P
- Pædor, v. [Lutum].
Pæne. Prope. Fere. Ferme.
Pæne et prope servent à adoucir une expression trop forte et à faire passer une hyperbole : pæne, qui est opposé à plane, se traduit par presque ; prope, par peu s’en faut que. Fere et ferme ne servent qu’à se précautionner contre la lettre de l’assertion, comme à peu près, environ.
- Pætus, v. [Strabo].
- Palam, v. [Aperire].
- Palari, v. [Errare].
- Palus, v. [Lacuna].
- Pandus, v. [Curvus].
- Palpare, v. [Mulcere].
- Palus, v. [Stipes].
- Par, v. [Æquus].
- Parere, v. [Creare].
- Paratus, v. [Præditus].
Parere. Obedire. Dicto audientem esse. Obsequi. Obsecundare. Morigerari. Obtemperare.
Parere, obedire et dicto audientem esse présentent l’obéissance comme une obligation, un devoir, une sujétion : parere, avec une idée d’humilité, l’obéissance du serviteur à son maître, du sujet à son prince, par opposition à imperare ; obedire, obedire, avec un certain air de liberté, celle de l’inférieur au supérieur, du citoyen à la loi et à l’autorité ; dicto audientem esse, avec l’idée de la subordination stricte, l’obéissance passive du soldat à son général. Obsequi, obsecundare, obtemperare et morigerari expriment une obéissance volontaire et libre, comme être docile. L’obsequens et l’obsecundans sont dociles par amour et complaisance ; ils se montrent pleins de bonne volonté ; le morigerans et l’obtemperans le sont par conviction, estime ou crainte ; ils font preuve de déférence. Hirt. B. Afr. 57. “Jubæ barbaro potius obedientem fuisse quam nuntio Scipionis obtemperasse.” “Obéir à un barbare, à Juba, plutôt que d’écouter le messager de Scipion.” Tac. H. II, 14. “Parata non arma modo, sed obsequium et parendi amor”, c’est-à-dire de la docilité inspirée par l’estime et l’amour qu’ils portaient au général et du plaisir à obéir, parce qu’ils sentaient que leur cause ne pouvait pas se soutenir sans subordination et sans ordre. Cic. Orat. 71. “Dum tibi roganti voluerim obsequi.” “Voulant aller au-devant de ta prière.” Comparez avec Famm. IX, 25. “Obtemperare cogito præceptis tuis.” “Je pense me conformer à tes prescriptions.”
Pars. Portio.
Pars, la partie, par rapport au tout ; portio, la portion ou la part, par rapport à celui qui en a la jouissance. Plin. H. N. XI, 15. “Æstiva mellatione decimam partem apibus relinqui placet, si plenæ fuerint alvi ; sin minus, pro rata portione.” “Cassius Dionysius veut qu’on laisse aux abeilles le dixième de la récolte d’été, lorsque les ruches sont pleines, et une part proportionnée lorsqu’elles ne sont pas entièrement remplies.” (Traduction de Guéroult.)
Partes. Factio.
Partes, parti qui se forme de lui-même en vertu de la différence des principes et des intérêts ; factio, faction qui se forme par une association étroite entre ses membres, et qui agit de concert avec une ardeur aveugle jusqu’à recourir à la violence pour assurer la suprématie de sa cause. Sall. Jug. 31. “Inter bonos amicitia, inter malos factio est.” “Cette union, qui serait amitié entre des gens de bien, n’est qu’une faction entre des scélérats.”
- Particeps, v. [Socius].
- Partiri, v. [Dividere].
- Participare, v. [Impertire].
Parumper. Paulisper.
Parumper, pour un peu de temps ; paulisper, pendant un peu de temps. Il suit de là que parumper se dit par préférence des actes de l’esprit, paulisper, des faits matériels, parce que l’idée de futur contenue dans parumper s’associe presque nécessairement à ces actes de l’esprit, tandis que paulisper marque un état et une simple durée, par exemple paulisper morari, s’arrêter quelque temps, mais parumper dubitare, hésiter pour un temps.
Parvus. Minutus. Exiguus. Pusillus.
Parvus et minutus expriment la petitesse dans un sens indifférent et purement mathématique, sans idée accessoire : parvus, une petitesse naturelle et inhérente, par opposition à magnus, comme μιϰρός ; minutus, une petitesse factice, artificielle. Exiguus et pusillus expriment en outre une idée accessoire de mépris : exiguus, avec une nuance de pitié, comme misérable, insignifiant, par opposition à amplus ou à grandis ; pusillus, avec une nuance de ridicule, comme tout petit, nain, par opposition à ingens, comme τυτθός.
- Pascere, v. [Alimenta].
Passi. Prolixi. Sparsi.
Passi capilli, cheveux dénoués par opposition à ceux qui sont retenus par un nœud, cohibiti nodo ; prolixi, cheveux flottants par opposition à ceux qui sont relevés sur le haut de la tête, religati in verticem ; enfin sparsi, cheveux épars et en désordre par opposition à des cheveux bien peignés, pexi.
Paternus. Patrius.
Paternus, πατρῷος, ce qui appartient au père et ce qui vient de lui, comme paternel ; patrius, πάτριος, ce qui appartient aux ancêtres ou à la patrie et ce qui vient d’eux.
Paulatim. Sensim. Gradatim. Pedetentim.
