M

MACROCAULUS, MACROCOLUS, i, m. Piquier dans le régiment de Vénus; lancier en la milice d'Amour; un longue-queue.

MAENADES, dum, f. C'étaient des espèces de prêtresses de Bacchus ou de Priape, qui, dans les fêtes de Cérès, ou de la Bonne Déesse, ou d'Isis, contrefaisaient peut-être ensemble, par chasteté, les mystères de l'amour, comme les philosophes Socratiques les contrefaisaient entre eux, par sagesse. Il résultait de tout cela que de l'imitation on voulait venir à la réalité, et que, sortant des mystères, les Ménades ou les Bacchantes couraient après les hommes, ululabant Priapum, avec une fureur qui écartait tout le monde. Aussi, ne trouvant personne à qui parler, on assure qu'elles sollicitaient les animaux.

MALA, orum, n. Priap. Ce sont les petites pommes de l'arbre de vie. Ève en fut gourmande, et ses descendantes ont conservé le même appétit pour ce fruit. Voy. [COLEUS], [TESTES].

MAMMA, ae, f. La mamelle; le sein d'une femme; la pomme d'amour. Mamilla est le diminutif; le terme est plus joli, mais la chose vaut mieux dans une belle et juste proportion. Mamilla se prend aussi pour la fraise ou le bouton qui couronne le sein d'une femme. Mamma inclinata: pendard.

MANGO, onis, m. Mart. Un maquignon; un Mercure procureur d'amourettes; intendant de sérail; directeur des menus plaisirs de la cour de Cythère.

MANUS PULLARIA, PROTERVA. Main libertine ou officieuse, qui rend à d'autres le service qu'on peut se rendre à soi-même. La jeune amie d'Ovide ne lui refusait pas cet aimable service:

Hanc etiam mea non est dedignata puella

Leniter admota sollicitare manu.

La main d'une belle femme a produit des miracles, et rajeuni des vieillards dont le cœur toutefois n'était pas mort:

Illius ad tactum Pylius juvenescere possit,

Tithonusque annis fortior esse suis.

(Ovid.)

MARISCA, ae, f. Mart. (Subaud. FICUS). Voy. [CHIA][157].

[ [157] Tumeurs au fondement, par l'effet du libertinage contre nature.

MASTRUPATOR, oris, m. Mart. Voy. [MASTUPRATOR].

MASTRUPOR, ari, dép. Mart. Voy. [MASTUPROR].

MASTRYLLIUM, ii, n. Voy. [LUPANAR].

MASTUPRATOR, oris, m. Mart. Assassin d'hommes informes; qui se passe de femme parce qu'il a cinq doigts à chaque main; celui qui se conduit par la main au plaisir; qui trouve une femme dans sa main; qui se joue à soi-même[158]. (En cas que ce mot soit composé de manus et de stupror: car s'il est fait de mas et de stupror, il signifie un Ganymédiseur; un puériseur; celui qui emploie dans ses plaisirs un sexe pour l'autre; qui métamorphose des garçons en filles; un bougre.)

[ [158] Un Narcisse, un Hippolyte; tout homme épris des jouissances solitaires: onanisme, et, pour les femmes, nymphomanie.

MASTUPROR, ari, dép. Mart. Assassiner des hommes informes; se passer de femme parce qu'on a cinq doigts à chaque main; trouver une femme dans sa main; se jouer à soi-même; conduire au plaisir par la main (soi ou un autre); clitoriser. Cette signification n'est qu'en cas que ce verbe soit composé de manus et de stupror: car, si on le dérive de mas et de stupror, il signifie Ganymédiser; puériser; métamorphoser des garçons en filles; faire emploi d'un sexe pour l'autre dans ses plaisirs[159].

[ [159] User du Manuel des Solitaires.

MASTURBATOR, oris, m. Mart. Qui devient mari de sa main; ou: qui conduit au plaisir par la main. Voy. [MASTUPRATOR].

MASTURBATUS, a, um. Mart. Qui est devenu le mari de sa main; qui a été conduit au plaisir par la main; qui s'est amoureusement chatouillé pour se faire rire; qui s'est joué soi-même; qui a trouvé une femme dans sa main. Ou: clitorisé.

MASTURBO, are, MASTURBOR, ari, dép. Mart. Voy. [MASTUPROR].

MATRIMONIUM, ii, n. Honnête concubinage ordonné par des lois et fondé sur des conventions entre hommes et femmes, qui presque toujours s'en repentent. Les Anciens en usaient avec encore plus d'appareil que les Modernes. Ils avaient une multitude de dieux, grands et petits, qui présidaient à toutes les cérémonies du mariage. Quand la fille avait engagé sa foi, les matrones la conduisaient au dieu Priape et la faisaient asseoir sur le membre énorme de ce dieu: là, on ôtait la ceinture de la jeune mariée, et l'on invoquait la déesse Virginensis. Le dieu Subigus soumettait la fille aux transports du mari. Le déesse Prema la contenait sous lui pour l'empêcher de remuer à contre-temps. Enfin la déesse Pertunda, ou Perforatrice, ouvrait à l'homme le sentier de la volupté. Dans les Indes, ce sont les prêtres qui se sont emparés de cette fonction divine. D'autres dieux et déesses présidaient aux travaux de l'enfantement; mais ici il ne s'agit que du plaisir, et non de la peine qui le suit.

