ANNÉE 1620.
[Festin des Rois].—[Le Roi manque de se noyer].—[Mariage de M. de Cadenet].—[Ballet].—[Indisposition de la Reine].—[Le Roi fait une omelette].—[Il tue un aigle].—[Ballet des ivrognes].—[Mariage de M. de Liancourt].—[Le Roi va à Amiens].—[Fiançailles du jeune duc de Guise et de Mlle de Bourbon, et de son frère avec Mlle de Luynes].—[Jubilé].—[Conte du Roi].—[Il est mordu par un de ses chiens].—[Il couche avec M. de Canaples].—[Baptême de Mlle de Bourbon].—[Feu de la Saint-Jean].—[Départ pour Rouen].—[Le duc de Longueville].—[Siége de Caen].—[Prise du château].—[Le Mans].—[Le Roi fait arborer sa cornette].—[Combat du Pont-de-Cé].—[La Reine mère se soumet].—[Séjour à Tours; la Reine s'y rend].—[Revue].—[Saintes].—[Bordeaux].—[Navarreins].—[Le gouverneur de Sale].—[Bazas].—[Voyage à Abbeville].—[Offrande due par les habitants].—[Calais].
Le 1er janvier, mercredi.—Il va encore aux Augustins pour les chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit, à deux heures et demie, y a dîné, au festin royal.
Le 2, jeudi.—Il va encore aux Augustins, à la messe des chevaliers pour les morts[330], y a dîné au festin, et après le dîner va tenir le chapitre.
Le 4, samedi.—Après son souper il joue au hère avec quelques princes et plusieurs seigneurs.
Le 5, dimanche.—A six heures trois quarts il va chez M. de Luynes, où il a soupé, au festin des Rois.
Le 13, lundi.—Il va chez la Reine, où il assiste aux fiançailles de M. de Cadenet et de Mlle de Péquigny, faites par Mgr le cardinal de la Rochefoucauld, et monte après chez M. de Luynes, où il recorde son ballet.
Janv
1620
Le 23, jeudi.—Il part de Lésigny et va à Gros-Bois, où M. le comte d'Auvergne lui a fait le festin, revient à Paris et le soir recorde son ballet chez M. de Luynes. Il va chez la Reine à huit heures.
Le 28, mardi.—Il va à pied jusqu'à l'île vis-à-vis des Bonshommes, où il tue une quantité de gibier à l'harquebuse, va chez la Reine, puis chez M. de Luynes, où il recorde son ballet.
Le 29, mercredi.—Il reçoit en son cabinet M. le maréchal de Lesdiguières; il recorde son ballet chez M. de Luynes, et le soir voit danser chez lui un ballet de la ville[331].
Le 30, jeudi.—A une heure il va par la galerie aux Tuileries à pied et en l'île devant les Bonshommes, passe à Grenelle, revient pour passer l'eau, fait dételer un cheval aveugle d'un chariot, l'attache à son petit bateau, qu'il faisoit toujours porter dans une charrette, se met dedans, le fait tirer par le cheval allant amont la rivière; le cheval se sentant battu aux jambes, se prend à courir et à prendre l'écart, de telle façon que le bateau se fût renversé dans la rivière, n'eût été que le sieur de Réaux, lieutenant des gardes du corps, coupa promptement la corde.
Le 2 février, dimanche.—Il va chez la Reine, en son cabinet des armes. A deux heures il entre en carrosse, va aux Feuillants, au sermon et à vêpres, où le chevalier Helver, ambassadeur d'Angleterre, renouvelle l'alliance avec le Roi, offensive et défensive. Le soir chez la Reine et chez M. de Luynes.
Le 5, mercredi.—Il va chez la Reine qui étoit fort malade de fièvre continue, double, tierce, n'en veut aucunement sortir pour aller prendre l'air. Il revient souper, Fév
1620 va encore chez la Reine, monte après chez M. de Luynes, revient à dix heures se coucher.
Le 6, jeudi.—Amusé diversement, il ne sort point, à cause de la maladie de la Reine, de laquelle il étoit vivement touché.
