C

CADERE CREBRO. Plaut. Tomber souvent sur les bras d'une aimable ennemie[62].

[ [62] C'est un plaisir qu'on n'a pas toujours le pouvoir de se procurer et qui n'en est que plus piquant lorsqu'on l'éprouve.

CADURCA, orum, n. Les bords de la fontaine d'amour; les lèvres de la bouche amoureuse; ce qu'on appelle, aux vieilles, les babines.

CADURCUM, i, n. Le cabinet de Vénus, la loge amoureuse[63].

[ [63] La chambrette des délices.

CAPULUS, i, m. Priap. Le manche amoureux; la poignée d'amour.

CARUNCULA, ae, f. Carnosité; excroissance de chair; chair glanduleuse et spongieuse; caroncule, dont quatre forment une barricade au devant du chemin couvert de la forteresse d'amour. Palissade sur laquelle niche quelquefois cet oiseau rare qu'on appelle aux Indes oiseau de Paradis, et en France pucelage.

CASALBADIUM, ii, n. Petr. Fille de commodité, fille de joie.

CASALVIUM, ii, n. Lieu, à Athènes, où l'on pouvait se fournir de filles commodes.

CASAURA, ae, f. Fille commode.

CASAURIUM, ii, n. Bordel, lieu de plaisir.

CASTRA CUPIDINIS. Ovid. Le camp de l'amour; le poste amoureux.

CASTRO, as, are. Ôter le sexe à un homme; le rendre neutre, inhabile à la génération; le priver de ce qui attire les dames, de ce lien qui joint un sexe à l'autre et des deux n'en fait qu'un. Eunucho committere juvenem exprime la même chose que castrare.

CATADACTYLIUM, ii, n. La bague puérile, que courent certaines gens d'un goût extraordinaire.

CATAMITUS, i, m. Favori de Jupiter, Ganymède; jeune garçon substituant les filles. Notre mot Français chattemite, que l'on interprète par ceux-ci: patelin, rusé, hypocrite, n'aurait-il pas aussi quelque analogie avec celui-ci? Voy. [CONCUBINUS], [PULLUS].

CATAPYGOS, i, m. Qui recherche la Vénus antistrophe. Ou: le doigt du milieu auquel on met quelquefois une bague, mais qui n'en porte jamais[64].

[ [64] Des religieux Asiatiques, par esprit de pénitence, se mettent au gland un anneau assez lourd pour empêcher l'effet des désirs charnels.

CATAPYGOSINE, es, f. L'amour de Vénus antistrophe, l'exercice de l'art subtil; la passion à laquelle les auteurs orientaux disent que la femme de Loth s'était soumise.

CATIA MATRONA. Femme qui s'habille à la manière des courtisanes, qui savent faire valoir tous leurs avantages corporels; femme leste, élégante.

CAUDA, ae, f. Hor. Ce qu'on appelle la queue dans les animaux qui n'en ont point.

CAULIS, is, m. CAULOS, i, m. La tige du genre animal.

CELLA, ae, f. La cellule des prêtresses de Vénus; la petite alcôve où elles se retirent pour sacrifier à l'amour dans un lieu de prostitution.

CERCOLIPA, ae, m. Catull. Voy. [PENIS].

CEVEO, es, cevi, cevere. Juv. Il a la même acception que le mot crissare, crisso, cité plus bas. Cependant le verbe cevere désigne plus spécialement le mouvement des hommes pendant le plaisir à la Grecque: Ego te ceventem, Sexte, verebor. Juvenalis.

CHALAMYDES, dum, f. Celles qui, par humilité, veulent bien prendre sur elles le fardeau du genre humain.

CHALCIDISSO, as, are. Mot tiré du Grec, qui exprime un genre de fantaisie érotique qui consiste à se faire lécher ou sucer les parties naturelles par des enfants. Les anciens habitants de la Chalcide chérissaient cette singulière volupté.

CHELIDON, onis, f. La caverne de Vénus; le gouffre où se précipitent la plupart des hommes.

