid: «L'ancien poëte Diamante, dit-il, et peu après lui Guillen de Castro, ont pris dans les premières romances leur tragédie du Cid; tous deux ont servi de modèle à Corneille.» Sismondi, Histoire de la littérature du Midi de l'Europe, 3e édit. (Paris, 1829, 4 vol. in-8), t. IIIe, p. 201.

1414. Corneille et le Cid, par A.-E. Chaignet. Saint-Maixent, 1868. In-8 de 31 pp.

Conférences scientifiques et littéraires des Facultés de Poitiers.

1415. The French Cid and his Spanish Prototype; by C. Collmann. Mezeritz, 1869. In-4 de 32 pp.

Programme de gymnase.

1416. Les Différences entre la langue moderne, et celle de Corneille, étudiées dans le Cid par Dr. [sic] Woldemar Richter. Dissertation doctorale, approuvée par la Faculté philosophe de l'Université de Rostock. Torgau, 1872. Imprimerie de E. Tragmann. In-4 de 12 pp.

1417. Le Cid d'Andalousie, par M. Alexandre Dumas fils.

M. Dumas fils a longuement parlé du Cid dans son Discours de réception à l'Académie française (Paris, Typographie de Firmin Didot frères, fils et Cie, 1875, in-4; Journal officiel de la République française du 12 février 1875). M. Dumas, qui se flatte de savoir lire entre les lignes, a voulu donner une explication nouvelle de la jalousie inspirée à Richelieu par le succès du Cid. Il prétend que le cardinal ne fut pas atteint dans sa vanité d'écrivain, mais dans ses conceptions politiques.

«Il y avait dans le Cid, pour Richelieu, une faute capitale, qui heurtait les idées, qui contrariait les projets de ce grand homme d'État, lequel entreprenait, au milieu des plus grands obstacles, de constituer non-seulement la monarchie, mais l'unité française.» Cette faute, c'était de célébrer les héros de l'Espagne, au moment où les armées espagnoles venaient de remporter contre la France des avantages signalés. M. Dumas met en scène Richelieu lui-même et lui prête un long discours, qui rappelle par certains côtés les entretiens de d'Artagnan et de Mazarin: «Prends un siége, Corneille, et écoute-moi. Tu es tout à la joie de ton triomphe; tu n'entends que le bruit des bravos, et tu ne t'expliques pas pourquoi je ne joins pas mes applaudissements à ceux de toute la ville; tu ne comprends pas pourquoi même je proteste contre ton succès. Je vais te le dire. Quoi! c'est au moment où j'essaye de refouler et d'exterminer l'Espagnol, qui harcèle la France de tous les côtés; qui, vaincu au Midi, reparaît à l'Est; qui, vaincu à l'Est, menace au Nord..., c'est en un pareil moment que tu viens exalter sur la scène la littérature et l'héroïsme espagnols!...»

Le paradoxe peut être ingénieusement soutenu, mais ce n'est là qu'un paradoxe. Il vaut beaucoup mieux écrire l'histoire preuves en mains, que de chercher à «lire entre les lignes». La persécution du Cid n'est pas une «légende», mais un fait certain, dont presque tous les détails sont connus, et dont on ne peut arbitrairement changer le caractère. Il est hors de doute que Richelieu travailla lui-même à des pièces de théâtre, et que, par un travers qui se rencontre souvent chez les grands hommes, il se crut aussi habile ecrivain qu'habile politique. S'il en était autrement, et si le Cid n'avait été persécuté que par la raison d'État, comment expliquerait-on l'intervention de l'Académie et les corrections mises de la main même du cardinal sur le manuscrit de Chapelain?

Au moment de la représentation du Cid, les Espagnols n'avaient pas encore remporté de succès qui pussent inquiéter Richelieu. Il est difficile, d'ailleurs, de voir un rapport direct entre les troupes impériales et le héros qui défait les Mores. Corneille, loin de dissimuler ses emprunts à la littérature espagnole, n'hésita pas à les faire connaître en détail. Il continua de lire les ouvrages de Lope de Vega, d'Alarcon et des autres auteurs de la Péninsule; quatre ans après le Cid, il écrivit le Menteur.

Si quelque considération politique put porter Richelieu à combattre le Cid, ce ne fut pas l'éloge des Espagnols, mais l'éloge du duel que Corneille avait imprudemment placé dans la bouche du comte de Gormas; mais, sur ce point encore, la querelle ne dut pas être de longue durée, puisque, dès les premières représentations, le poëte changea les vers qui pouvaient blesser le ministre (voy. Lettre à Mylord *** sur Baron et la demoiselle Le Couvreur [par d'Allainval]; Paris, 1730, in-12, p. 21).

1418. A propos de la réception de M. Alexandre Dumas fils a l'Académie Française, par M. Charles Livet.

Le Moniteur universel du 21 février 1875.

A propos du Discours de M. Dumas, M. Livet s'est efforcé de démontrer que Richelieu n'avait jamais conçu de jalousie contre le Cid, et qu'en chargeant l'Académie de lui présenter des observations sur une pièce qui attirait alors l'attention générale, il avait voulu simplement fournir à l'assemblée littéraire qu'il venait de fonder l'occasion de déterminer les règles essentielles de l'art théâtral.

X

1419. Jugement sur la tragédie d'Horace.

The Spectator [by R. Steele and Jos. Addison], London, 1711-1712, in-fol., discours XXXIIe.

Reproduit dans toutes les éditions et traductions de ce célèbre recueil.

