DOMESTIQUES ET OUVRIERS.
Le Bureau d’adresse pour les Maitres qui cherchent des Serviteurs, et pour les Serviteurs qui cherchent des Maitres, est au Marché Neuf devant saint Germain le vieil.
Il y a un particulier Bureau d’adresse à la Grève pour les Cuisiniers et Garçons de cabaret.
Les Nourrices et Servantes à louer se trouvent en des Bureaux de Recommanderesses[1], rue de la Vannerie[2], et rue du Crucifix saint Jacques[3].
[1] V. notre Introduction, p. x. — Dans une pièce de la fin du XVIe siècle que M. de Montaiglon a jointe à ses anciennes poésies, t. I : Chambrière à louer à tout faire, se trouve, p. 90, un passage curieux sur ces premiers bureaux de placement des servantes :
Pourtant me vient à souvenir
Que chez les recommanderesses
Est le lieu où sont les addresses
Pour trouver servantes à louer…
[2] Le bureau des servantes y étoit si connu, qu’au XIVe siècle on l’appeloit moins rue de la Vannerie que rue des Commanderesses ou des Recommanderesses. Il en étoit de même de la rue de la Coutellerie, où se trouvoit un bureau pareil. (Registres crimin. du Châtelet 1389-1392, t. I, p. 37.)
[3] Quand une servante avoit mérité une punition publique, c’est devant le bureau des Recommanderesses qu’on la lui infligeoit pour l’exemple. En 1576, une chambrière ayant eu un enfant du clerc de la maison où elle servoit, et l’ayant exposé la nuit à une porte voisine, fut condamnée au fouet par sentence du Châtelet, le 24 octobre, et c’est devant la maison des Recommanderesses qu’elle fut fouettée. (Bouchel, Bibliothèque, au mot Exposés.)
Plusieurs Laquais cherchant maitres, et qu’on peut même louer par jour[4], se tiennent tous les matins sur les degrez de la vieille Cour et près la petite porte du Palais.
[4] Liger, qui donne aussi ce détail, p. 403, le relève ainsi : « l’on voit qu’on peut, dans l’occasion, se faire suivre à Paris, et se donner l’air d’homme à laquais, sans qu’il en coûte beaucoup. »
Les Garçons de Métier trouvent des embauches ou adresses de boutiques[5] aux lieux ci-après, à sçavoir : pour les Marchands, au Bureau de la rue Quinquempoix ; pour les Verriers, rue saint Denis au Renard ; pour les Drapiers, au Bureau rue des Déchargeurs ; pour les Chirurgiens, chez les Couteliers travaillant aux lancettes, et encore aux Ecoles de Chirurgie rue des Cordeliers ; pour les Apoticaires à la Lamproye rue de la Huchette, et encore au Bureau, cloitre sainte Opportune ; pour les Droguistes Epiciers, au même Bureau ; pour les Fourbisseurs au Bureau rue de la Pelleterie ; pour les Gantiers et Chapeliers, même rue ; pour les Tourneurs Tablettiers, rue de la Savonnerie ; pour les Tanneurs, au fauxbourg saint Marcel ; pour les Fondeurs, près saint Nicolas des Champs ; pour les Orfèvres, en leur Bureau et Chapelle rue S. Germain l’Auxerrois, et encore chez le Petit père cour du Palais ; pour les Patissiers, rue de la Poterie ; pour les Teinturiers, rue de la Tannerie ; pour les Bonnetiers, au Bureau cloitre S. Jacques de la Boucherie ; pour les Peintres, Doreurs et Sculpteurs, aux Filles Penitentes de la rue saint Denis tous les Dimanches au matin[6] ; et pour les Menuisiers, rue des Ecouffes.
[5] Ces adresses imprimées, et souvent enjolivées de dessins gravés, que se faisoient faire tous les marchands, ont eu leur mention plus haut à propos de celles qu’illustra Papillon. Quelques-uns les faisoient frapper en jetons. Nous en avons vu une de ce genre, en cuivre rouge et de forme octogone, portant, d’un côté : un chiffre entrelacé, avec la légende Pierre. Bizet. Marchand. Miroitier, et la date de 1703, à l’exergue ; de l’autre : une console drapée d’un tapis fleurdelisé, un miroir carré surmonté d’une pendule ; au fond, un manteau retroussé, et, pour légende : Av Magazin. Royal. Rue St. Martain.