CHIA, ae, f. Mart. (Subaud. Ficus). La figue que les Ganymèdes donnent à entamer, que Martial dit être d'un goût piquant et qui excite: au lieu que, dans les femmes, il dit qu'elle est fade et insipide, et la nomme marisca, et prétend que c'est un second c...

CHOEROS, i, m. La bauge où se vautrent les hommes les plus propres; le bourbier où presque tous les hommes se plongent.

CHRYSION, ii, n. Le Priape enfantin, une courte, une guigi, une margot.

CICINNIA, ae, f. La patronne des mignons ou Ganymèdes.

CIDARIUS, ii, m. Pédéraste; qui aime les jeunes garçons.

CILLO, onis, m. Sext. Pomp. Ict. Qui se laisse assujettir à l'ouvrage dont les femmes sont jalouses; qui usurpe l'emploi des femmes dans la République d'Amour; qui souffre les caresses qui ne sont dues qu'aux femmes[65].

[ [65] Et mérite par conséquent leur juste indignation.

CINAEDIA, ae, f. CINAEDIUM, ii, n. La patience à se laisser métamorphoser en femme.

CINAEDOLOGUS, i, m. Qui s'entretient de ce que les Italiens appellent l'art subtil; qui parle de l'amour déréglé pour les jeunes garçons.

CINAEDOLOGI, orum, m. Vers qui traitent de l'art subtil des Italiens.

CINAEDUS, i, m. Catull. Jeune garçon qui se livre à toutes les caresses que l'on veut lui faire[66].

[ [66] Octave, qui depuis fut appelé Auguste, passe pour avoir joué ce rôle auprès de César, qui, par reconnaissance, l'adopta. Les Romains, avant que d'être abrutis par l'esclavage, lui firent un jour sentir qu'ils savaient bien qu'il devait le trône à cette complaisance, et applaudirent devant lui à ce vers d'une comédie que l'on jouait:

Videsne ut cinaedus orbem digito temperet?

Ce goût paraît être celui des grands rois, et c'est peut-être pour cela que le grand Frédéric en était entiché de nos jours.

CIPUS, i, m. Le terrain où se plante le piquet amoureux.

CISTUS, i, m. Plin. La corbeille féminine; le panier où l'Amour met ses œufs[67].

[ [67] Heureux qui les casse!

CLAVUS CUPIDINIS. Plaut. Le clou de Cupidon, qui entre par la tête[68].

[ [68] Le passe-partout du jardin de Cypris.

CLAZOMENAE, arum, f. Les fesses: la partie chérie des hérétiques en amour. Comme les habitants de la ville Grecque nommée Clazomène étaient fort amateurs en ce genre, le nom de la ville est resté à l'objet de leur amour. C'est comme nous appliquons le nom de Normand à quelqu'un que nous jugeons fin et cauteleux.

CLINOPALE, es. Suet. L'exercice de la couchette; les tours de lit; la lutte amoureuse sur un lit, de peur de se blesser en tombant[69].

[ [69] Les gens à tempérament regardent cet exercice comme aussi nécessaire que celui de boire et de manger; et souvent ils ne considèrent les femmes que comme un meuble de ménage. Cette idée n'est point galante: en conséquence, il faut que les femmes fassent payer à ces gens-là leur utilité.

CLITORIAZO, is, ire. Clitoriser, se chatouiller le clitoris avec le bout du doigt pour se faire rire; ou faire cette action sur une personne dans la même intention. Badiner à l'endroit sensible; se jouer à la partie chatouilleuse; folâtrer du bout du doigt avec le loquet du cabinet d'amour[70].

[ [70] Gratter à la porte du palais d'amour.

CLITORIS, is, f. CLITORIUM, ii, n. Le clitoris, petit corps très sensible au haut de la partie naturelle de la femme; il a la figure du membre de l'homme. Le loquet du cabinet d'amour; le Priape féminin.

CLIVUS, i, m. La double colline qui se trouve au bas du dos. Voy. [CLUNES].

