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BABALUM, i, n. La pique du dieu gardien des jardins; le sceptre de Cupidon.

BACCHANALIA. Bacchanales, ou les fêtes en l'honneur de Bacchus, dieu de la vendange. D'abord elles furent décentes, mais elles offrirent ensuite tous les désordres de la débauche la plus crapuleuse. On portait en procession des membres virils couronnés par des matrones respectables. Les Bacchantes couraient les rues toutes nues. Aujourd'hui il n'y a de Bacchanales que dans de petits appartements consacrés à cela, et ces fêtes se nomment, comme autrefois, orgies.

BADAS, ae, m. Qui se laisse métamorphoser en fille; qu'on emploie pour fille[58].

[ [58] Par une erreur bien volontaire.

BAETA, ae, m. Qui se laisse prendre pour une jolie fille, et qu'on traite de même.

BALANUS, i, m. Le gland qu'on offre à Vénus; la tête du dieu Priape.

BALLIO, onis. Cic. Conciliateur d'amourettes; pourvoyeur d'amour[59].

[ [59] Négociant en jeunes filles.

BALNEA, eorum. Bains publics, endroits de rendez-vous et préparatoires à la prostitution. Les Romains y allaient pour examiner les hommes nus, et choisir en quelque sorte les jeunes gens les plus propres à contenter leur goût singulier pour le péché contre nature. On dit que, dans plusieurs de ces endroits, les hommes et les femmes se baignaient pêle-mêle. Véritablement, les Romains ont poussé très loin ce genre de mollesse, qui se retrouve en Asie.

BAPTAE, arum, m. Prêtres de Cotytto, dont il sera parlé plus bas. C'étaient de francs vauriens et les plus débauchés des hommes. De tous temps les prêtres ont été libertins plus ou moins ouvertement.

BASIATIO, onis, f. Baiser, l'action d'embrasser. Voy. [OSCULUM].

BASIO, as, are. Baiser, donner des baisers, embrasser.

BASSARA, ae, f. Fille de joie, courtisane.

BATALUM, i, n. BATALUS, i, m. Le batail, ou le battant de la cloche amoureuse.

BATALUS, i, m. Qui souffre qu'on le fasse servir de femme; qui laisse exiger de lui le plaisir que les femmes seules devraient donner. Ou: Voy. [PODEX].

BETA, ae, f. Voy. [BAETA].

BILBIL, ind. BILBIS, idis, f. Fest. BILLIS, is, f. Le lait d'amour répandu à terre[60].

[ [60] Esprit-de-vin évaporé contre l'intention de la Nature.

BONA DEA. Cérès, ou la Bonne Déesse. Ses mystères, inconnus aux historiens et aux mythologistes, ne l'étaient pas à Juvénal. Si on l'en croit, il s'y passait de son temps des choses qui offensent rudement la pudeur. Cérès était la déesse de la terre et de la fécondité; une de ses fêtes avait lieu au mois de Mai, si célèbre par la révolution qui se fait dans la nature, qu'une chaleur nouvelle semble vivifier alors et rappeler aux actes d'une régénération entière. Ce que dit Juvénal de la licence de ces fêtes fait croire que, quoique dans les premiers temps de leur institution à Rome elles eussent été chastes, néanmoins, par analogie avec les propriétés du mois de Mai, il s'y serait introduit des mystères très opposés à leur première institution. Les prêtres de tous les pays ont le talent de régénérer, par des institutions commodes, la religion lorsqu'elle se perd. Les mystères d'Isis, de Vénus, de Bacchus, de Priape, n'étaient guère plus chastes. Clodius, à Rome, tenta le premier de violer les mystères de la Bonne Déesse, qui se célébraient à huis clos entre femmes, et, sous un déguisement féminin, s'introduisit dans la maison de César pour mieux jouir de Pompeia, qu'il aimait. Pompeia était la femme de César: elle ne pouvait mieux se venger de ses infidélités qu'avec ce Clodius, l'un des plus beaux chevaliers de son temps.

Voy. Juvénal, sat. 6e, vers 313 et suiv.; Apulée, au liv. 8e de ses Transformations.

BIPENNA, ae, f. L'instrument avec lequel l'Amour taille sa besogne.

BUBALIUM, ii, n. La bague qu'on court dans l'académie amoureuse.

BUCHEIS, idis, f. Palma Christi, plante merveilleuse pour les exercices d'amour. Elle croît en Syrie[61].

[ [61] Rien n'est plus dangereux que ces remèdes aphrodisiaques. Ils conduisent à l'impuissance par le plus court chemin.