ANNÉE 1621.
[Festin des Rois].—[Ballet d'Apollon].—[Rupture de la trêve des Pays-Bas].—[Querelle du cardinal de Guise et de M. de Nevers].—[Mort du roi d'Espagne Philippe III].—[M. de Luynes connétable].—[Départ pour le midi].—[Orléans].—[Blois].—[Entrevue avec la Reine mère].—[Mot du Roi aux habitants de Parthenay].—[Le Roi va reconnaître Saint-Jean-d'Angély].—[Les assiégés tirent sur le Roi].—[Séjour au camp].—[Les prisonniers rochellois].—[Capitulation de Saint-Jean].—[De Pons].—[De Bergerac].—[Siége de Clérac].—[Mort du maréchal de Termes].—[Prise de la ville].—[Le Roi y tient les sceaux].—[Moissac].—[Piquecos].—[Commencement du siége de Montauban].—[Mort du duc de Mayenne].—La Reine à Moissac.—[Montauban secouru].—[Entrevue de MM. de Luynes et de Rohan].—[Messieurs du Clergé viennent faire un don au Roi].—[Attaque de Montauban].—[Un laquais tué à dix pas du Roi].—[Levée du siége].—[Le Roi va à Toulouse].—[Siége de Monhurt].—[Sa prise].—[Maladie du connétable de Luynes].—[Sa mort].—[Indifférence du Roi].—[Son départ].—[Il arrive à Bordeaux].—[Réception].—[Libourne].
Le 1er janvier, vendredi.—Il reçoit un ambassadeur extraordinaire de l'Archiduc[343], envoyé pour le visiter.
Le 5, mardi, à Amiens.—Il va au cabinet de ses oiseaux; à cinq heures trois quarts va chez M. de Luynes, où il a soupé à six heures et demie, au festin des Rois, qu'il donnoit. J'ai appris qu'il mangea fort et but six ou sept fois de l'hypocras fort trempé. Il l'avoit lui-même fait mettre dans la bouteille; c'étoit pour faire boire et mettre en train la compagnie et spécialement M. d'Elbeuf, qui buvoit le vin sans eau.
Janv
1621
Le 12, mardi.—Il va chez la Reine et, à sept heures, à la comédie italienne.
Le 15, vendredi.—Il va au conseil, où messieurs de la cour du parlement le viennent trouver.
Le 16, samedi.—A onze heures il monte à cheval, et va vers les plaines du Roule, où il fait volerie générale de toute sa fauconnerie. Les Reines[344] et Madame y étoient.
Le 13 février, samedi.—A neuf heures il entre en carrosse, bien qu'il fît un extrême froid; ce fut sur le rapport que l'on lui vint faire qu'il y avoit un loup à la garenne de Colombes; il le court, le prend, revient à quatre heures chez la Reine, puis chez la Reine sa mère. Le soir à la comédie italienne.
Le 15, lundi.—Il va à la chapelle de Bourbon, entre en carrosse, part de Paris pour aller à la chasse, va à Versailles, où il a dîné, par après monte à cheval, part de Versailles, et en chassant arrive à Saint-Germain-en-Laye.
Le 18, jeudi.—Il va chez M. de Luynes, chez la Reine, chez sa mère, va à Bourbon à deux heures, y recorde son ballet, et à sept heures M. de Liancourt, premier écuyer, lui a donné à souper en la galerie. Le cardinal Bentivoglio[345], nonce, y soupa. Je n'y étois pas; j'appris qu'il n'avoit pas trop mangé, mais bu trois coups d'hypocras fort trempé. A une heure après minuit, il y danse son ballet d'Apollon[346], revient à quatre heures et demie après minuit.
Fév
1621
Le 19, vendredi.—Il va à la chapelle de Bourbon, où il donne le bonnet de cardinal au nonce Bentivoglio, le fait dîner avec lui.
Le 20, samedi.—Il va chez la Reine, au conseil, donne audience aux députés des Pays-Bas pour la rupture de leur trêve[347], va chez la Reine sa mère, chez M. de Luynes, à la comédie italienne le soir, puis chez la Reine.
