10 mars.
C'est demain que nous reprenons la vie errante, et pour un bon mois s'il vous plaît. L'itinéraire ne nous promet pas cette fois une succession de séjours paradisiaques et nous n'aurons guère le choix, ce me semble, qu'entre le brouillard et la pluie, dans les vingt et une cités que je vois figurer sur la liste à moi confiée, mais dame, on s'amollirait à la fin si l'on rencontrait fréquemment en voyage des oasis comme Monte-Carlo. Il se faut aguerrir à ses dépens et nous ne mourrons pas d'avoir affronté Saint-Nazaire, Nazaire les chiens, comme il me souvient d'avoir entendu dénommer ce savoureux port de mer, à l'époque où je m'embarquais à bord du Lafayette pour la Havane et Vera-Cruz.
Oui, cousine, c'est vers la Bretagne que nous allons porter nos pas impénitents; oyez plutôt: Rennes, Saint-Brieuc, Morlaix, Brest, Lorient, Vannes, Nantes, Saint-Nazaire. Nous pousserons s'il plaît à Dieu jusqu'à Bordeaux et rentrerons à grandes enjambées par quelques cités importantes du centre et de l'ouest.
A vrai dire, il me tarde presque d'être en route et je sens que je vais quitter Paris sans trop de regrets; les huit jours que j'y viens de passer n'ont pas été précisément fertiles en douces minutes et si j'excepte ma visite à Pendariés, tout le reste est indifférent sinon désagréable.
Je subis cette impression très curieuse d'être dépaysé chez moi, pour ce fait que je viens d'arriver à peine et que j'en vais aussitôt repartir. Le séjour que je fais à Paris m'apparaît simplement comme une étape un peu prolongée, insuffisante toutefois pour contracter des habitudes, et n'ayant rien qui me retienne, j'ai presque hâte de décamper. La saison, d'ailleurs, est indécise; il ne fait ni froid ni chaud, mais l'immobilité dans un grand fauteuil vous glace jusqu'aux moëlles; au dehors, de courtes averses et des coups de vents, tout cet ensemble atmosphérique auquel on donne le pittoresque vocable de giboulées.
Et puis, dame, à courir les grands chemins comme nous faisons, on se sent quelque peu devenir nomades. Changer d'air et de table et de lit et d'horizons et de visages, cela devient à la longue une nécessité. Excepté ce détail que notre vêtement est confortable et que les trains rapides nous épargnent l'usage des souliers à clous et des bâtons ferrés, nous sommes aussi des chemineaux. Ce parallèle me séduit d'autant plus à cette heure, que le beau poète Jean Richepin triomphe présentement à l'Odéon avec une pièce portant ce titre: Le Chemineau. J'en suis ravi pour la gloire de l'auteur et aussi pour les destinées de ce bon vieux Théâtre; mais croiriez-vous que l'importance des recettes et la location par trop anticipée, m'ont empêché d'entendre cette œuvre, que si volontiers j'eusse applaudie. Fasse le ciel qu'elle demeure au répertoire et que je la puisse aller voir en d'autres temps, d'autant plus qu'elle est, dit-on, fort bien jouée. Ce brave Decori a trouvé cette fois l'occasion qu'il devait chercher depuis longtemps, à savoir un beau rôle bien écrit, avec de beaux vers, pour mettre en valeur toutes ces choses et aussi les qualités maîtresses de comédien qui sont les siennes. Quand je pense que je l'ai vu ces deux ans passés, tenant dans le Tour du Monde en quatre-vingts jours, au théâtre des Galeries Saint-Hubert, à Bruxelles, le rôle de Gaston Jollivet, le reporter Français de la trop célèbre féérie! On sentait dans ses moindres gestes, et bien qu'il fût infiniment meilleur que ses comparses, un dégoût profond d'avoir à dégoiser les banalités de son rôle et comme une honte secrète de se prêter à ces bassesses dramatiques. Il doit être heureux cette fois; à lui les belles créations où l'on se dépense, où l'on peut être soi-même et donner au public la mesure de son talent! Heureux Decori.