CLUNES, ium, f. Clunes agitare, movere. Priap. S'agiter, se remuer pendant le plaisir amoureux; faire sauter son homme. Ce qui suit s'applique aux non-conformistes comme aux femmes: clunibus fluctuare crispatis.

COA, ae, f. Femme qui boit bien, et qui ne refuse pas d'autres plaisirs[71].

[ [71] Venus Coa: femme débauchée, libertine à table. In triclinio Coa, in cubiculo Nola.

COEO, is, ivi, itum, ire. Ovid. Se choquer amoureusement; unir les corps comme les cœurs; s'exercer au combat amoureux; faire l'action; faire en compagnie le voyage amoureux.

COETUS, us, m. L'union charnelle des corps, légitime lorsque des contrats l'ont sanctionnée; illégitime quand elle tient à la convention du moment ou à la volonté passagère de deux individus. Coitus et concubitus lui sont synonymes.

COIRE FURTIM. Ovid. Dérober la connaissance d'un duel amoureux; prendre à la dérobée le plaisir, qui est plus doux quand on le dérobe[72].

[ [72] Si toutefois on dérobe un plaisir consenti par les deux personnes intéressées à ce plaisir.

COGNOSCO, is, ovi, itum, ere. Ovid. Connaître de la manière la plus intime et la plus sensible, et par celui de tous les sens qui fait le plus de plaisir[73].

[ [73] Connaître est alors synonyme avec posséder et jouir.

COGNOSCERE AMORES SUOS. Ovid. Jouir de ses amours; connaître actuellement quel est le plaisir qu'on peut tirer de ce qu'on aime.

COLEATUS, a, um. Pomp. Ict. Qui a des témoins pour prouver son droit en amour.

COLEATA CUSPIS. Pomp. Ict. L'aiguille de l'horloge d'amour et ses contrepoids; le dard, ou la flèche de Cupidon garnie de ses pennes.

COLEPHIUM, ii, n. Pain qui avait la figure de ce que, par excellence, l'on appelle le membre[74].

[ [74] Coliphia: c'était le pain dont se nourrissaient les athlètes. On croit qu'il était de même sorte que la béquille du Père Barnaba, et qu'on y glissait de la racine de satyrion pour augmenter les forces dans la lutte amoureuse.

COLES, is, m. Cels. La pique du dieu qui gardait les jardins; le dard de Cupidon, la flèche de l'Amour[75].

[ [75] La clef de toutes les serrures féminines.

COLEUS, i, m. Cic. Témoin en justice amoureuse; ce qui rend témoignage de la virilité; témoin de la validité d'un mariage.

COLUMBOR, ari, dép. Sen. Baiser à la pigeonne; pigeonner; donner et recevoir des coups de langue qui n'offensent point[76].

[ [76] Ou, par périphrase, humida dare oscula pugnantibus linguis. Tibull. S'embrasser de tout cœur.

COLUMNA, ae, f. La colonne de l'architecture humaine.

COMMITTERE OSCULA LINGUAE. Ovid. Commettre à la langue le soin de l'assaisonnement des baisers; faire servir la langue à rendre les baisers plus délicieux.

COMPRESSA VIRGO. Ter. Fille qui a été vivement embrassée; fille qui a souffert les plus tendres et les plus sensibles embrassements[77].

[ [77] Comprimere patronam, mettre une femme en presse.

COMPRESSUS, us. Ter. L'accolade de Cupidon; une embrassade tendre, vive et très sensible; le plus vif de tous les embrassements[78].

[ [78] L'étreinte la plus douce, le moment où deux corps ne font qu'un.

EX COMPRESSU EJUS GRAVIDA FACTA EST. Ter. Cette fille est grosse de son fait; il a engrossé cette fille.

CONCHA, ae, f. Plaut. La coquille de Vénus.

CONCILIATRIX, icis, f. Cic. Conciliatrice; celle qui s'insinue dans les bonnes grâces, qui gagne les cœurs, ou pour soi-même, ou pour d'autres.

CONCILIATRIX ANCILLA. Plaut. Une suivante qui ménage les intrigues de sa maîtresse; une fille qui entre dans le commerce amoureux de sa dame; une confidente des galanteries de sa maîtresse; l'intendante des plaisirs de sa dame[79].

