CHAPITRE XII

BAPTISTE LE NÈGRE

L'enlèvement de la jeune fille n'avait pas été bien difficile.

Pendant la bataille, le Chien-Flamboyant était entré dans la loge de
Molodun.

A son habitude, il ruisselait de flammes.

L'effroi saisit tous les habitants qui se tenaient à l'intérieur,
Merellum exceptée.

Après avoir rempli de feu la hutte, il s'avança vers la
Petite-Hirondelle et lui dit:

—Vous pas avoir peur, bonne demoiselle; nègre Baptiste, pas méchant, li pas vouloir faire mal à vous, mais vous faire comme li.

Et il lui frotta la tête, les mains et les vêtements avec une sorte, de pâte qui la couvrit de flammes rouges et bleues, comme lui-même.

Puis il lui dit:

—Venez!

Il la prit par la main, l'entraîna hors de la hutte, et Merellum fut surprise de remarquer que les flammes qui les inondaient dans la demi-obscurité de la loge, s'éteignaient complètement au grand air.

Inutile de dire que les femmes, les vieillards et les enfants étaient trop atterrés pour songer à s'opposer à l'évasion de la prisonnière.

Une fois sorti, il fallait fuir rapidement, sans perdre une minute.

Le Chien-Flamboyant sauta dans un traîneau attelé de deux vigoureux poneys, fit asseoir la Petite-Hirondelle auprès de lui et aiguillonna les chevaux, qui détalèrent à fond de train, en remontant la rive sud du rio Columbia.

Pendant qu'ils filaient ainsi, et pendant qu'Oli-Tahara faisait d'inutiles perquisitions pour trouver Merellum, les Chinouks, avides de butin et de débauches, se répandaient dans les loges souterraines, où ils se livraient à toutes sortes de violences. Ceux que le chef avait préposés à la garde de Molodun ne purent résister à la tentation d'imiter leurs compagnons. L'ennemi semblait s'être totalement éclipsé, et le corps du sagamo nez-percé était tellement froid que la vie semblait l'avoir abandonné. Après quelques hésitations, ils se décidèrent donc à le quitter un instant et à profiter, comme les autres, des bénéfices de la victoire.

Cependant, afin que le prétendu cadavre ne fut pas scalpé pendant leur absence, ils l'ensevelirent dans la neige.

Ensuite ils allèrent prendre part aux excès que commettait à l'envi le reste de la bande, dont les hurlements de triomphe se mêlaient aux lamentations des femmes, aux plaintes des vieillards, aux piaillements des enfants.

Mais à peine se furent-ils éloignes, qu'un petit Indien, vêtu comme un Clallome et la figure cachée dans sa couverte de peau d'orignal, s'approcha du lieu où ils avaient inhumé Molodun.

Le crépuscule commençait alors à étendre ses voiles grisâtres sur la terre.

Le petit Indien eut bien vite enlevé la couche de neige qui recouvrait le Nez-Percé. Il se pencha sur le corps, appuya son oreille à l'endroit du coeur, s'assura qu'il battait encore, puis il courut à la première hutte, s'empara d'un canot d'écorce posé au dehors, le tira jusqu'au rivage, y traîna Molodun, le plaça dans le canot et se mit à ramer de toutes ses forces, en se dirigeant vers le bord septentrional du rio Columbia.

Cet Indien, c'était Lioura, la Blanche-Nuée, qui, ayant réussi à tromper la vigilance des Clallomes, avait de loin suivi les troupes commandées par Oli-Tahara, et était ainsi, après s'être déguisée en homme, arrivée sans accident à son village, pour assister à la défaite des Nez-Percés et de leurs alliés.

La colère du métis, en constatant la disparition de son captif, fut terrible.

Il fit venir les malheureux Chinouks à qui il l'avait confié, et les condamna à être attachés nus à des poteaux et à passer la nuit dans cette position. De plus, il fit placer sur la tête de chacun d'eux un quartier de venaison, afin que les vautours, attirés par l'odeur de la viande, s'abattissent sur eux et leur déchirassent, le visage.

Cette cruelle sentence, qui équivalait à un arrêt de mort, fut rigoureusement exécutée.

Cependant, malgré le succès signalé qu'il avait remporté sur ses ennemis, Oli-Tahara n'était point content. Le double but de son expédition lui échappait; car il voulait surtout sauver Merellum et s'emparer de Molodun, pour lui faire expier dans des supplices barbares sa tentative d'assassinat.

Son désappointement l'empêcha de participer au banquet et à la danse des scalpes qui eurent lieu, le soir même, dans la loge du conseil des Nez-Percés.

Sombre et maussade, il interrogeait brutalement les gardiens de la Petite-Hirondelle, les menaçant et les flattant tour à tour, dans l'espoir d'en obtenir une révélation qui le mettrait sur la piste de la jeune fille.

