II
Tac, tac, de gauche à droite, le balancier va, les coudes s’écartent, les poings se rapprochent. Pan, pan ! le marteau tape ; la besogne avance et ne finit jamais. Après un soulier, un autre. Les hommes marchent, les souliers s’usent. Pan, pan ! de bas en haut ; tac, tac, de droite à gauche !… Toute la vie, Martin, tu tireras l’alène et tu frapperas du marteau, assis sur ta chaise basse, dans ta boutique étroite, dans un coin de la place de mon village, devant l’église d’où sortent, tous les dimanches, des chants monotones comme l’éternité dont ils parlent, comme l’enfer et le paradis, comme notre vie mortelle qui va, tac, tac, de droite à gauche, de la crainte à l’espérance, toujours, toujours !