J'ai rendu visite à Salis en son pied à terre de la rue Germain Pilon. C'est de lui que je tiens l'itinéraire dont je vous entretenais tout à l'heure. Ce diable d'homme est un des êtres les mieux trempés que j'aie encore vus. Je l'ai trouvé, l'œil terne, la face jaune avec des reflets verts, replié sur lui-même et souffrant visiblement comme le trahissaient d'involontaires crispations du visage. Il refuse absolument de garder le lit malgré son état d'extrême faiblesse et il se traîne sur un grand fauteuil à clous d'or, celui, si je ne me trompe, qui se trouvait à droite en entrant, tout à côté de la Diane de Houdon, au Chat Noir de la rue Victor Massé. Autour de lui c'est un entassement inouï de cadres de toutes grandeurs et d'objets multiformes; toute la décoration intérieure du célèbre cabaret. Je reconnais les fameuses bottes à revers qui, pendant quelques mois, figurèrent sur un socle avec cette inscription: Tronc pour les pauvres de Séverine. Des chassepots, des sabres de cent Gardes, des baudriers et aussi des casques de dragons et des shakos de grenadiers sont jetés pêle-mêle dans un coin. C'est tout le matériel dont s'armaient, aux jours de grande liesse, les habitués du Chat Noir ayant à leur tête le capitaine Nardau, pour défiler en monôme dans les trois petites pièces contiguës qui composaient le cabaret.
Je retrouve aussi le beau lutrin massif en chêne surmonté d'un aigle de bronze aux ailes demi étendues; le lutrin sur lequel, avant de prendre place dans la très artistique collection des œuvres Chatnoiresques, chaque peinture ou dessein nouveau devait effectuer un stage. Lors de la reprise de l'Epopée, ces deux ans passés, un dessin colorié de Caran D'Ache amusa pendant plus de six mois, les visiteurs de tous pays qui firent le pèlerinage de la rue Victor Massé. Ce dessin représentait le général Bombardier, une sorte de foudre de guerre, emporté par le galop formidable d'un cheval à l'hypertrophique musculature. Des quatre fers de ce terrible bucéphale partaient des éclairs; sous son ventre fumant, des obus se croisaient, sans même interrompre ou gêner sa course vertigineuse. Sur les côtés, mais réduits à de pygméennes proportions, des postes d'artilleurs organisaient leurs batteries. Bombardier les dominait de sa haute taille, et le visage impassible, franchissait d'un bond d'invraisemblables fourrés de hautes herbes et des rivières qu'il sautait comme autant de ruisseaux. Les tons passés de l'aquarelle dont l'œuvre était rehaussée lui donnaient l'apparence d'une superbe épreuve d'Epinal. Le cadre empire aux baguettes blanches avec des dorures en forme d'aigles achevait la mystification et j'ai plusieurs fois entendu des visiteurs, affirmer hautement aux personnes qui les accompagnaient que c'était là le très véridique portrait d'un général de l'Empire.
Cette œuvre céda le pas à une charge remarquable de l'excellent caricaturiste Léandre, représentant Salis en train de bonimenter. Vêtu de la fameuse redingote grise aux deux rangs de boutons en arc de cercles se rejoignant en avant sur la taille, le poing gauche à la hanche, le bras droit tendu vers l'écran où défilent des bataillons, les doigts surchargés de massives bagues, le gonfalonier de la butte commande une charge de cavalerie, et son œil, à demi caché sous sa broussailleuse paupière, lance de fauves éclairs dans la direction d'un imaginaire ennemi.
Au-dessus du portrait de Salis, dans lequel déjà les traits sont volontairement accentués, une esquisse représente la tête d'un guerrier moyennageux disparaissant sous un casque d'où seuls émergent les lèvres et le menton. L'œil s'aperçoit par un orifice ménagé à son niveau dans la paroi du casque. Et cet ensemble donne l'impression générale de la tête nue de Salis, par suite du fantaisiste arrangement des lignes. C'est de la bonne charge et de la très spirituelle caricature, en même temps que cela constitue au gentilhomme une réponse aux historiens mal informés qui lui voudraient contester sa chevaleresque origine.