Mais leur réplique était invariable.

—Le Chien-Flamboyant, le fils de Chibiabos, l'Esprit du feu, a ravi la face blanche.

Comme tous les Bois-Brûlés, Oli-Tahara était aussi superstitieux qu'un Indien pur sang, sinon plus. Après avoir pensé que cette réponse était un artifice pour le dérouter, il finit par croire qu'elle pourrait bien être vraie; il allait même cesser ses investigations, quand un jeune guerrier chinouk lui dit qu'il avait vu deux individus, un homme et une femme, s'enfuir ensemble dans un traîneau, en amont du Grand Fleuve.

Quoiqu'il fût déjà tard et que cette indication fût assez vague, le
Dompteur-de-Buffles donna l'ordre de les poursuivre.

On lui obéit aussitôt, et deux traîneaux furent lancés sur les traces de
Merellum.

L'instinct plutôt que la réflexion avait fait céder celle-ci aux suggestions du nègre. Mais une fois dans le véhicule, seule avec cet homme noir qu'elle ne connaissait pas et qui jouissait du mystérieux pouvoir d'épancher des flammes autour de lui, elle eut quelque appréhension.

Leur traîneau rasait le sol avec la célérité du vent. L'air était si vif qu'il gênait la respiration.

Pelotonnée sous une peau de buffle, Merellum n'essaya point d'entamer la conversation. Elle attendit qu'il plût à son étrange libérateur de commencer. Ce dernier ne paraissait pas s'en soucier beaucoup. Il pressait ses chevaux et regardait à chaque instant derrière lui pour voir si on ne leur donnait pas la chasse.

La nuit tomba, une nuit claire et sereine, toute diamantée par les constellations célestes.

Le Chien-Flamboyant, qui côtoyait le fleuve sur la glace, afin d'éviter les bancs de neige accumulés sur le rivage, s'arrêta tout à coup au pied d'un roc escarpé et dit à Merellum:

—Bonne demoiselle, demeurer tranquille; Baptiste monter là-haut. De là découvrir très-loin, très-loin, et savoir si méchants Indiens venir après.

—Que mon frère fasse comme il lui plaira, répondit-elle.

Le nègre grimpa sur le rocher, reste une minute en observation et redescendit aussi vite que ses longues jambes purent le lui permettre.

—Indiens sur piste à nous! Indiens sur piste à nous! proféra-t-il.

—Les Nez-Percés? demanda Merellum.

—Indiens!… Indiens!… Peaux-Rouges… Deux traîneaux! Moi pousser les chevaux, pousser les chevaux, pour eux pas rattraper nous! s'écria-t-il en se rasseyant près de la jeune fille.

Il voulut reprendre sa course. Mais les poneys reculèrent, se cabrèrent et refusèrent d'avancer.

—Coyotes! coyotes! marmotta le nègre en promenant les veux autour de lui.

On ne percevait encore aucun animal sauvage, mais des jappements continus indiquaient, que les loups des prairies n'étaient pas loin.

Baptiste frappa son attelage qui, après une vive résistance, partit soudain avec une éblouissante vélocité.

Bientôt le conducteur n'en fut plus maître. Il fut contraint de s'abandonner au caprice des animaux.

—Il faut quitter le traîneau, sans quoi nous nous jetterons dans une mare, mon frère, dit Merellum.

—Non, pas quitter traîneau; coyotes derrière nous, coyotes manger nous, si nous quitter traîneau.

—Mais ne comprends-tu pas?…

—Nous près de loge à Chien-Flamboyant, interrompit-il brusquement.

—Tiens!… s'écria la jeune fille en montrant devant eux un large espace qui, par son miroitement, contrastait avec la blancheur mate de la glace.

Elle ne put achever sa pensée, car ils furent à l'instant inondés d'eau.

Le traîneau venait de tomber dans une crevasse; et les chevaux, empêtrés par leurs traits, se déballaient en hennissant, mais sans pouvoir résister à la violence du courant qui les poussait sous la glace.

Merellum savait parfaitement nager, Baptiste aussi.

Après avoir fait un plongeon, ils remontèrent à la surface du fleuve et cherchèrent du regard le bord le plus rapproché.

—Là, à droite! cabane tout près! cria le nègre à la Petite-Hirondelle en lui indiquant une falaise, éloignée d'une vingtaine de brasses environ, au sommet de laquelle se dressait un groupe d'arbres gigantesques.

Et comme il remarqua qu'elle avait peine à vaincre l'impétuosité des flots, il lui tendit la main.

Grâce à son aide, Merellum arriva au rivage; mais la, ses vêtements trempés d'eau l'empêchaient de prendre pied. Le nègre, s'adossant à un rocher, lui fit une échelle avec ses mains. Ainsi elle se hissa sur la grève.

Cependant elle était épuisée, incapable de mouvoir ses jambes.

