C
Cadaver. Corpus.
Il y a entre cadaver et corpus à peu près la même différence qu’entre os et ossements. Le corps inanimé désigné par cadaver n’est qu’un objet matériel ; désigné par corpus, c’est la dépouille mortelle d’une personne, et on emploie toujours ce dernier mot quand on s’intéresse au mort.
- Cadere, v. [Labi].
- Cædere, v. [Verberare].
- Cærimonia, v. [Consuetudo].
- Cæsar, v. [Primus].
- Cæsaries, v. [Crinis].
Cæteri. Reliqui.
Cæteri, les autres, par opposition aux premiers nommés, comme οἱ ἄλλοι ; l’opposition est fortement marquée ; reliqui, le reste, comme simple complément du tout, οἱ λοιποί. Cic. Brut. 2, 6. “Si viveret Hortensius, cætera fortasse desideraret una cum reliquis bonis civibus ; hunc aut præter cæteros aut cum paucis sustineret dolorem.” “Si Hortensius vivait, il partagerait sans doute les autres privations avec le reste des bons citoyens ; mais une douleur qu’il aurait de plus que les autres citoyens ou qu’on n’aurait guère avec lui serait...”
- Calamitas, v. [Infortunium].
- Calculus, v. [Saxum].
- Calamus, v. [Culmus].
Calere. Fervere. Æstuare. Calefacere. Fovere.
1. Calere et fervere, il fait chaud, il fait très-chaud, désignent la chaleur même : calidus, dont l’opposé est frigidus, un degré de chaleur modéré ; fervidus, dont l’opposé est gelidus, le degré du point d’ébullition. Æstuare, dont l’opposé est algere, désigne la sensation que la chaleur fait éprouver, comme avoir chaud.
2. Calefacere, chauffer, au sens purement physique, sans idée accessoire ; fovere, chauffer, avec allusion à la sensation agréable ou à l’effet bienfaisant de la chaleur.
- Caligo, v. [Obscurum].
- Calix, v. [Poculum].
- Callidus, v. [Astutus] et [Sapiens].
- Callis, v. [Iter].
- Campus, v. [Equus] et [Villa].
Candela. Lucerna.
Candela, chandelle que l’on peut porter comme une torche, λαμπάς ; lucerna, lumière qui brûle sur une table et qu’on ne saurait se représenter autrement.
- Candidus, v. [Albus].
Canere. Cantare. Psallere. Canticum. Cantilena. Carmen. Poema. Poeta. Vates.
1. Canere, terme général, faire de la musique, canere voce, tibiis, fidibus, μέλπειν ; cantare se dit de la musique vocale, ἀείδειν ; psallere, de la musique instrumentale exécutée avec des instruments à cordes.
2. Cantica et cantilenæ, compositions exclusivement destinées à être chantées, dans lesquelles les paroles et la mélodie sont inséparables, comme dans les chants populaires, et qui servent d’expression à la joie et aux plaisirs de la vie, par opposition au discours, au langage parlé : canticum, chanson favorite qui égaye ; cantilena, chanson rebattue qui a perdu le charme de la nouveauté et n’est plus qu’une vieillerie. Carmina et poemata, poésies susceptibles d’être chantées, mais dont les paroles sont une œuvre d’art, ayant une valeur propre, et qui sont consacrées à la religion ou au dieu des vers, par opposition à la prose et à la vérité pratique. Carmina, dans sa signification primitive, désigne des chants religieux, ἐπῳδαὶ, et par extension d’autres poésies, surtout de petites pièces et des morceaux lyriques, comme ᾠδαί ; poemata, des productions d’un art avancé, de longs poèmes, la plupart du temps épiques ou tragiques, comme ποιήματα. Le carmen est le fruit d’une inspiration naïve ; le poema, d’une inspiration qui se connaît et se maîtrise.
3. Poeta, terme savant, technique, ne fait voir dans le poète que l’artiste ; vates, terme religieux qui appartient à la vieille langue latine, le présente comme une personne sainte.
Caper. Hircus. Hædus.
Caper, terme général, nom du bouc en histoire naturelle, τράγος ; hircus, vieux bouc qui a toute sa croissance ; hœdus, hædus, jeune bouc, ἔριφος.
- Capere, v. [Sumere].
- Capillus, v. [Crinis].
- Carcer, v. [Custodia].
Carere. Egere. Indigere.
1. Carere se rapporte à ce qu’on souhaite de posséder, c’est être privé de quelque chose, s’en passer, par opposition à habere ; egere et indigere se rapportent à ce qu’il nous faut absolument et dont nous ne pouvons pas nous passer, comme avoir besoin, par opposition à abundare. Sen. V. B. 7. “Voluptate virtus sæpe caret, nunquam indiget.” “Le plaisir a beau fuir la vertu, elle n’en est jamais en peine.” Ep. 9. “Sapiens eget nulla re ; egere enim necessitatis est.” “Le sage n’a aucun besoin, car qui dit besoin dit nécessité.” Cic. Ep. ad Qu. Fr. I, 3, 2. “Nunc commisi ut me vivo careres, vivo me aliis indigeres.” “Je t’ai donc imposé de mon vivant des privations, réduit de mon vivant à dépendre des autres.”
2. Egere marque le besoin même, par opposition à uti ; indigere, le sentiment pressant du besoin et le vif désir de le voir satisfait.
- Caritas, v. [Diligere].
- Carmen, v. [Canere].
- Carnifex, v. [Homicida].
Caro. Pulpa. Viscera. Exta. Intestina. Ilia.
1. Caro, la chair en général, comme substance, par opposition à la graisse, aux nerfs, aux muscles ; pulpa, terme particulier pour la chair qui se mange et qui a du goût, par opposition aux os ; viscera, toutes les chairs et parties charnues comprises entre la peau et les os.
2. Viscera, au sens restreint, désigne toutes les parties internes du corps ; exta, les parties molles de la poitrine, comme le cœur, les poumons ; intestina, interanea et ilia, les parties molles du ventre, surtout les intestins : intestina, et après le siècle d’Auguste, interanea, les intestins considérés comme organes de la digestion ; ilia, tout ce qui se trouve dans l’abdomen, et particulièrement les parties mangeables.
Cassis. Galea. Cudo.
Cassis, cassida, casque de métal ; galea, casque de peau et à proprement parler de peau de belette ; cudo, casque de forme inconnue. Tac. G. 6. “Paucis loricæ ; vix uni alterive cassis aut galea.” “Un petit nombre de cuirasses ; à peine un ou deux casques de métal ou de peau.”
- Cassis, v. [Rete].