1420. Dissertation sur un Vers de la tragédie des Horaces.

Mercure de France, juillet 1748, pp. 55 sqq.

Il s'agit, comme on peut le penser, du vers:

Ou qu'un beau désespoir alors le secourût.

1421. A Comparison between the Horace of Corneille and the Roman Father of Mr. Whitehead. By W. Freeman. London, 1750. In-8.

Le nom de Freeman est un pseudonyme.

1422. Observations sur un vers d'Horace, par Bilderdijk.

Bilderdijk, dont nous avons parlé à propos de sa traduction de Cinna (no 960), s'est occupé, dans une de ses Dissertations sur l'art dramatique (Leyde, 1823, in-8), du fameux «qu'il mourût» d'Horace:

«Corneille, dit-il, était trop pénétré de la situation où il avait placé le vieil Horace, pour oublier que nécessairement il devait se trouver deux hommes dans lui. Lorsque, à la question que lui fait Julie, il lui lance son qu'il mourût, c'est le Romain qui parle; mais, à côté du Romain, il y a le père, et quoi de plus naturel, que celui-ci parle à son tour et s'attache à une hypothèse suivant laquelle peut-être la fortune eût pu sourire à son fils? L'Horace citoyen préfère n'avoir plus de fils que d'avoir un fils déshonoré; l'Horace père se complaît à calculer la chance qu'aurait eue son fils d'être victorieux.» V. L.

1423. Une Représentation d'Horace au Théâtre-Français, le 2 avril 1839.

Dramatische und Dramaturgische Schriften von Eduart Devrient; vierter Band; zweite Auflage (Leipzig, 1846, in-18), pp. 93-97.

Devrient occupe depuis longtemps le premier rang parmi les critiques dramatiques de l'Allemagne; il n'est donc pas sans intérêt de connaître son impression sur Horace. Il la donne ainsi en peu de mots: «Rhétorique froide à mourir, action si peu nourrie qu'elle suffirait à peine pour remplir un acte, et qui se développe en pures phrases à travers toute sorte d'arrêts mesquins; j'en eus chaud et froid d'ennui. Malgré toute ma bonne volonté, je ne puis considérer cette pièce comme une œuvre classique. J'ai pu, en outre, me convaincre que les plaintes dont la décadence du Théâtre-Français et l'insuffisance des auteurs sont l'objet, ne sont que trop fondées.» Devrient fait ensuite une amère critique de Beauvallet et de Rachel. Il ne sait pas que, aux yeux des étrangers, il n'a jamais été, lui aussi, qu'un acteur lourd et fastidieux.

XI

1424. Parodie de la scène de la délibération de Cinna (acte IIe, scène Ire).

Cette espèce de satire, dirigée contre le duc d'Aumont, fut attribuée à Marmontel et le fit mettre à la Bastille en 1759, bien qu'elle fût en réalité l'œuvre de Cury. On en trouve la plus grande partie dans le Journal historique de Collé (décembre 1759).


Au XVIIe siècle, Cinna avait été dignement apprécié par Saint-Évremond (voy. le no [1251]).

1425. Remarques sur le Cinna de Corneille.

Apologie de Sakespeart [sic] en réponse à la critique de M. de Voltaire; traduite de l'anglais de Madame de Montagu (à Londres et se trouve à Paris, au Grand-Corneille, rue Saint-Jacques, près celle des Mathurins, 1777, in-8), pp. 190-214.

Le frontispice de cet ouvrage porte le fleuron décrit au no 1260.

1426. Représentation au profit d'un petit-neveu du grand Corneille, donnée le lundi 16 février dernier, et Observations sur la tragédie de Cinna.

Journal des Théâtres, mars 1778. Voy. le no [1236].

1427. Marmontel et Thomas, ou la Parodie de Cinna, vaudeville en un acte, représenté au Théatre du Vaudeville le 23 janvier 1813; par M. Dumolard.

Non imprimé.

1428. Observation sur Cinna, tragédie de P. Corneille. Vom Hülfslehrer Oxé.

Ce travail occupe les pp. 1-26 du programme suivant: Zu den öffentlichen Prüfungen der Schüler des Königlichen Gymnasiums zu Kreuznach am 30. und 31. August ladet alle Gönner und Freunde desselben insbesondere die Eltern der Schüler, die Königlichen und Städtischen Behörden, sowie die Herren Geistlichen der Stadt und Umgegend hochachtungsvoll und ergebenst ein der Direktor des Gymnasiums Prof. Dr. Moritz Ast; Kreuznach, 1849; Druck und Papier von Friedrich Wohlleden, in-4.

XII

1429. Étude de Pauline, dans Polyeucte.

Mémoires de Mlle Clairon, actrice du Théâtre-Français, écrits par elle-même, pp. 110 sqq.;—nouvelle édition (Paris, Ponthieu, 1822, in-8), pp. 315-318.

On trouve dans les Mémoires [de Coste d'Arnobat] pour Marie-Françoise Dumesnil, en réponse aux Mémoires d'Hippolyte Clairon (Paris, Dentu, an VII, in-8, pp. 168 sqq.), une critique très-vive, mais très-juste, de cette étude.

1430. Observations sur le Polyeucte de P. Corneille; par M. Walras, Professeur de Philosophie au Collége Royal de Caen. Extrait du Recueil de la Société libre d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres du département de l'Eure, 2e série, tome V. Évreux, Louis Tavernier et Cie, imprimeur de la Société, 1845. In-8 de 1 f. (pour le faux titre) et 42 pp.