[6] Ces filles pénitentes étoient les religieuses de Sainte-Catherine, dont il est parlé dans l’Introduction, p. ix-x. L’Académie des peintres avoit, au commencement du règne, loué, rue des Déchargeurs, le second étage d’une maison qui leur appartenoit et s’y étoit reconstituée. Elle y resta deux ans, puis alla s’établir au Louvre. Tout lien ne fut pas rompu entre elle et les religieuses de la rue Saint-Denis, qui se firent ses « recommanderesses », chaque dimanche, pour les jeunes gens qui voudroient y être admis comme élèves.
Les Cordonniers, Serruriers, Menuisiers, Tonneliers, Arquebusiers, Rotisseurs et autres, s’embauchent par eux mêmes en se présentant dans les boutiques.
Les Maçons, Manœuvres, Limousins, etc., s’assemblent à la Grève[7] tous les matins des jours ouvrables depuis quatre jusqu’à six heures, où l’on va prendre ceux dont on a besoin pour les atteliers.
[7] Ils y étoient tout près de la rue de la Mortellerie — aujourd’hui de l’Hôtel de Ville — où ils habitoient, et habitent encore en grand nombre, et qui devoit son premier nom à ces « mortelliers » ou maçons. Ils se tiennent à présent un peu plus haut que la Grève, sur la petite place qui se trouve entre la rue et le pont Louis-Philippe.
Les Revendeuses, Blanchisseuses, Ravaudeuses, etc., se melent de placer presque toutes les Servantes.
VÉRIFICATIONS ET RAPPORTS
DE JUREZ.
Monsieur Rainsant Medecin Juré du Parlement[1], demeure Isle Notre Dame, et M. du Tertre Chirurgien Juré de la même Cour[2] rue du Jardinet. Madame Maillard y fait la fonction de Sage femme Jurée, et demeure près le Palais.
[1] Fils du savant médecin-numismatiste Rainssant, mort deux ans auparavant.
[2] Il a été nommé plus haut, t. I, p. 157, au chapitre des opérations chirurgicales.
Messieurs Chauvel et Moreau Jurez Medecins du Chatelet demeurent, sçavoir, le premier rue saint Severin, et le deuxième rue de la Verrerie[3].
[3] « M. Arlot, médecin juré du grand Conseil, demeure rue du Four, près la Croix du Tiroir. » Édit. 1691, p. 39. Il a aussi été nommé plus haut.
Les Jurez Chirurgiens du Chatelet sont Messieurs Auguy près la Magdelaine, Helot rue de la Calandre, le Dran quay de l’Orloge, et Clerambourg rue saint Germain l’Auxerrois.
Le Livre de M. de Blegny contenant la Doctrine et les formules des Rapports de Chirurgie[4] se vend chez la veuve Nion.
[4] Voici le vrai titre du livre de Blegny, qu’il abrège ici et rend ainsi plus clair : la Doctrine des rapports, fondée sur les maximes d’usage, et sur la disposition des nouvelles ordonnances. 1684, in-12.
Madame Bureau et Mademoiselle sa fille Jurées Sages-femmes du Chatelet, demeurent rue saint Germain l’Auxerrois.
M. Dozier reconnu pour le plus expert Genealogiste[5], demeure au carrefour des trois Maries[6].
[5] Charles d’Hozier, fils de Pierre, qui avoit commencé la célébrité du nom. Il fut, comme lui, juge d’armes de la noblesse de France.
[6] Son adresse étoit ainsi donnée l’année précédente, p. 40 : « Monsieur d’Hozier, qui demeure au cloître Saint-Germain-l’Auxerrois, chez Monsieur Desvieux, greffier du Conseil… »
M. de Lonchamps au bout du Pont au Change du côté du Chatelet s’occupe pareillement à dresser et vérifier les arbres généalogiques.
Les Maitres Ecrivains Jurez nommez et employez pour la vérification des écritures et signatures contestées en Justice, ont leur Chambre chez M. des Planches[7], à présent Sindic en charge de leur Communauté, rue et devant le petit saint Antoine, tous peuvent être appellez à cette fonction, mais les plus ordinairement employez ce sont ceux des Anciens qui y sont occupez depuis longtemps ; comme Messieurs du Houx à l’Hotel des Ursins, le Comte rue saint Jacques, Lesgret rue du gros Chênet, et de Blegny rue saint André, etc.
[7] Il a été nommé déjà plus haut.
M. de Blegny fils de l’Ecrivain[8] à l’entrée de la rue saint André, est ordinairement nommé par Nosseigneurs de Parlement pour les Calculs et verification de Comptes.