Le 11, mardi.—Il va en carrosse à la foire de Saint-Germain-des-Prés; va chez la Reine, au conseil.
Le 14, vendredi.—Il va à six heures en carrosse à la volerie à Roissy, y a dîné. Le Roi m'avoit commandé de demeurer près de la Reine.
Le 17, lundi.—Il part de Juilly, arrive au Bourget portant un grand faucon sur le poing, ayant le vent à la face et la pluie sur le dos. Il entre à l'hôtellerie, lui onzième, fait lui-même une omelette avec du pain et autres choses, fort épaisse, la fait rissoler, en mange un peu et a bu un coup de vin fort trempé; arrive à Paris, et va chez la Reine.
Le 18, mardi.—Il va au Palais pour la vérification de quelques édits; à dix heures va en la grande salle, où il voit danser le ballet de M. le prince de Condé; on l'appeloit le Ballet des ivrognes.
Le 19, mercredi.—Il va chez la Reine, se plaint de lassitude, s'assied contre sa coutume, va au conseil.
Le 20, jeudi.—Il assiste dans le grand cabinet de la Reine aux fiançailles de M. de Liancourt, premier écuyer de la Reine, avec Mlle de Schomberg[332].
Le 26, mardi.—Avant son souper furent faites en sa présence les accordailles du fils aîné de M. de Guise avec Mlle de Bourbon, fille aînée de M. le prince de Condé[333], Fév
1620 et du fils puîné de M. de Guise avec la fille de M. de Luynes[334].
Le 3 mars, mardi.—Il va chasser à Ouarthy, où il arrive à quatre heures et demie. A une lieue de Clermont, il voloit une corneille, une aigle fond pour la prendre et la tenoit, et l'élève en haut. Le Roi demande son harquebuse; on la lui baille n'étant chargée que de poudre et de plomb. Il la tire en l'air de la hauteur d'un clocher, et lui rompt l'aile droite; elle tomba à bas de ses pieds; il la fait prendre et mener à son logis.
Le 4, mercredi.—En chassant il arrive à Breteuil, et y tue un aigle, va souper, au réfectoire, des viandes de bêtes tuées depuis quatre jours, lièvres, perdrix, canards, aigles; il ne fait qu'en sentir une tranche.—Je ne me trouvois pas à ces débauches; ce fut une mascarade.
Le 9, lundi, à Amiens.—Entre midi et une heure il va à pied hors de la citadelle pour voir tout ce qui se passa durant le siége fait par le Roi, son père[335], s'informe particulièrement, comme une personne fort expérimentée, jusques aux menues particularités, tant des assaillants que des assiégés, et spécialement il demande: Où étoit le logis du Roi mon père? et s'y alla mettre dedans. C'étoit dans un portail à la Magdeleine s'en informant spécialement du sieur de Praslin et de la Curée, qui étoient au siége.
Le 27, vendredi, à Fontainebleau.—Il entend le sermon en la grande salle, puis part à Avon gagner le jubilé; plusieurs fois il y va à pied pour gagner le jubilé.
Mars
1620
Le 29, dimanche.—A la chapelle en la grande salle, communié; à vêpres, à Avon. Il revient en chassant, tue des perdrix avec son harquebuse.
Le 31, mardi.—Il va chez la Reine, entre en carrosse à dix heures et demie, part de Fontainebleau, et va à Valery, maison de M. le prince de Condé, où il a soupé.
Le 9 avril, jeudi.—Il part de Fontainebleau, et arrive à neuf heures et demie au Bois-Malesherbes, où il a dîné.
Le 17, vendredi.—Amusé diversement à faire des contes, il raconte au père Arnoux des miracles inventés tout à l'heure, qui en rioit, et y prenoit plaisir. Le Roi en dit un des visions de saint Antoine, que le diable lui apparut en un corps sans tête, les jambes faites comme un virebrequin, et une flûte au cul.
Le 1er mai, vendredi.—Il va chez la Reine et chez M. de Luynes.
Le 17, dimanche.—Il entre en carrosse, va chez M. d'Escures, à la place Royale, où il a dîné.