1431. Uma Pagina da historia romana. Os Martyres; Polyeucte ou Poliuto, tragedia christã.

Article de M. Antonio Rangel de Torres Bandeira, dans le Diario de Pernambuco du 11 juillet 1862.

1432. Études de philosophie catholique sur l'art. De la souffrance et du sentiment religieux dans la tragédie en général et dans la tragédie de Polyeucte en particulier. Paris, 1860. In-8.

1433. Néarque et Polyeucte, histoire nationale.

Article du P. Léonce Alischan inséré dans le Polyhistor, revue bimensuelle, avril 1864, pp. 97-106; mai 1864, pp. 129-138.

1434. Polyeucte et le zèle téméraire, par M. Edmond Le Blant.

Ce mémoire, lu à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dans sa séance du 8 octobre 1875, contient un examen approfondi, au point de vue historique et critique, de la légende qui fait le fond de la tragédie de Corneille. M. Le Blant croit pouvoir établir que, si Polyeucte avait tenu véritablement la conduite imprudente que lui attribue la tradition, s'il s'était livré à des actes de violence et de provocation vis-à-vis des autorités constituées, il n'eût pas été admis dans le martyrologe.

XIII

1435. Chanson sur l'air: Amants, aimez vos chaisnes. A Bonne de Pons, femme de Michel Sublet, marquis d'Heudicourt, grand Louvetier de France.

Cette chanson, inspirée par une représentation de la Mort de Pompée, a été publiée par M. Marty-Laveaux (t. IVe, pp. 8 sqq.), d'après le Recueil de Maurepas. C'est une satire particulièrement dirigée contre Marie de Cossé, veuve de Charles de la Porte, duc de la Meilleraye, pair et maréchal de France.

«On conte d'elle, ajoute une note du manuscrit, qu'un jour, étant à la comédie, on y représenta la Mort de Pompée, de l'illustre Pierre Corneille, et que, comme elle y pleurait amèrement, quelqu'un lui demanda pourquoi elle versait tant de larmes; à quoi elle répondit: «Je pense bien, c'était «mon oncle»; parce que Pompée était gendre de Jules-César.»

1436. Jugement sur Pompée.

Discours de M. Olivier, de l'Académie de Marseille, dans les Mémoires de littérature du P. des Molets, t. IVe (Paris, 1728, in-12).

1437. Sur Cornélie dans la Mort de Pompée.

Mlle Clairon parle de ce rôle dans les termes suivants: «L'opinion publique fait de Cornélie un des beaux rôles du théâtre. Ayant à jouer ce rôle, j'ai fait sur lui toutes les études dont j'étais capable. Aucune ne m'a réussi. La modulation que je voulais établir d'après le personnage historique n'allait point du tout avec le personnage théâtral. Autant le premier me paraissait noble, simple, touchant, autant l'autre me paraissait gigantesque, déclamatoire et froid. Je me gardai bien de penser que Corneille et le public eussent tort, ma vanité n'allait point jusque-là; mais, pour ne pas la compromettre, je me promis de me taire et de ne jamais jouer Cornélie. Depuis ma retraite, les Commentaires sur Corneille et le mot Esprit dans les Questions encyclopédiques, par Voltaire, ont paru; lisez-les: si je me suis trompée, l'exemple d'un si grand homme me consolera.» (Mémoires de Mlle Clairon, actrice du Théâtre-Français, écrits par elle-même; nouvelle édition; Paris, Ponthieu, 1822, in-8, p. 323.)

Les Mémoires [de Coste d'Arnobat] pour Marie-Françoise Dumesnil (Paris, an VII, in-8, pp. 43-45) contiennent naturellement une réfutation de ce passage.

1438. Examen oratoire du rôle de Cornélie dans Pompée, par M. Lelièvre.

Discours lu à la Société des Sciences, Lettres et Arts de Rouen, dans sa séance du 20 prairial an XI (9 juin 1803).

XIV

1439. Les Descendans du Menteur, comédie en trois actes, en vers, Par Armand Charlemagne. Représentée pour la première fois sur le théâtre de l'Impératrice, le 16 Prairial an XIII (5 juin 1805). Prix: 30 sous. Paris, Chez Mme Masson, Libraire, Editeur de pièces de théâtre, rue de l'Echelle, no 558, au coin de celle Saint-Honoré. [Imprimerie de Caillat, rue Saint-Denis, no 28.] An XIII-1805. In-8 de 48 pp.

1440. Examen critique d'une anecdote littéraire sur le Menteur de P. Corneille, par F. Bouquet, professeur au Lycée et à l'École supérieure des Sciences et des Lettres de Rouen. Rouen, Imprimerie de E. Cagniard, 1865. In-8 de 13 pp., y compris le titre.

Extrait de la Revue de Normandie (avril 1865).

François de Neufchâteau (Esprit du Grand Corneille, t. Ier, p. 149) raconte, à propos du Menteur, une anecdote assez curieuse, qu'il prétend avoir empruntée au Bolæana:

«Oui, mon cher Despréaux, disait Molière à Boileau, je dois beaucoup au Menteur. Lorsqu'il parut, j'avois bien l'envie d'écrire; mais j'étois incertain de ce que j'écrirois; mes idées étoient confuses: cet ouvrage vint les fixer. Le dialogue me fit voir comment causoient les honnêtes gens; la grâce et l'esprit de Dorante m'apprirent qu'il falloit toujours choisir un héros de bon ton; le sangfroid avec lequel il débite ses faussetés me montra comment il falloit établir un caractère; la scène où il oublie lui-même le nom supposé qu'il s'est donné m'éclaira sur la bonne plaisanterie, et celle où il est obligé de se battre par suite de ses mensonges me prouva que toutes les comédies ont besoin d'un but moral. Enfin, sans le Menteur, j'aurois sans doute fait quelques pièces d'intrigue, l'Étourdi, le Dépit amoureux, mais peut-être n'aurois-je pas fait le Misanthrope.—Embrassez-moi, dit Despréaux, voilà un aveu qui vaut la meilleure comédie.»