[8] Il a été parlé plus haut d’un de ses livres de première éducation.
M. Barême aussi Aritméticien[9], devant le Pont Neuf au coin de la rue Dauphine[10], est occupé au même employ à la Chambre des Comptes[11].
[9] François Barrême, dont le nom est encore si populaire. Son Livre des Comptes faits, auquel il doit cette popularité, avoit paru pour la première fois en 1670, avec une dédicace à Colbert. En voici le titre complet : « le Livre des Comptes faits, où, sans avoir appris l’arithmétique, on y fait toutes sortes de comptes et multiplications les plus difficiles, quand il y auroit même des grandes fractions. Livre très-facile, et d’une grande utilité. » Barrême mourut en 1703.
[10] Il donne ainsi son adresse en tête de ses livres : Barrême, arithméticien, demeurant au bout du Pont-Neuf, rue Dauphine, enseigne briefvement l’arithmétique.
[11] « Il y a plusieurs écrivains déchiffreurs, qui ont leurs bureaux au Palais. » Édit. 1691, p. 41.
M. Penon fauxbourg saint Antoine près l’Abbaye, dresse et verifie les Arpentages[12].
[12] « M. Caron, rue Saint-Antoine, devant l’hôtel de Beauvais, est renommé pour l’arpentage. » Ibid.
Les Jurez Bourgeois Expers pour le Toisé, Visite, et Estimation des ouvrages dependantes de l’Architecture, ont leur Bureau à l’entrée de la rue de la Verrerie, et sont compris dans les deux colonnes suivantes[13] :
[13] Ils avoient été créés au mois de mai 1690, sous le titre d’experts jurés pour les bâtiments, et ne formoient qu’une communauté avec les entrepreneurs.
Expers Bourgeois[14].
[14] Cette liste est plus complète ici que dans l’édit. précédente, surtout pour les adresses, qui y manquent pour la plupart. L’auteur s’en excuse par quelques lignes curieuses sur la création alors toute récente de ces experts : « Il y a, dit-il, p. 40, des Jurez bourgeois de nouvelle création pour le toisé, visite et estimation des bâtiments de la ville, fauxbourg, prévosté et vicomté de Paris, qui sont au nombre de cinquante ci-après dénommez, mais qui ont si nouvellement financé qu’on n’a pu encore recouvrer les adresses que d’un petit nombre d’entre eux ; au besoin, il sera facile d’apprendre la demeure des autres par la liste qui sera apposée au Châtelet après la prestation du serment, après laquelle ils doivent être divisez en deux colonnes comme ci-après. »
Simon Lambert, quay de Nesle.
Gabriel le Duc[15], rue saint Denis.
[15] Fils ou neveu de l’un des architectes qui avoient travaillé au Val-de-Grâce. Il avoit lui-même construit aux Petits-Pères la partie des bâtiments où se trouvoit la bibliothèque.
Nicolas de l’Epine[16], rue de Clery.
[16] Reçu de l’Académie d’architecture, en 1699. Nous trouverons plus loin son père Pierre-Nicolas de l’Épine parmi les entrepreneurs.
Jacques Mazières, rue Neuve des Petits Champs[17].
[17] Il avoit fait beaucoup bâtir dans la rue Neuve-des-Petits-Champs, où nous le voyons logé. C’est à lui et à Lulli qu’on en devoit les premières maisons dans la partie qui longeoit le versant septentrional de la butte Saint-Roch. Nous le trouverons plus bas, avec Le Maistre qui suit, parmi les grands maçons.
Pierre le Maistre, aux Invalides[18].
[18] Il fut au nombre des entrepreneurs de la place Vendôme et il y vint loger. Nous l’y trouvons en 1702.
Jean Boullier de Bourges, rue Montmartre.
Rolland le Proüst, rue Bardubec.
Michel de Mezerets, rue de la Verrerie.
Isaac Meusnier, rue S. Martin.
François Pageois, rue S. Bon.
François Doucet[19], rue S. Bon.
[19] L’Almanach royal de 1702, p. 113, lui donne son vrai nom : Doussot.
François le Clerc, rue de Grenelle, quartier saint Eustache.
Claude Alexandre Voullau, rue Montmorency.
Louis Couvers[20], rue Chapon.
[20] Il faut lire Convers, comme dans l’Almanach royal.
Charles Mollet[21], rue Champfleury.
[21] Nous l’avons déjà vu plus haut au chapitre Jardinages, ainsi que Michel Le Bouteux, qui suit.