Paulatim et sensim présentent la gradation sous l’image d’un progrès qui passe inaperçu : paulatim, comme peu à peu, par opposition à semel d’une seule fois ; mais sensim comme insensiblement, par opposition à repente, tout à coup ; gradatim et pedetentim, sous l’image d’un progrès visible : gradatim, comme pas à pas et ϐάδην, par opposition à cursim, saltuatim, etc. ; pedetentim, en avançant avec peine et pied à pied par opposition à cursu, equo, volatu, velis.
- Paulisper, v. [Parumper].
Paupertas. Inopia. Egestas. Mendicitas.
Paupertas, modicité de ressources qui oblige à se restreindre, par opposition à dives, comme πενία ; inopia et egestas, pauvreté accablante qui impose des souffrances et des privations : mais inopia exprime comme ἀπορία le dénûment en lui-même, le défaut de ressources qui empêche de se tirer d’affaire, par opposition à copia ou opulentia ; et egestas comme ἔνδεια la pauvreté besoigneuse et nécessiteuse, par opposition à abundantia ; enfin mendicitas, l’indigence qui réduit les gens à mendier, πτωχεία. Le pauper n’a pas grand’chose, l’inops et l’egenus ont trop peu de chose, le mendicus n’a rien du tout. Dans la classification des rangs par échelle de richesse les pauperes forment la classe moyenne qui est obligée de vivre bourgeoisement et parcimonieusement ; les inopes et les egeni, quand ces deux mots ne s’appliquent point à une gêne passagère, forment la classe des pauvres qui vivent au jour le jour de leur travail et sont même exposés à souffrir la faim ; les mendici, la classe des mendiants qui ne vivent que d’aumônes, également dépourvus de toute propriété et de toute industrie. Cic. Parad. 6. “Istam paupertatem vel potius egestatem et mendicitatem tuam nunquam obscure tulisti.” “Médiocrité de fortune, pauvreté besoigneuse, indigence, tu as constamment porté ton sort au grand jour.” Suet. Gr. 14. “Vixit in summa pauperie et pæne inopia.” “Il vécut dans une extrême médiocrité qui était presque du dénûment.” Plin. Ep. IV, 18. “Inopia vel potius, ut Lucretius ait, egestas patrii sermonis.” “La stérilité ou plutôt, comme parle Lucrèce, l’impuissance de la langue maternelle.” Cic. Inv. I, 47. “Propter inopiam in egestate esse.” “Tomber du dénûment dans la gêne.”
- Pax, v. [Otium].
- Pavire, v. [Verberare].
- Peccatum, v. [Delictum].
- Peculari, v. [Vastare].
- Peculiaris, v. [Privus].
Pecunia. Nummus. Moneta.
Pecunia, terme collectif, somme d’argent ; nummus, la pièce d’argent par rapport à sa valeur et à son usage ; moneta, la monnaie par rapport à son empreinte et à son aspect.
Pecus. Jumentum. Armentum. Grex.
1. Pecus, pecoris, terme général pour tous les animaux domestiques ; jumenta et armenta, gros bétail, bœufs, ânes, chevaux ; pecus, pecudis, petit bétail, cochons, chèvres, et par préférence les moutons.
2. Jumenta, bêtes de trait, bœufs, ânes, chevaux ; armenta, bêtes de labour, bœufs et chevaux, à l’exclusion des vaches, des ânes de bât, des chevaux de selle qui ne vont ni à la voiture ni à la charrue.
3. Pris au singulier et comme nom collectif, armentum signifie un troupeau de gros bétail, ἀγέλη ; grex est un troupeau de petit bétail, comme ποίμνη, πῶϋ. Plin. Ep. II, 16. “Multi greges ovium, multa ibi equorum boumque armenta.” “De nombreux troupeaux de petit et de gros bétail, moutons, chevaux, bœufs.”
- Pecus, v. [Animal].
- Pedica, v. [Vincula].
- Pejor, v. [Deterior].
- Pellucidus, v. [Perlucidus].
- Penitus, v. [Plane].
- Penus, v. [Alimenta].
- Percussor, v. [Homicida].
- Pedetentim, v. [Paulatim].
- Pejerare, v. [Perlucidus].
- Pelagus, v. [Mare].
- Pellegere, pellicere, v. [Perlucidus].
- Pellis, v. [Tergus].
- Pendere, v. [Hærere].
- Penna, v. [Ala].
- Percontari, v. [Rogare].
- Percutere, v. [Interficere].
Perdere. Pessundare. Pervertere. Evertere.
Perdere et pessundare, anéantir : perdere, en brisant l’objet, par destruction ; pessundare, par submersion ou par quelque autre manière de faire disparaître l’objet. Evertere, pervertere et subvertere, renverser : evertere, en déterrant ou en arrachant ce qui est assujetti par le pied, il est opposé à fundare ; pervertere, en jetant à bas ce qui se tient debout ; subvertere, par une voie secrète et souterraine, en sapant la base. Cic. Pis. 24. “Provincia tibi ista manupretium fuerit non eversæ per te sed perditæ civitatis.” “Ce sera ton salaire pour avoir causé la chute et même la ruine de l’État.”
- Perdere, v. [Amittere].
- Peregrinus, v. [Exterus].
- Perferre, v. [Ferre].
- Perfidiosus, perfidus, v. [Fidus].
- Peregrinari, v. [Proficisci].
- Peremtor, v. [Homicida].
- Perficere, v. [Finire].
Perfuga. Transfuga. Profugus. Fugitivus. Extorris. Exul. Perfugium. Suffugium. Refugium.