[ [79] Duègne qui trahit son maître pour contenter sa maîtresse, et vice versa.

CONCILIUM GENITALE. Lucr. Conseil où l'on agite si l'on mettra un homme au monde; assemblée où l'on traite plaisamment de la génération de l'homme; accord mutuel de la nature; correspondance des natures.

CONCIPERE EX ALIQUO. Cic. Concevoir du fait de quelqu'un; être grosse des œuvres d'une personne; s'être imprimé fortement les plus vives et les plus sensibles expressions d'amour de quelqu'un.

CONCUBINA, ae, f. Cic. Concubine; maîtresse; femme d'un homme qui n'est pas marié; celle à qui un homme ne s'est pas engagé pour toujours[80].

[ [80] Synonymes: concuba, concubia, succuba, pellex.

CONCUBINATUS, us. Plaut. Concubinage; habitude de plaisir amoureux avec une personne[81].

[ [81] Qui n'est point sa femme par contrat notarié.

CONCUBINUS, i, m. Catull. Qui a une maîtresse; qui est en habitude amoureuse avec une fille; qui a une concubine. Ou (Quintil.): qui a une patience féminine en amour; catamite[82].

[ [82] Ganymède. Voy. [CATAMITUS], [PULLUS].

CONCUBITOR, oris, m. Qui couche avec un autre de quelque sexe que ce soit, ou par compagnie, ou dans la vue du plaisir.

CONCUBITUS, us, m. Ovid. Les caresses du lit; la tâche des amants; le devoir amoureux; l'ouvrage d'amour[83].

[ [83] Concubitus quaerere: désirer, rechercher le plaisir amoureux.

CONCUBITUM PETERE, PATI. Ovid. Rechercher, souffrir les caresses du lit.

CONCUBO, as, are, CONCUMBO, is, ubui, ubitum, umbere. Coucher avec quelqu'un, homme ou femme: ce mot n'est obscène qu'autant que, de l'action très innocente de coucher deux, il résulte un plaisir qui n'est pas innocent.

CONFICERE VIRGINEM. Ter. Abattre la fermeté d'une fille; avoir les gants d'une belle; humilier une pucelle[84].

[ [84] Forcer la garde du palais d'Amour.

CONFUTUO, is, ere. Catull. Faire de compagnie ce qu'on appelle f...... Ou: pondre au même nid qu'un autre[85].

[ [85] Posséder à deux les faveurs d'une belle.

CONGENUO, as, are. Varr. Serrer les genoux pour être plus ferme en lice.

CONGRESSUS, us, m. Combat de deux personnes sur un lit ou sur un canapé. Congressio exprime la même chose.

CONISALUS, i, m. Les armes de Priape.

CONJUGIUM, ii, n. Virg. L'action du mariage, le devoir conjugal.

CONJUGIO ALTERIUS POTIRI. Virg. Faire un cocu; jouir de la femme d'un autre; planter des cornes à quelqu'un.

CONNATATIO, onis, f. V. [CONNATIO].

CONNATILIS, m. f. le, n. is, g. Qui travaille au même atelier amoureux; qui entre de part dans une intrigue amoureuse; qui nage en amour dans la même eau; qui fait société avec un autre pour un commerce d'amour; qui vogue en amour sur la même mer.

CONNATIO, onis, f. Plaut. Course dans la même lice amoureuse; société en amour; jouissance par indivis; travail au même atelier amoureux; intrigue amoureuse partagée de concert. Ou, autrement: partage des faveurs d'une belle avec quelqu'un.

CONNATO, as, are. Plaut. Partager un cœur avec un autre; être rival heureux d'un amant bien traité; cultiver amoureusement avec quelqu'un le même champ; travailler au même atelier d'amour, n'être pas seul qui ait part aux faveurs d'une belle; goûter les douceurs d'amour au même endroit qu'un autre; aimer sans jalousie en même lieu; être en société d'amour avec quelqu'un; avoir un compagnon de jouissance.