Le dessin qui, plus récemment, occupait le poste d'honneur, était, si je ne me trompe, un encadrement du très curieux et très cocasse sonnet olorime de Jean Goudezki. A ce sujet, laissez-moi vous dire après Jules Lemaître en personne, que ce sonnet en lequel chaque vers est strictement et syllabiquement répété, est le seul de ce genre que possède notre Littérature, et ce, malgré les acrobaties et les tours de gymnaste auxquels si souvente fois se livrait Théodore de Banville. Je regrette que ma mémoire en soit présentement dépossédée, mais je vous en veux néanmoins citer deux alexandrins qui vous édifieront sur la teneur du reste. (Le sujet, il est bon que je vous en instruise, est une invite à Alphonse Allais, lui énumérant les plaisirs champêtres que l'auteur le prie de venir partager avec lui).
A l'ombre à Vaux, l'on gèle. Arrive! Oh! la campagne.
Allons bravo! longer la rive au lac, en pagne.
Vous jugez par ces deux vers du joli casse-tête chinois que devait constituer l'ensemble. Je ne suppose pas qu'un comédien, même des mieux doués, parvint jamais à le faire entendre en le déclamant à des auditeurs, voire aux plus rompus en l'art d'ouïr des étrangetés rimées.
Sur la marge spacieuse entourant le dit sonnet, le spirituel Georges Delaw avait donné libre carrière à la plus échevelée fantaisie. Sous l'auvent d'une monumentale cheminée, les deux amis (Goudezki et Alphonse Allais) faisaient sauter l'omelette au lard mentionnée dans la courte pièce. Autour d'eux, accrochées aux murs et aux solives du plafond, d'innombrables jambonnailles et autres pièces de paysanne charcuterie, faisaient rêver de prodigieux gueuletons et de gargantuesques mangeries.
Plus loin, sur l'autre face de la marge, une servante à la croupe rebondie emplissait de cervoise les verres moultes fois vidés de nos campagnards improvisés dont les mains se tendaient en des gestes de bachiques désirs vers la gorge mal défendue.
Vous ne m'en voudrez point, cousine, de m'étendre si longuement sur ces détails; je prends peut-être, à vous énumérer ces choses, plus de plaisir que vous n'en aurez à les lire et ce plaisir, croyez le bien, ne va pas sans quelque mélancolie. Car c'est du passé que je parle et l'effort que je fais à cette heure pour me remémorer avec quelque précision les êtres et les objets qui furent un temps mêlés à ma vie, suffira, je l'espère, à me les rendre inoubliables désormais.
L'hôtellerie du Chat Noir, qui sous la patine du temps avait revêtu ces tons gris propres aux monuments historiques, est redevenue en quelques jours, l'uniforme et quelconque maisonnette en laquelle s'abritera la précieuse santé d'un marchand de savons, rentier. Disparues la verrière suggestive de Willette, la danse macabre et la procession du Veau d'or; envolées au vent les superbes lanternes en fer forgé qu'au temps de sa gloire naissante le maître Grasset dessina tout exprès pour Salis; et l'enseigne hiératique, où dans un croissant de Lune ricanante, un chat se profilait debout sur ses pattes de devant, et aussi le Grand Soleil aux rayons dorés, qui surmontait la fenêtre du premier étage et s'irradiait sur un chat apothéotique. Je traversais hier encore la rue Victor Massé et ne songeant plus que tout ce décor n'était désormais vivant qu'en la mémoire de quelques-uns, je laissai par mégarde errer mes yeux sur l'emplacement de l'ancien cabaret. Les murs, fraîchement crépis, me renvoyèrent une image plate, dont l'uniforme blancheur, trouée de ci de là par le vert sale des volets, me fit croire un instant que je m'étais trompé de route. Une seconde j'hésitai, puis je me souvins, et sans vouloir me retourner, je hâtai le pas.
