I

En ce temps-là, nous avions vingt ans. Ce n’était pas aujourd’hui, messires. C’était autrefois.

Si vous croyez, mes pauvres amis, que les oiseaux de ce temps-là piaillaient de la même manière que ceux d’aujourd’hui, vous vous trompez, pauvres gens, du tout au tout, et franchement me donnez à penser que vous êtes hommes de décadence, n’ayant aucune idée précise sur la réalité des choses passées ni, conséquemment, des présentes.

C’était autrefois. Un beau temps ! où les moineaux chantaient comme des rossignols et peut-être mieux. Un temps, vous dis-je, qu’on ne reverra plus ! Ni vous, qui ne le vîtes jamais, ni moi qui l’ai vu, ni ceux qui viendront, personne ne le reverra !

Il y a, comme cela, des temps et des choses qu’on ne voit qu’une fois — et que beaucoup ne voient jamais.