- Castigatio, v. [Vindicta].
Castus. Pudicus. Pudens. Pudibundus.
1. Castus représente la chasteté comme une vertu innée, pur, innocent ; pudicus, comme une vertu morale, pudique, modeste.
2. Pudicus, pudicitia, la modestie naturelle, la peur de paraître nu aux yeux des autres, et l’esprit de chasteté qui en est la suite au point de vue exclusif des rapports des deux sexes, la pudicité ; pudens, pudor, la modestie en général, la peur de se faire voir sous un jour fâcheux et de s’exposer au mépris, le sens de l’honneur. Cic. Catil. II, 11, 25. “Ex hac parte pudor pugnat, illinc petulantia ; hinc pudicitia, illinc stuprum.” “La modestie est aux prises avec l’effronterie, la pudeur avec la débauche.”
3. Pudicus et pudens s’entendent de la modestie à l’état de qualité permanente ; pudibundus, d’un accès de modestie.
4. La modestie, pudor, procède de l’estime de soi-même, on ne veut point se compromettre aux yeux des autres ; la délicatesse, verecundia, procède de l’estime qu’on a pour les autres, on ne veut donner aucun sujet de scandale à ceux qu’on estime.
Casu. Forte. Fortuito. Fortasse. Forsitan. Haud scio an.
Casu, forte et fortuito, marquent les chances diverses : casu, la chance inattendue, par accident, par concours de circonstances, il est opposé à consulto, συμϐεϐηϰότως ; forte, la chance ordinaire, par hasard, τυχόν ; fortuito, fortuitu, qui sont emphatiques, la chance extraordinaire, par pur hasard, ἀπὸ τύχης ; ils ont pour opposé causa. Fortasse, forsitan et haud scio an marquent une éventualité : fortasse et fortassis, quand on reconnaît et qu’on affirme la possibilité : peut-être et même vraisemblablement : ils se construisent avec l’indicatif, ἴσως ; forsitan, forsan, quand on admet simplement la possibilité : après tout, il est possible : ils se joignent au subjonctif, τάχ᾽ ἄν ; haud scio an, quand on feint par modestie de ne pas être sûr de son fait, qu’on restreint l’affirmation par euphémisme. Fortasse verum est et forsitan verum sit veulent dire : la chose est vraie peut-être, peut-être aussi ne l’est-elle pas ; mais haud scio an verum sit : je la tiens pour vraie, mais sans vouloir la donner pour certaine.
Casus. Fors. Fortuna. Fors fortuna. Fatum.
1. Casus présente le hasard comme un fait brutal qui ne se rattache ni aux calculs de l’homme, ni à des causes connues, συμφορά ; fors, comme une sorte d’être fabuleux qui influe sur les choses humaines sans dessein et sans but, sans autre fin, pour ainsi dire, que de taquiner les mortels et de confondre leurs calculs, τύχη.
2. Fors, pris comme un vrai personnage mythologique, c’est le même hasard sous les traits d’un bonheur aveugle ; fortuna, c’est le bonheur qui n’est ni aveugle ni étourdi, qui intervient dans la marche des affaires humaines pour accorder ou refuser sa faveur ; enfin, fors fortuna est une chance heureuse, ἀγαθὴ τύχη.
3. Tous ces êtres sont en opposition avec les dii et le fatum qui amènent ou détournent un événement non par humeur et caprice, mais par des motifs plus élevés, les dii, selon les lois appréciables de la morale, selon le mérite et la dignité, selon le droit et l’équité ; le fatum, selon les lois mystérieuses de l’ordre éternel qui préside à l’univers, comme l’εἰμαρμένη, la μοῖρα. Tac. Hist. IV, 26. “Quod in pace fors seu natura, tunc fatum et ira deorum vocabatur.” “En temps de paix, on aurait appliqué à ces faits les noms de hasard et d’accidents naturels ; on n’avait plus maintenant à la bouche que les mots de fatalité et de colère divine.”
- Catenæ, v. [Vincula].
Caterva. Cohors. Agmen. Grex. Globus. Turba.
Caterva, cohors et agmen, multitude assemblée en bon ordre : caterva, en masse qui constitue un tout, comme par exemple un bataillon ; cohors, sous forme d’escorte et de cortége autour d’un chef ; agmen, en procession solennelle. Turba, grex et globus, multitude réunie sans ordre : grex, sans aucun arrangement ; turba, avec une idée accessoire de désordre et d’embarras ; globus, en foule qui se presse, se gêne et aboutit à former le cercle, chacun cherchant à gagner le centre.
- Catus, v. [Sapiens].
- Caupona, v. [Deversorium].
- Causidicus, v. [Advocatus].
- Cautes, v. [Saxum].
- Caverna, v. [Specus].
- Cavillator, v. [Lepidus].
Celare. Occulere. Occultare. Clam. Abdere. Condere. Abscondere. Recondere.
1. Celare, verbe abstrait, comme céler, tenir secret, ϰεύθειν, par opposition à fateri, il est synonyme de reticere ; occulere, occultare, verbes concrets, comme cacher, ϰρύπτειν, par opposition à aperire, ils sont synonymes d’obtegere. Les celanda restent inconnus hors le cas de trahison ; les occultanda seraient exposés à tous les regards si l’on manquait de prévoyance et de précaution.
2. Clam et clanculum signifient de même secrètement, par opposition à palam ; occulte, en cachette, par opposition à aperte.
3. Occulere se dit de toutes les manières de cacher, mais occultare, c’est cacher avec soin ou même avec sollicitude, et ce dernier verbe ne peut pas plus trouver place dans les propositions négatives que redolere et autres, aussi forts de sens.
4. Occultare couvrir d’un voile quelconque pour soustraire à la vue ; abdere, condere et abscondere, dérober les choses à la vue en les éloignant : abdere, en les mettant simplement de côté, hors du chemin, comme ἀποϰρύπτειν ; condere, en les rangeant à leur place et en les serrant, comme ϰαταϰρύπτειν ; recondere, en les gardant avec un soin extrême ; abscondere, en les gardant après les avoir mises à l’écart.
Celeber. Inclytus. Clarus. Illustris. Nobilis.
Celeber et inclytus, termes généraux pour signifier la célébrité, surtout en parlant des choses, et qui ne s’appliquent guère aux personnes que chez les poëtes ; clarus, illustris et nobilis ont particulièrement rapport à la politique : clarus, célèbre par des services éminents rendus à la patrie ; illustris, considéré à cause de son rang et de sa fortune ; nobilis, qui appartient à une famille dont les membres ont déjà occupé de hautes positions dans l’État.