Michel le Bouteux, rue de la Magdelaine, fauxbourg saint Honoré.
Charles François Person[22], place du Palais Royal.
[22] Lisez Poerson, qu’on prononçoit Person. C’est l’assez médiocre peintre Charles-François Poerson, qui fut professeur à l’Académie de peinture, en 1695, et directeur de notre école de Rome, en 1704. Nous le trouvons avec Mazière, nommé tout-à-l’heure, dans une expertise d’art assez délicate pour un différend soulevé entre le riche amateur Crozat et Boule. (Archives de l’Art françois, t. IV, p. 332.)
Jacques Piretoüy, vieille rue du Temple.
Jean François Gobin, rue de la Parcheminerie.
André Perravet[23], rue des Prouvaires.
[23] Lisez Perrault.
Jean Baillif, rue Levêque, quartier saint Roch.
Baudouin Paul Lourdet, rue S. Thomas du Louvre.
Nicolas le Juge, rue du Gindre, fauxbourg saint Germain.
Expers-Entrepreneurs.
Bernard Menessier, rue des Roziers[24].
[24] « Près l’hôpital Saint-Gervais », ajoute l’Almanach royal de 1702. Nous le trouverons plus bas parmi les trésoriers alternatifs des bâtiments.
Jean Richer, rue saint Martin.
Jacques de la Joue[25], rue sainte Avoye.
[25] Il eut un fils qui fut reçu de l’Académie d’architecture, en 1721.
Claude Aubry, rue Montmartre.
Jean Serouge[26], rue Beauregard.
[26] Il descendoit de Toussaint Serouge, qui avoit été pour une part dans la construction des Tuileries.
Charles Joubert, rue de Poitou.
Jean Bailly, rue Copeau.
Jean Dorbay, rue Montorgeuil[27].
[27] Il y logeoit, selon l’Almanach royal, à l’enseigne des « petits Carreaux », celle même qui donna son nom à la partie de cette rue comprise entre la rue Saint-Sauveur et la rue de Cléry. Elle se trouvoit en face du no 29, et représentoit des petits carreaux à carreler, ce qui convenoit fort bien comme enseigne, à un entrepreneur. Jean D’Orbay l’étoit, en même temps qu’architecte. Il fut même, en 1705, de l’Académie d’architecture, dont son père, François D’Orbay, avoit été un des fondateurs.
Simon Pipault, à l’Arsenal[28].
[28] Il étoit grand entrepreneur de maçonnerie. V. plus bas.
Jacques Gabriel[29], rue S. Antoine[30].
[29] Premier architecte des bâtiments du Roi, reçu de l’Académie d’architecture, en 1700. Il fut aussi premier ingénieur des ponts-et-chaussées. On lui doit le projet du grand égout de Paris. Il mourut en 1742. C’est son fils, plus célèbre encore que lui, qui a construit le Garde-Meuble.
[30] La maison que Jacques Gabriel habitoit, rue Saint-Antoine, avoit été construite par lui-même, et ornée de sculptures par Le Hongre. On y remarquoit surtout la statue d’Uranie, que celui-ci avoit posée au-dessus de la porte. (Mém. inéd. sur la vie et les ouvrages des membres de l’Acad. de peinture, t. I, p. 369.)
Maurice Gabriel, rue S. Antoine.
Jean Philippes, rue Michel le Comte.
Nicolas Berthier, rue Neuve S. Roch[31].
[31] « Près la porte Gaillon », ajoute l’Almanach royal.
Estienne le Roy, rue du bout du monde.
Pierre Hacquan[32], rue Neuve saint Laurent.
[32] L’Almanach royal l’appelle « Hequan ».
Germain Guezard, rue Royale, quartier saint Roch.
Jean Michel Poisson, rue Roiale, quartier saint Antoine.
Pierre Levé, rue des Petits Champs.
Noel Masson, rue du Roy de Sicile.
Pierre Nicolas de l’Epine, rue de Richelieu[33].
[33] Père de celui que nous avons trouvé plus haut, rue de Cléry. Il avoit pris une grande part à l’aplanissement de la butte que longeoit la rue de Richelieu, et il s’y étoit fait bâtir un certain nombre de maisons. V. notre Histoire de la Butte des Moulins.
Jacques Guesniers, rue neuve saint Denis.
Jean Poisson, rue Jean Beau Sire[34].
[34] Nous le trouverons plus bas parmi les grands entrepreneurs de charpentes.
Estienne Yvon, rue Montmartre[35].