Le 21, dimanche.—A neuf heures il va en la salle de Bourbon, où il danse derechef son ballet, revient à une heure après minuit.
Le 2 mars, mardi.—Il va chez la Reine; amusé diversement jusques à onze heures trois quarts qu'il va à la grande salle de Bourbon pour y voir danser le ballet de la Reine, qui commença entre minuit et une heure. Il revient à quatre heures après minuit; mis au lit, puis levé, il va chez la Reine.
Le 10, mercredi.—Il va en la galerie, y joue au billard, M. de Longueville avec lui. Il va après au sermon.
Le 18, jeudi.—Il va aux Récollets poser la première pierre de leur église à Saint-Germain.
Le 24, mercredi.—Ce jourd'hui matin fut la querelle de M. le cardinal de Guise et de M. de Nevers, au logis de M. Guynet, au rapport d'une affaire dont ils étoient en différend.
Le 25, jeudi, à Saint-Germain.—Il va à la chapelle des terrasses, touche un jésuite à la fin de la messe, après va chez M. de Luynes. La grande neige, le vent, le mauvais temps l'empêchent de sortir; il va de çà, de là, joue aux échecs, au billard; tout cela ne le contentoit point. Il va chez M. de Luynes, revient souper à six heures; retourne chez M. de Luynes, et se couche à neuf heures.
Mars
1621
Le 28, dimanche, à Paris.—Après souper il va chez M. de Luynes, où il demeura jusques à près d'une heure après minuit, en attendant la nouvelle de M. le cardinal de Guise, qu'il envoya prendre par le sieur de la Vieuville, capitaine des gardes du corps, pour le mener à la Bastille. Il revient, est dévêtu, mis au lit, peu après s'en va chez la Reine.
Le 29, lundi.—Il va à la volerie vers le Bourget et le Blancmesnil.
Le 31, mercredi.—Il va chez la Reine, puis chez M. de Luynes, où il déclare M. de Luynes connétable de France, et retourne chez la Reine, où il le déclare.
Le 2 avril, vendredi.—Il reçoit au conseil le serment de M. de Luynes pour la charge de connétable; il lui donne l'épée en le baisant[348].
Le 8, jeudi.—Nouvelle de la mort du roi d'Espagne.
Le 10, samedi.—Il va chez la Reine avec le marquis de Mirabel et le cordelier confesseur d'elle, lui annoncer le décès du roi d'Espagne en ces termes, en espagnol: Je viens de recevoir présentement des lettres d'Espagne où l'on m'écrit que pour certain le Roi votre père est mort.—Puis il monte à cheval et va à la chasse.
Le 11, dimanche, à Fontainebleau.—Il touche les malades, va à pied à l'hermitage de la Madeleine, à une lieue de Fontainebleau.
Le 29, jeudi.—Il va à la chasse à la volerie, entre en une maison de village pour se sécher; il étoit fort mouillé de la pluie.
Le 30, vendredi.—Il va à la chambre de ses oiseaux. Avr
1621 A onze heures, nonobstant la pluie qu'il eut toujours, il part du bois Malesherbes et, en chemin, rencontre d'aventure à la campagne un faon qu'il court à force; il fut tué à coups d'épée[349].
Le 3 mai, lundi.—Il va à la comédie françoise à Orléans, part d'Orléans dans le bateau, le lendemain matin à huit heures, dîne dans le bateau; arrive à Blois à quatre heures, va au conseil. Le soir il va chez la Reine après son souper[350].
Le 14, vendredi.—Il va chez la Reine, chez le connétable (M. de Luynes) au conseil, reçoit la Reine sa mère, à trois heures, laquelle s'en retourne coucher à Bourgueil.
Le 16, dimanche.—Il va voir la Reine sa mère, qui étoit venue de Bourgueil pour lui dire adieu.
Le 18, mardi.—Il arrive de Thouars à Parthenay pour la première fois, ne veut pas du dais, dit qu'il est assez assuré de la fidélité des habitants; il craignoit la cérémonie.
Le 29, samedi.—Il part de Niort, va à Chizay, va chez le connétable, monte à cheval, va voir passer l'artillerie qui étoit à Briou, en fait tirer douze canons pour les faire entendre à ceux de Saint-Jean-d'Angély[351].
