II

La première pensée du touriste qui visite Pise est de voir ses monuments et tout d'abord ceux qui sont réunis sur la place de la Cathédrale. Pour y aller, le voyageur, après avoir passé la Barrière Victor-Emmanuel, pourra prendre à son gré la rue Fibonacci, chemin plus court, ou la rue Victor-Emmanuel qui, traversant le centre de la ville, est plus agréable. Par cette dernière, ayant passé devant la petite église de S. Domenico (pl. 44, D 7), il pourra s'arrêter afin de visiter l'église du Carmine (Carme) (pl. 9, D 6), à côté de laquelle se trouve l'Hospice de Mendicité; puis, en continuant son chemin, ayant passé les Logge de Banchi, construites en 1605, par Buontalenti, pour Ferdinand Ier, transformées aujourd'hui en halle au blé, il arrivera au Ponte di Mezzo (Pont du Milieu), ayant à droite le palais de la Préfecture et à gauche l'ancien palais Gambacorti, actuellement la Commune.

Arrivé au milieu du pont, l'étranger sera émerveillé du magnifique aspect que présentent les deux quais de l'Arno.

Ce pont est mémorable à cause du combat simulé dit le Jeu du Pont, dans lequel deux factions de citoyens se disputaient le prix.

Une autre curiosité de Pise revient à notre esprit en ce lieu: c'est la fameuse Luminara (illumination) qu'on avait l'habitude de faire tous les trois ans pour la fête de S. Ranieri (Regnier), patron de la ville. De là, mieux qu'en tout autre endroit, l'on jouissait dans toute sa splendeur du spectacle féerique des lungarni illuminés par des dessins représentant d'anciens édifices qui apparaissaient tracés en bandes de feu sur le sombre champ de la nuit.

Il est à regretter que, depuis quelques années, cette fête qui appelait tant d'étrangers de toutes les parties du monde semble tombée dans l'oubli.

Au delà du pont, on rencontre la Place du Pont où stationnent les voitures publiques, puis on rentre dans le Sotto Borgo ou via del Borgo, rue bordée de portiques. Presque au commencement on voit une église dont la sombre façade présente le caractère d'une grande antiquité; c'est l'église de Saint-Michel, (pl. 29, E 4) à laquelle était annexée une illustre Abbaye des Camaldules. Cette église a une crypte appréciée par les archéologues qui y voient un hypogée romain. Un peu plus loin vis-à-vis est le marché aux herbes.

A l'extrémité des portiques, prenant à gauche, vous trouverez la rue du Mont de Piété, et vous observerez dans un point, toujours à gauche, de chaque côté du magasin de l'orfèvre Bargellini, deux élégants chapiteaux surmontant des colonnes presque ensevelies qui appartenaient à l'ancienne église de Saint-Félix.

Par cette rue on va à la place des Chevaliers.