Le 22, vendredi.—Il part de Paris, et va à Fresne.
Le 26, mardi.—Le Roi revient à Paris.
Le 31, dimanche.—Il est mordu au-dessus du gras de la jambe, près du jarret, par un chien des siens qui s'entrebattoient; la morsure petite et point profonde; mis dessus de la thériaque avec du vin.
Le 1er juin, mardi.—Le sieur de Canaples, puîné du sieur de Créquy, colonel du régiment des gardes[336], marié en Lorraine avec Mlle de Combalet, se trouve avec le Roi chez M. de Luynes. Ils vont coucher en la chambre, en un lit de Mme la marquise du Montlaur[337]. Le Roi Juin
1620 y boit un coup de vin clairet fort trempé, après leur avoir fait beaucoup de malices, et s'en revient à onze heures trois quarts.
Le 3, jeudi.—Étant à Montfort, il va à la Neufville, maison de M. de Bellengreville[338], grand prévôt de l'hôtel, où il a dîné.
Le 4, vendredi.—Il part de Montfort, va aux Menus, maison appartenant à M. Bernard, maître d'hôtel du Roi, où il a dîné.
Le 8, lundi.—Il va au cabinet des armes; à trois heures, fut fait au département de la Reine, mère du Roi, le baptême de Mlle de Bourbon, fille de M. le prince de Condé, et nommée Anne par la Reine; son compère fut M. le duc de Luynes[339].
Le 23, mardi.—A six heures et demie il entre en carrosse, va à l'hôtel de ville pour le feu de la Saint-Jean, y met le feu lui-même, revient à neuf heures, va chez la Reine et chez M. de Luynes.
Le 27, samedi.—Il va chez M. de Luynes, où il se jouoit une comédie.
Le 28, dimanche.—Il va jusqu'à l'île Maquerelle, où il s'amuse à tirer de la harquebuse.
Le 30, mardi.—Il retourne à l'île Maquerelle, où il s'est baigné.
Le 7 juillet, mardi.—A cinq heures trois quarts il entre en carrosse, part de Paris pour aller à Rouen, arrive à deux heures à Pontoise pour la première fois.
Le 10, vendredi.—Il part d'Escoucy, arrive à Rouen; il venoit sur quelques bruits d'émotion, à la suscitation de M. de Longueville.
Le 11, samedi, à Rouen.—Il va à la messe à Saint-Ouen, Juil
1620 puis au parlement, où il interdit M. de Longueville du gouvernement de Normandie.
Le 13, lundi.—Il va à Pont-Audemer et à Honfleur pour la première fois.
Le 15, mercredi.—Il se rend de Dive à Escouyville, où il dîne, buvant du vin clairet moins trempé qu'à l'ordinaire, de son commandement, disant gaiement qu'il le falloit ainsi puisqu'il alloit à la guerre. Il va au conseil aussitôt après dîner, puis s'arme, prend son hausse-col pour la première fois. Il part d'Escouyville à onze heures et demie, en venant reconnoît la place du château de Caen, conduit particulièrement par M. le prince de Condé et M. de Luynes. A trois heures il arrive à Caen, et tient conseil, fait sommer le château par le sieur Galeteau, conduit par un trompette.
Le 17, vendredi.—Le château se rend. Il leur envoie le marquis de Mouy et M. de Créquy leur donner abolition.
Le 18, samedi.—Il va au château, où il visite tout et partout, jusques aux plus petites choses.
Le 22, mercredi.—Il va voir le cabinet d'un nommé Bourgeois.
Le 2 août, dimanche, au Mans.—Il va à vêpres, où il a un sol de distribution, suivant un ancien fonds donnant ce à chacun qui seroit assis aux chaires hautes, le premier dimanche du mois.
Le 4 mardi.—Il part de la Suse à neuf heures et demie, monte à cheval et fait arborer sa cornette blanche pour la première fois.
Le 6, jeudi.—Dîné à Duretal, chez M. le comte de Schomberg.