- Celebrare, v. [Sæpe].
- Celer, v. [Citus].
- Celox, v. [Navigium].
- Celsus, v. [Altus].
Censere. Judicare. Arbitrari. Æstimare. Opinari. Putare. Reri. Autumare. Existimare. Credere.
1. Censere, judicare, arbitrari, æstimare, émettre un avis à titre d’autorité compétente et commise à cet effet : censere, comme censeur ou comme sénateur votant ; judicare, comme juge qui rend un arrêt ; arbitrari, comme arbitre ; æstimare, comme taxateur ou commissaire-priseur. Opinari, putare, reri et existimare, émettre une opinion comme simple particulier, en son propre et privé nom : opinari exprime un simple sentiment/ou un pressentiment, par opposition à la conviction claire et nette et à la certitude, comme croire ; putare, le résultat d’un calcul ; reri est une expression poétique ; autumare, un mot vieilli.
2. Æstimare présente l’avis à donner sous l’aspect d’un devoir de police rempli par un véritable taxateur, estimer quelque chose, au propre ou au figuré, d’après son prix et sa valeur en argent ; existimare, sous l’aspect d’un devoir de morale, estimer une chose par sa valeur intrinsèque ou par ce qu’elle a de vrai. Cicéron n’oppose comme opinion particulière au jugement de l’autorité compétente, judicio, que l’existimatio, jamais l’æstimatio.
3. Censere, etc., présentent l’opinion et la croyance comme basées sur des réflexions et sur une conviction personnelles ; credere, comme basées sur la confiance qu’on accorde au témoignage d’autrui. Sen. Tranq. 11. “Non putavi hoc futurum, nunquam hoc eventurum credidissem”, à savoir : si quis mihi prædixisset. “Cela n’entrait pas dans mes prévisions ; je n’aurais jamais cru que cela pût arriver” (même si on me l’avait prédit).
4. Opinor, employé sous forme de parenthèse est une formule de modestie, comme οἶμαι, à ce que je crois ; credo est une formule d’ironie, comme ὡς ἔοιϰεν. Ce dernier peut signifier : 1º je l’imagine bien, j’imagine, dans des affirmations qui vont d’elles-mêmes, et l’ironie tombe alors soit sur celui auquel il faut dire ou répéter les choses, soit sur celui qui paraîtrait tenté d’avoir quelque doute ; 2° oui, je le crois, ou : ne devrait-on pas croire ? à propos d’affirmations absurdes qu’on se juge autorisé à prêter aux autres et à placer dans leur bouche ; 3º je le crois, naturellement, cela se conçoit, à propos de propositions évidentes, quand on demande pour ainsi dire la permission de ne pas les commenter.
- Cernere, v. [Videre].
- Cerritus, v. [Amens].
- Certare, v. [Imitatio].
- Cessare, v. [Vacare] et [Cunctari].
Chorda. Fides.
Chorda, la corde isolée ; fides exprime toujours au singulier comme au pluriel une idée collective, c’est la garniture entière ou l’instrument même.
- Cibare, cibus, v. [Alimenta].
- Cicatrix, v. [Vulnus].
Cicur. Mansuetus.
Cicur, apprivoisé au sens purement physique, terme de classification en histoire naturelle, par opposition à ferus ; mansuetus, apprivoisé au sens moral, lequel suppose un adoucissement de caractère, par opposition à sævus.
- Cincinnus, v. [Crinis].
- Circulus, v. [Orbis].
- Circumire, v. [Ambire].
- Circumvenire, v. [Fallere].
- Cirrus, v. [Crinis].
Citus. Celer. Velox. Pernix. Properus. Festinus.
1. Citus et celer s’entendent d’un mouvement rapide, par opposition à tardus, il s’agit simplement de vitesse ; velox et pernix, opposés à lentus, se disent de l’agilité due à la force du corps et développée par l’exercice, par l’art ; properus et festinus, de la hâte, de la volonté d’atteindre un but dans le moins de temps possible, par opposition à segnis.
2. Citus marque un mouvement prompt et vif, il se rapproche de vegetus ; celer, un mouvement violent et entraînant, il se rapproche de rapidus.
3. Pernicitas, c’est en général l’agilité et la prestesse dans tous les exercices du corps, saut, escalade, voltige ; velocitas, c’est par préférence la vitesse à la course, au vol, à la nage. Plaut. Mil. III, 1, 36. “Clare oculis video, pernix sum manibus, pedibus mobilis.” “J’ai des yeux qui voient clair, des mains lestes, des pieds qui ne tiennent pas en place.” Virg. Æn. IV, 180. “Famam pedibus celerem et pernicibus alis.” “La Renommée dont la course est rapide et le vol agile.” Curt. VII, 7, 53. “Equorum velocitati par est hominum pernicitas.” “L’agilité des hommes égale la vitesse des chevaux.”
4. Properus, properare marquent la hâte d’aller droit au but à force d’énergie, elle est opposée au laisser-aller, à cessare ; festinus, festinare, la hâte qui provient d’impatience et qui est voisine de la précipitation.
- Civilitas, v. [Humanitas].
- Civitas, v. [Gens].
- Clam, v. [Celare].
- Claritas, v. [Gloria].
- Clarus, v. [Celeber].
- Claustrum, v. [Sera].
- Clementia, v. [Mansuetudo].
- Clivus, v. [Collis].
- Codicilli, v. [Litteræ].
- Clypeus, v. [Scutum].
Clangere. Clamare. Vociferari.
Clangere se dit du cri des animaux et du son des instruments, comme ϰλάγγειν ; clamare et vociferari, du cri de l’homme : clamare est l’expression de la volonté ; vociferari, celle de la passion dans la colère, la douleur, l’ivresse. Rhet. ad Her. III, 12. “Acuta exclamatio habet quiddam illiberale et ad muliebrem potius vociferationem, quam ad virilem dignitatem in dicendo accommodatum.” “Des éclats de voix aigus ont quelque chose de bas ; cela est bon pour des femmes qui criaillent, mais indigne d’un orateur.” Virg. Æn. II, 310. “Exoritur clamorque virûm clangorque tubarum.” “Les cris des hommes, le son des trompettes s’élèvent jusqu’à moi.”
- Cœnum, v. [Lutum].
- Cœpisse, v. [Incipere].
Coercere. Compescere.
Coercere se dit d’un acte de compression par force et abus de pouvoir ; compescere, d’un acte de répression par autorité et sagesse.
- Cœtus, v. [Concilium].
Cogere. Adigere.