CONQUINIO, is, ire, CONQUINISCO, is, ere. Plaut. Offrir le présent de Ganymède. Ou: baisser la tête et plier le corps, pour donner belle à l'enfilade.

CONSTUPRO, as, are. Violer, faire violence à la pudeur; vouloir donner par force du plaisir à des femmes qui n'en veulent pas avoir.

CONSUESCERE ALICUI. Ter. ALIQUO ou & CUM ALIQUO. Plaut. Être l'un avec l'autre dans la dernière privauté; avoir l'un pour l'autre une amoureuse complaisance; se donner ensemble de telles libertés, qu'on ne puisse se refuser rien; être familier au dernier point avec une personne[86].

[ [86] Être bien d'accord ensemble.

CONSUESCERE CUM MULIERE. Cic. Être en intrigue avec une belle; avoir commerce ou des liaisons secrètes avec une personne; avoir une habitude; avoir une inclination; avoir une maîtresse; faire galanterie avec une belle.

CONSUETIO, onis, f. Plaut. Commerce amoureux, galanterie; habitude galante; intrigue; liaison d'amour.

CONTUBERNIUM, ii, n. Cohabitation qui dégénère quelquefois en colibertinage, et tellement que ce mot, dans Suétone, veut dire concubitus. Vesticontubernium exprime la même chose.

CONTUS PEDALIS vel SESQUIPEDALIS. La perche d'amour. Ce mot est bien expliqué à l'article [MENTULA].

CONVENIO, is, ire. Plin. S'accorder dans le point qui fait la liaison la plus étroite des deux sexes; ne faire qu'un tout amoureux de deux moitiés séparées; en venir aux prises sous les étendards de l'Amour; livrer le combat amoureux; s'assembler amoureusement.

COPA, ae, f. Virg. Fille de plaisir; fille de joie; fille de commodité; courtisane; fille commode.

COPULO, as, are. Se joindre deux à deux, corps à corps: s'unir étroitement; jouir amoureusement.

COROLLARIUM PUERILE. Apul. La bague que courent certains amoureux dévoyés du chemin naturel; le soleil rouge-brun de Vénus antistrophe.

CORONA, ae, f. La tête du dieu Priape.

COTYTTIA, orum, n. Les mystères de la déesse Cotytto, ou de l'impudicité. Cette déesse n'était ci-devant qu'une danseuse, dont l'extrême lubricité mérita des autels; ses prêtres s'appelaient Baptae; ils dansaient en contrefaisant les femmes, et probablement prenaient leur place quand ils trouvaient des amateurs. Eupolis fit une comédie intitulée Baptae: Alcibiade, le Socratique Alcibiade, s'y trouvant désigné, tua tout bonnement l'auteur pour l'empêcher de critiquer les mœurs de ses contemporains.

COXA, ae, f. La cuisse touche de bien près au temple de Vénus, et celui-ci est souvent désigné chez les poètes par tout ce qui l'avoisine. Laufella tollit pendentis praemia coxae (Juven.): cela veut dire qu'elle se présente de si bonne grâce au combat amoureux, qu'elle remporte la victoire.

CRISSANS, tis, omn. gen. Juven. Qui remue les fesses; qui joue du croupion; qui tortille les fesses; qui remue le cul fort dru.

CRISSATURA, ae, f. Lucret. Remuement de fesses: jeu du croupion; mouvement de cul fort prompt; tortillement de fesses fort dru.

CRISSO, as, are. Remuer les fesses; faire des mouvements de fesses fort drus; jouer du croupion; tortiller le cul légèrement; faire des tortillements de cul fort prompts. Ce verbe est particulier aux femmes et à ceux qui en font l'office[87].

[ [87] On croit qu'il se prend plus particulièrement pour la posture qu'adopte la femme quand elle se met sur l'homme pour ne pas avoir le dessous; alors elle s'agite beaucoup mieux, et cela donne l'explication du lumbi fluctuantes de la 18e Priapée.