Le 7, vendredi.—Il faisoit une chaleur excessive, et il étoit vêtu d'un collet de buffle double et doublé de satin; à une heure il s'arme de sa cuirasse et commande de s'armer à tous ceux de sa troupe, monte à cheval à une heure trois quarts sur l'Arméville, cheval d'Espagne, et Août
1620 part de Frellassay, et va pour voir gagner les barricades au faubourg du Pont-de-Scé. Il le vit et faire la charge avec telle furie et résolution, favorisée du canon à la tête par les régiments des Gardes et de Picardie qu'il ne s'en est jamais vu de pareil. Il s'en revient à huit heures trois quarts, soupe à Brin. Il faisoit grand chaud, et il en a beaucoup souffert. C'est le premier combat qu'il a vu faire, et le plus chaud et le plus heureux dont on eut il y avoit longtemps ouï parler.
Le 8, samedi.—Il entre au Pont-de-Scé, et va au château.
Le 13, jeudi, à Brissac.—Conseil; il part à quatre heures et demie à cheval pour aller au-devant de la Reine sa mère, venant d'Angers. A deux quarts de lieue il l'attend; environ six heures elle arrive, descend de sa litière, le Roi étant à trente ou quarante pas d'elle. Il s'avance, elle se démasque; il la baise une fois seulement, Monsieur après, qu'elle baise deux fois, puis M. le prince de Condé, et après M. de Luynes. Les paroles qui furent dites, je ne les sais pas. Cette cérémonie ne dura pas longtemps. Le Roi remonte à cheval, elle en sa litière; le Roi gagne le devant, l'attend à l'entrée du château. Elle descend, se démasque, le Roi la baise et la conduit en sa chambre, puis s'en vient souper à sept heures et demie; il retourne chez elle le soir jusqu'à neuf heures.
Le 15, samedi.—Il touche, en la chapelle de Brissac, deux jésuites portugais.
Le 16, dimanche.—Il prend congé de sa mère à neuf heures du soir; sa mère vient chez lui le soir jusques à dix heures et demie, lui au lit.
Le 22, samedi.—Il part de Poitiers pour aller voir la Reine à Tours.
Le 23, dimanche, au Plessis-les-Tours.—Il trouve la Reine arrivée la veille au soir, lui raconte les effets de son voyage, lui montre les cartes et logements de son armée, Août
1620 couche avec elle de dix heures à une heure trois quarts.
Le 31, lundi.—Il part de la Tricherie, arrive à Poitiers; la Reine arrive aussi; il va la voir.
Le 3 septembre, jeudi.—Il va chez la Reine, chez M. de Luynes, à deux heures monte à cheval et va à la plaine de la Curnille, où il a vu toute l'infanterie de son armée d'environ dix mille hommes, la fait voir à la Reine. Le soir chez la Reine et chez M. de Luynes.
Le 5, samedi.—La Reine mère arrive à Poitiers à sept heures.
Le 7, lundi, à Poitiers.—Il va à la salle du Palais, où il voit des jeux représentés par des écoliers des Jésuites. Après souper il va chez la Reine, où arrive M. le duc de Mayenne, lequel, portant un genou tout bas en terre, dit ces paroles: «Sire, je suis venu ici pour supplier Votre Majesté de juger de moi par mes intentions et non par mes actions, et s'assurer que je n'ai jamais eu et n'aurai jamais autre volonté que de lui rendre toute sorte d'obéissance et telle qui lui est due par un très-humble et très-fidèle serviteur.» Le Roi lui répond: Je suis bien aise de ce que vous vous êtes mis en votre devoir; quand vous ferez mieux à l'avenir que vous n'avez fait, j'oublierai ce qui s'est passé. Il s'en va à la fenêtre, lui donne loisir de saluer la Reine et la compagnie, puis revient à lui, et l'entretient ainsi que s'il n'y eût jamais eu noise. Il va chez la Reine sa mère, appelle M. de Mayenne, qui se reculoit, et le fait entrer devant.
Le 10, jeudi.—Il part de Lusignan, arrive à la Motte-Saint-Éloi, où M. de Parabère lui donne à dîner.
Le 15, mardi.—Arrivé à Saintes pour la première fois, en son cabinet, il donne audience à messieurs les députés du parlement de Bordeaux.