1. Perfuga et transfuga, le déserteur qui fuit d’un parti vers l’autre, αὐτόμολος : mais le transfuge, perfuga, passe à l’ennemi en criminel qui trahit son parti ; le transfuga n’est qu’un homme irrésolu qui abandonne les siens pour aller ailleurs. Profugus et fugitivus, le fugitif qui abandonne sa demeure : le profugus est un infortuné qui cède à la force en fuyant sa patrie et qui court le monde comme un banni, φυγάς ; le fugitivus est un coupable qui se dérobe à son devoir, à son poste, à sa prison, à son maître, δραπέτης. On entend généralement par perfuga et transfuga un soldat, par profugus un citoyen, par fugitivus un esclave. Liv. XXX, 43. “De perfugis gravius quam de fugitivis consultum.” “Les transfuges furent plus sévèrement traités que les esclaves fugitifs.”
2. Perfugium, asile public et sûr dans des dangers sérieux ; suffugium, asile sinon secret, du moins fortuit et temporaire contre des contrariétés ; refugium, asile préparé ou du moins choisi d’avance en cas de retraite.
3. Profugus marque un état de fait, celui d’un homme qui fuit hors de son pays ; extorris, un état politique, comme proscrit ; exul, un état légal comme exilé. L’extorris subit un malheur, il ne peut plus rester dans sa patrie ; l’exul subit un châtiment, il n’a plus le droit d’y rester. Appul. Met. V, p. 101. “Extorres et... velut exulantes.” “Proscrits et comme exilés.”
- Periclitari, periculum, v. [Tentare].
- Perimere, v. [Interficere].
- Perire, v. [Mors].
Perlucidus. Pellucidus. Perlegere. Pellegere. Perlicere. Pellicere. Perjurare. Pejerare.
Examinant ces mots par couples, le premier des deux, qui est la forme primitive, a chaque fois l’accent sur l’adverbe per ; le second, qui est une forme adoucie par l’assimilation de l’r en l ou par l’élimination de l’r, a l’accent sur le nom ou sur le verbe, et la racine accentuée prédomine dans la signification du composé.
1. Perlucidus, très-lumineux ; pellucidus, transparent.
2. Perlegere, lire d’un bout à l’autre ; pellegere, parcourir, feuilleter.
3. Perlicere, attirer avec une force irrésistible ; pellicere, séduire.
4. Perjurare, prêter un faux serment ; pejerare, violer un serment.
- Permittere, v. [Concedere] et [Fidere].
- Pernegare, v. Negare.
- Pernicies, v. [Lues].
- Pernix, v. [Citus].
Perperam. Falso. False. Fallaciter.
1. Perperam s’entend de la fausseté du fait, comme inexactement ; falso, de la personne qui se trompe, comme par erreur, par méprise...
2. Falso agere ne se dit que d’une erreur où l’on est ou d’une illusion qu’on se fait ; false et fallaciter agere supposent qu’on va contre ce qu’on sait et contre sa conscience : false, comme faussement, par crainte et faiblesse de caractère ; fallaciter, comme fallacieusement, avec la mauvaise intention de duper et de trahir. Comparez Tacite, Ann. I, 1. “Tiberii res... ob metum false compositæ sunt” (d’après le texte de Wolf). “La peur a dicté des faussetés aux historiens de Tibère” ; avec Germ. 36. “Inter impotentes et validos falso quiescas.” “Entre des voisins puissants et forts un peuple ne goûte qu’un repos trompeur.”
3. Les idées exprimées par falso et false sont réunies dans l’adjectif falsus, qui ne se distingue que de fallax. Cic. Phil. XII, 2. “Spes falsa et fallax.” “Fausse et perfide espérance.” Tac. Ann. XVI, 32. “Specie bonorum falsos et amicitiæ fallaces.” “La fausseté sous un semblant de vertu, la perfidie sous un semblant d’amitié.”
- Perpeti, v. [Ferre].
- Perpetuus, v. [Continuus].
Perquam. Valde. Admodum. Magnopere.
Perquam, extraordinairement, avec une nuance de surprise chez la personne qui parle ; valde, très, admodum, assez, et multum, servent simplement à renforcer le sens de l’attribut ou du verbe, magnopere, du verbe seul.
- Perseverantia, v. [Pervicacia].
- Persona, v. [Larva].
- Pertinacia, v. [Pervicacia].
- Pervertere, v. [Vertere] et [Perdere].
Pervicacia. Perseverantia. Pertinacia. Contumacia. Destinatio. Obstinatio.
1. Pervicacia et perseverantia présentent comme une vertu l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré : la pervicacia est fondée sur une énergie naturelle, c’est l’ardeur opposée à la lassitude ; la perseverantia, sur le développement des qualités sérieuses, c’est la persistance opposée à la versatilité. Pertinacia et contumacia expriment un défaut : la pertinacia provient d’un attachement opiniâtre à une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par opposition à la condescendance ; la contumacia, de l’orgueil qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de résistance par opposition à la docilité ou obsequium. Accius dans Non. “Tu pertinaciam esse, Antiloche, hanc prædicas, ego pervicaciam esse aio et a me uti volo.” “Tu soutiens que c’est de l’entêtement ; je dis que c’est une fermeté généreuse que je tiens à montrer.” Cic. Inv. II, 54. “Unicuique virtuti finitimum vitium reperietur, ut pertinacia quæ finitima perseverantiæ est.” “On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les vertus ; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la persévérance.”
