L

LABDA, ae, m. f. Varr. Qui fait usurper à sa bouche l'emploi d'une autre espèce de bouche; qui engloutit des hommes liquides; qui boit le plaisir amoureux; qui dévore les hommes avant qu'ils puissent être vus.

LABDACE, es, f. Varr. Le suçage du trayon amoureux; le sucement du doigt qui est sans os; l'action de faire servir sa bouche aux usages d'une autre espèce de bouche.

LABRA MORDERE. Pincer avec les dents les lèvres de sa mie. Ces petits amusements ont lieu en attendant des plaisirs plus vifs.

LACINATA MULIER. Petr. Femme qu'on a déchirée à force de vouloir lui faire plaisir.

LAECASTRA, ae, f. Une courtisane sous les armes; une fille commode en équipage de conquête.

LAECACITAS, atis, f. Maquerellage. Ou: paillardise.

LAECATOR, oris, m. Pourvoyeur d'amour. Ou: paillard.

LAECO, as, are. Faire un maquerellage. Ou: paillarder, faire la joie.

LAEVIS. Voy. [LEVIS].

LAMBERE MEDIOS VIROS. Faire un métier de chien; Voy. [DEMITTERE CAPUT], [PHOENICISSARE], [TERERE INGUINA]. C'est faire aux dames, avec la langue, le même plaisir qu'elles font aux hommes avec la bouche.

LAMPADIUM, ii, n. Sortes de filles de joie qui se tenaient la nuit dans les rues avec une petite lampe à la main, afin que le marchand pût voir si la marchandise lui plaisait. A Rome, il y a encore de petits coquins qu'on trouve assis le soir dans les places et dans les rues, avec une petite lumière, et qui crient de temps en temps: «Chi me vuol levar?»

LAMPSACUM, i, n. Lampsaque, ville de Bithynie, célèbre par le culte de Vénus, de Cupidon et de Cybèle. C'est à Lampsaque que le dieu Priape, fils de Bacchus et de Vénus, fut élevé. Par reconnaissance, il fit toutes sortes de niches aux habitants de cette ville, c'est-à-dire aux maris des plus belles femmes, ce qui d'abord le fit chasser. Il finit cependant par y être adoré, et son culte y devint public.

LANDICA, ae, f. Voy. [CUNNUS].

LANGORES, orum, m. Débauchés aux femmes.

LANGUS, i, m. Adonné aux femmes. Ou: bardache.

LANUVINI, orum, m. Cic. Les témoins d'amour, vénérables par leur barbe.

LANUVIUM, ii, n. Prop. La foulerie d'Amour; le fouloir de Vénus; la fouloire de Cupidon.

LASCIVIA, ae, f. Lubricité; recherche des moyens de varier, augmenter, suspendre ou prolonger les plaisirs amoureux. Improbitas Venerea, selon Juvénal.

LASCIVIRE. C'est prolonger la jouissance; user des plaisirs de l'amour tantôt avec délicatesse, quelquefois avec assez d'emportement pour se mettre hors de combat.

LASTAURUS, i, m. Celui qu'en amour on appelle bien fourni; qui est bien emmanché. Ou: qui a l'entrefesson velu. Ou: l'entrefesson, le périnée. Ou: paillard, ribaud.

LATUS MOLLE. La croupe, les parties supérieures aux fesses; le fessier lui-même.

Quantum et quale latus! quam juvenile femur!

(Ovid.)

LAXUS, a, um. Se dit des hommes et des femmes dont le vase amoureux s'est élargi à force de servir. Il y a du remède avec l'onguent de la Comtesse; mais les palliatifs ne rendent jamais à la nature son vrai mérite.

LECTAMBULUS, i, m. Qui essaie de diverses garnitures de lit sans se fixer à pas une; un pirate d'amour; galant qui se divertit aux dépens des maris; un amant qui vit sur le commun; un corsaire en amour; qui court le bon bord en amour.

LECTICARIOLA, ae, f. Mart. Une femme qui trouve du ragoût dans les porteurs de chaise.

LECTI FURTIVI FOEDERA. Tib. Les secrètes liaisons où les larcins amoureux engagent; les tendres engagements que font prendre les vols que l'on fait en amour.