M. Taschereau (Histoire de Corneille, 2e édition, p. 115) emprunte ce récit à François de Neufchâteau, mais il avoue l'avoir vainement cherché dans les deux recueils connus sous le nom de Bolæana: celui de Brossette et celui de Montchesnay. M. Marty-Laveaux (Œuvres de Corneille, t. IVe, p. 129) fait le même aveu, et M. Bouquet, après lui, a feuilleté sans plus de succès les Bolæana, Segraisiana, Menagiana et Carpenteriana. Il est donc impossible de savoir où François de Neufchâteau a puisé son récit, mais tout porte à croire que, s'il n'en est pas l'inventeur, il l'a pris dans un recueil qui ne mérite aucune créance. Molière avait vingt ans à l'époque où fut joué le Menteur et ne songeait pas encore à écrire. Si les ouvrages de Corneille ont eu sur Molière une incontestable influence, il ne faut pas exagérer l'impression que le Menteur put produire sur son esprit. Telle est la thèse que développe M. Bouquet. «Il nous a semblé, dit-il en terminant, que la vérité historique, déjà si honorable et si belle par elle-même, n'avait que faire des oripeaux du roman, et qu'elle suffisait largement à la gloire de notre illustre compatriote.»

XVI

1441. Critique de Rodogune.

Mercure de France, décembre 1738, mai 1739.

Au XVIIe siècle, Rodogune avait été chaudement défendue par Saint-Évremond (voy. le n°[ 1251]).

XVIII

1442. Les Alarmes des Évêques constitutionnels, imitation des deux premières scènes du premier acte de la tragédie d'Héraclius de P. Corneille.—Nota. On s'est attaché à conserver autant qu'il a été possible, les idées et les vues de Corneille. S. l. n. d., in-8.

1443. Défense de P. Corneille sur le sujet de l'Héraclius, par M. Delzons.

Revue de l'instruction publique du 2 février 1865.

M. Damas-Hinard (Poëme du Cid; texte espagnol, accompagné d'une traduction française; Paris, 1858, in-4) ayant renouvelé les accusations de plagiat portées contre Corneille à propos d'Héraclius, dont il aurait emprunté le sujet à Calderon, M. Delzons reprend l'argumentation déjà faite par M. Viguier (voy. no [1404]), et n'a pas de peine à démontrer que la pièce espagnole est de beaucoup postérieure à la tragédie française.

XIX

1444. L'Andromede, représentée par la Troupe Royale au Petit Bourbon, auec l'Explication de ses Machines. A Paris, au Bureau d'adresses, 1650. In-4 de 8 ff.

Extraordinaire de la Gazette (1650, n° 27, pp. 245-260). Cette relation a été reproduite par M. Marty-Laveaux (t. Ve, pp. 279-290).

1445. Relation de la reprise d'Andromede [par Donneau de Visé].

Mercure galant, juillet 1682, pp. 357-360.

XX

1446. Théatre-Français.—Reprise de Don Sanche d'Aragon.

Article de M. Charles Magnin dans la Revue des Deux-Mondes de 1844 (XIVe année, nouvelle série, t. Ve, pp. 892-903). L'auteur apprécie longuement le remaniement de Don Sanche (voy. le no [822]). Sans contester un certain mérite à l'arrangeur, il en indique clairement les défauts:

«Je crois, dit M. Magnin, qu'on aurait pu faire mieux en faisant moins. La pièce originale était trop chargée d'incidens et de personnages; la pièce actuelle pèche par la sécheresse et par le vide. Corneille avait placé la plus belle scène de la pièce, et une des plus belles du théâtre, celle de la querelle, devant la reine, dans le premier acte; c'était un début plein de mouvement et de grandeur. M. Mégalbe a reporté cette scène au second acte, ce qui est d'un effet bien moins frappant. Je n'ose blâmer le retranchement des deux reines. Cependant il faut convenir que l'amour d'Elvire pour Carlos servait à rehausser encore ce cavalier et mettait en jeu un nouveau et puissant ressort, la jalousie.

«Mais le plus gros péché, le péché capital de M. Mégalbe, c'est, à mon avis, le changement qu'il a apporté dans la condition du personnage principal. Carlos, dans la pièce de Corneille, se croit bien réellement fils d'un pêcheur; il ignore, comme tout le monde, que son père, roi détrôné d'Aragon, l'a caché chez de pauvres gens pour le soustraire aux rebelles. Ce n'est qu'au cinquième acte que le mystère s'éclaircit assez péniblement, et que Carlos est enfin reconnu par don Sanche. Tout l'intérêt vient de cette ignorance où Carlos est de sa naissance. Dans la pièce arrangée, au contraire, don Sanche a pris volontairement un nom supposé; ce n'est plus un vrai soldat de fortune; c'est un prince déguisé, cachant son nom, comme un autre Joconde, afin de se faire aimer pour lui-même. Ce travestissement d'opéra-comique détruit presque entièrement la beauté du rôle.»

1447. Analyse de Don Sanche, par M. J. Janin.

Histoire de la littérature dramatique; t. VIe.