[35] Il faisoit des grandes entreprises de toitures. V. plus bas.
François Havart, rue Mauconseil.
Martin Coulle[36], quartier de l’ancienne Estrapade.
[36] Lisez : Caulle, comme dans l’Almanach royal.
Jean Baptiste Marteau, rue Phelipeaux[37].
[37] Il fut, ainsi que Caulle, qui précède, expert dans l’affaire de Boule et de Crozat, dont nous avons parlé plus haut.
Jean Laisné, rue Gervais Laurent.
HABITS D’HOMMES
ET DE FEMMES.
Monsieur Oultran Tailleur ordinaire du Corps du Roy et de Monseigneur[1], demeure rue et vis à vis l’Hôtel de la Monnoye.
[1] Il s’appeloit Barthélemy Autran, « travaillant seul, dit l’État de France, pour les habits du Roy, de Monseigneur le Dauphin et de Messieurs les princes ses enfants ».
M. Barois aussi Tailleur du Roy[2], demeure rue saint Honoré près les Pères de l’Oratoire.
[2] Il étoit sans doute des douze tailleurs ordinaires. L’État de France ne le nomme pas.
Messieurs Francisques[3] et du Puis[4] Tailleurs de Monsieur et de Monseigneur le Duc de Chartres, demeurent sçavoir le premier près le Palais Royal, et le deuxième rue des Petits Champs.
[3] L’État de France le nomme Francisque Sérini.
[4] François-Louis Du Puy. Son fils Gabriel avoit sa charge en survivance.
M. Mindy aussi Tailleur de Monsieur, demeure devant l’Hotel d’Aligre à l’Escouvette[5].
[5] L’Écouvette, que ce découpeur de draps avoit pour enseigne, étoit une longue brosse à manche, dont l’apprêteur se servoit, pendant le pressage des étoffes, pour asperger d’eau les plaques employées à les chauffer.
Le Bureau des Maitres et Marchands Tailleurs de Paris est sur le quay de la Mégisserie[6].
[6] Il n’y avoit, quai de la Mégisserie, que leur bureau. La confrérie étoit à la Trinité.
Les quatre Jurez en Charge de la Communauté, sont Messieurs Blin cloitre Notre Dame, la Lande rue saint Antoine, Brigüion rue Neuve saint Mederic, et Caubet rue de Grenelle.
Entre les Tailleurs pour hommes qui sont d’ailleurs renommez pour bien travailler, sont Messieurs Bonneau, Lagaru, Theveniere et la Lande devant l’Hôtel d’Aligre, Prévost et Landault rue des Petits Champs, la Lesse et Durant rue d’Orléans, la Borde rue du Four quartier saint Eustache, Chapignolle et du Chesne près la Boucherie de Beauvais[7], André rue Betizy, Guérard rue de Montmorency, Ruby rue de Guénégaud, Bresson rue saint Martin, Bausquet, Bouret et Ferret rue des Prouvaires, Goguet et Trallot rue de l’Arbre sec, Juste rue des Bourdonnois, Migeon devant le Jeu de Metz, etc.
[7] Cette boucherie, qui devoit son nom à la Halle, dont elle avoit pris la place, et que s’étoient longtemps partagée les tisserands de Paris et les marchands de Beauvais, se trouvoit au coin de la rue Saint-Honoré et des piliers des Halles.
Le Sieur Roussel Tailleur privilegié rue saint Honoré au coin des Pilliers des Halles, tient magasin de toutes sortes d’habits pour hommes, neufs et de rencontre.
Il y a sous les mêmes Pilliers un grand nombre de Tailleurs Fripiers, qui tiennent magasin d’habits de rencontre, entre lesquels le Sieur Fournerat[8] entreprend d’entretenir un homme d’habits honnêtes pour quatre pistoles par an[9].
[8] La rédaction est un peu différente dans l’édit. de 1691, p. 25 : « Le sieur Fournerat, marchand fripier, sous les piliers des Halles, entretient bourgeoisement et honnêtement d’habits, pour quatre pistoles par an. » Avant cet article, on y trouve celui-ci : « Il y a une friperie aux Halles, qui s’étend jusqu’au Pont-Neuf, pour le commerce des habits tout faits, vieux et neufs, simples et garnis, et même pour les habits de deuil et pour ceux de théâtre et de mascarades qu’on peut louer à tant par jour. » Le Pont-Neuf étoit leur limite. Depuis une ordonnance de police du 9 mars 1669, ils n’avoient sous aucun prétexte le droit d’y étaler pas plus qu’à la place Dauphine. On les parquoit aux Halles et dans les rues avoisinantes pour mieux pouvoir les surveiller, presque tous étant soupçonnés d’être des recéleurs.