Cogere, obliger à quelque chose par contrainte et par force ; adigere, déterminer à quelque chose par des motifs qui donnent à réfléchir. Tac. Ann. VI, 27. “Se ea necessitate ad preces cogi, per quas consularium aliqui capessere provincias adigerentur.” “Dans cette extrémité il se voyait contraint de recourir aux prières pour engager des consulaires à se charger du gouvernement des provinces.”
Cogitare. Meditari. Commentari.
1. Cogitare se dit de l’activité habituelle de l’esprit qui est toujours occupé d’une chose ou d’une autre ; meditari, de l’activité d’esprit surexcitée, de l’effort qui tend vers un résultat déterminé. Le premier équivaut à penser, le second à penser à quelque chose. Ter. Heaut. III, 3, 46. “Quid nunc facere cogitas ?” C’est-à-dire “qu’as-tu en tête à présent ?” Comparez avec Adelp. V, 6, 8. “Meditor esse affabilis”, c’est-à-dire : “je songe aux moyens d’être aimable.” Dans les Tusculanes (III, 6,) cogitatio ne désigne guère que la pensée qui a conscience d’elle-même ; meditatio désigne la réflexion, la spéculation.
2. Meditari s’emploie pour marquer l’intensité, c’est méditer sérieusement, avec effort, avec ardeur ; commentari (dans Cicéron seulement), pour marquer la durée, méditer à loisir, avec calme, à fond.
- Cognatus, v. [Necessarius].
Cognitio. Notitia. Scientia. Ignarus. Inscius. Nescius.
1. Cognitio, acte par lequel l’esprit acquiert une connaissance ; notitia et scientia, état de l’esprit : notitia et nosse se disent d’un état dans lequel l’âme est passive et ne fait que recevoir des impressions, quand elle a conscience d’un phénomène extérieur et en conserve le souvenir ; scientia et scire impliquent, comme le savoir, une certaine spontanéité et la conviction de la réalité des choses. La notitia peut se borner à des notions de rencontre ; la scientia doit s’être rendu l’objet familier, l’avoir approfondi à force de travail. Cic. Sen. 4, 12. “Quanta notitia antiquitatis ! quanta scientia juris romani !” “Quelle pratique de l’antiquité ! quelle science du droit romain !”
2. L’ignarus ne possède pas cette notitia, l’inscius cette scientia. Tac. Hist. I, 11. “Ægyptum provinciam insciam legum, ignaram magistratuum.” “La province d’Égypte qui n’est ni initiée à nos lois, ni façonnée à nos habitudes de gouvernement.” La législation exige une étude en règle, tandis qu’on peut apprendre l’administration par la pratique.
3. Inscius, celui qui n’a rien appris ou qui n’a pas appris quelque chose, il y a lieu de blâmer ; nescius, celui qui par hasard n’a pas entendu parler de quelque chose, n’en a pas fait l’expérience ; le mot se prend indifféremment en bonne ou en mauvaise part. Cic. Brut. 83. “Inscium omnium rerum et rudem.” “Ignare et brut.” Comparez avec Plin. EP. VIII, 23. “Absens et impendentis mali nescius.” “J’étais absent, je ne me doutais pas du malheur suspendu sur ma tête.”
- Cognoscere, v. [Intelligere].
- Cohors, v. [Caterva].
- Colaphus, v. [Alapa].
- Colere, v. [Vereri].
Collis. Clivus. Tumulus. Grumus.
Collis et clivus, grande colline qui est une petite montagne : collis, ϰολωνὸς, hauteur, par opposition à la plaine qui est au-dessous, et, par suite colline assez raide ; clivus, ϰλιτὸς, plan incliné, par opposition à la plaine horizontale, et, par suite, colline en pente douce. Tumulus et grumus, petite colline qui n’est qu’un gros tertre : tumulus, comme ὄχθος, tertre naturel ou artificiel, par exemple un tumulus ; grumus, élévation exclusivement artificielle, faite de main d’homme, χῶμα. Colum. Arbor. vers la fin. “Collem autem et clivum modum jugeri continentem repastinabis operis sexaginta.” “Vous emploierez soixante manœuvres à défricher sur une colline une pente de la contenance d’un arpent.” Liv. XXI, 32. “Erigentibus in primos agmen clivos apparuerunt imminentes tumulos insidentes montani.” “Quand les têtes de colonne de l’armée d’Annibal s’élevèrent sur les premières pentes des Alpes, elles découvrirent les montagnards établis sur les mamelons qui dominaient la route.” Hirt. B. Hisp. “Ex grumo excelsum tumulum capiebat.” “Il voulut quitter son tertre pour gagner une éminence qui commandait les environs.”
- Colloquium, v. [Sermo].
- Colonus, v. [Incolere].
- Coluber, v. [Repere].
- Comburere, v. [Accendere].
- Coma, v. [Crinis].
Comere. Decorare. Ornare.
1. Comere et decorare, parer, pour embellir et pour flatter la vue ; ornare, orner en joignant l’utile à l’agréable.
2. Comere présente la parure comme une recherche minutieuse et efféminée, souvent avec une idée de blâme, comme nitere ; il s’oppose à la nature, à une simplicité noble, à une négligence gracieuse, parer, ϰομμοῦν ; decorare et ornare la présentent toujours sous un jour favorable, comme splendere, comme un signe d’aisance et de richesse : decorare, par opposition à ce qui est commun et n’a point d’apparence, embellir, ϰοσμεῖν ; ornare, par opposition à ce qui est pauvre et incomplet, orner, ἀσϰεῖν.
3. L’idée contenue dans comere ne va pas au delà d’une question d’arrangement : on ajuste, on polit pour donner bonne mine, par exemple en peignant et tressant les cheveux ; decorare et ornare supposent une addition matérielle ; on emprunte des ornements extérieurs, par exemple, un diadème. Quintil. XII, 10, 47. “Comere caput in gradus et annulos.” “Parer une tête de boucles disposées par étages.” Et Virg. Ecl. VI, 69. “Apio crines ornatus amaro.” Linus, qui orne ses cheveux de fleurs et d’ache amère. ТIB. II, 2, 6. “Sertis decorare comas.” “Relever de guirlandes la beauté des cheveux.”
- Comissatio, v. [Epulæ].
Comitari. Deducere. Prosequi.
Comitari, accompagner, dans tous les sens, ἀϰολουθεῖν ; prosequi et deducere, avec l’idée accessoire d’un témoignage d’estime ou d’amitié : le prosequens reconduit les gens comme le προπέμπων, soit jusqu’au bout, soit pendant une partie du chemin ; le deducens les ramène chez eux ou les mène du moins au terme de leur voyage, comme le ϰατάγων, soit qu’il se mette à leur suite dès le départ ou seulement en route.