XXII

1448. Corneille historien,—Pertharite, roi des Lombards, par M. A. Thiénot.

Le Constitutionnel du mercredi 18 août 1869.

XXIII

1449. Observations des Précieuses sur la tragédie d'Œdipe.

Grand Dictionnaire des Précieuses, historique, poétique, géographique, par le Sieur de Somaize (Paris, Jean Ribou, 1661, 2 vol. in-12), t. Ier, pp. 147-171, vo Emilie.

Ce curieux fragment, signalé par M. Livet, a été reproduit par M. Marty-Laveaux, t. VIe, pp. 113-120.

1450. Troisième et Quatrième Dissertations concernant le poëme dramatique, en forme de Remarques sur la Tragédie de M. Corneille intitulée Œdipe et de Réponses à ses calomnies [par l'abbé d'Aubignac]. A Paris, Chez Jacques du Breuil, 1663. In-12 de 1 f. et 185 pp.

Les deux premières dissertations de d'Aubignac sont relatives à Sophonisbe et à Sertorius; nous les citerons plus loin (no 1459). Celle-ci a été reproduite en entier dans le Recueil de l'abbé Granet (no 1336) et par extrait dans l'édition de Corneille, de M. Marty-Laveaux (t. XIIe, pp. 509-515).

1451. Dissertation critique sur l'Œdipe de Corneille, [par Mlle Barbier].

Nouveau Mercure, février et mars 1709, pp. 92 sqq.

1452. Lettre a Monsieur de Genouville, contenant la critique de l'Œdipe de Sophocle, de celui de Corneille et de celui de l'auteur [par Voltaire].

Insérée dans Œdipe, Tragédie par Monsieur de Voltaire (Paris, P. Ribou, 1719, in-8), pp. 108 sqq.

1453. Nouvelles Remarques sur l'Œdipe de M. de Voltaire et sur ses Lettres critiques; où l'on justifie Corneille contre les calomnies de son émule, et où l'on fait un parallèle des deux tragédies de ces auteurs, avec un recueil des plus beaux endroits de l'une et de l'autre pièce, par M*** [l'abbé Girard]. Paris, Laurent d'Houry, 1719. In-8.

L'abbé Girard avait publié d'abord l'opuscule suivant: Lettre d'un Abbé à un Gentilhomme de province, contenant des Observations sur le style et les pensées de la nouvelle tragédie d'Œdipe, et des Réflexions sur la dernière lettre de M. de Voltaire; Paris, Joseph Mongé, 1719. In-8.

1454. Corneille verdedigd. Behelzende een dichtkundig Onderzoek van het Byverdichtsel van Thezeus en Dirce in het Treurspel van Edipus van den Heer P. Corneille; benevens een Onderzoek en Wederlegging van verscheidene Beschuldigingen, tegen dat zelfde Spel opgemaakt door den Heer Arouet de Voltaire, en anderen. Hier komen by eenige byzondere Aanmerkingen, zo over de Poëzy, als de Nederduitsche Taal en Rymtrant. Door B. Huydecoper. Te Amsterdam, by de Erfg: van J. Lescailje en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1720. In-8 de 80 pp.

Balthazar Huydecoper est l'auteur d'une traduction d'Œdipe (voy. le no [992]), à laquelle on joint l'ouvrage qui précède. Il s'est proposé, comme on le voit, de répondre aux critiques dirigées contre la pièce de Corneille par Voltaire et par ses admirateurs hollandais.

1455. Dissertation sur l'Œdipe de Corneille et sur celui de M. de Voltaire [par l'abbé Pellegrin].

Mercure de France, juin 1719, t. IIe, pp. 1315-1345; août 1720, pp. 1700-1731.

Le titre de la seconde partie porte: par M. le Chevalier de... à Madame la Comtesse de...

1456. Jocaste, tragédie en cinq actes et en vers, précédée d'une Dissertation sur les Œdipes de Sophocle, de Corneille, de Voltaire, de La Motte, et sur Jocaste [par le comte de Lauraguais, depuis duc de Brancas]. Paris, Debure l'aîné, 1871. In-8.

1457. Sur les diverses tragédies d'Œdipe, par Gaillard.

Cette comparaison de toutes les tragédies d'Œdipe, anciennes et modernes, depuis celle de Sophocle jusqu'à celle de Ducis, y compris celle de Corneille, se trouve dans les Mélanges académiques, poétiques, littéraires, philologiques, critiques et historiques, par M. Gaillard, de la classe d'histoire et de littérature anciennes de l'Institut (Paris, Agasse, 1806, 4 vol. in-8), t. IIIe, pp. 231 sqq.

XXIV

1458. Historiettes baguenaudières, par un Normand [M. de Chennevières]. Chez les libraires de Normandie, [Aix, imprimerie d'Aubin, sur le Cours, 1], 1845. In-8 de 2 ff. et 156 pp.

Ce recueil, publié par M. de Chennevières, aujourd'hui directeur des Beaux-Arts, contient plusieurs pastiches dans le genre mis à la mode par Mérimée. Un de ces pastiches, intitulé Mademoiselle Gueru, est présenté par l'auteur comme extrait d'un manuscrit incomplet qui avait pour titre: Recueil des aventures et changements de condition de Nicolas Barillon, comédien, dit Avale tripes. Ce personnage imaginaire «vient à parler du voyage qu'il fit avec tous ses camarades de Paris au Neubourg, pour y représenter, dans le château de messire Alexandre de Rieux, marquis de Sourdéac, la pièce nouvelle qu'avait préparée pour cette occasion le fameux Rouennais, Pierre Corneille.» Comme bien l'on pense, cette portion du manuscrit ne s'est pas perdue. M. de Chennevières profite de cette fiction pour nous donner une foule de détails de son invention sur la représentation de la Toison-d'Or.

