GALLICANUS.
[Note 7], Page 17.
Le primicier (primus in cera, ou le premier sur le tableau) était, au Bas-Empire, le chef de la chapelle impériale. Il en fut de même chez les princes francs et saxons. Cette dignité répondait à celle de l’officier appelé depuis grand aumônier. Alcuin, dans sa 42e lettre, donne à Angelbert le titre de primicier du palais du roi Pépin. Hrotsvitha suppose Paul et Jean tous les deux primiciers de la princesse Constance, quoiqu’il ne pût y avoir, ce nous semble, auprès d’une même personne, qu’un seul primicier. Notre auteur n’a pas suivi dans ce détail l’autorité des Actes. Ceux-ci font de Paul le præpositus et de Jean le primicerius de la princesse Constance.
[Note 8], Page 17.
L’histoire de la conversion de Gallicanus par Paul et Jean est consignée dans les récits de plusieurs agiographes que les Bollandistes ont discutés et insérés dans leur collection, sous la date du 24 juin. Voyez Acta Sanctorum, Junii t. V, p. 35. On ne peut douter que Hrotsvitha n’ait eu sous les yeux une de ces relations. La légende ayant pour titre Acta præfixa passioni S. S. Johannis et Pauli, présente non-seulement une complète ressemblance quant à l’ordre des faits, mais jusqu’à des phrases entières empruntées textuellement par notre auteur. La seconde partie, qui se rapporte à la résistance des deux frères Paul et Jean et à la réaction tentée par l’empereur Julien, est tirée d’une relation qu’on peut lire dans les Bollandistes, sous la date du 25 juin (Acta Sanctorum, Junii t. V, p. 158). On la trouve également dans le martyrologe romain, dans Bede, Usuardus, Ado, etc.
[Note 9], Page 19.
J’ai dans cette pièce et dans les suivantes complété la liste des personnages, qui est très-abrégée dans le texte. J’ai, de plus, coupé le dialogue en scènes, et indiqué au commencement de chacune d’elles, le nom des acteurs qui y figurent, suivant l’usage actuel.
[Note 10], Page 29.
Jamais l’auteur n’indique le lieu de la scène, qui d’ailleurs change fort souvent. L’usage des tapisseries, très-répandu au Xe siècle, rendait les changements de décorations assez faciles. J’ajouterai qu’alors, comme aux XVIe et XVIIe siècles, l’imagination des spectateurs dut suppléer facilement à l’imperfection de la mise en scène. Les graves personnages réunis pour ces pieux divertissements dans la grande salle du Chapitre de Gandersheim, ne durent pas se montrer plus exigeants que les turbulents spectateurs du théâtre du Globe à Londres ou du théâtre Del Principe à Madrid.
[Note 11], Page 31.
Peut-être serais-je entré davantage dans l’esprit et la couleur de l’original, en traduisant Gallicanus dux par le duc Gallicanus. En effet, Hrotsvitha se sert volontiers des qualifications introduites par la chancellerie byzantine et par les usages de la féodalité.
[Note 12], Page 43.
Les notes indicatives du jeu des acteurs, que les grammairiens grecs appelaient didascalies, se rencontrent, comme on sait, fort rarement dans les ouvrages dramatiques anciens. Ces indications de mise en scène sont également fort peu nombreuses dans le théâtre de Hrotsvitha. Cependant, nous en signalerons dans Gallicanus deux, qui ont échappé à Celtes. Nous attachons, pour notre part, une grande importance à ces didascalies, parce qu’elles prouvent, de la manière la plus formelle, que ces drames n’ont pas été écrits seulement pour la lecture, comme le prétend M. Price, un des récents éditeurs de Warton (History of English poetry, édit. de 1824, t. II, p. 68).
[Note 13], Page 47.
Le mot ingenuitas a deux sens: vertu, puis noblesse de race. J’ai préféré dans ce passage la première de ces significations, parce que l’humilité toute chrétienne de la princesse qui l’emploie, ne permet pas de supposer qu’elle attachât un grand prix aux avantages de la naissance. Par la raison contraire, dans la dernière comédie de Hrotsvitha, intitulée Sapience, où l’empereur Hadrien se sert du même mot, j’ai cru devoir préférer la seconde acception. Voyez p. [390].
[Note 14], Page 51.
Voici une nouvelle indication d’un jeu de théâtre.
[Note 15], Page 55.
Le lieu de la scène change ici brusquement; nous passons, en un clin d’œil, des rues de Rome dans les campagnes de la Thrace, près de Philippopolis, où, suivant les Actes et Eusèbe (Vit. Constantini, lib. IV, cap. 5–7) eut lieu la bataille gagnée par Gallicanus sur les Sarmates. On voit que Hrostvitha n’a imité de Térence ni l’unité de lieu, ni l’unité de temps. La nouvelle forme de drame qu’elle emploie, est, en quelque sorte, narrative et calquée sur les légendes. Cette forme a commencé, chose remarquable, à se montrer dans les premiers essais dramatiques, tirés des traditions chrétiennes ou bibliques, et elle est restée celle de Lope de Vega, de Calderon, de Shakespeare et de Schiller.
[Note 16], Page 57.
C’est ici une allusion au fameux labarum de Constantin: In hoc signo vinces.
[Note 17], Page 61.
Hrotsvitha, toujours préoccupée de plaire aux yeux, ménage aux spectateurs l’appareil d’un triomphe romain.
[Note 18], Page 67.
C’est le mot de Jules César renversé: Veni, vidi, vici.
[Note 19], Page 81.
Ce projet de répartition charitable est emprunté textuellement aux Actes; mais il n’est pas moins surprenant que Hrotsvitha n’ait ajouté aux dispositions de Gallicanus aucune libéralité pour les églises ou les couvents. Une semblable réserve a lieu d’étonner de la part d’une religieuse, qui écrivait un peu avant l’an 1000. Nous aurons occasion de renouveler cette remarque.