2. Pervicacia, etc., marquent la stabilité dans une résolution prise ; destinatio et obstinatio ont plus de rapport à l’acte qui consiste à la prendre : destinatio, lorsqu’elle est irrévocable, c’est de la décision ; obstinatio, lorsqu’on s’y attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et de toutes les représentations raisonnables, c’est de l’endurcissement.
Petere. Rogare. Postulare. Exigere. Poscere. Flagitare.
1. Petere et rogare, termes généraux pour toute espèce de demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige ; ils tiennent le milieu entre poscere et orare, sauf à se rapprocher quelque peu du dernier : petere se rapporte à l’objet qu’on souhaite ; rogare, à la personne à laquelle on s’adresse, d’où petere aliquid ab aliquo, mais rogare aliquem aliquid. Cic. Verr. IV, 28, 64. “Iste petit a rege et eum pluribus verbis rogat, ut id ad se mittat.” “Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en sollicite longuement.” Famm. II, 6. “Ne id quod petat, exigere magis quam rogare videatur.” “Pour tâcher d’en venir à ses fins sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur.”
2. Postulare et exigere se disent d’une demande pure et simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté : postulare s’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite ; exigere, de ce qu’on prétend. Poscere et flagitare se disent d’une demande pressante : poscere, d’une demande faite d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa puissance ; flagitare, d’une demande faite avec impétuosité dans la passion et dans l’impatience du désir. Tac. H. II, 39. “Othone per literas flagitante ut maturarent, militibus ut imperator pugnæ adesset poscentibus ; plerique copias trans Padum agentes acciri postulabant.” “La lettre d’Othon exprimait une vive impatience d’en finir ; les soldats exigeaient que l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille ; un très-grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies au delà du Pô.” Cic. Verr. III, 34. “Incipiunt postulare, poscere, minari.” “Viennent les demandes, les exigences, les menaces.” Planc. 19. “Poscere atque etiam flagitare crimen.” “Exiger, vouloir emporter une accusation.” Legg. I, 5. “Postulatur a te jam diu vel flagitatur potius historia.” “Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de t’arracher cette histoire.”
- Petra, v. [Saxum].
Petulans. Procax. Protervus. Lascivus.
Le petulans blesse le sentiment des convenances, modestia, par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles ; le procax, par indiscrétion, impertinence et importunité ; le protervus, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne respecte rien ; le lascivus, par une joie bruyante et folâtre. Il faut chercher l’origine de la petulantia dans l’aversion pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté ; celle de la procacitas dans la hardiesse ou l’impudence ; celle de la protervitas dans le sentiment exagéré de sa force ou dans l’orgueil ; celle de la lascivia dans la gaieté du caractère ou dans le défaut de gravité. Liv. XXXVIII, 24. “Flagitatum quoque stipendium, procacius quam ex more et modestia militari erat.” “On réclama vivement la solde avec une impudence contraire à tous les usages et à la subordination.”
- Pietas, v. [Diligere].
Piget. Tædet. Pœnitet.
Piget se dit en général de ce qu’on ne se soucie ni de faire ni de souffrir ; tædet, de ce qu’on ne se soucie point de faire ni de souffrir plus longtemps ; pænitet, de ce qu’on aimerait mieux n’avoir jamais fait ni souffert.
Pinguis. Opimus. Obesus. Corpulentus.
1. Pinguis, gras dans un sens indifférent ou défavorable, la graisse étant de toutes les parties constituantes du corps la plus insensible et la moins élastique, d’où au figuré mou ; opimus, gras dans le bon sens, quand c’est un signe que les chairs sont pleines et qu’on est bien nourri, d’où au figuré abondant.
2. Obesus se dit de l’embonpoint, mais en associant à l’idée principale une idée accessoire de pesanteur par opposition à gracilis ; corpulentus se dit de l’embonpoint pris par son beau côté, par rapport à la prestance qui l’accompagne.
- Pinna, v. [Ala].
- Placidus, v. [Mitis].
- Pirata, v. [Præda].
- Plaga, v. [Locus], [Rete] et [Vulnus].
- Plancæ, v. [Axes].
Plane. Omnino. Prorsus. Penitus. Utique.
Plane, nettement, netto par opposition à pæne ou à vix ; omnino, entièrement, et en général par opposition aux subdivisions, aux cas isolés, aux exceptions, à magna ex parte ou à separatim, comme ὅλως ; prorsus, précisément, par opposition à en quelque sorte ou à pour ainsi dire ; penitus, de fond en comble, jusqu’au fond, par opposition à dans une certaine mesure ou à superficiellement, πάντως ; utique, dans tous les cas, il a pour opposés à tout hasard, peut-être, ὁπωσδήποτε.
Plerique. Plurimi.
Plerique, superlatif absolu, un très-grand nombre ; plurimi, superlatif relatif, la plupart. Tac. Ann. XIII, 27. “Plurimis equitum, plerisque senatorum non aliunde originem trahi.” “La plupart des chevaliers, un très-grand nombre de sénateurs n’avaient pas d’autre origine.”
- Plorare, v. [Lacrimare].
- Plurimi, v. [Plerique].
- Pluma, v. [Ala].
Pluvia. Imber. Nimbus.
Pluvia, phénomène bienfaisant, pluie générale qui abreuve le sol altéré, ὑετός ; imber et nimbus, phénomène désagréable, pluie locale qui vient gâter une belle journée : imber, lorsqu’elle est accompagnée d’un temps froid et orageux ; nimbus, d’un temps couvert.
Poculum. Calix. Scyphus. Simpuvium. Cyathus. Crater.