- Comitas, v. [Humanitas].
- Comitia, v. [Concilium].
- Commentari, v. [Cogitare].
- Committere, v. [Fidere].
Commodare. Mutuum dare.
Commodare, prêter sans formalités ni stipulations, à charge de restituer l’objet tel quel, fût-il usé ; mutuum dare, faire un prêt avec ou sans intérêt, à charge de rendre au bout d’un certain temps l’équivalent du prêt. La commodatio est un service rendu par affection, la mutuum datio est une affaire.
- Communicare, v. [Impertire].
- Comœdus, v. [Actor].
- Compar, v. [Æquus].
- Compedes, v. [Vincula].
- Compendium, v. [Lucrum].
- Compescere, v. [Coercere].
- Complecti, v. [Amplecti].
- Conari, v. [Audere].
Complementum. Supplementum.
Complementum, ce qui sert, comme une clef de voûte, à compléter, à parfaire ; supplementum, ce qui sert à remplacer après coup, à remplir des lacunes.
Concedere. Permittere. Indulgere. Connivere.
Concedere et permittere, accorder quelque chose dont on dispose en vertu d’un droit personnel illimité : concedere, à la suite d’une prière ou d’une insinuation, par opposition à refuser, concéder, συγχωρῆσαι ; permittere, par confiance et générosité, par opposition à défendre, permettre, ἐφεῖναι. Indulgere et connivere, souffrir une chose qui est officiellement défendue : l’indulgens, par longanimité patente, comme condescendre ; le connivens, en feignant de fermer les yeux.
Concessum est. Licet. Fas est.
Concessum est, ἔξεστι, ce qui est permis en général ; ce terme est dans le rapport du genre à l’espèce avec licet, licitum est, ce qui est permis aux yeux des hommes en vertu de maximes consacrées soit par des lois positives, soit par les mœurs et la coutume, comme θέμις ἐστὶ, et avec fas est, ce qui est permis aux yeux des dieux en vertu de maximes révélées soit par la religion, soit par le sentiment moral, comme ὅσιόν ἐστι.
Concilium. Concio. Comitia. Cœtus. Conventus.
1. Concilium, concio et comitia, assemblées convoquées pour affaires : concilium, assemblée de nobles et de notables, de l’aristocratie, du sénat, dont les membres sont invités individuellement au conseil, συνέδριον ; concio et comitia, réunion de la commune convoquée par publication pour prendre une résolution ou pour en entendre communiquer une : concio, contio, se dit de toute assemblée régulière de la commune, soit peuple, soit armée, dans le premier pays ou le premier camp venu, σύλλογος ; comitia est le terme historique réservé pour l’assemblée du peuple romain, comme ἐϰϰλησία pour l’assemblée d’Athènes, et ἁλία pour celle de Sparte.
2. Cœtus et conventus, assemblées volontaires qui se réunissent librement : cœtus, dans un but quelconque, par exemple, pour les plaisirs de la société, pour des conspirations, σύνοδος ; conventus, dans un but sérieux, par exemple, pour célébrer une fête, pour écouter une proposition, ὁμήγυρις, πανήγυρις.
Conclave. Cubiculum.
Conclave, terme général pour toute pièce qui ferme et par préférence pièce de parade ; cubiculum, terme particulier pour la pièce où l’on se tient d’habitude.
- Concordia, v. [Otium].
- Condere, v. [Celare] et [Sepelire].
Conditio. Status.
Conditio, état réglé par la volonté ; status, état créé par les circonstances. Cic. Fam. XII, 23. “Omnem conditionem imperii tui statumque provinciæ demonstravit mihi Tratorius.” “Tratorius m’a rendu compte des conditions auxquelles tu as pris le commandement et de l’état de ta province.”
Confisus. Fretus.
Confisus, plein de confiance et d’abandon, comme securus et πεποιθώς ; fretus, protégé, comme tutus et ἐῤῥωμένος.
- Confiteri, v. [Fateri].
- Confligere, v. [Pugnare].
- Confutare, v. [Refutare].
- Congeries, v. [Acervus].
- Conjux, v. [Femina].
- Connivere, v. [Concedere].
- Consanguineus, v. [Necessarius].
- Conscendere, v. [Scandere].
- Consecrare, v. [Sacrare].
- Consequi, v. [Invenire].
Conjugium. Matrimonium. Contubernium. Nuptiæ.
Conjugium et matrimonium, union durable de l’homme et de la femme en vue d’une communauté d’existence et de la reproduction : conjugium, terme général marquant une simple liaison naturelle qui existe même chez les animaux ; contubernium, union par mariage entre esclaves ; matrimonium, mariage véritable et légal entre personnes libres et citoyens, institution civile et politique ; nuptiæ ne désigne que le point de départ du matrimonii, les noces ou la fête qui accompagne l’union.
Considerare. Contemplari.
Considerare présente la contemplation comme un acte de l’intelligence qui cherche à former un jugement ; contemplari, comme un acte du sentiment qui s’abîme dans son objet, qui s’abandonne entièrement aux impressions agréables ou désagréables que l’objet éveille.
Constat. Apparet. Elucet. Liquet.
Constat veut dire : c’est une vérité démontrée et établie, par opposition à un songe creux, à un bruit incertain ; apparet, elucet et liquet signifient : c’est une chose claire et évidente. Apparet associe à cette idée l’image d’une apparition qui se détache sur un fond ; elucet, celle de la lumière qui jaillit de l’obscurité ; liquet, celle d’une eau qui dégèle et redevient limpide.
- Constituere, v. [Destinare].
Consuetudo. Mos. Ritus. Cærimonia.
1. Les trois premiers marquent l’observation régulière d’une pratique. Consuetudo est l’habitude qui se forme d’elle-même, qui a sa raison d’être dans les penchants de l’individu ou du peuple, dans ce qui leur est commode, έθος ; mos, les mœurs procédant de la raison et de la volonté qui a conscience d’elle-même, ayant leur raison d’être dans les idées morales ou esthétiques du droit, de la vertu et de la décence, ἦθος ; ritus, enfin, usage sacré ou implanté par l’instinct de la nature ou introduit par les dieux à titre de cérémonie, n’ayant en aucun cas une origine purement humaine. Les consuetudines n’existent qu’à l’état de simples faits et n’ont point de valeur morale ; les mores ont reçu une sanction morale par un consentement tacite, de même que les jura legesque par une convention formelle ; les ritus existent naturellement et sont consacrés par leur haute antiquité. C’est ce dernier mot que les bons auteurs en prose emploient par préférence en parlant de l’instinct des animaux à cause de la force avec laquelle il marque que l’habitude est primitive, naturelle, inséparable de l’être même.
