Nº XV.—LES DONS DES TROIS ANIMAUX.
Parmi les contes orientaux que nous avons cités (I, pp. 173-177) comme renfermant le thème, plus ou moins bien conservé, de l'être mystérieux qui cache son âme, sa vie, pour la mettre en sûreté, nous avons donné, p. 175, le résumé d'un conte indien du Kamaon. Nous ferons remarquer ici que ce conte kamaonien offre une grande ressemblance avec le conte indien du Deccan dont un fragment a été donné, même page. La principale différence est que le héros est le fils et non le neveu de la princesse qui a été enlevée par le magicien. De plus, c'est dans d'autres conditions que le jeune prince parvient à s'emparer du perroquet dans lequel est l'âme du magicien.
Tout l'ensemble de ces deux contes du Kamaon et du Deccan se retrouve,—chose à noter,—dans un conte allemand du Holstein (Müllenhoff, p. 404), dans un conte allemand de la principauté de Waldeck (Curtze, p. 129) et dans un conte norvégien (Asbjœrnsen, II, nº 6). Là aussi, une princesse est retenue captive par un magicien; là aussi, tous les beaux-frères de cette princesse, six princes, sont métamorphosés par le magicien (en pierres, comme dans le conte du Deccan); là aussi, un seul homme de la famille,—le fiancé de la princesse, au lieu de son fils ou de son neveu,—a échappé à ce malheur, parce qu'il est resté à la maison, et c'est cet unique survivant qui délivre la princesse.
Notons encore, en passant, que la «sirène» du conte bas-breton, cité pp. 171-172, se retrouve dans un conte espagnol (Biblioteca de las tradiciones populares españolas, I, 1884, p. 183).