—Grimpez sur dos à moi, dit Baptiste en s'agenouillant.

—Mon frère est bon, répondit-elle après s'être suspendue à son cou.

—Oh! massa heureux! bon, bon heureux! répliqua-t-il en se relevant aussi légèrement que s'il n'eût pas été chargé.

—On mon frère me conduit-il? interrogea-t-elle pendant qu'il gravissait un sentier tortueux creusé le long de la falaise.

—Dans la case à nègre; pas belle, pas belle, mais chaude, chaude et sûre. Indiens pas trouver petite demoiselle là; non, non, jamais trouver.

Une à une, les étoiles s'éclipsaient au firmament, le jour commençait à paraître, et, avec ses premières clartés, le froid augmentait..

La jeune fille grelottait de tous ses membres; ses dents cliquetaient, ses pieds étaient placés, sa tête brûlante, malgré les congélations qui, comme un réseau de filigranes, s'enchevêtraient dans sa chevelure.

Elle avait la fièvre.

—Un peu de courage! un peu de courage! Nous bientôt arrivés, lui disait à chaque instant Baptiste, quand il sentait, au relâchement de ses bras autour de son cou, qu'elle faiblissait.

Ils atteignirent le haut de la falaise.

—Mais, mon frère, je ne vois pas de cabane, murmura Merellum, en n'apercevant devant elle qu'un étroit plateau planté d'une douzaine de cèdres de la plus forte espèce.

Le nègre se mit à rire d'un rire fin et bienveillant.

—Case à Baptiste là, dit-il en frappant avec la paume de la main contre un arbre.

Cet arbre avait bien vingt mètres de circonférence à son pied; ses rameaux inférieurs se projetaient à une hauteur d'au moins trente. Ils s'élançaient d'un centre commun dont le diamètre énorme dépassait peut-être celui de la base du tronc, et ombrageaient une vaste superficie de terrain. Une forêt de brandies de toutes dimensions s'entrelaçaient ensuite en s'élevant à la cime du cèdre.

Avec l'agilité d'un chat sauvage, Baptiste grimpa jusqu'aux premiers rameaux. Il se baissa et ramena à lui une sorte d'échelle en lanières de cuir de buffle qu'il fit glisser vers le sol.

Puis il sauta à terre.

—Bonne demoiselle monter; moi assister elle, dit-il à Merellum en pointant du doigt l'échelle.

Assez inquiétée par ce manège, la Petite-Hirondelle s'imagina que le Chien-Flamboyant avait la cervelle dérangée. Elle ne se souciait pas trop de se rendre à son invitation.

Mais il la souleva dans ses bras, et, avant qu'elle fût revenue de son étonnement, il l'eut transportée au faîte de l'échelle, qu'il retira aussitôt.

Une fois au-dessus, entre les membres vigoureux qui formaient, pour ainsi dire, le premier étage du cèdre, Merellum vit que le tronc était creux, et qu'une ouverture, assez spacieuse pour laisser passer aisément deux personnes, occupait la majeure partie de ce palier d'un nouveau genre.

Un grand morceau d'écorce, ayant deux ou trois pouces d'épaisseur, relevé au bord de l'ouverture, servait sans doute à la fermer et à dérober le secret de la cavité.

—Voilà case à nègre! dit Baptiste en se frottant joyeusement les mains.

Puis il poussa une couple d'aboiements si stridents que la jeune fille en tressaillit.

—Mon frère n'a donc pas peur des Nez-Percés? dit-elle.

—Peur! non, nègre pas peur! jamais peur, jamais! Indiens avoir peur de nègre, li pas!

Et comme preuve de son assertion, il recommença ses aboiements, en retournant l'échelle dans le trou.

—Maintenant, dit-il, petite demoiselle, vous aller en bas.

Merellum secoua négativement la tête.

—Descendre tout de suite, tout de suite! Bon nègre prier, reprit-il avec instance.

—Non, répliqua Merellum d'un ton décidé, car un soupçon s'était glissé dans son coeur.

Le Chien-Flamboyant la contemplait d'un air désolé. Il ne savait que dire, que faire pour la convaincre de sa bonne foi, lorsqu'un des traîneaux dépêchés à leur poursuite se montra sur le fleuve au-dessous d'eux.

—Voyez, demoiselle, voyez! s'écria-t-il.

Cet incident changea la résolution de Merellum. Supposant que c'étaient les Nez-Percés qui la cherchaient, elle consentit à précéder Baptiste dans le creux de l'arbre.

Il la suivit immédiatement et referma l'orifice..

Au bas de l'échelle, Merellum posa son pied sur un escalier, puis un second, puis un troisième et elle ainsi une dizaine de marches en s'enfonçant dans les entrailles de la terre.

Taillé dans le roc vif, cet escalier était faiblement éclairé par des fentes naturelles, à travers lesquelles filtraient des courants d'air glacial.