Mais peut-être serait-il temps que je revinsse à mon directeur, puisque tant est que je me suis abandonné à vous décrire l'étrange bric-à-brac au milieu duquel je l'ai trouvé. J'ai peine à croire, en l'examinant avec quelque attention, que ce pauvre être au visage crispé, à l'œil éteint, aux membres déjetés, se prépare à partager avec nous les fatigues d'un mois de tournée. Malgré ce que je sais et ce que j'ai pu voir cent fois, de sa résistance nerveuse et de son héroïque volonté, je ne me le figure pas, cette fois, secouant tout ensemble son masque de souffrance et la veulerie de son pauvre corps, et, jetant par dessus la rampe, à la tête des spectateurs, les outrancières métaphores et les cinglantes ironies. Sans doute le médecin qui dirige son traitement se propose-t-il à la dernière heure, d'opposer à son départ une formelle interdiction, et, pour éviter d'inévitables querelles, a-t-il refusé jusqu'à présent d'aborder devant ce terrible malade un aussi délicat sujet.
La tournée se peut à la rigueur passer de son barnum et nous avons avec nous Dominique Bonnaud, lequel a donné plus d'une fois la preuve de ses capacités oratoires.
Néanmoins je suis curieux de savoir si le gentilhomme a songé à cette éventualité d'une ou plusieurs représentations ayant lieu sans son concours, ce qui, jusqu'à l'heure actuelle, ne s'est pas encore présenté.
—«Vous me semblez un peu fatigué, mon cher Salis, et j'ai peur que le repos de huit jours que vous venez de prendre ne soit pas tout à fait suffisant à vous mettre sur pieds.
—«Peuh! je ne suis ni plus ni moins malade que pendant les quinze derniers jours de la précédente tournée. Je ne suis pas douillet pour ma personne et je ne me plains pas pour rien. Tel que vous me voyez, je supporte depuis vingt jours, une diarrhée qui ne me laisse pas une demi-heure de repos le jour comme la nuit.
—«Diable, mais c'est grave, cela.» Et je commence à m'expliquer l'état d'affaissement où je l'ai trouvé et aussi les tons livides de sa physionomie.
—«Ah! vous croyez, fait-il avec quelque incrédulité.
—«Mais que vous ordonne votre médecin?
—«Mon médecin, c'est un âne. Je continue à le voir parce que je me suis trouvé bien de ses conseils il y a deux ans; mais je crois qu'il a perdu son latin et qu'il n'en sait pas plus long que moi sur mon mal. Il prétend que j'ai de la tuberculose intestinale et il m'ordonne une quantité de médecines à prendre par en haut, par en bas. Il peut se fouiller, j'ai horreur de ça. Je les envoie chercher tout de même chez le pharmacien, il faut bien faire un peu marcher le commerce. Voyez plutôt, sur la commode.»
Et j'avise en effet sur le meuble indiqué toute une théorie de flacons aux têtes savamment empanachées. Il y a du laudanum, des capsules de créosote et des cachets de naphtol, tout ce qu'il faut pour me confirmer dans ce diagnostic de tuberculose intestinale que Salis me vient de répéter, avec l'air dégagé d'un homme qui parlerait du mal dont peut souffrir son propriétaire ou quelque très indifférent créancier.
—«Tout cela pourrait vous faire grand bien, lui dis-je, m'efforçant de lui parler avec gravité. Le moment n'est pas venu d'abuser de vos forces et je crois qu'à la veille d'un départ, il serait temps de vous défaire de cette incommodité dont vous me parliez tout à l'heure et qui peut à la longue devenir pour vous un danger réel.