Le 19, samedi.—Il arrive à Bordeaux par la porte du Chapeau-Rouge, va en carrosse à l'évêché, et à une heure demande à dîner.
Le 28, lundi.—Il part de Bordeaux, va pour la première Sept
1620 fois à Cardillac, maison de M. d'Épernon, qui donne à dîner au Roi[340].
Le 12 octobre, lundi.—Il arrive à cinq heures à Roquebert, trouve en chemin des soldats qui emportoient du foin et un paysan qui alloit après. Il y va, et le fait remporter par ceux mêmes qui l'avoient pris, et commande deux archers de sa garde pour les accompagner sur le lieu où ils l'avoient pris, ou bien qu'ils eussent à le payer.
Le 15, jeudi.—Il arrive à quatre heures et demie à Pau, le régiment des gardes marchant devant lui à cheval. En la cour du château, la cour de parlement, en robe rouge, lui demande pardon du refus qu'ils avoient fait à la vérification de son édit sur les revenus ecclésiastiques. Il leur répond: Servez-moi mieux à l'avenir, et j'oublierai le passé.
Le 17, samedi.—Il arrive à quatre heures à Navarreins, visite toute la ville, y fait entrer quatre compagnies du régiment de ses gardes, en met dehors la garnison et le sieur de Sale, gouverneur depuis l'an soixante-neuf, mis par la reine Jeanne, à pareil jour que le comte de Montgommery l'avoit pris en son nom et mis dehors les catholiques, après la bataille qu'il gagna à Orthès sur M. de Tarride.
Le 19, lundi.—A trois heures, dans la salle basse du château, il prête le serment de prince de Béarn en l'ouverture des états du pays qu'il y avoit assemblés, jura les priviléges du pays et eux pareillement le serment accoutumé.
Le 20, mardi.—A neuf heures il va à la procession Oct
1620 pour le rétablissement de la messe, qui a lieu à l'église, devant le château.
Le 25, dimanche.—Il part aux flambeaux de Bazas, et arrive à sept heures au pont de Laugon, pour se y embarquer. Son bateau n'étant point arrivé, il y va au-devant à pied, assez loin, et s'embarque pour aller coucher à Bordeaux.
Le 28, mercredi.—Il va à la messe, et à onze heures et un quart va chez M. de Luxembourg[341], où il a dîné, va à la chasse, au château, revient à quatre heures au conseil, retourne chez M. de Luxembourg en festin.
Le 5 novembre, jeudi.—Il goûte à Amboise chez M. Langlois, fourrier du corps, d'une omelette que lui-même avoit faite, et à l'oignon, boit deux coups d'un vin fort trempé, monte à cheval, se trouve mal d'un étourdissement, de lassitude et de mal au cœur, a envie de vomir, beaucoup d'écume, avec un peu d'émotion et douleur de tête, se plaint, va au pas, eut froid, gagne Escures, va à la cuisine, apprête le souper pour les autres, sa bouche échauffée, soupe d'une rôtie au sucre et se met au lit.
Le 7, samedi.—Il arrive à cheval, fort gai, à Paris, à midi, au Louvre, salue la Reine sa mère, la Reine, Madame. Il va chez M. de Luynes, où il dîne, couche avec la Reine pendant une heure.
Le 21 décembre, lundi.—Il arrive à Abbeville pour la première fois. Entrée des gens de guerre; les habitants vont au-devant de lui pour lui offrir trois bœufs, trois mesures d'avoine, et trois poinçons de vin. C'est le devoir des habitants, dû au Roi la première fois qu'il vient à Abbeville.
Déc
1620
Le 31, jeudi, à Calais.—Il s'amuse à voir ceux qui vont à la mer pour la première fois, pour s'éprouver, part de Calais; passant par Marquise, il se fait donner un pain sortant du four, en mange la croûte. Étant près de Boulogne, il va sur la rive de la mer, attendre les bateaux qui revenoient de la pêche, arrive à Boulogne à quatre heures trois quarts, soupe une heure après. Il avoit fait acheter une plie, en mange le dos[342].