Voy. Revue de Rouen, t. Ier (1847), pp. 613 et 665.

XXV

1459. Devx || Dissertations || concernant || le Poëme || Dramatiqve, || en forme de || Remarques: || Sur deux Tragedies de M. Corneille || intitulées || Sophonisbe & Sertorius: || Enuoyées à Madame la Duchesse || de R* || A Paris, || Chez Iacques Du-Breuil, en || la Place de Sorbonne. || M.DC.LXIII [1663]. || Auec Priuilege du Roy. Pet. in-12 d'un f. pour le titre, 104 et 1 f.

Cette pièce est de l'abbé d'Aubignac, qui s'exprime ainsi dans l'avis au lecteur placé au verso du titre: «Ne vous estonnez pas, mon cher lecteur, de rencontrer ces Remarques sur la Sophonisbe, jointes à celles qui ont esté faites sur le Sertorius, M. Corneille les a trouvées si belles, si raisonnables et si utiles, qu'il en a acheté du Libraire tous les Exemplaires qui luy restoient pour les distribuer à ses Amis, et faire sçavoir à tout le Monde combien il a l'esprit docile, et capable de corriger ses fautes quand on les luy fait connoistre. Ce n'est pas qu'il ait tiré de sa bourse de quoy satisfaire à son désir, et à la perfidie du Libraire, mais il lui a donné en échange un grand nombre d'autres Exemplaires de la traduction d'à-Kempis, qui luy demeuroient inutiles, mais qu'il estime d'un prix incomparable. Il n'est pas juste neantmoins qu'il jouysse seul de ce trésor, et qu'il s'enrichisse du bien d'autruy que l'on avoit donné liberalement au public; les honnestes Gens qui ont veu cet Ouvrage l'ont si hautement loué, que tous les autres en cherchent par tout avec beaucoup de soin. C'est donc pour les contenter que cette seconde Edition paroist au jour; elle ne leur déplaira pas, et ne doit pas déplaire à M. Corneille, car il ne doit pas estre jaloux que les autres s'instruisent en l'art du Theatre aussi bien que luy.»

Malgré l'assurance avec laquelle l'auteur des deux dissertations affirme qu'il avait d'abord publié une édition séparée de ses Remarques sur Sophonisbe, M. Taschereau a cru que cette édition n'avait jamais existé, et que d'Aubignac n'en parlait que pour ajouter une injure de plus à ses basses attaques contre Corneille. Nous avouons, quant à nous, qu'il nous est bien difficile de partager cette opinion. Il nous paraît assez probable que les Remarques sur Sophonisbe auront été d'abord imprimées séparément, et que l'édition en aura été enlevée non par Corneille, mais par d'Aubignac lui-même ou par ses amis.

Le privilége, dont un extrait termine le volume, est accordé à M. L['Abbé] D['Aubignac], à la date du 15 janvier 1656, date qui permet aussi de supposer une édition antérieure. Il est précédé du Sonnet suivant:

Ne reverrez vous point cét illustre sejour

Où mille cœurs soûmis qui vous rendent hommage

Ne souhaitent rien tant que le noble avantage

De languir à vos pieds de respect et d'amour?

Vous devez vos beautez aux soûpirs de la Cour,

Vous les devez encore à l'honneur de vostre âge,

C'est trop les retenir dans un desert sauvage

Où rien ne se plaindra de cét heureux retour.

Mais si vous ne sortez de cette nuit profonde

Avec tous les plaisirs pour les rendre au beau monde,

Vous ne reviendrez plus que visiter des morts.

Et je sçay que jamais, inhumaine Sylvie,

Vous n'auriez la bonté par quelques doux transports

D'en regarder un seul pour luy rendre la vie.

1460. Defence || dv|| Sertorivs || De Monsievr || Corneille.. Dédiée à Monseigneur de Guise. || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, || Libraire-Iuré, au Palais, au bout de la || Salle des Merciers, à la Iustice; [ou Chez Claude Barbin, au Palais, vis à vis le portail de la Sainte Chapelle, au signe de la Croix]. M.DC.LXIII [1663]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 131 pp.

Collation des ff. prélim.: titre, 3 ff. pour la dédicace à Monseigneur le Duc de Guise, 2 ff. pour le privilége.

Le privilége, daté du 8 avril 1683, est accordé pour sept ans à Guillaume de Luyne, qui déclare y associer Claude Barbin. L'achevé d'imprimer est du 23 juin 1663.

L'auteur de cette Défense est Donneau de Visé, qui, avant de se faire le champion de Corneille, avait été le plus violent adversaire de sa Sophonisbe.

XXVI

1461. Critique de la Sophonisbe, [par Donneau de Visé].

Insérée dans la IIIe partie des Nouvelles nouvelles (Paris, Gabriel Quinet, 1663, in-12), et réimprimée dans le Recueil de l'abbé Granet (no 1336).

En publiant cette sévère critique, Visé paraît n'avoir pas eu d'autre intention que celle de se faire connaître du public. Après avoir attaqué Corneille, il devint son plus ardent défenseur.

1462. Remarques sur la Tragedie de Sophonisbe de M. Corneille, envoyées à Madame la Duchesse de R*, par M. L. D. [L'Abbé d'Aubignac]. Paris, 1663. In-12 (?).

