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Le fait de la Salette est trop connu désormais pour être raconté ici. Mais il faut remarquer que là comme partout, l’attentat contre le Nom du Seigneur et l’attentat contre le Jour du Seigneur sont reprochés et présentés tous deux comme deux sources de mort, prêtes à couler sur la terre si…

Le terrible SI accompagne l’homme avec une fidélité redoutable. C’est l’ombre qui suit le corps.

Le mystère de notre liberté se croise avec le mystère des volontés divines.

L’histoire de Jonas est toujours suspendue sur nous comme un glaive à deux tranchants.


Si la violation du Dimanche semble exciter la colère de Dieu contre une nation, contre une société, contre un monde plus directement que les autres crimes, c’est que cet attentat constitue de la part des hommes une profession de foi publique d’athéisme. Tous les jours l’homme individuel peut établir entre Dieu et lui les communications qui constituent ce qu’on appelle en ce monde : la Religion. Mais le Dimanche a été choisi et consacré par la main de Dieu pour être le temple universel, l’autel social. Le Dimanche est le témoin officiel et prédestiné, choisi, voulu, consacré, le témoin de la religion solennelle par laquelle le ciel et la terre ont juré d’être unies.

Celui qui viole le Dimanche brise autant qu’il est en lui, les rapports de Dieu et du genre humain. L’Apostasie publique est le grand attentat qui renverse les peuples, et précipite dans l’abîme les nations autrefois choisies. Jérémie parle à travers les siècles, et l’écho de sa voix ne s’est pas perdu dans les vallées de la Palestine. Elle retentit de montagnes en montagnes, criant toute génération.

Quis enim miserebitur tui, Jerusalem ?…

D’autres crimes se cachent. La profanation du Jour sacré s’étale au soleil. Elle fait orgie d’elle-même. Elle insulte Dieu à la face du ciel et de la terre. Elle récolte comme elle a semé. Le crime a été public. Le châtiment est public. Écoutez cette parole terrible et oubliée :

« Je vous disperserai dans les nations, je tirerai le glaive contre vous, et votre terre sera déserte et vos cités détruites.

« Et la terre célébrera joyeusement son Sabbat, pendant tous les jours de cette solitude.

« Pendant que vous serez sur la terre étrangère, la terre fera un long Sabbat, et se reposera dans son désert, parce que vous ne lui avez pas accordé le repos, au Jour du Sabbat, pendant que vous l’habitiez. (Lévit. XXVI, 33, 34, 35). »

Quel châtiment profond et comme il sort des entrailles du crime ! Avec quelle intelligence la terre se venge et comme elle reprend avec usure ce qu’on lui a refusé ! Ses habitants lui ont refusé un jour de repos. Elle les rejettera loin d’elle, et se reposera tous les jours, et elle fera dans le désert la fête de son Sabbat, pendant qu’ils gémiront loin d’elle, épouvantés, et celui qui servira tremblera en pays inconnus.