DEUXIÈME PARTIE DE GALLICANUS.
[Note 20], Page 85.
Le premier éditeur de Hrotsvitha, Conrad Celtes, a intitulé cette seconde partie Actus secundus, sans y être autorisé par aucune indication du manuscrit. J’ai rejeté cette division, avant même d’avoir eu sous les yeux la copie du manuscrit de Munich (voy. Revue des Deux-Mondes, numéro du 15 novembre 1839 et Biographie universelle, supplément, t. 67, p. 388). Je pensais, comme J. Chr. Gottsched (Nöthiger Vorrath zur Geschichte der deutschen dramatischen Dichtkunst, t. II, p. 19), que l’histoire de Gallicanus et le martyre de Jean et Paul formaient deux drames séparés, 1o parce qu’il y a dans le manuscrit, avant le martyre de Jean et Paul, une nouvelle liste de personnages; 2o que le soi-disant premier acte se termine par la formule finale amen, qui dans les pièces religieuses du moyen âge correspond au plaudite des comédies païennes. J’ajoute que les Actes de Gallicanus et de Jean et Paul, qui sont réunis en une même relation, ont été cependant coupés dans les Acta Sanctorum et séparés par l’intervalle d’un jour dans les cérémonies de l’Église. Je pense, en définitive, que Hrotsvitha a tiré de cette légende complexe, non pas un drame en deux actes, mais deux pièces, qui se suivent à peu près comme dans Shakspeare les diverses parties de Henri IV. Si même je n’ai pas fait de Gallicanus et du martyre de Jean et Paul deux œuvres entièrement distinctes, c’est que ces deux pièces ont un argument qui leur est commun et qui les lie, jusqu’à un certain point, l’une à l’autre.
[Note 21], Page 87.
Cette raillerie sacrilége de l’empereur Julien est mot pour mot dans la légende.
[Note 22], Page 89.
Les gardes parlent ici par antiphrase, selon la coutume superstitieuse des anciens, qui avaient grand soin de supprimer toutes paroles de mauvais augure.
[Note 23], Page 89.
Ces détails sont empruntés aux mœurs féodales. Hrotsvitha songeait aux forteresses des vassaux indépendants.
[Note 24], Page 101.
Cette scène a été fidèlement et élégamment traduite par M. Villemain, dans son Tableau de la littérature au moyen âge (Paris, 1830, t. II, p. 252). C’est un modèle achevé, que nous aurions été heureux de pouvoir suivre de loin. «Hrotsvitha, dit l’éloquent critique, fait habilement parler Julien. Il y a là un sentiment vrai de l’histoire. Julien ne se montre pas un féroce et stupide persécuteur comme l’auraient imaginé les légendaires du VIe siècle....» Je regrette d’avoir à atténuer un peu cet éloge donné à Hrotsvitha par un aussi excellent juge; mais la vérité m’oblige à dire que les meilleurs traits du dialogue entre Julien et les deux martyrs appartiennent au légendaire.
[Note 25], Page 109.
Ce passage soudain de la frénésie à la raison offrait à la religieuse chargée de représenter le fils de Térentianus l’occasion d’un jeu muet, qui devait être plein d’énergie et d’expression. Hrotsvitha, en ne mettant pas une seule parole dans la bouche du jeune démoniaque, a montré combien elle se reposait sur la puissance de la pantomime, et prouvé, une fois de plus, qu’elle ne cherchait pas moins à faire impression sur les yeux que sur l’esprit.
[Note 26], Page 109.
Nous avons ajouté la formule finale, qui manque dans le manuscrit.