CROCOTULA, ae, f. Movere lumbos in crocotula. Habit léger pour les femmes, et couleur de safran, peut-être par allusion à quelques usages dans les orgies des Anciens autrement appelées fêtes nocturnes, mystères, etc. Habits de combat qui ne mettent que peu d'obstacles à la jouissance. Si l'on veut avoir des détails sur les habillements des femmes voluptueuses de l'Antiquité, il faut consulter l'Errotika Biblion, p. 94.

CRYPTA, ae, f. La grotte de Vénus.

CTIR, ind. La fontaine des amoureux et le gazon qui l'environne[88].

[ [88] La carte des pays bas.

CUCURBITA, ae, f. Plaut. Femme galante[89].

[ [89] Qui se livre aisément.

CUCURBITARIUS, ii, m. Qui met en œuvre la femme d'autrui, principalement celle de son seigneur de fief, ou de son maître, ou quelqu'une de leurs parentes.

CUCURBITATIO, onis, f. La liberté qu'on prend de semer dans le jardin secret d'autrui, etc.

CUCURBITO, as, are. Planter dans le jardin de plaisir d'autrui, et particulièrement de son seigneur de fief, ou de son maître; ou mettre en œuvre quelqu'une de leurs parentes.

CULICES PATI. Se laisser Ganymédiser.

CULUS, i, m. Visage à deux parties, autrement dit postérieur; objet du culte des hérétiques en amour. Culus tritus, autel trop fréquenté, où les sacrifices sont banaux. Synonymes: pars postica, clunes.

CUNNAGIUM, ii, n. Le droit du seigneur en amour; droit de coucher, la première nuit des noces, avec les femmes de ses vassaux, possédé autrefois par les comtes chanoines de Lyon[90].

[ [90] Tout cela est aboli, en France, avec les droits de fiefs.

CUNNATUS, a, um. Qui est pourvu de la partie qui fait presque tout le mérite des femmes.

CUNNILINGUS, a, um. Priap.[91]. Qui lèche le plat dans lequel on sert le mets amoureux; lèche-c.., épithète des petits chiens des dames, qui, par là, deviennent souvent enragés[92].

[ [91] Lingua maritus (Martial.)

[ [92] Il y a des hommes qui leur envient ce nom. On dit que les chiens deviennent enragés à force de s'occuper de cet ouvrage: mais il faut l'être pour les imiter.

CUNNOSUS, a, um. Qui loge au large les pèlerins d'amour[93].

[ [93] Anneau trop grand pour le doigt.

CUNNULUS, i, m. Ce qui ne se trouve que chez les petites filles, un conin, un conichon.

CUNNUS, i, m.[94] Hor. Le conduit de l'urine féminine; le vase amoureux; le chemin couvert de l'amour; la coquille de Vénus; le pays natal du genre humain; le but où visent les amants; l'endroit, chez les femmes, qu'on dit, mais qu'on n'imprime pas; l'autel où l'on sacrifie à l'Amour; le temple de Vénus; l'objet des peines et des plaisirs des amants; le bel endroit; le carquois de Cupidon; la boutique où l'Amour fait travailler en peau; le colombier de Vénus; le point d'honneur des dames[95]; le centre des délices amoureuses; le champ de bataille d'amour; le manège des coursiers de Cupidon; la nasse où se prennent les anguilles amoureuses; la salle d'armes du dieu d'amour; la fontaine où l'on porte l'eau; le réservoir de propagation; le four qui fait lever la pâte; la cuve de la brasserie humaine; le marais d'amour où l'on enfonce jusqu'au ventre; le trébuchet amoureux; le nid de l'oiseau d'amour; le nord de l'aiguille amoureuse; le calendrier naturel; le puits d'amour; la grotte de Vénus; l'embrasure des canons de Cupidon; le mortier amoureux; le terroir où l'on plante l'herbe sensitive; le champ qu'on aime à défricher; le terrier du lapin de Vénus; l'hôtellerie des pèlerins amoureux; l'objet de la galanterie; le creux où l'on moule les hommes; le cadran qui a souvent besoin d'aiguille; la manufacture de Cupidon; le tronc où chacun s'empresse de mettre la pièce; le trône du dieu des appas; le tribunal d'amour; le clocher où Vénus fait carillonner; le fourreau propre à toutes lames; le chemin qui conduit au plaisir; le receveur des droits de la mère d'Amour; le lieu de la folâtrerie; le bureau de la confrérie de Vénus; le bassin où l'on met les offrandes amoureuses; le peloton où Vénus fiche ses épingles; le fourneau où l'on fixe le mercure d'amour; le camp où l'Amour fait planter le piquet; le plus fort des objets de la tentation; le manichordion de Vénus; le creuset où l'on met les hommes en fonte; le palais de la galanterie; la galère qu'une seule rame met en mouvement; la prairie des amours; le cabinet de Vénus; le jardin de plaisir; la lice des coursiers d'Amour; le magasin des plaisirs amoureux; la niche du dieu Priape; la foulerie d'Amour; l'abreuvoir des coursiers de Cupidon; le tire-moelle amoureux[96].