—«Vous parlez de ma diarrhée; certes, j'en ai plein le dos, mais d'autre part, prendre des lavements, à mon âge et quand on n'en a pas l'habitude, convenez que c'est dur. Je ne sais pas si je me déciderai jamais à boire de ce côté. Jusqu'à présent savez-vous comment j'ai toujours soigné la diarrhée? par les œufs durs. Et je continuerai: ce sera le triomphe de la médecine paysanne.» Puis, abandonnant ce sujet pénible, il vient à parler des tournées qui suivront celle que nous allons entreprendre, des pourparlers engagés déjà pour l'Autriche et pour l'Italie. La Russie l'attire par dessus tout et il ne renonce pas à l'idée de donner l'Epopée à Pétersbourg, devant le Tzar. «Dame, dit-il, il ne s'en est fallu que de l'épaisseur d'un cheveu que le souverain Russe vint au Chat Noir, lors de sa promenade triomphale dans Paris. J'avais manœuvré comme un zèbre pour déterminer ces messieurs du Protocole à faire figurer l'Epopée au nombre des réjouissances dont on devait régaler l'Illustre visiteur. Songez donc, personne mieux que moi n'était en posture de demander pareille faveur. Crozier, le chef du Protocole, fut un des assidus du Chat Noir, au temps de la fondation. Il a dit chez moi entre deux bocks des vers qui ne cassaient rien et qui n'ont pas fait oublier Corneille. Je crois même qu'il a pris un avant-goût des fonctions qu'il remplit à l'Elysée présentement, en ordonnant quelque peu le cérémonial imposant qui signala le transfert du Chat Noir, des boulevards extérieurs à la rue Victor Massé. Crozier m'était donc tout acquis; mais il s'est trouvé quelque imbécile pour faire remarquer que la visite du tzar en mon hôtel contrasterait par trop avec la somptuosité des fêtes que la ville de Paris offrait à son auguste visiteur et mon projet a été remisé.
«N'importe, on s'était ému à l'ambassade russe des démarches faites par moi et il m'y fut déclaré que le tzar ne manquerait pas de me venir voir à l'occasion du second voyage un peu moins officiel que le premier qu'il ferait dans la capitale. D'ailleurs je lui ai décerné le titre de tuteur officiel de la Butte et un semblable honneur ne va pas sans quelque obligation. Si donc nous allons à Pétersbourg, la cour nous est acquise et vous voyez quel coup de grosse caisse à notre rentrée en France.»
Et le voilà lancé; ses yeux ont repris leur éclat, son torse s'est redressé. Il gesticule en parlant comme s'il avait à faire à son auditoire des jours de représentation et je lui dis au revoir, ne doutant plus une seconde qu'il bonimentera comme un seul homme, à Versailles, le surlendemain.
La température est exceptionnelle aujourd'hui. Le ciel, ce soir invite à la promenade. Une fantaisie me vient. Je vais faire un tour au bois à bicyclette. Il est dix heures; je rentrerai vers minuit et je m'endormirai de ce bon sommeil qui suit deux heures de pédale. Las! ma machine, après huit mois de remise est dans le plus piteux état; j'ai toutes les peines du monde à gonfler mes pneus et minuit sonne que je suis à peine à la Porte Maillot. Devant la Brasserie de l'Espérance, je mets pied à terre pour m'offrir un bock. A la terrasse, tout près de moi, quatre jeunes gens en tenue de cyclistes devisent gaîment. Sans nul effort pour surprendre ce qu'ils disent, j'entends assez pour me rendre compte que les deux messieurs ont rencontré par hasard les deux demoiselles, deux sœurs, et que leurs propos roulent sur l'étrangeté des rencontres en semblable occurrence.
—«Tu te souviens, Jeanne, dit l'une des cyclistes, comment s'est fait l'an passé le mariage de notre amie Augustine.
—«Ah oui, c'est très drôle, répond la sœur, elle a fait connaissance de son fiancé dans une culbute au bois. Il est tombé le premier, elle qui venait derrière, a suivi et ils se sont trouvés si bien, comme ça, l'un sur l'autre, qu'ils se sont promis de continuer.»