[9] Fournerat eut souvent, pour son genre d’industrie, maille à partir avec les drapiers. Il ne se conformoit pas — car il travailloit autant sur le neuf que sur le vieux — à l’arrêt du 6 février 1616, enjoignant aux fripiers de n’avoir que des morceaux d’étoffes de cinq aunes au plus, et non des pièces entières. Aussi les drapiers obtinrent-ils contre lui une condamnation, le 23 décembre 1697. — Les drapiers étoient, au reste, très-attentifs aux intérêts de leur commerce et, par là, très-processifs. Ils avoient eu par exemple, pour faire valoir les droits de leur corporation, un procès en 1688 avec les marchands de soie. Ils le gagnèrent. Regnard y fait allusion dans sa farce Le Divorce, acte III, sc. 6.
Les Frères Tailleurs[10] demeurent à présent rue saint Denis au bon Pasteur près sainte Opportune.
[10] C’étoit une communauté, moitié laïque, moitié religieuse, que ne lioit aucun vœu, mais dont quelques pratiques religieuses et surtout le travail étoient la règle.
Il y a au bout de la rue Dauphine un Marchand Chaussetier qui fait des bas de toiles pour hommes.
Entre les fameux Tailleurs pour femmes[11], sont Messieurs Regnaud devant l’Hôtel d’Aligre, Villeneuve près la place des Victoires, Lallemand rue saint Martin, le Brun, le Maire et Bonjuste rue de Grenelle, Chalandat rue de l’Arbre sec, Fabre rue saint Antoine au Plat d’Etain, la Barque devant le Sepulcre, Bertrand rue des Petits Champs, Taland vis à vis saint Germain, etc.
[11] Ils étoient moins des tailleurs que des Corsetiers : « Ils s’attachent particulièrement, dit M. de Paulmy, à faire les corps et corsets baleinés, ce qui est vraiment un ouvrage difficile et délicat. » (Mélanges d’une grande Bibliothèque, t. XXII, p. 223.) — C’est donc comme corsetier et non autrement que Bandelet, propriétaire de la maison de la rue de Richelieu où mourut Molière, étoit tailleur de la reine.
Entre les Maîtresses Couturières qui sont en réputation de bien habiller les Dames, sont Mesdames Charpentier rue Montorgueil près saint Eustache, Villeneuve près la place des Victoires, Remond et Prevot rue des Petits Champs, Billard rue sainte Avoye, Bonnemain rue des fossez saint Germain l’Auxerrois, Fauvé Port saint Landry, etc.
M. l’Hermineau Brodeur du Roy, demeure aux Galeries du Louvre[12].
[12] Il occupoit ce logement des galeries depuis 1663 ; il y mourut en 1694. L’abbé de Marolles, dans Le Livre des Peintres, etc., édit. G. Duplessis, p. 87, accorde ce détestable vers à cet artiste de la broderie :
Larmino, grand brodeur, le fut aussi du Roy.
Les autres Brodeurs qui travaillent pour Sa Majesté[13] et pour la Cour, sont Messieurs de la Croix rue Neuve Saint Martin, Quenain rue d’Enfer[14], etc.[15]
[13] Le roi, outre L’Hermineau, avoit deux brodeurs ordinaires.
[14] « M. Quenain, fameux brodeur, demeure rue d’Enfer, au faubourg Saint-Michel. » Édit. 1691, p. 63.
[15] Il faut placer parmi ceux que Blegny ne nomme pas, Moignon, « excellent brodeur », comme l’écrit Duché dans une note de ses Pensées, à la suite des Préceptes de Phocylide, 1693, in-12, p. 118, après avoir dit : « Vous êtes jeune, Lisandre, bien fait, bruyant, effronté, vous avez un habit brodé par Moignon, un carrosse du bon faiseur… »
Les Sieurs Thierry, Frères[16], fameux découpeurs, demeurent rue Tirechappe, et devant saint Mederic.
[16] « Qui découpent les étoffes en perfection. » Id., p. 60.
Pour les Habits de Théatre et de Balets, voyez l’article des Passetemps et Menus Plaisirs.
M. du Mont près les Quinze Vingts qui fait très bien les Habits ordinaires, travaille aussi par excellence aux Habits de Theâtre et de Balets.