[ [94] EPIGRAMMA JOANNIS SECUNDI

Dicite, grammatici, cur mascula nomina cunnus.

Et cur foemineum mentula nomen habet?

Sic ego, sic aliquis senior de gente verenda

Rettulit, attollens longa supercilia:

Mentula foeminei gerit usque negotia sexus,

Inde genus merito vindicat illa sibi;

Indefessus agit res qui, sine fine, virorum,

Mascula non temere nomina cunnus habet.

[ [95] Ce que les dames appellent «leur honneur», le «cœur» du chevalier de Boufflers.

[ [96] La partie qui distingue spécialement le sexe féminin. Nulle femme sans c.., nul homme sans v... Synonymes Latins de ce bijou: vagina, fossa inguinis, sulcus, arvum muliebre, genitale, hortus Cupidinis, pudendum muliebre, puta, selinon, prodigiosa Venus, meatum Veneris, feminal, virginal, radius Veneris, scrobs virginalis, barathrum foemineum, lanuvium, xanion, ulcus, rima, caverna, custon.

Infelix, cui torpet hebes locus ille!...

(Ovid.)

CURRUCA, ae, m. Celui que nous appelons improprement cocu, à qui sa femme donne un substitut[97].

[ [97] Qui n'est pas seul possesseur de son bien.

CYANISSANS, tis, omn. gen. Qui a envie de travailler naturellement; qui veut mettre en pratique le symbole de la fève qui a encore sa peau (c'est la fève de marais, symbole qui a fait dire à Pythagore: Abstine a fabis, abstenez-vous des fèves)[98].

[ [98] Axiome rejeté par les femmes, même les plus philosophes.

CYBELE, es. f. Cybèle, la mère des Dieux, la Bonne Déesse. Ses mystères se célébraient dans le plus grand secret, mais il paraît que la chasteté et la tempérance n'y présidèrent pas toujours, quoique les femmes eussent été dans l'origine les seules initiées. P. Clodius fut le premier qui entreprit de les violer en s'introduisant, sous l'habit d'une danseuse, dans l'appartement de Pompeia, épouse de Jules César. La chronique dit qu'il voulait abuser de cette femme. Les prêtres de cette déesse se nommaient Galli, et avaient été privés de cette partie qui nous rend hommes. Dans les temps de corruption, des hommes faisant fonctions de femmes imitèrent entre eux ces mystères et, comme on peut le croire, y introduisirent ce que la lubricité humaine a de plus dégoûtant.

CYDON, onis, m. Pédéraste, Gomorrhiste.

CYLLO, onis, m. Cic. Qui a été amplement pourvu par l'Amour en faveur des dames; personnage bien envitaillé.

CYNAEDUS. Voy. [CINAEDUS].

CYSONIPTES, ae, m. Baigneur qui a soin de tenir propre tout ce qui est plus particulièrement dédié à l'amour.

CYSOS, i, m. L'écrin du bijou d'amour; la gaine du poignard de Cupidon.

CYSTHOS, i, m. V. [CYSOS]. Ou: les fesses. Ou: le trou du cul.