DULCITIUS.
[Note 27], Page 113.
Le sujet de la seconde pièce de Hrotsvitha est pris dans les Actes du martyre des trois sœurs (Acta trium sororum), légende fort répandue au moyen âge dans les églises grecque et latine. Le recueil des Bollandistes contient sous la date des 3 et 5 avril (Aprilis t. I, p. 245 et 250): 1o une notice des divers agiographes latins et grecs qui ont raconté en prose et même en vers la passion des trois vierges, mises à mort à Thessalonique l’an 290, par ordre de Dioclétien; 2o le récit latin de ce martyre, extrait des Actes très-anciens de sainte Anastasie. Hrotsvitha, dans le drame qu’on va lire, a suivi pas à pas, selon sa coutume, la relation qu’elle avait sous les yeux. Seulement, elle insiste avec une prédilection marquée, sur tout ce qui pouvait exciter le rire, et développe de préférence les suites grotesques de l’incontinence du gouverneur Dulcitius. C’est, je crois, en raison de cette prédominance de la partie comique, que Hrotsvitha a donné pour titre à cette comédie, non pas le nom vénéré des trois héroïques sœurs, mais celui du malencontreux magistrat, dont les déconvenues jettent une si étrange gaieté dans cette pièce tragi-comique.
[Note 28], Page 131.
Ce rapprochement bizarre du corps noirci de Dulcitius et de la noirceur de son âme est pris textuellement de la légende.
[Note 29], Page 133.
Toutes les mésaventures plaisantes qui assaillent Dulcitius, la méprise des gardes, la colère des huissiers et jusqu’à l’imperturbable et risible confiance qu’il montre dans l’élégance de sa toilette, sont autant de traits d’excellent comique fournis par le légendaire.
[Note 30], Page 147.
Cette belle parole se lit dans les Actes.
[Note 31], Page 153.
C’est ici pour la seconde fois que nous voyons un cheval introduit sur la scène. Dans Gallicanus, Paul et Jean montent à cheval pour rejoindre le général. Plus loin, nous verrons Abraham chevauchant avec sa nièce. On pensera peut-être qu’il dut être assez difficile aux novices de Gandersheim de représenter le comte Sisinnius demandant à grands cris un cheval, comme Richard III dans Shakespeare, et poursuivant sur sa monture rétive l’innocente Irène. Mais il ne faut pas oublier que le cheval de Sisinnius ne fait que tourner, comme dans un manége, ce qui simplifiait beaucoup les difficultés de cet exercice équestre.—D’ailleurs, la présence des animaux dans les divertissements hiératiques n’était point une chose rare au moyen âge. L’ânesse de Balaam, celle de notre Seigneur le jour des Rameaux, le bœuf et l’âne auprès de la crêche à Noël, étaient les accessoires habituels et nécessaires des cérémonies ecclésiastiques. Quelquefois, il est vrai, par respect pour les saints lieux, ces animaux ne figuraient qu’en effigie. Du Cange a extrait d’un ancien rituel la mention d’une ânesse peinte, qu’on plaçait, le dimanche des Rameaux, auprès du maître-autel, Asina depicta propter altare. De nombreux témoignages nous prouvent que des simulacres représentant le bœuf et l’âne faisaient jadis partie du mobilier de toute église épiscopale ou monastique. On voit donc, sans que j’insiste ici davantage, que la mise en scène de Dulcitius ne dépassait pas les moyens d’exécution dont le drame hiératique était au Xe siècle en mesure de disposer.
[Note 32], Page 155.
L’emploi des expressions tirées des superstitions païennes est assez fréquent dans les auteurs ecclésiastiques. On en trouve des exemples jusque dans nos offices. Ce mélange, toutefois, ne se rencontre que rarement dans les écrits de Hrotsvitha.