PROLOGUE.
[Note 1], Page 3.
Par ces mots le livre qui précède, Hrotsvitha désigne le recueil de ses légendes en vers, qui remplit les 76 premiers feuillets de ses œuvres dans le manuscrit de la bibliothèque royale de Munich. Ce court avertissement occupe dans le manuscrit une partie du verso de la page 77, entre le premier livre, qui contient les légendes, et le second qui contient les drames. Conrad Celtes, en intervertissant l’ordre du manuscrit et en commençant son édition par les comédies, a détruit le sens de ce petit morceau, qui précède chez lui le poëme sur les Othons, tandis qu’il était destiné à lier le livre des légendes à celui des drames, et devait servir tout à la fois d’épilogue au premier et de prologue au second.
[Note 2], Page 3.
Si nous avons placé ici cette espèce d’avis aux lecteurs, c’est surtout pour constater, par la déclaration même de Hrotsvitha, qu’elle n’a aucune prétention à l’invention des sujets qu’elle traite. Bien au contraire, comme tous les poëtes des époques religieuses, elle s’interdit soigneusement de rien inventer, dans la crainte de profaner ce qu’elle vénère. Elle se contente de reproduire, en les ornant avec discrétion, les récits les plus accrédités des agiographes. Aussi, pourrons-nous très-aisément reconnaître et indiquer les sources authentiques où elle a puisé les sujets de ses six drames.