Merellum était à demi rassurée, car elle comprit que le nègre avait choisi pour retraite une des nombreuses cavernes qu'on rencontre, presque à chaque pas, sur les deux rives du rio Columbia.

Les eaux pluviales, en tombant par la cavité du cèdre, avaient peu à peu découvert l'entrée du souterrain, entre les racines de l'arbre, et quelques coups de hache ou de pioche avaient ensuite suffi pour en rendre l'accès facile, sinon commode.

Tout à coup la jeune fille fut arrêtée par le contact d'un corps dur.

Il n'y avait plus de marches sous ses pieds.

Elle se retourna; le roc nu l'entourait de toute part.

—Un moment, un moment! Nègre ouvrir porte! lui dit Baptiste.

Il appuya fortement son genou contre la roche, qui céda sous la pression, et Merellum se trouva dans une grande salle voûtée qu'éclairait une étroite fenêtre, devant laquelle on avait fixé un parchemin en guise de carreau.

Cette salle avait un certain cachet de luxe, peu commun dans ces régions sauvages.

La muraille et le sol étaient garnis de pelleteries.

Au centre, il y avait une table et des bancs; dans un coin un lit de fourrures, dans un autre une cheminée; ça et là des armes, des instruments de chasse et de pêche; des ustensiles de ménage.

—Petite demoiselle coucher, dit le nègre à Merellum.

Après ces mots, il lui présenta une robe de peau de cygne et sortit en disant:

—Baptiste regarder si Indiens approchent.

Merellum s'empressa de changer de vêtement; puis, comme elle n'était pas bien convaincue de la pureté des intentions de son noir libérateur, elle décrocha un couteau et le cacha sous les couvertures du lit dans lequel elle s'étendit.

Le sommeil ne tarda point à la surprendre, quoiqu'elle s'efforçât de rester éveillée.

Baptiste rentra, alluma du feu, et, s'asseyant sur un escabeau au chevet de la Petite-Hirondelle, il la contempla longuement avec une expression de ravissement indicible.

Sa chute dans l'eau avait, en partie, lavé la couleur brune qui couvrait son visage. Mais, au lieu d'être blanc comme à l'ordinaire, son teint était coloré. Des nuances écarlates enflammaient ses tempes et ses pommettes. Elle avait la respiration chaude, précipitée; un tremblement convulsif l'agitait à chaque instant, et des gouttes de sueur perlaient à son front.

Baptiste lui prit le poignet et étudia son pouls.

Une fièvre intense la dévorait.

Le lendemain, elle eut le délire: une congestion cérébrale s'était déclarée.

Pendant près de deux mois, le brave nègre soigna Merellum avec le dévouement d'un frère et la délicate sollicitude d'une mère. Enfin, il eut le bonheur de la voir renaître à la vie, reprendre la santé.

Tant de prévenances n'avaient pas été perdues pour lui. Le coeur de Merellum était bon et reconnaissant. Elle aimait vivement Baptiste, quoiqu'elle ignorât entièrement la cause de l'intérêt qu'il lui manifestait.

A ses questions il ne répondait que par ces mots:

—Massa heureux, bon heureux, quand li connaître.

Tant qu'elle fut dangereusement malade, il coucha sur une peau au pied de son lit, mais, lorsqu'elle entra en convalescence, il sortit chaque soir de la caverne et ne revint que le matin.

Bien qu'élevée parmi les Indiens, la Petite-Hirondelle se souvenait toujours de son origine. Elle savait gré au nègre de ses chastes attentions et faisait tous ses efforts pour lui prouver sa gratitude.

Un matin, tandis qu'il était à la chasse, elle quitta la salle, gravit l'échelle de l'arbre, descendit sur le plateau, puis sur la grève et se promena le long du rivage de la Colombie.

Le temps était beau; le soleil rayonnait de tout son éclat. Pas un nuage au ciel, pas la plus légère brise égarée dans l'air. Les oiseaux disaient leur romance d'amour sous la fouillée; les mauves, les pervenches, la violette, l'hélianthème, le lupin azuré diapraient de leurs nuances chatoyantes les opulents tapis de verdure et exhalaient des parfums délicieux. C'était l'aube d'une de ces splendides journées de printemps qui dilatent le coeur et égayent l'esprit par de riantes images de félicité.

Merellum ne pouvait se lasser du spectacle qui enivrait ses sens. Elle marchait sans but, tout entière au bonheur de vivre, de respirer les fortifiantes exhalaisons de la terre en travail de fructification.

Enfin, elle s'assit au pied d'un acacia pour mieux savourer son bien-être.

Un doux sommeil, bercé par des songes agréables, s'empara d'elle.

Quand elle s'éveilla, un homme, un étranger, accoudé contre l'acacia, la considérait attentivement.