Nous avons admis, contrairement à l'opinion de M. Taschereau, que cette critique avait paru d'abord séparément, avant celle de Sertorius (voy. le no [1459]). Les paroles de d'Aubignac nous ont paru trop précises pour qu'on puisse les révoquer en doute d'une manière absolue; nous avouons pourtant que nous n'avons pas vu cette édition et qu'elle n'est citée nulle part.

1463. Deffense || de la || Sophonisbe || de Monsievr || de Corneille. || A Paris, || Chez Claude Barbin, au Palais, || vis à vis le portail de la Sainte Chapelle, || au signe de la Croix. || M.DC.LXIII [1663]. || Auec Permission. Pet. in-12 de 81 pp., y compris le titre, et 1 f. blanc.

Réponse à la Dissertation de l'abbé d'Aubignac par Donneau de Visé; elle est réimprimée dans le Recueil de l'abbé Granet (no 1336).

Visé s'exprime ainsi sur le compte de d'Aubignac: «Apres avoir monstré que c'est Monsieur de Corneille que l'envie vient d'attaquer en voulant faire voir des defauts dans sa Sophonisbe, voyons celuy qui l'a fait agir, et qui parle par sa bouche. Peut-estre s'imagine-t'on que c'est quelque jeune homme qui a crû que son âge feroit excuser sa temerité, et qui par une bouillante et imperieuse demangeaison d'écrire, a ozé reprendre le Prince des Poëtes François, afin de trouver de la gloire, mesme dans sa defaite, et de n'estre vaincu que par un ennemy dont la valeur est connue, et à qui personne n'a jamais pû résister. S'il estoit ainsi, cét orgueil seroit louable, mais les Remarques de la Sophonisbe, sont d'un homme, qui loin de faire voir les defauts d'autruy devroit les cacher, et qui devroit estre prudent à son âge; et ce qui est plus estonnant, est que celuy qui en est l'Autheur, n'attaque Monsieur de Corneille que par des raisons qui ne valent pas mieux que ces Remarques. Monsieur de Corneille, dit-il un jour devant des dignes de foy, ne me vient pas visiter, ne vient pas consulter ses pieces avec moy, ne vient pas prendre de mes leçons, toutes celles qu'il fera seront critiquées! Belles et judicieuses paroles! Elles ne marquent point de vanité, et ne font point voir qu'il a plus qu'il ne croit de ce qu'il reproche à Monsieur de Corneille.»

1464. Lettre sur les Remarques qu'on a faites sur la Sophonisbe de M. Corneille. Paris, 1663. In-12.

Cette lettre, adressée «à Monsieur D. P. P. S.» et signée L. B., a été réimprimée dans le Recueil de l'abbé Granet (no 1136).

1465. Dissertation sur les Sophonisbes de Mairet et de Corneille.

Mercure de France, janvier 1709.

1466. Examen des Sophonisbes de Mairet, de Corneille et de Voltaire, par Clément.

Inséré dans le Tableau annuel de la littérature, an IX (1801), no IV, pp. 282 sqq.

XXIX

1467. Corneille historien.—Attila, roi des Huns, tragédie.

Article de M. J. Thiénot, dans le Constitutionnel du lundi 13 septembre 1869.

M. Thiénot admire la sagacité historique dont Corneille a fait preuve dans cette pièce injustement attaquée par Boileau. Il admire surtout le rôle d'Ildione. «Oh! grand Corneille, s'écrie-t-il, c'est à tort que tu demandais humblement pardon au public d'avoir imaginé ce personnage d'Ildione, d'en avoir fait une princesse franke de race germanique, venant comme une Judith barbare venger les siens sous la tente d'Attila. La préface dit en effet: «Attila épouse Ildione, dont les historiens marquent la beauté, sans parler de sa naissance. C'est ce qui m'a enhardi à en faire la sœur d'un de nos premiers rois. Il est constant qu'il mourut la première nuit de ses noces avec elle. Marcellin dit qu'elle le tua elle-même; et je lui en ai voulu donner l'idée, quoique sans effet, tous les autres rapportant qu'il avait coutume de saigner du nez.» Hé bien! Corneille, le rôle d'Ildione, créé par toi, est vrai, historiquement vrai, jusqu'en ses moindres détails. Tu pouvais lui permettre de frapper Attila. Il est mort, non d'une hémorragie, mais de la main de cette jeune fille vengeresse de sa race. Nous avons maintenant toutes les preuves, que ta merveilleuse sagacité avait devancées. Ildico s'appelait, de son nom germanique, Hildegonde; elle était la fille d'un roi des Franks ou d'un roi des Bourguignons. Attila avait jadis massacré ses parents; elle en appela à la peine du talion: sang pour sang!»

1468. Premières Représentations de L'Attila de Corneille.

Article de M. Léon Guyard, inséré dans le Monde illustré, juillet 1871.

XXX

1469. La || Critiqve || de || Berenice. || A Paris, || Chez || Louis Bilaine [sic], au second Pillier || de la grand'Salle du Palais, || au grand Cesar. || Michel le Petit, || et || Estienne Michallet, || rue S. Iacques à la Toison d'or, || & à l'Image S. Paul. || M.DC.LXXI [1671]. || Auec Privilege du Roy. Pet. in-8 de 70 pp. (y compris un titre pour la seconde partie, placé après la p. 38), et 1 f. pour le privilége.