1. Poculum et calix, qui appartiennent à la vieille langue latine, se disent de tout vase à boire, sans autre idée que celle de l’usage auquel il sert : poculum, vase ordinaire pour les repas ; calix, vase, coupe plus riche pour les festins. Scyphus, cantharus, cymbium, culigna, mots étrangers empruntés au grec, se disent de certaines espèces de vases par rapport à leur forme.
2. Poculum, etc. servent tous de vases à boire ; le vieux mot romain simpuvium et cyathus qui est venu plus tard, vases à puiser pour remplir les pocula en prenant au crater, comme on remplit les verres à punch en puisant avec la cuiller dans le bol.
- Poema, v. [Canere].
- Pœnitet, v. [Piget].
- Poena, v. [Vindicta].
- Poeta, v. [Canere].
- Pollere, v. [Posse].
Polliceri. Promittere. Spondere. Recipere.
Polliceri, promettre de plein gré, par un acte de complaisance et de prévenance, ἐπαγγέλλεσθαι ; promittere, à la suite d’une demande, par un acte de consentement, avec l’intention de tenir, ὑπισχνεῖσθαι ; spondere et despondere, promettre formellement, à la suite d’une stipulatio par un engagement qui lie en justice, ἐγγυᾶν ; recipere, prendre sur soi et s’engager d’honneur pour tranquilliser une personne qui est dans la peine, ἀναδέχεσθαι. Le pollicens fait des offres agréables ; le promittens ouvre une perspective satisfaisante ; le spondens donne une garantie judiciaire ; le recipiens nous ôte nos soucis. Cic. Att. XIII, 1. “Quoniam de æstate polliceris vel potius recipis.” “Puisque tu t’avances sur ce sujet ou plutôt puisque tu te fais fort” ; car le pollicens n’engage que sa bonne volonté, le recipiens répond du succès. Sen. Ep. 19. “Jam non promittunt de te sed spondent.” “Ils ne se bornent plus à promettre, ils s’engagent pour toi.” Cic. Famm. VII, 5. “Neque minus ei prolixe de tua voluntate promisi quam eram solitus de mea polliceri.” “Et je lui ai promis ta bienveillance avec autant d’assurance que si je n’avais eu qu’à m’avancer pour mon compte : car Cicéron ne pouvait donner au nom de Trébatius que des espérances, mais il pouvait faire de son chef des promesses positives.”
- Polluere, v. [Contaminare].
- Pondo, v. [Libra].
- Pontus, v. [Mare].
- Populari, v. [Vastare].
- Pompa, v. [Funus].
- Pondus, v. [Moles].
- Popina, v. [Deversorium].
- Populus, v. [Gens].
Porca. Sulcus. Lira.
Porca, billon, terre relevée entre deux sillons ; sulcus, creux du sillon, trace faite dans la terre par la charrue ; lira, tantôt l’un, tantôt l’autre.
Posse. Quire. Valere. Pollere.
1. Posse et quire sont originairement transitifs : posse, être apte par vigueur et par force, δύνασθαι ; quire, par le concours de toutes les qualités qu’on possède, comme οἷόν τ’ εἶναι. Cic. Tusc. II, 27. “Barbari ferro decertare acerrime possunt, viriliter ægrotare non queunt.” “Les barbares peuvent bien se battre à outrance le fer à la main ; aux prises avec la maladie, ils sont incapables d’être hommes.” Valere et pollere sont neutres, d’où possum ou queo vincere, mais valeo ou polleo ad vincendum.
2. Valere, posséder une juste mesure de forces, valoir un autre homme, par opposition à des forces insuffisantes, comme σθένειν ; pollere, avoir un excès de forces et de ressources et se distinguer par là de la foule, par opposition à des forces ordinaires, comme ἰσχύειν.
- Possidere, v. [Tenere].
- Posteritas, v. [Stirps].
- Postremus, v. [Extremus].
- Postulare, v. [Petere].
- Potare, v. [Bibere].
Potentia. Potentatus. Potestas. Vis. Robur.
Potentia, potentatus et potestas, puissance qui vient du dehors, qui a des hommes pour instruments et pour sujets ; vis et robur, puissance, force intérieure, indépendante du concours et de la bonne volonté d’autrui. Potentia, pouvoir de fait qui se fait sentir à volonté, δύναμις ; potentatus, rang du souverain reconnu par le peuple, δυναστεία ; potestas, autorité légitime et légalement déférée, ἐξουσία. Tac. Ann. XIII, 19. “Nihil tam fluxum est quam fama potentiæ non sua vi nixæ.” “Rien de si fragile que le crédit d’un pouvoir qui n’a point en lui-même les éléments de sa force.” Vis, la force active et agressive, comme faculté de contraindre les autres, ϰράτος ; robur, la force au repos, comme faculté de résister et de durer, ῥώμη.
- Potestas, v. [Occasio].
Præbere. Exhibere. Præstare. Repræsentare.
Præbere et exhibere, aller spontanément au-devant d’un besoin ou d’un désir : le præbens cède son bien à quelqu’un ; l’exhibens se dessaisit du sien en faveur du public. Præstare et repræsentare, s’exécuter pour remplir un devoir : le præstans se libère, pour ainsi dire, d’une dette en se rangeant à son devoir ; le repræsentans accomplit une promesse, au lieu de tarder encore à la tenir.
Præda. Manubiæ. Spolia. Exuviæ. Rapina. Prædo. Latro. Pirata.