2. Ritus, usage sacré établi et enseigné par les dieux ou par la nature ; cærimonia, même usage considéré dans ses applications au culte.
Contaminare. Inquinare. Polluere.
Contaminare désigne la souillure par son côté nuisible comme venant gâter ce qui était sain et utile ; inquinare, par son côté dégoûtant, elle défigure la beauté ; polluere, par son côté moral, elle viole la sainteté et la pureté. Le second de ces trois verbes répond à μορύσσειν ; le troisième à μιαίνειν. Cic. Cæcil. 21, 70. “Judiciis corruptis et contaminatis.” “Les arrêts de la justice brisés et flétris.” Comparez avec Cœl. 6. “Libidinibus inquinari.” “Porter les marques affreuses de la débauche.” Et Rosc. Am. 26, 71. “Noluerunt in mare deferri ne ipsum pollueret, quo cætera quæ violata sunt expiari putantur.” “On ne voulut pas souffrir qu’il fût jeté à la mer, de peur de profaner la mer même, qui passe pour purifier toutes les souillures.”
- Contemnere, v. [Spernere].
- Contemplari, v. [Considerare].
- Contendere, v. [Dicere].
- Contentio, v. [Disceptatio].
- Contentum esse, v. [Satis habere].
- Continentia, v. [Modus].
- Contingere, v. [Accidere].
- Continuo, v. [Repente].
Continuus. Perpetuus. Sempiternus. Æternus.
1. Continuum, ce qui tient ensemble sans interruption, sans lacune ; perpetuum, ce qui va jusqu’à la fin et ne cesse pas avant la fin. Suet. Cæs. 76. “Continuos consulatus, perpetuam dictaturam.” “Des consulats qui se succèdent coup sur coup, une dictature perpétuelle.”
2. Perpetuus, sempiternus et æternus marquent la continuité dans la durée : perpetuus, au sens relatif, par rapport à un terme arbitraire, par exemple à celui de la vie, ce qui dure autant que la vie ; sempiternus et æternus, au sens absolu, par rapport au terme du temps en général. Sempiternum veut dire, comme ἀΐδιον, ce qui dure toujours, ce qui a une existence égale à la durée du temps, ce qui marche de pair avec le temps ; æternum signifie, comme αἰώνιον, ce qui est éternel, ce qui est au-dessus du temps et ne se peut mesurer que par grandes périodes, car “le temps n’est qu’une faible partie de l’éternité”, “tempus est pars quædam æternitatis”. Cic. Inv. I, 27. L’idée sublime d’une durée qui ne commence ni ne finit, contenue dans æternus, ne l’est pas dans sempiternus, qui fait plutôt songer à la longueur de la durée comprise entre le commencement et la fin, sans indiquer que l’éternité n’a ni commencement ni fin. Sempiternus renferme l’expression mathématique ; æternus, l’expression métaphysique de l’éternité. Cic. Orat. II, 40, 69. “Barbarorum est in diem vivere, nostra consilia sempiternum tempus spectare debent.” “C’est affaire aux barbares de vivre au jour le jour ; nos plans doivent embrasser un temps indéfini.” Finn. I, 6, 17. “Motum atomorum nullo a principio sed ex æterno tempore intelligi convenire.” “Il va sans dire qu’il faut concevoir le mouvement des atomes comme n’ayant jamais eu de commencement, comme existant depuis un temps infini.”
- Contrarius, v. [Varius].
- Controversia, v. [Disceptatio].
- Contubernium, v. [Conjugium].
- Contumacia, v. [Pervicacia].
- Contueri, v. [Videre].
Contumelia. Injuria. Offensio.
1. Contumelia, atteinte portée à l’honneur d’autrui, comme l’affront ; injuria, atteinte au droit d’autrui, comme l’injustice. Un coup est une injuria en tant que je porte la main sur quelqu’un, et une contumelia en tant que je lui attire par une pareille action la réputation fâcheuse d’être un lâche ou un valet. Sen. Clem. I, 10. “Contumelias quæ acerbiores principibus solent esse quam injuriæ.” “Les affronts qui paraissent d’habitude plus amers aux princes que les injustices.” Pacuv. dans NON. “Patior facile injuriam si vacua est contumelia.” “Je supporte aisément une injustice pourvu qu’il n’y ait pas d’affront.”
2. Contumelia et injuria sont des actions ; offensio et offensa marquent un état, à savoir : le chagrin de l’offensé, le ressentiment par opposition à gratia ou à delectatio. Cic. Att. III, 23. “Mihi majori offensioni sunt quam delectationi possessiunculæ meæ.” “Mes pauvres petites propriétés me donnent plus de peine que de plaisir.” Plin. Ep. II, 18. “Oportet me non solum offensas, verum etiam simultates æquo animo subire.” “C’est un devoir pour moi de m’exposer sans me laisser émouvoir et aux mécontentements et aux rancunes jalouses.”
- Conventus, v. [Concilium].
- Convertere, v. [Vertere].
- Convivium, v. [Epulæ].
- Convicium, v. [Maledictum].
- Copia, v. [Occasio].
- Copiæ, v. [Exercitus].
- Copiosus, v. [Divitiæ].
- Cordatus, v. [Sapiens].
- Corpulentus, v. [Pinguis].
- Corpus, v. [Cadaver].
Corrigere. Emendare.
Corrigere, corriger à la façon du pédagogue ou du censeur qui veut redresser ou rajuster ; emendare, à la façon du maître expérimenté et de l’ami bienveillant qui veut amender. Plin. Pan. 6, 2. “Corrupta est disciplina castrorum, ut tu corrector emendatorque contingeres” (le premier par sévérité, le second par sagesse). “La discipline avait péri dans les camps, mais tu devais paraître pour la restaurer et la rétablir.” Cic. Mur. 29. “Verissime dixerim nulla in re te (Catonem) esse hujusmodi, ut corrigendus potius quam leviter inflectendus viderere.” “Je puis dire en toute vérité que tu n’as montré nulle part un caractère qui voulût être tout à fait redressé plutôt que légèrement dirigé.” Comparez avec PLIN. Ep. I, 10. “Non castigat errantes, sed emendat.” “Il ne réprimande pas ceux qui s’égarent, il les rend meilleurs.”
- Corrumpere, v. [Depravare].
- Coruscare, v. [Lucere].
Coxa. Latus. Femur.
Coxa et coxendix, la hanche ; latus, la partie comprise entre la hanche et l’aisselle ou le flanc ; femur et femen, la partie située immédiatement au-dessus de la hanche ou partie supérieure de la cuisse.