L'auteur de cette critique est l'abbé de Villars, qui ne traite pas beaucoup mieux la pièce de Racine que celle de Corneille. Dans la première partie de son factum, qui parut d'abord séparément, Villars fait le procès de Racine, et dans la seconde celui de Corneille. «Allegorie à part, Monsieur, je suis fort édifié, dit-il p. 43, de la Berenice du Palais-Royal; n'en déplaise à la vieille Cour, Monsieur Corneille a oublié son mestier, et je ne le trouve point en toute cette piece. On luy dit pour la consoler de tant de vers miserables, durs, sans pensée, sans tour, sans François et sans construction, que l'art du Théatre y est merveilleusement observé; non pas que l'on le trouve ainsi, mais parce que cela devroit estre et que si l'on n'avoit leu Aristote et Horace on parieroit avec Monsieur *** deux cens louys que cela seroit. Car enfin, qui s'aviseroit qu'un homme aussi experimenté au Theatre que l'est M. Corneille, en une occasion où il est question de décider de son excellence, et en une piece qui devroit servir de modele à toute la tragique postérité, et de leçon à celuy qu'il ne regardoit que comme son escolier; qui croiroit, dis-je, qu'il deût nous donner un ouvrage irrégulier de tout point?»

1470. A Monsieur de Corneille l'ainé, sur le role de Tite dans sa Berenice.

Ce huitain, dont Subligny avait cité quatre vers dans sa Réponse à la Critique de la Bérénice de Racine, a été retrouvé par M. Paul Lacroix dans les Billets en vers de M. de Saint-Ussans (à Paris, chez Jean Guignard et Hilaire Foucault, 1688, in-12, p. 6). Il est ainsi conçu:

Quand Tite dans tes vers dit qu'il se fait tant craindre,

Qu'il n'a qu'à faire un pas pour faire tout trembler,

Corneille, c'est Louis que tu nous veux dépeindre;

Mais ton Tite à Louis ne peut bien ressembler:

Tite, par de grands mots nous vante son mérite;

Louis fait sans parler cent exploits inouïs,

Et ce que Tite dit de Tite,

C'est l'univers entier qui le dit de Louis.

Cf. Marty-Laveaux, t. Ier, p. LIV.

1471. Tite et Titus, ou les Bérénices, Comédie. Utrecht, Jean Ribbius, 1673. In-12.

Comédie en trois actes et en prose.

Réimprimée dans le Recueil de l'abbé Granet (no 1336), t. IIe, pp. 311 sqq.

XXXIII

1472. Stances a Monsieur Corneille sur son Imitation de Jésus-Christ, [par Saint-Amant].

Strophes de six vers, au nombre de 70. «Cette pièce,» dit Saint-Amant en note, «a esté faite l'an 1655.»

Voy. Dernier Recueil de diverses Poësies du Sieur de Saint-Amant (imprimé à Rouen, et se vend à Paris, chez Antoine de Sommaville, 1658, in-4), pp. 137-160, et [Œuvres complètes de Saint-Amant; nouvelle édition publiée sur les manuscrits inédits et les éditions anciennes, précédée d'une notice et accompagnée de notes par M. Ch.-L. Livet (Paris, Jannet, 1855, 2 vol. in-12), t. Ier, pp. 100-113.

Marc-Antoine de Gérard, sieur de Saint-Amant, né douze ans avant Corneille, dans le voisinage de Rouen, entretint des relations suivies avec l'auteur du Cid, dont il ne parle jamais qu'avec admiration.

La Bibliothèque de l'Arsenal possède un exemplaire en grand papier de Moyse sauvé, Idylle héroïque du Sieur de Saint-Amant (Paris, Courbé, 1653, in-4), offert par l'auteur à Corneille. Le titre intérieur, placé après les ff. prél., porte la dédicace suivante: Pour mon trescher et tresrare Amy L'Illustre Monsieur Corneille. Son treshumble et trespassionné Serviteur St Amant.

1473. Corneille et Gerson dans l'Imitation de Jésus-Christ, par Onésime Leroy. Paris, Le Clerc, 1841. In-8.

M. Onésime Leroy s'est plusieurs fois occupé de Corneille. Il a publié, notamment dans les Archives du Nord de la France et du Midi de la Belgique (t. Ier, Valenciennes, 1831, in-8, pp. 41-47), un Extrait d'un ouvrage inédit relatif à notre poëte.

1474. Note bibliographique sur les Traductions en vers de l'Imitation de Jésus-Christ Et de l'Office de la Vierge, par Pierre Corneille. Par Edouard Frère. Rouen, Imprimerie de E. Cagniard, Rues de l'Impératrice, 88, et des Basnage, 5, M.DCCC.LXIX [1869]. In-8 de 1 f. blanc, 14 pp. et 1 f. qui contient au verso la marque de l'imprimeur et dont le recto est blanc, plus 1 f. pour les Ouvrages et Opuscules du même auteur.

Tiré à 50 exemplaires.

Extrait de la Revue de Normandie, avril 1869.

XXXIV

1475. Histoire de la guerre des Uranins et des Jobelins.

Mémoires de littérature par de S*** [Sallengre]; la Haye, 1715, in-12, t. Ier, pp. 116 sqq.

Cette étude et la suivante se rapportent à la singulière querelle à laquelle donnèrent lieu les deux sonnets d'Uranie et de Job. Corneille y prit part, comme on sait, par deux sonnets que Sercy nous a conservés (voy. le no [204]).

1476. Histoire de deux Sonnets, par M. Eugène de Beaurepaire.

Revue de Rouen, XXe année, pp. 129 sqq.