1. Præda et manubiæ, le butin considéré comme un bien de conquête et comme un profit ; spolia et exuviæ, considéré en outre comme une marque de victoire et d’honneur.
2. Præda, toute espèce de butin ; manubiæ, le butin légitime du soldat, fait à la guerre ; rapina, le butin illégitime du prædo, qui trouble la paix publique, le fruit du vol.
3. Prædo, brigand en général, celui qui exerce le brigandage comme un métier, ληστής. C’est le terme générique, par rapport à latro, le voleur de grands chemins, σίνις, et à pirata, le pirate. Raptor, le ravisseur d’une personne ou d’un objet déterminé, ἁρπαϰτήρ.
- Prædicere, v. [Divinare].
Præditus. Instructus. Exstructus. Ornatus.
1. Præditus s’entend d’une qualité éminente qui est un titre d’honneur ; instructus et exstructus, d’une qualité solide qui rend propre à certains usages. Les deux idées sont réunies dans ornatus. L’instrumentum sert, le decus donne de l’éclat, l’ornamentum semble tirer son lustre d’une utilité éminente. Instructus suggérera, par exemple, l’image d’un armement complet qui est un gage de protection et de sécurité ; ornatus, celle d’un armement parfait et imposant. Il faut se placer à un point de vue élevé et viser à l’idéal pour juger l’ornatus indispensable ; c’est du luxe, par rapport aux besoins ordinaires de la vie. Cic. Phil. X, 4. “Græcia copiis non instructa solum, sed etiam ornata.” “La Grèce, qui abonde en ressources solides et même apparentes.” Sen. Tranq. 9. “Sicut plerisque libri non studiorum instrumenta, sed cœnationum ornamenta sunt.” “Pour beaucoup de gens, une bibliothèque n’est point un instrument d’étude, c’est un décor indispensable dans une salle à manger.”
2. Instructus se rapporte à des personnes et à des objets destinés à jouer un rôle offensif ou défensif ; exstructus, à des objets dont la destination est passive, par exemple, instructæ naves, mais exstructæ mensæ. Les exstructa ne laissent plus rien à faire ; les instructa ont reçu un premier achèvement, une préparation complète et n’ont plus qu’à remplir leur destination.
3. Instructus se rapporte à la simple possession des moyens ; paratus, au propriétaire de ces moyens, prêt lui-même à en tirer parti.
- Prædium, v. [Villa].
Præmium. Pretium. Merces.
Præmium, récompense honorable destinée à distinguer celui qui la reçoit, par opposition à pœna, ἆθλον, γέρας ; pretium et merces, payement destiné à acquitter une dette : pretium, prix d’achat pour une marchandise qu’on nous cède, par opposition à gratia, ὦνος ; merces, ce qu’on paye pour tout ce qu’on prend ou tient à louage, hommes et choses, μισθός.
- Præs, v. [Sponsor].
- Præsentem esse, v. [Adesse].
- Præstans, v. [Eminens].
- Præsagire, v. [Divinare].
- Præsentire, v. [Divinare].
- Præstolari, v. [Manere].
Præterea. Insuper. Ultro.
Præterea, de plus, marque simplement qu’on ajoute ce qu’il faut pour compléter un compte, comme πρὸς τούτοις ; insuper, en sus, par-dessus le marché, qu’on fait mesure comble, comme προσέτι ; enfin, ultro, en outre, que ce qu’on ajoute va fort au delà de ce qu’on avait déjà fait, en sorte que tout ce qui a précédé n’a plus aucune valeur.
- Prævidere, v. [Divinare].
- Pravitas, v. [Malitia].
- Precari, v. [Rogare].
- Prehendere, v. [Sumere].
- Pretium, v. [Præmium].
Pridem. Diu. Dudum. Diuturnus. Diutinus.
1. Pridem marque un point dans le temps, une époque, comme il y a longtemps ; diu et dudum marquent un espace, une période, comme depuis longtemps : diu, depuis bien des jours, des mois, des années ; dudum, depuis plusieurs minutes ou plusieurs heures. Jam pridem mortuus est veut dire : il est mort il y a très-longtemps, c’est un aoriste ; mais jam diu mortuus est : il est depuis longtemps dans la tombe, c’est un parfait. Cic. Cat. I, 1. “Ad mortem te duci jam pridem oportebat ; in te conferri pestem illam quam tu in nos omnes jam diu machinaris.” “Il y a longtemps que j’aurais dû te faire conduire au supplice et amasser sur ta tête tous les maux que tu nous prépares depuis longtemps.” Tac. Ann. XV, 64. “Seneca Statium Annæum diu sibi amicitiæ fide et arte medicinæ probatum orat, provisum pridem venenum promeret.” “Sénèque prie Statius Annæus, qui avait depuis longtemps sa confiance comme ami et comme médecin, de lui apporter le poison dont ils étaient autrefois convenus.”
2. Diuturnus se dit d’une longue durée, soit indifféremment, comme de quelque chose de long, en général, soit par éloge, comme de quelque chose de durable et de solide, par opposition à ce qui passe vite, χρόνιος ; diutinus exprime un blâme et se dit de ce qui pèse ou ennuie, comme αἰανός. Cic. Senect. 19. “Nihil mihi diuturnum videtur, in quo est aliquid extremum.” “Une durée dont je vois le terme ne me paraît jamais longue.” Comparez avec Famm. XI, 8. “Libertatis desiderio et odio diutinæ servitutis.” “Par regret de la liberté et par haine d’un esclavage prolongé.”