Creare. Gignere. Parere. Generare.
1. Creare, faire passer une chose du néant à l’existence par sa volonté et sa puissance créatrice ; gignere, donner le jour, c’est le terme générique par rapport à generare qui ne se dit que du père, et à parere qui ne se dit que de la mère.
2. Gignere appartient au langage usuel ; generare, au style élevé. Aussi dit-on pour l’ordinaire : homines et belluæ gignunt ; natura et dii generant, et corpora gignuntur ; poemata generantur. Dans Cic. N. D. III, 16, “Herculem Jupiter genuit” est un simple renseignement mythologique ; mais Legg. I, 9, “Deus hominem generavit”, c’est une haute vérité métaphysique.
- Crebro, v. [Sæpe].
- Credere, v. [Censere] et [Fidere].
- Cremare, v. [Accendere].
- Crepitus, v. [Fragor].
- Crepusculum, v. [Mane].
- Criminari, v. [Arguere].
Crinis. Capillus. Coma. Cæsaries. Pilus. Cirrus. Cincinnus.
1. Crinis et capillus, les poils naturels, au sens physique, θρίξ : crinis, toute espèce de poil par opposition aux places nues ; capillus, le poil de la tête par opposition à la barbe, etc. Coma et cæsaries ajoutent à cette idée celle d’une certaine beauté. Ce sont de beaux cheveux, c’est la chevelure prise comme un ornement naturel du corps ou comme susceptible d’être parée. Coma se dit par préférence des cheveux de femme, ϰόμη ; cæsaries, des cheveux d’homme, ἔθειρα. Crinitus marque simplement qu’on a des poils ou des cheveux ; capillatus est l’opposé d’une tête chauve, et on appelle les Gaulois Galli comati, parce qu’ils portaient de longs cheveux, ϰαρηϰομόωντες.
2. Crinis, capillus, coma, cæsaries, le poil au sens collectif, tout celui qui pousse ; pilus, le poil isolé, et par préférence le poil court et hérissé des animaux. Pilosus s’oppose à une belle peau bien lisse ; crinitus et capillatus à la nudité laide et à la calvitie.
3. Cirrus, cincinnus, cheveux bouclés ; mais cirrus se dit d’une boucle naturelle ; cincinnus, d’une boucle artificielle.
Cruciatus. Tormentum.
Cruciatus, cruciamenta, terme général pour toute espèce de tourments naturels et artificiels ; tormenta, terme spécial pour les tourments de la question, tortures. Cic. Phil. XI, 4. “Nec vero graviora sunt carnificum tormenta quam interdum cruciamenta malorum.” “Les tortures de la question ne sont pas toujours plus pénibles que les souffrances qui viennent de nos maux.”
Cubare. Jacere. Situm esse.
Cubare se dit d’êtres vivants ; situm esse, d’objets inanimés qui sont couchés ou étendus ; jacere, des deux. Cubare et jacere sont neutres ; situm esse se prend toujours au sens passif. De plus cubare rappelle toujours l’image d’une personne fatiguée qui cherche à reprendre des forces, par opposition à l’effort qu’il en coûte pour se tenir debout ; jacere, l’image de la faiblesse sans idée accessoire par opposition à la manifestation de force qui consiste à se tenir debout.
- Cubiculum, v. [Conclave].
Cubile. Lectus.
Cubile, couche naturelle pour les hommes et les animaux, gîte, ϰοίτη, εὐνή ; lectus, couche artificielle, exclusivement à l’usage de l’homme, le lit, λέϰτρον.
- Cubitus, v. [Ulna].
- Cudere, v. [Verberare].
- Cudo, v. [Cassis].
Culcita. Pulvinus. Pulvinar.
Culcita, coussin dur ; pulvinus et pulvinar, coussins moelleux et élastiques : pulvinus, pour l’usage ordinaire ; pulvinar, pour un usage solennel et religieux.
Culmen. Fastigium.
Culmen, la ligne faîtière du toit ; fastigium, l’extrémité de cette ligne, le point où les solives du toit forment un angle par leur inclinaison et leur rencontre. Fastigium est une partie du culmen dans Virg. Æn. II, 458. “Evado ad summi fastigia culminis.” “Je m’élance aux angles de la dernière terrasse.” Au figuré culmen désigne simplement le sommet comme le point supérieur, le plus élevé, à peu près comme ϰολοφὸν, ce n’est qu’un rapport de lieu ; fastigium contient une idée de prééminence, c’est le plus haut degré, le degré suprême, à peu près comme ϰορυφή. Culmen tecti, la dernière partie de la construction ; fastigium, la couronne de l’édifice. Fastigium désignera le trône, tandis que culmina montium est bien plus usité que fastigia.
Culmus. Calamus. Stipula. Spica. Arista. Arundo. Canna.
1. Culmus, tige mince et élancée, en particulier celle du blé ; calamus, même tige considérée comme un tuyau, en particulier celle du roseau.
2. Culmus, la tige du blé qui supporte l’épi de même que le corps supporte la tête, partie intégrante du tout ; stipula, la tige considérée comme la partie inutile, sans valeur en comparaison de l’épi, le chaume.
3. Spica, l’épi plein, le fruit du blé, sans égard à la forme ; arista, l’épi barbu, la pointe ou partie supérieure de la tige, sans égard au contenu, parfois les barbes seules. Quintil. I, 3, 5. “Imitatæ spicas herbulæ inanibus aristis ante messem flavescunt.” “Mauvaises herbes qui imitent l’épi plein, mais dont la tête barbue est vide et qui jaunissent avant la moisson.”
4. Calamus, dans le sens de roseau, est le terme général ; arundo, roseau long et fort ; canna, roseau petit et mince. Colum. IV, 32. “Ea est arundineti senectus, cum ita densatum est, ut gracilis et cannæ similis arundo prodeat.” “Une plantation de roseaux est vieille lorsqu’elle s’est épaissie au point de ne plus fournir que des roseaux grêles, semblables à ceux de la petite espèce.”
Culpa. Noxia. Noxius. Nocens. Sons.