LEGAEGYNAECES, cum, f. Femmes âpres à la curée; gaillardes de grand appétit[148].

[ [148] Femmes à tempérament.

LENA, ae, f. Plaut. Appareilleuse; conciliatrice de volontés; entremetteuse; médiatrice de plaisir; pourvoyeuse d'amour; maquerelle; ministre de Vénus[149].

[ [149] Tante d'Opéra. Lena juventa, dans Ausone: la fraîcheur de l'âge attire les hommages.

LENO, onis, m. Ter. Marchand d'esclaves. Ou: ministre d'amour; intendant des plaisirs amoureux; pourvoyeur d'amour; appareilleur de Vénus; agent de change en amour; conciliateur de volontés amoureuses; courtier de plaisirs; maquereau; médiateur de tendres unions[150].

[ [150] Accapareur de filles; marchand de chair humaine.

LENO, as, are. Vet. epigr. Être marchand d'esclaves. Ou: fournir des sujets de plaisirs amoureux; concilier les volontés en amour; être ministre de Vénus; appareiller des amants; être courtier de plaisir; se mêler de pourvoir aux besoins amoureux; être pourvoyeur de Cupidon; être agent de change en amour; faire trafic de ce que recherchent les amants; s'entremettre d'unir les cœurs et les corps; être médiateur de tendres unions; faire commerce de marchandise amoureuse; négocier en faveur des amants; battre la caisse pour enrôler sous les étendards de Vénus; maquereller; prostituer.

LENOCINAMENTUM, i, n. Voy. [LENOCINIUM].

LENOCINATOR, oris, m. Voy. [LENO].

LENOCINE, adv. Lamprid. En maquereau; à la manière des pourvoyeurs d'amour; en courtier de Vénus; par maquerellage.

LENOCINIUM, ii, n. Cic. Trafic d'esclaves. Ou: conciliation de volontés en amour; intendance de plaisirs amoureux; trafic d'union de cœurs et de corps; charge de pourvoyeur de Vénus; médiation entre les amants; commerce de sujets de plaisirs amoureux; emploi d'appareilleur d'amants; courtage de plaisir; négociation en faveur des amants; office d'entremetteur d'amour; négoce de marchandise amoureuse; commerce de prostitution. Ou (Sueton.): coquetterie; air coquet; soin excessif de se parer; afféterie; affectation dans la propreté; manière affétée.

LENONICE, adv. Voy. [LENOCINE].

LENONIUS, a, um. Plaut. Qui concerne les marchands d'esclaves. Ou: qui concerne les ministres des plaisirs amoureux.

LEPUS, oris, m. Ter. Qui est, comme le lièvre, tantôt mâle, tantôt femelle; qui se laisse Ganymédiser. Ou (Ovid.): le lièvre qu'on fait lever pour le mener au gîte. Ou (Plaut.): Terme de caresse amoureuse.

LESBIO, as, are. Aimer à la manière de Sapho; vouloir imiter les hommes dans les caresses qu'on fait aux belles personnes de son sexe; tribader[151].

[ [151] Gamahucher. Les Lesbiennes sont célèbres pour avoir rendu la bouche le plus fréquent organe de la volupté. Elles employaient la langue à se faire plaisir mutuellement, et elles affectaient la blancheur aux lèvres.

LEVIS. Homme efféminé, qui prend soin de son corps comme une femme; qui se fait épiler pour qu'on se méprenne à la douceur de sa peau, et pour mieux jouer le rôle de femme.

LIBIDINES IN ALIQUO FACERE. Catull. Soumettre quelqu'un au dérèglement de ses passions[152].

[ [152] Libido praepostera: passion bizarre des non-conformistes.

LIBIDINOR, aris, ari. Polissonner; s'abandonner à la débauche.

LIBIDINOSUS, a, um. Débauché; libertin, tantôt impudique, et tantôt voluptueux.

LIBIDO, inis, f. Passion; désir; volonté; fantaisie; débauche.

LIGURIRE NATURAM CAPRIS. Suet. Employer sa langue à découvrir la propreté de la nature de nos chèvres[153].