- Primordium, v. [Initium].
Primores. Principes. Proceres. Optimates.
Primores et principes, les personnages qui jouent un rôle dans l’État, la classe des citoyens influents et notables, par opposition à la foule : primores, ceux qui sont tout portés à cette hauteur par le privilége de la naissance, de la fortune et du rang ; principes, ceux qui, par leur esprit, leurs talents politiques, leur activité, deviennent orateurs, chefs de parti, et s’élèvent aux premières places parmi les primores même et dans tout l’État. Proceres, les grands envisagés dans leur condition naturelle, comme noblesse, par opposition au commun du peuple ; optimates, les mêmes grands considérés comme parti politique, comme aristocrates, par opposition aux démocrates. Accius dans Non. “Primores procerum provocaret nomine.” “Nommer, en les défiant, les premiers personnages de la noblesse.”
Primus. Princeps. Imperator. Cæsar.
1. Primus, le premier à paraître dans l’espace ou dans le temps, en sorte que les autres lui succèdent ; princeps, le premier à faire une chose, celui dont les autres suivent l’exemple.
2. Princeps, l’empereur investi en matière civile de l’autorité suprême qui lui avait été insensiblement dévolue en sa qualité de prince du sénat, princeps senatus ; imperator, l’empereur investi de la plus haute autorité militaire, personne, hors lui et les membres de sa famille, ne pouvant plus être proclamé imperator ; enfin, Cæsar, l’empereur, comme membre, et à partir de Galba, comme simple successeur de la famille et de la dynastie de César.
- Principium, v. [Initium].
- Priscus, pristinus, v. [Antiquus].
Privus. Proprius. Peculiaris.
Privus se dit de la propriété de fait, par opposition à ce que les autres possèdent, à alienus, comme οἰϰεῖος ; proprius, de la propriété exclusive, par opposition aux biens de droit commun, à communis, comme ἴδιος ; enfin peculiaris, des biens qu’on a en propre, par opposition à ceux qu’on partage avec tout le monde, à universalis.
- Probrum, v. [Ignominia] et [Maledictum].
- Probus, v. [Bonus].
- Procax, v. [Petulans].
- Procella, v. [Ventus].
- Proceres, v. [Primores].
- Procerus, v. [Altus].
- Proclivis, v. [Pronus].
- Procrastinare, v. [Differre].
Procul. Longe. Eminus. E longinquo.
1. Procul, à une certaine distance qui permet encore de voir les objets, par opposition à juxta, comme ἄποθεν ; longe, à une grande distance, hors de la portée de la vue, par opposition à prope, comme τῆλε.
2. Eminus, de loin, d’une distance dont la mesure est donnée par la portée des traits ; il est opposé à cominus, comme πόῤῥωθεν ; e longinquo, de très-loin, d’une forte distance, par opposition à e propinquo, comme τηλόθεν.
- Prodigia, v. [Auguria].
Prodigus. Profusus. Helluo. Nepos.
Prodigus et profusus présentent la dissipation comme un trait de caractère : prodigus, en ce sens qu’on ne connaît pas la valeur de l’argent et du bien, qu’on n’est ni désireux ni capable de les faire valoir parcimonieusement, comme le prodigue ; profusus, en ce sens que rien ne paraît trop cher pour satisfaire des fantaisies, par frivolité, comme le dissipateur. Helluo et nepos s’entendent d’un caractère qui se résume tout entier en une seule manie, celle de la dissipation : helluo, le viveur et le libertin émérite ; nepos, le fils de famille qui mange son avoir et celui de ses parents.
- Prælium, v. [Pugna].
- Prorogare, v. [Differre].
Proficisci. Iter facere. Peregrinari.
1. Proficisci désigne le commencement du voyage, comme partir, πορεύεσθαι ; iter facere et peregrinari en comprennent toute la durée, comme voyager, ὁδοιπορεῖν.
2. Iter facere se dit également d’un voyage dans le pays ou à l’étranger ; mais peregrinari, ἐϰδημεῖν, suppose toujours qu’on passe la frontière ; dans ce dernier cas, la peregrinatio continue même quand on est arrivé à destination et que l’iter est fini.
- Profiteri, v. [Fateri].
- Profusus, v. [Prodigus].
- Progenies, v. [Stirps].
- Prohibere, v. [Arcere].
- Proles, v. [Stirps].
- Prolixi, v. [Passi].
- Proloqui, v. [Eloqui].
- Promittere, v. [Polliceri].
- Profugus, v. [Perfuga].
- Pronuntiare, v. [Eloqui].
Pronus. Proclivis. Propensus.
Pronus, au sens moral, marque un penchant en général ; proclivis marque le plus souvent un penchant au bien ; propensus, au mal.
- Propalam, v. [Aperire].
- Prope, v. [Pæne].
- Propensus, v. [Pronus].
- Properus, v. [Citus].
- Propinquus, v. [Necessarius].
- Prorogare, v. [Differre].
- Prosapia, v. [Stirps].
- Prosper, v. [Felix].
- Protinus, v. [Repente].
- Psallere, v. [Canere].
- Proprius, v. [Privus].
- Prorsus, v. [Plane].
- Prosequi, v. [Comitari].
- Protervus, v. [Petulans].
- Prudens, v. [Sapiens].
- Pudens, pudibundus, pudicus, v. [Castus].
- Puella, v. [Virgo].
Puer. Infans. Adolescens. Juvenis. Vir. Vetus. Senex.
