IV

Mais je vous ai dit tout ça parce que j’ai quelque chose à vous conter que je tiens de mon grand-père.

Quand il était petit… il y a cent ans de cela ! Mon Dieu, oui !… Comme le temps passe tout de même ! Il faut bien l’employer, voyez-vous !… Quand il était petit, mon cher grand-père, qui est mort depuis quinze ans, eut envie, lui aussi, de faire une crèche.

Son père, à lui, conseilla de la faire dans une grande cheminée qui servait rarement, une de ces cheminées à manteau, comme on dit, si grandes, que deux grandes personnes peuvent s’asseoir dessous.

Vous pensez quelle joie ! La crèche serait si vaste ! il fallait des personnages hauts comme toute la main, au lieu qu’il y en a beaucoup qui sont gros seulement comme le petit doigt.

On fit donc la crèche dans cette grande cheminée, qui était celle du salon, et du feu dans la cheminée de la salle à manger, qui était à côté du salon… Cet hiver-là il ne faisait pourtant pas froid du tout, mais pour la Noël, chez nous, en ce temps, on bénissait encore le feu. Et puis, le feu, c’est si gai à voir !

Or, voici comment se faisait la bénédiction.