MELLINA, ae, f. Plaut. Le cabaret où l'Amour enivre les hommes; le lieu où l'on goûte ses douceurs.

MEMBROSUS, a, um. Priap. Membrosior aequo Priapus: bien fourni de la pièce essentielle au jeu d'amour: puissant plus que l'homme n'a coutume de l'être.

MEMBRUM, i, n. Il y a beaucoup d'épithètes à ce mot. Voy. [MENTULA].

MENTULA, ae, f. Mart. Le sceptre d'amour[160]; le bâton de commandement dans la milice amoureuse; le flambeau de Cupidon; le poisson de Vénus; l'arc-boutant de Nature; le coutre de la charrue d'amour; le serpent tentateur; le pilon du mortier amoureux; la lardoire et le lardon dont fait piquer sa viande Cupidon; le pinceau qui redonne la couleur aux filles; le chalumeau dont l'Amour se sert pour enfler son ballon; le hoyau des jardins de Vénus; le bourdon des pèlerins amoureux; ce qui n'est qu'une ligne droite et fait pourtant les cornes aux cocus; le ciseau des sculpteurs d'amour; le refouloir des canonniers de Vénus; l'aiguillon de la volupté; le prototype des chevilles; la clef du cabinet de la mère d'Amour; l'instrument que l'Amour emploie à faire un étui pour les âmes; la quille, le mât et le gouvernail des vaisseaux amoureux; la lame que Vénus aime bien au fourreau; le hochet des amours; le plongeon de Vénus; le battant de la cloche amoureuse[161].

[ [160] Ce sceptre amoureux a plus d'une fois procuré le trône à des mortels favorisés de la Nature:

Imperium nobis mentula sola dedit.

(Priap.)

[ [161] La plume de l'Amour.

Voici les synonymes Latins de cette partie essentielle: Pars obscena, pars tegenda, tenta, penis, telum, columna, trabs, palus, contus pedalis, fascinum pedale, coleata cuspis, sceptrum, seminale membrum, ventris arma, vena tenta, hasta, Priapus, anguis, thyrsus, pensilia, peculium, muto, nota virilis, virilis nervus, mutinus, verpa, inguen, taurus, glans, babalum, psoleon, pyramis, clavus Cupidinis, vir, sica, sicula vel parva sica, cauda turgens, aluta, pipinna, iota longum.

MENTULATUS, a, um. Plaut. Qui est pourvu d'un grand persuasif en amour; qui est avantageusement partagé en faveur des dames; qui est bien fourni, doué par la Nature de magnifiques talents pour le service des belles; qui a de quoi servir le sexe à bouche que veux-tu; qui a une ample garniture amoureuse; que Nature a libéralement fourni à l'usage des dames, bien entalenté pour le sexe.

MERENDUM (AD) A LENONE COGI. A. Gell. Être forcé par un marchand d'esclaves à s'attirer les caresses du public par sa complaisance.

MERETRICATIO, onis, f. Voy. [MERETRICIUM].

MERETRICIE, adv. Plaut. En courtisane; en coquette outrée; à la manière des filles de joie; d'un air de garce; en putain.

MERETRICIUM, ii, n. Suet. Coquetterie outrée; profession de courtisane; métier de fille de joie.

MERETRICIUS, a, um. Cic. De coquette outrée; de fille de joie; de courtisane; de fille de commodité; de putain.

MERETRICOR, ari, dép. Colum. Fréquenter les maisons de commodité; hanter les lieux de plaisir.

MERETRICULA, ae, f. Cic. Diminutif de [MERETRIX].

MERETRIX, icis, f. Coquette outrée; courtisane; fille de commodité; fille commode; fille de joie; garce; putain; débauchée; fille d'amour[162].

[ [162] Synonymes: alicaria, diobolaris, elecebra, schoenicula, scortum.

MERITORIUS PUER. Cic. Jeune mignon qu'on entretient dans la vue de s'en servir à sa fantaisie; un Ganymède.

MERITORIA TABERNA. Suet. Maison de commodité.

MERITORIA SCORTA. Suet. Personnes qui s'attirent les bonnes grâces par des complaisances sans réserve.

MOBILIS, m. f., e, n. Cet adjectif est pris dans un sens assez lubrique par Ovide au second livre des Amours, où il parle du mérite des femmes et soutient que celle dont la démarche est hardie, agaçante, doit procurer sur un lit la plus voluptueuse agitation:

Sive procax aliqua est, capior, quia rustica non est,

Spemque dat in molli mobilis esse thoro.