Puer, dans son acception générale, l’homme dans ses années de dépendance, tant qu’il n’est ni ne peut être père de famille, en trois périodes : 1º comme infans, enfant, νήπιος, παιδίον, à partir de la première année ; 2º comme puer, au sens restreint, jeune garçon, παῖς, à partir de la septième ; 3º comme adolescens, à l’ouverture de l’adolescence, jeune homme, μειράϰιον, νεανίας, à partir de la seizième. Juvenis, dans son acception générale, l’homme tant que durent les années pendant lesquelles il possède et retient la plénitude de ses forces, à peu près depuis l’époque de la majorité jusqu’aux premières atteintes de l’âge, l’homme jeune, νέος, en trois périodes : 1º comme adolescens, au déclin de l’adolescence, à partir de la dix-huitième année ; 2º comme juvenis, au sens restreint, νεανίας, à partir de la vingt-quatrième ; 3º comme vir, homme fait, ἀνὴρ, à l’ouverture de la virilité, à partir de la trentième. Maturus se dit des années de maturité avancée quand le feu de la jeunesse s’est évaporé, en trois périodes : 1º de l’homme fait, vir, ἀνὴρ, au déclin de la virilité, à partir de la quarantième année ; 2º de l’homme âgé, vetus, γέρων, à partir de la cinquantaine ; 3º du vieillard, senex, πρεσϐύτης, à partir de la soixantaine.
- Pugio, v. [Gladius].
Pugna. Acies. Prœlium.
Pugna, terme général pour toute espèce de combat, depuis le duel jusqu’à la bataille rangée la plus sanglante, μάχη ; acies, action décisive, conduite selon les règles de la tactique entre les parties belligérantes, bataille rangée ; prælium, combat d’occasion entre des détachements, rencontre, engagement, escarmouche, comme συμϐολή.
Pugnare. Confligere. Dimicare. Digladiari.
1. Pugnare et confligere, vider un différend de vive force ; ils s’appliquent presque toujours à l’emploi des masses, à une bataille ; dimicare et digladiari, le vider par la voie des armes et presque toujours en combat singulier.
2. Pugnare marque de préférence une bataille en règle, livrée à dessein et envisagée par son beau côté, comme exigeant à la fois de l’art et du courage ; confligere, un combat de rencontre, pris du vilain côté, comme occasion de meurtre et de carnage. Cic. Balb. 9. “Qui cum hoste nostro cominus sæpe in acie pugnavit.” “Il s’est souvent mesuré de près avec notre ennemi en bataille rangée.” Comparez avec Off. I, 23. “Temere in acie versari et manu cum hoste confligere immane quiddam et belluarum simile est.” “Se jeter follement dans la mêlée d’une bataille et se prendre corps à corps avec l’ennemi, c’est un excès de courage qui tient de la brute.”
3. Dimicare présente l’image d’une lutte soutenue à l’aide de la première arme venue, épée, lance, pique, massue, par un homme qui défend sa vie ; il se prend indifféremment en bonne et en mauvaise part ; digladiari se dit d’un combat à l’épée ou au poignard et présente l’image odieuse d’un gladiateur consommé dont la vocation et l’art consistent dans l’escrime et dans le meurtre. Cic. Tusc. IV, 19. “Convenit dimicare pro legibus, pro libertate, pro patria.” “Il faut savoir se battre pour les lois, la liberté, la patrie.” Comparez avec Legg. III, 9. “Iis sicis, quas ipse se projecisse dicit in forum, quibus inter se digladientur cives.” “Ces poignards qu’il se vante d’avoir jetés dans le Forum pour forcer ses concitoyens à s’entr’égorger.”
- Pulcher, v. [Formosus].
- Pulpa, v. [Caro].
- Pulvinar, v. [Culcita].
- Pullus, v. [Ater].
- Pulsare, v. [Verberare].
Pungere. Stimulare.
Pungere, piquer pour blesser, pour faire mal ; stimulare, aiguillonner pour réveiller et stimuler par la douleur.
- Punire, v. [Vindicta].
Purgatio. Excusatio. Satisfactio.
La purgatio consiste, comme la justification, à se laver par des raisons péremptoires d’un soupçon ou d’une accusation ; l’excusatio ou excuse à reconnaître qu’il y a eu une faute de commise, mais en donnant des assurances ou des preuves de l’innocence de ses intentions ; la satisfactio ou satisfaction, à apaiser la partie offensée ou lésée, en cas d’innocence, par la purgatio ou l’excusatio, en cas de culpabilité, par la veniæ petitio ou par la pœna.
Purus. Mundus. Merus. Putus. Meracus.
1. Purus, synonyme d’integer et opposé de contaminatus, pur et sans tache, ϰαθαρός ; mundus, synonyme de nitidus et opposé de spurcus et de sordidus, pur et net, ϰομψός ; enfin, merus, synonyme de simplex et opposé de mixtus, pur et sans mélange, comme ἀϰήρατος, ἀϰέραιος.
2. Purus, terme général et populaire ; putus ou ordinairement purus putus, purus ac putus, terme technique pour exprimer la pureté de l’or et de l’argent massifs.
3. Merus se dit de tout ce qui est pur, soit indifféremment, soit avec éloge, comme si tout mélange était une falsification ; meracus se dit particulièrement de la pureté du vin qui n’est point trempé et, transporté au figuré à d’autres objets, il exprime une idée de blâme, comme si la matière pure et sans addition n’était pas comme elle doit être, par opposition à temperatus. C’est le sens de l’ancien allemand eitel.