[ [153] Il est difficile de rendre proprement cette expression. Voy. [LESBIO], [TERERE INGUINA].

LIMARE CAPUT CUM ALIQUA. Plaut. Donner à une personne et en recevoir coup sur coup des baisers affectueux; s'entrebaisotter. Ou: joindre de près une belle; se frotter avec elle.

LINGERE CUNNUM. Voy. [LIGURIRE] et [CUNNILINGUS]. Fantaisie ultramontaine et Florentine: les Français ont le cœur trop faible pour s'y livrer aussi fréquemment que les Italiens. Selon Martial, Eryx, fils de Vénus et de Butis, en est mort; mais les mythologistes prétendent qu'Hercule l'a tué, ce qui est bien différent.

LINGUA MALA. Mauvaise langue, en terme ordinaire. Ici, cela veut dire une langue impudique, lubrique. Voy. [LAMBERE MEDIOS VIROS].

LINGUA MARITUS. Martial. Langue qui entreprend sur les droits d'un mari, d'un amant.

LONGANO, onis, m. Varr. L'intestin rectum, que les Italiens appellent budel gentile. Pourquoi cela? je m'en rapporte. Le boyau culier; le gros boyau[154].

[ [154] Le gentil boyau: instrument de fantaisie.

LONGANON, is, m. Veget. LONGANUM, i, n. Voy. [LONGANO].

LUCUS HUMIDUS. Plaut. Le bosquet que l'Amour a soin d'arroser.

LUDERE, EDERE, BIBERE. Hor. Boire, manger, dormir à l'Hébraïque.

LUDERE IN UMBRA VOLUPTATIS. Petr. Se divertir en idée; goûter des plaisirs en imagination; s'arrêter à des voluptés imaginaires. Ou: préluder amoureusement; tâter le clavier amoureux.

LUDERE CUM ALIQUA. Petr. Badiner avec une personne; se jouer avec une belle; se divertir avec quelqu'une[155].

[ [155] Folâtrer, préluder, batifoler.

LUMBI, orum, m. Les reins: le levier d'amour; la puissance motrice et génératrice; la source de la liqueur séminale.

LUPA, ae, f. Cic. Courtisane; fille de joie; personne de commodité.

LUPAL, LUPANAR, is, n. Juv. Lieu de plaisir; maison de commodité; retraite de débauche; bordel.

LUPANARIS, m. f., re, n. Apul. De maison de commodité; de bordel; qui concerne les lieux de plaisir.

LUPANARIUM, ii, n. Ulp. Voy. [LUPANAR].

LUPANARIUS, ii, m. Lamprid. Suppôt de bordel; un souteneur; un mangeur de blanc. Ou: coureur d'aiguillette.

LUPOR, ari, dép. Accius. Courir l'aiguillette; rechercher les belles apprivoisées; mordre sur toute bête comme un chien d'amour affamé; en vouloir jusqu'aux chèvres coiffées; ne mépriser pas en amour les restes du genre humain; se plonger dans la débauche des femmes.

LUSIZONOS, i, f. Celle qui a éprouvé ce que vaut un homme; personne qui a fait expérience des talents amoureux d'un galant; fille qui a expérimenté combien un homme peut être utile au sexe[156].

[ [156] Voy. [LYZIZONA].

LUSTRO, onis, m. Catull. Chercheur de bonnes fortunes aisées; fureteur de lieux de plaisir; coureur d'aiguillette.

LUSTROR, ari, dép. Plaut. Courir l'aiguillette; fureter les lieux de plaisir; fréquenter les maisons de commodité.

LUSTRUM, i, n. Cic. Lieu de plaisir; maison de commodité; bordel.

LUXURIA, ae, LUXURIES, ei, f. La luxure; la débauche; l'impureté.

... Saevior armis

Luxuria incubuit, victumque ulciscitur orbem.

(Juven.)

Le péché de luxure a son agrément, lorsqu'il n'est pas poussé trop loin.

LYZIZONA, ae, f. Fille devenue femme; celle qui a fait épreuve des bons offices mutuels que les deux sexes peuvent se rendre. Voy. [LUSIZONOS].