Le 30, dimanche.—Il touche des malades et loge au château de la Thibaudière, au bourg de Chizay, se confesse, va à l'église et touche les malades; revient ensuite dîner.
Le 31, lundi.—Il dîne d'un demi-pain de munition, sans Mai
1621 boire, chez M. de Lesdiguières à Saint-Julien; puis, avec lui et le connétable, il va reconnoître la ville de Saint-Jean-d'Angély.
Le 2 juin, mercredi.—Il tient conseil en l'église de Saint-Julien, et fait sommer M. de Soubise de lui rendre la place et de se rendre. Il a répondu être très-sujet et serviteur du Roi, mais ne la pouvoir rendre, la place lui ayant été commise par le sieur de Rohan, son frère, en sa garde.
Le 3, jeudi.—A deux heures il va à Aulnay voir la Reine; y allant à cheval, étant sur une hauteur avec M. le connétable et le maréchal de Praslin, sur une fourche de chemin, doutant quel chemin ils prendront, sur cette dispute ils s'arrêtent. Cela donne loisir aux assiégés de pointer un canon sur eux; comme ils commencent à démancher sur la main droite, par l'avis de M. de Praslin, ils virent la balle, et elle tomba à dix pas devant le Roi, qui n'en demeura non plus ému que de rien. Il arrive à cinq heures à Aulnay.
Le 5, samedi.—Le matin, en s'habillant, il s'informoit comment étoit fait M. de Navailles, qui sans son passeport étoit venu voir son frère blessé d'une mousquetade au coude[352]; l'ayant vu par la fenêtre, sortant de la chambre de M. le connétable et s'en retournant par sa permission, le père Arnoux entra. Le Roi lui dit: Je viens de voir un Navailles qui s'en retourne.—«Comment, Sire, le laissez-vous aller?»—Oui, pour ce que je lui ai donné ma foi: vous eussiez bien voulu que je l'eusse rompue.—«Mais, Sire, il est criminel de lèse-majesté!»—C'est tout un; s'il a fait une faute, je n'en veux pas faire un cent.
Le 12, samedi.—Il va voir la Reine, logée à Brisembourg; Juin
1621 soupe chez le connétable; couche avec la Reine de dix heures à huit heures moins un quart.
Le 18, vendredi.—Au conseil, il pardonne aux prisonniers rochellois[353] et les renvoie, fait donner à chacun une épée, de l'argent et des hommes pour les conduire.
Le 19, samedi.—Étant à Vervaux, logé à Saint-Julien, il va au conseil; la Reine sa mère, logée à Mata, le vient visiter; le soir il va chez le connétable.
Le 23, mercredi.—Il voit le feu des batteries, qui a commencé à six heures du matin; va aux batteries à onze heures. A côté de lui le baron de Palluau est blessé à la tête et son beau-frère de Carbonnier tué du même coup[354].
Le 24, jeudi.—Conseil pour le traité de Saint-Jean.
Le 25, vendredi.—Conseil où on décide ce qu'on fera. Au conseil dans l'après-midi, M. de Soubise vient vers le Roi, et demande pardon.
Le 28, lundi.—Il va à Brisembourg[355]; à neuf heures il va chez la Reine; ne pouvant dormir, ils jouent aux cartes.
Le 1er juillet, jeudi.—Sa mère le vient voir, prend congé de lui pour s'en aller à Angers.
Le 6, mardi.—Il part de Cognac pour aller à Barbezieux. Il faisoit grand froid, il se plaint, portant un pourpoint fort léger. Il va en la chambre de M. le connétable; se plaint de douleurs de tête.
Le 8, jeudi.—Il arrive à Cottras en chassant à l'harquebuse; Juil
1621 les gens de Castillon lui apportent les clefs de la ville.
Le 9, vendredi.—Le soir les habitants sortis de Bergerac demandent pardon; ils avoient, disent-ils, donné de l'argent pour sortir[356].
Le 10, samedi.—A Saint-Émilion il loge en l'église.