1. Culpa, cas de celui qui doit répondre d’un dommage (peccatum, delictum, maleficium, flagitium ou nefas) ; ce mot suppose une responsabilité, et par suite un être raisonnable, il est opposé à casus ou à necessitas ; noxia, cas de celui qui a causé un dommage, il peut être imputé à tout être capable d’agir, par opposition à innocentia. Liv. III, 42, 2. “Illa modo in ducibus culpa, quod ut odio essent civibus fecerant ; alia omnis penes milites noxia erat.” “Les chefs n’avaient qu’un tort, qui était de s’être rendus odieux à leurs concitoyens ; tout le mal venait d’ailleurs des soldats.” Cic. Marc. 13. “Etsi aliqua culpa tenemur erroris humani, a scelere certe liberati sumus.” “Et s’il nous reste un tort, c’est d’être tombés dans une erreur familière à l’homme ; quant au crime, nous en sommes certainement débarrassés.” Et Ovid. Trist. IV, 1, 23. “Et culpam in facto, non scelus esse meo.” “Et s’il y a faute dans mon fait, il n’y a point de crime.” Dans ces exemples le terme le plus général pour toute espèce de faute, culpa, se prend particulièrement pour la plus petite de toutes, pour le delictum.
2. Culpa et noxia supposent une action dommageable ; vitium, une action ou une qualité blâmable, et même un défaut naturel dont personne ne peut nous faire un crime.
3. Nocens, innocens désignent la culpabilité ou l’innocence dans un cas déterminé, à propos d’une action isolée ; mais noxius et innoxius ainsi que les adjectifs poétiques nocuus et innocuus se rapportent à l’être et au caractère en général. Plaut. Capt. III, 5, 7. “Decet innocentem servum atque innoxium confidentem esse” ; c’est-à-dire “un esclave qui se sait innocent” dans le cas particulier dont il s’agit, et qui en général ne fait rien de mal.
4. Noxius, le coupable au sens matériel, comme auteur et cause d’un dommage, ϐλαϐερός ; sons, au sens moral et judiciaire, comme condamné ou méritant d’être condamné, θῶος.
Cunæ. Cunabula.
Cunæ, le berceau même ; incunabula, la literie et les autres accessoires du berceau. Plaut. Truc. V, 13[1]. “Fasciis opus est, pulvinis, cunis, incunabulis.” “Il faut des bandes, des coussins, un berceau, de la literie et du linge.”
- [1] Ce qui reste du cinquième acte n’est pas divisé en scènes.
Cunctari. Hæsitare. Cessare.
Cunctari, hésiter par réflexion, μέλλειν ; hæsitare, par défaut de résolution ; cessare, par manque de force et d’énergie, ὀϰνεῖν. Le cunctans remet à commencer ; le cessans, à poursuivre.
Cupido. Cupiditas. Libido. Voluptas.
1. Cupido, le désir qui nous porte vers quelque chose conçu comme un principe d’activité par opposition à la répugnance ; cupiditas, la passion conçue comme un état par opposition au calme de l’âme. Il faut que cupido soit joint, et cupiditas peut être joint à un génitif exprimé ou sous-entendu ; cupido se rapporte alors par préférence aux biens ordinaires et à l’argent ; cupiditas, à des biens de toute sorte. Vell. P. II, 33. “Pecuniæ cupidine”, “par un vif amour de l’argent”. Et tout à la suite : “interminatam imperii cupiditatem”. “Une passion démesurée d’autorité.”
2. Cupido et cupiditas sont opposés au désir modéré ; mais libido, c’est la fantaisie et le caprice par opposition à la volonté raisonnable, ratio ou voluntas. Libidines, les caprices par rapport au défaut d’empire sur soi-même ; voluptates, les plaisirs par opposition aux goûts sérieux ou au chagrin. Tac. H. II, 31. “Minus Vitellii ignaræ voluptates quam Othonis flagrantissimæ libidines timebantur.” “Les plaisirs paresseux de Vitellius paraissaient moins redoutables que les caprices ardents d’Othon.”
Cur. Quare.
Cur sert aussi bien pour de véritables questions que pour des exclamations sous forme de questions ; quare ne s’emploie que pour des questions qui exigent une réponse.
Cura. Sollicitudo. Angor. Dolor. Ægritudo.
Cura, sollicitudo et angor, impression pénible causée par l’idée d’un mal, d’un danger à venir : cura, sous forme de pensée, le souci, la sollicitude, φροντὶς, par opposition à incuria ; sollicitudo, sous forme de sentiment, l’inquiétude, l’agitation, μέριμνα, par opposition à securitas ; angor, sous forme de passion, l’angoisse, l’anxiété, par opposition à solutus animus. Dolor et ægritudo se rapportent à un mal présent : dolor exprime un désagrément, la douleur, par opposition à gaudium, ἄλγος ; ægritudo, une maladie, la tristesse noire, ἀνία, par opposition à alacritas. Cic. Finn. I, 22. “Nec præterea res ulla est, quæ sua natura aut sollicitare possit aut angere.” “Et il n’y a rien hors de là qui soit de nature à causer de l’inquiétude ou de l’anxiété.” Accius dans Nonius. “Ubi cura, ibi anxitudo.” “Les soucis ne vont point sans humeur.” Plin. Ep. II, 11. “Cæsar mihi tantum studium, tantam etiam curam (nimium est dicere sollicitudinem) præstitit ut...” “César s’est montré si zélé pour moi, si soucieux même (car, de dire inquiet, ce serait trop) que...” Quintil. VIII, pr. 20. “Curam ego verborum, rerum volo esse sollicitudinem.” “J’entends que les mots donnent du souci, les choses de l’inquiétude.”
Curvus. Uncus. Pandus. Incurvus. Recurvus. Reduncus. Repandus. Aduncus.
1. Curvus ou en prose curvatus, terme général pour tout ce qui est courbé, depuis la courbe la plus faible jusqu’à la circonférence parfaite ; uncus suppose une forte courbure qui se rapproche du demi-cercle, comme un crochet ; pandus, une courbure faible qui s’éloigne peu de la ligne droite, comme une échancrure.
2. Les curva forment une courbe continue ; les incurva supposent une ligne droite dont l’extrémité seule dégénère et se termine en courbe, comme ἐπιϰαμπὴς, par exemple, le bâton augural ou le corps d’un homme qui se baisse, etc.
3. Recurvus, reduncus et repandus désignent des courbes tournées en dehors ; aduncus, une courbe tournée en dedans. Plin. H. N. XI, 37. “Cornua aliis adunca, aliis redunca.” “Chez les uns les cornes sont tournées en dedans, chez les autres en dehors.”
- Cuspis, v. [Acies].
Custodia. Carcer. Ergastulum.
Custodia, lieu quel qu’il soit où sont retenus des prisonniers, fourrière ; carcer, prison bâtie exprès surtout pour les citoyens ; ergastulum, maison de correction pour des esclaves.
- Cutis, v. [Tergus].
- Cyathus, v. [Poculum].
- Cymba, v. [Navigium].