MOECHA, ae, f. Femme mariée qui se livre aux désirs de tous les hommes qui lui font la cour; femme adultère; impudique, infidèle.

MOECHISSO, are. Entretenir un commerce adultère; pondre dans le nid d'autrui; cocufier son voisin, son ami, son parent.

MOECHOCINAEDUS, i, m. Lucil. Le mignon du mari et de la femme; celui qui rend à la femme ce que lui prête le mari; celui qui souffre du mari les caresses qu'il fait à la femme.

MOECHOR, ari, dép. Violer le lit nuptial; déchirer le contrat de mariage.

MOECHUS, i, m. Mari débauché, qui porte à la femme d'autrui ce qui n'appartient qu'à la sienne; adultère.

Fundum alienum arat: incultum familiarem deserit.

(Plaut.)

Semitarii moechi: libertins, coureurs de filles dans les carrefours et les places publiques.

MOLLES MARES. Hommes efféminés qui se prostituent à d'autres hommes; Ganymèdes, etc. Le synonyme de mollis serait le mot facilis. Voy. [PATHICUS].

MOLO, is, ere. Petr. Moudre amoureusement[163].

[ [163] Molitur per utramque cavernam: moudre à tout vent; ne refuser aucune proposition; entreprendre en tout sens. Molitor, dans Ausone, se distingue de moechus et adulter.

MONETA, ae, f. Le lieu où se frappe la monnaie d'amour; la pièce avec laquelle les femmes se font battre monnaie.

MORARI GAUDIA, vel sustinere sese in gaudiis. Ovid. Suspendre, arrêter, prolonger le plaisir et la volupté d'une jouissance. C'est un talent heureux, et auquel les amants délicats et bien constitués savent se livrer. Ovide prétend qu'il faut avoir sept lustres, ou trente-cinq ans, pour bien savourer le plaisir des sens; mais cela dépend d'une constitution plus ou moins forte.

MORDERE LABELLA. Catull. Sorte de caresse amoureuse imitée des oiseaux, qui se mordent bec en bec dans leurs transports érotiques. La marque qui reste quelquefois de cette morsure ne fait pas plaisir aux dames.

MORIGERARI ORE ALICUI. Suet. Livrer sa bouche aux plaisirs de quelqu'un; accommoder quelqu'un de sa bouche[164].

[ [164] Tacere, pris obscènement, veut dire la même chose.

MORIGERARI SIBI CUM ALIQUA. Plaut. Se divertir avec une belle; se donner du plaisir avec une personne; se satisfaire avec quelque belle; trouver une personne complaisante à tout ce qu'on veut d'elle; ne se refuser rien auprès d'une personne.

MORSIUNCULA, ae, f. Voy. [NOTA MEMOR].

MOTUS IONICI. Mouvements gracieux perfectionnés par les filles d'Ionie:

Motus doceri gaudet Ionicos

Matura virgo, et fingitur artubus.

(Horat., od. 6, l. III.)

MUGILIS, is, m. Muge ou mulet: c'est un poisson vorace que l'on appliquait, à Athènes, au fondement d'un homme surpris en adultère. Ce genre de supplice devait être cruel, en raison de la force de l'animal. On épilait aussi le derrière de ces criminels avec de la cendre chaude, ou on leur enfonçait un raifort dans le fondement. La jalousie conjugale a inventé tous ces supplices, dont il est parlé dans Catulle et Juvénal.

MULIEBRIA, ium, n. Quintil. Ce que les dames aiment à souffrir[165].

[ [165] Le plaisir des dames.

MULIEBRIA PASSUS A CENTURIONE ADOLESCENS. Quintil. Jeune garçon qui a souffert qu'un capitaine l'enrôlât au nombre des femmes.

MULIEBRIA, ium, n. La principale, et peut-être l'unique chose qui fait considérer les femmes dans le monde[166].

[ [166] La distinction spécifique du sexe.

MULIEBRE BELLUM GERERE. Cic. Combattre une aimable ennemie; faire la douce guerre.

MULIERO, are. Varr. Employer en guise de femme: faire servir de femme; métamorphoser en femme.

MUSAEUS, i, m. Auteur de livres lubriques. Voy. [ELEPHANTIS].

MUTINUS, i, m. Le dieu Priape, ou son arme.

MUTO, onis, m. Hor. Le membre par excellence.

MUTONIATUS, a, um. Mart. Voy. [MENTULATUS].

MUTONIUM, ii, n. Le coin des charpentiers naturels.

MUTONUS, MUTUNUS, i, m. Solin. Voy. [MUTINUS][167].

[ [167] Mutona verba: paroles obscènes en usage parmi les libertins.

MYSTAE, arum, m. Les prêtres de Priape et de Bacchus. On peut voir par là combien leur ministère était utile et respectable. Les prêtres ont été partout les ministres de la débauche et du mensonge.