Le 19, lundi.—Il part de Saint-Berthoumion, ne peut passer le petit ruisseau nommé Tolosat[357], étrangement débordé à cause de la grande et continuelle pluie, attend deux grosses heures durant, attendant nouvelles du passage, et cependant la pluie invariable en impétuosité et abondance tombe sur lui, qu'il enduroit, n'ayant jamais voulu se mettre à couvert, disant que les autres n'y étoient point. Après avoir vu qu'il étoit impossible de passer le ruisseau, il rebrousse au dernier lieu et arrive à Hautevigne, maison du baron Fumel[358]. Il étoit neuf heures; il ne se veut essuyer ne débotter, va à la cuisine, où il aide aux préparatifs de son dîner. Les officiers étoient allés la nuit à Tonneins, et avoient passé avant le débordement. Le Roi passa le demeurant de la journée en peine, à cause du mauvais temps, prépara le souper comme il avoit fait le matin, mais plus abondant, car le matin l'on n'avoit trouvé aucunes choses.
Le 23, vendredi[359].—Éveillé à cinq heures par impatience Juil
1621 pour aller voir un combat qui se devoit faire contre ceux de Clérac, où alloit le maréchal de Lesdiguières. Il va chez la Reine, chez M. de Luynes, à dix heures monte à cheval et va faire les approches devant Clérac; voit tous les combats qui se firent à diverses fois, où le maréchal de Terme est blessé au bras gauche et au poumon du côté gauche[360]. Il revient à sept heures chez la Reine.
Le 24, samedi.—M. de Termes meurt à deux heures; la balle, qui perçoit le diaphragme et l'estomac, se trouva contre le cœur sans l'offenser.
Le 30, vendredi.—Il va au camp devant Clérac pour voir commencer les batteries.
Le 5 août, jeudi.—Clérac se rend à la discrétion du Roi[361].
Le 7, samedi.—Il va en la chambre de M. le connétable où il fait tenir le scel en sa présence, M. le connétable faisant la charge de garde des sceaux, accompagné du maître des requêtes et autres officiers du scel. Jugement du Roi sur une lieutenance de vétérans, présentée par Barbereau, huissier de sa chambre. Entendant ce mot, et toutefois en ayant autrefois entendu parler, il demande: Qu'est-ce qu'un vétéran? Lui ayant été répondu et pour qui c'étoit, il dit: Cela ne se donne qu'aux soldats qui le gagnent, et avec beaucoup de peine, et au péril de leur vie; ceux-ci n'ont point de peine; il lui fut dit: «Sire, les chanceliers et gardes des sceaux l'ont toujours Août
1621 scellé sans difficulté.»—C'est tout un, il le faut renvoyer au conseil; et ce ne fut scellé.
Le 17, mardi.—Il quitte Moissac, arrive à Piquecos, château appartenant à M. le marquis de Montpezat[362], à une lieue de Montauban.
Le 30, lundi.—Il va chez M. le connétable[363], assiste au sceau.
Le 1er septembre, mercredi.—Cejourd'hui, entre sept et huit heures du matin, commença la batterie de trois endroits devant Montauban[364].
Le 15, mercredi.—Sur les trois heures M. le duc de Mayenne est tué aux tranchées d'une mousquetade dans l'œil qui lui traversa la tête; il meurt soudain sans parler[365]. Le Roi va à la chasse.
Entre minuit et une heure, Montauban est secouru[366].
Oct
1621
Le 8 octobre, vendredi.—Ce matin à quatre heures, M. le connétable alla à Reniers y trouver M. de Rohan, pour traiter d'accord.
Le 13, mercredi.—Il va au camp, où il a dîné chez M. le prince de Joinville, où il voit la batterie de dix-huit canons contre un boulevart.
Le 14, jeudi.—Il se plaint de douleurs de dents, saigne du nez; il faisoit grand chaud; la douleur cesse. Il n'avoit point saigné depuis la mort du Roi, ou environ.
