LE PLANH OU COMPLAINTE

Le planh était une longue et triste chanson dans laquelle le Troubadour déplorait la perte douloureuse d’une amante, d’un bienfaiteur ou d’une bataille. Cette poésie répond à la complainte de nos jours, que chantent sur les places publiques des artistes ambulants. On cite comme des modèles du genre les planhs de Gaucelm Faydit sur la mort du roi Richard, de Bertrand de Born sur celle du prince anglais, son ami; ceux de Cigala, sur la perte de sa bien-aimée, Berlanda. Le planh est composé de vers de dix ou douze syllabes et coupé en strophes égales.

Exemple:

De totz[69] caitins sm’ien aisselh que plus

Ai gran dolor-é suefre gran turmen;

Por qu’ieu volgra murir! E fora ne gen

Qui m’aneizes, pois tan sui asperdutz,

Que viures m’es marrimeus et esglais,

Pus Morta es ma dona n’Azalaïs.

Gren sofrir fai l’ira ni’l dol’ni l dan.

Mortz trahiritz!... Be vos puese en ver dire

Que non pognetz el mon melhor amire, etc., etc.

(Pons de Capdeuil.)