Le 17, dimanche.—Il va au camp, y fait porter ses armes à quatre heures du matin, au quartier de M. de Montmorency, y dîne de sa viande; séant à table avec lui et M. de Luynes seulement et l'abbé Rucelay[367], à neuf heures. A une heure il monte à cheval pour voir trois attaques qui se devoient faire: l'une du côté où il étoit, l'autre du côté des gardes, et la troisième du côté de la rivière, sur Ville-Bourbon; ce fut sur les trois ou quatre heures. Il fut tiré de la ville un coup de canon qui tua un laquais à dix pas de lui sans l'effrayer. Il revient à huit heures.
Le 18, lundi.—Il va en son cabinet, y donne audience à Messieurs du clergé, portant la parole M. l'évêque de Nantes[368], docte et éloquent personnage, offrant un million d'or pour faire la guerre.
Le 28, jeudi.—Il va en son cabinet; à midi arrive le milord Haye, ambassadeur extraordinaire d'Angleterre, qui dîne avec M. le connétable, et à trois heures a son Oct
1621 audience du Roi, accompagné seulement de M. le connétable, dans sa chambre[369].
Le 31, dimanche.—Il part de Moissac[370].
Le 15 novembre, lundi.—Il entre à Toulouse pour y dîner, la première fois, loge à l'archevêché[371].
Le 18, jeudi.—Il va collationner en cérémonie, en la maison de ville.
Le 19, vendredi.—Il donne audience à messieurs du Parlement, qui le supplient de séjourner plus longtemps, pour donner aide à leur conservation.
Le 20, samedi.—Il va à quatre heures aux Jésuites, voir jouer la tragédie d'Andromède.
Le 21, dimanche.—Il fait son entrée solennelle; va à Saint-Étienne.
Le 24, mercredi.—Il va en son cabinet, où messieurs du parlement de Toulouse prennent congé du Roi. Il part de Toulouse en chassant, et arrive à deux heures à Grenade.
Le 30, mardi.—Il va au camp devant Monhurt[372] avec Nov
1621 M. de Luynes, où le sieur Desplans près de lui reçut une mousquetade qui lui perça le manteau, le gant et s'arrêta dans le pommeau de la selle de son cheval.
Le 3 décembre, vendredi.—Il va chez M. le connétable, qui se trouvoit mal de rhume et fièvre, depuis six heures du matin qu'il eut froid.
Le 7, mardi.—Il va voir les bateaux couverts pour le siége de Monhurt, et va au logis de M. de Schomberg à pied; ainsi pendant plusieurs jours de suite, visitant les tranchées et même gaiement quitte sa volerie disant: Je m'en vais chez M. de Schomberg, s'amusant pour tromper le déplaisir qu'il avoit de la maladie du connétable.
Le 12, dimanche.—Il va au camp pour voir sortir ceux de Monhurt, à qui il donnoit la vie; ils sortirent un bâton blanc à la main[373]; les femmes et les fils sortirent à part dans des bateaux pour les conduire à Tonneins. Ce fut un de ses soins particuliers que la ville sera brûlée et une potence élevée au milieu. Il fait mettre son armée en bataille et sans armes, de peur que les soldats ne s'entretuent pour le pillage. Après dîner il veut aller au camp voir achever la sortie, puis va à sa volerie.
Le 13, lundi.—Comme il fut débotté en revenant de chez M. de Schomberg, soudain vient une fausse alarme; il se botte, sort de la salle et donne l'ordre avec une incroyable résolution. Un certain personnage lui dit: «Sire, si Votre Majesté se veut retirer, l'on peut faire face avec ses deux cents chevaux.»—Retirer! je veux mourir plutôt que me retirer.
Le 15, mercredi.—Il quitte Longuetille à cause de la maladie de M. le connétable, qui meurt à Dumasan, à deux heures[374].
Déc
1621
Le 16, jeudi.—Il va voir M. de Luxembourg, frère du défunt connétable.
Le 21, mardi.—Il arrive à Bordeaux pour la troisième fois[375], va au conseil et reçoit toute la cour du Parlement ensemble.
Le 22, mercredi.—Il fait M. de Vic[376], conseiller d'État, garde des sceaux; le lendemain il reçoit son serment.
Le 25, samedi.—En sa chambre à deux heures, il entend le sermon du P. Séguiran, jésuite, qui lui avoit été donné pour confesseur à Saint-André.
Le 31 décembre, vendredi.—Il arrive à Libourne.