S
SACANDRUS, i, m. La partie qui mérite des saccades amoureuses.
SAGITTATA OSCULA. Plaut. Des baisers à la pigeonne; baisers où les coups de langue vont dru[209].
[ [209] Où les langues se dardent.
SALACITAS, atis. f. Extrême lubricité.
SALAPUTIUM, ii, n. Voy. [PUTILLUS].
SALAX, acis. De salire: celui que la Nature rend très habile au jeu d'amour. Salax deus, Priape, dieu de l'impureté; salax eruca, la roquette, herbe aphrodisiaque ou qui excite à l'amour.
SALIO, ire. Monter à l'assaut; couvrir la femelle (ce qui se dit des animaux). Vox saliente libidine: cri que le plaisir arrache à qui jouit passionnément.
SALMACIDA SPOLIA. Cic. Une victoire amoureuse.
SALTUS, us, m. Plaut. Le bocage amoureux; la garenne d'amour; le bosquet de Vénus; le taillis où l'Amour va giboyer.
SARABUS, i, m.; SARON, i, n. Voy. [CUNNUS].
SAVIARI (pro [SUAVIARI]). S'embrasser avec tendresse.
SCATINIA LEX. Loi faite contre les professeurs de l'art subtil et contre leurs disciples.
SCELERARE TEMPLA. Profaner, souiller les temples par des actes de lubricité.
SCHEMA, ae. f. Suet. Manière particulière d'embrasser homocentriquement; la manière de faire cela.
SCEPTRUM, i, n. Le sceptre d'Amour; voy. [MENTULA].
SCHOENICULA, ae, f. Courtisane; prostituée.
SCINDO, ere. Rompre et déchirer tous les obstacles qui s'opposent à la jouissance; enlever un pucelage; forcer les barrières de la volupté.
SCORTATIO, onis. Voy. [SCORTATUS].
SCORTATOR, oris, m. Cic. Qui aime les filles de joie; putassier; bordelier; coureur de garces.
SCORTATUS, us, m. Apul. Inclination pour les filles de joie; ou: l'exercice qu'on fait faire aux filles de commodité; ou: leur fréquentation.
SCORTILLUM, i, n. Catull.; SCORTISCUM, i, n. Une jeune fille de joie; une petite garce[210].
[ [210] Ou: une fille de joie pour le petit peuple.
SCORTOR, ari. dép. Ter. Courir les filles de joie; fréquenter les filles de commodité; hanter les maisons de plaisir; ou: mettre en exercice les filles commodes; faire travailler les filles de Vénus.
SCORTUM, i, n. Cic. Fille de joie; fille commune. Ou (Suet.): un Ganymède.
SCORTUS, i, m. Voy. [CINAEDUS].
SCROBS VIRGINALIS. La fossette naturelle chez les dames; le puits d'amour. Voy. [CUNNUS].
SECUTULEIA, ae, f. Petr. Celle qui recherche les caresses de l'homme; belle de haut appétit; personne âpre à la curée[211].
[ [211] Femme à tempérament.
SELINON, i, n. Voy. [CUNNUS].
SEMEN HUMANUM. La graine d'hommes; la liqueur générative dont l'expansion est le but que la Nature se propose dans le déduit amoureux.
SEMINALE MEMBRUM. La gerbe d'amour. Voy. [MENTULA].
SEMIVIR, i, m. Eunuque; prêtre de Cybèle.
SICULA, ae, f. Catull. La dague amoureuse[212].
[ [212] Parva sica.
SIPHNIASSO, are. Plin. Fantaisie lubrique en usage parmi les anciens habitants de Siphno, l'une des îles Cyclades. Érasme dit que c'est manum admovere postico: aider les plaisirs du devant par ceux du derrière.
SOCRATES; SOCRATICI DISCIPULI. Tous ces messieurs les Sages, en fuyant la compagnie des femmes, en déclamant contre leurs défauts et contre l'amour, ont donné pour la plupart dans des accès bien plus répréhensibles. La nature ne perd jamais ses droits, et encore moins qu'ailleurs dans des climats brûlants.
SOLLICITARE INGUINA. Réveiller le chat qui dort; irriter les désirs charnels.
SOTADES, is, m. Sotadès, poète de Mantinée, le premier qui ait écrit sur l'amour Grec ou l'amour malhonnête et contre nature.
SPADO, onis, m. Eunuque: homme qui n'est plus homme, et qui peut servir de femme à ceux qui ne les cherchent pas où elles sont, ou les prennent à rebours lorsqu'ils les trouvent.
SPATALOCINAEDUS[213], i, m. Petr. Un joli Ganymède.
[ [213] Ou: SPATHALOCINAEDUS.
SPETLOMA, atis, n. Le bruit du concert amoureux.
SPHINGA, ae, f. Voy. [MERETRICULA].
SPHINX, gis, f. Voy. [MERETRIX].
SPINTRIA, ae, m. Suet. Inventeur de nouvelles attitudes amoureuses; qui trouve en amour des postures inusitées. Ou: Voy. [PATHICUS].
SPONSA TURPIS. Une épouse qu'on ne peut avouer. Les Romains avaient une sorte de mariage infâme et bien qualifié du nom turpis: deux hommes se mariaient ensemble. Juvénal en parle en plusieurs endroits de ses Satires, notamment dans la deuxième, vers 134 et suiv.
... Quid quaeris? nubit amicus,
Nec multos adhibet. Liceat modo vivere, fient,
Fient ista palam, cupient et in acta referri.
Interea tormentum ingens nubentibus haeret,
Quod nequeunt parere, et partu retinere maritos.
Sed melius, quod nil animis in corpora juris
Natura indulget: steriles moriuntur, et illis
Turgida non prodest condita pyxide Lyde,
Nec prodest agili palmas praebere Luperco.
Voyez le mariage de Gracchus avec un musicien, décrit dans la deuxième Satire, vers 117.
Néron épousa publiquement Sporus, son Ganymède; et le plaisant de l'affaire, c'est qu'après l'avoir épousé comme homme, il voulut décidément lui faire changer de sexe, et tenta pour cela le secours de la chirurgie et des enfants d'Esculape. Le pauvre Sporus en demeura tout mutilé: aussi, pourquoi se mariait-il à Néron?
Martial a parlé de ces noces abominables. Elles se sont, à ce qu'on dit, renouvelées sous Héliogabale, et sous notre ridicule Henri III, roi Français de Sodomitique mémoire.
On a dit plaisamment que Domitien, père de Néron, aurait agi prudemment en épousant un homme. En effet il n'eût pas eu d'enfant, et la terre n'eût pas été souillée par l'existence d'un monstre tel que Néron.
SPORUS, i, m. Non d'un eunuque. Voy. [SPONSA TURPIS].
SPURIA, ae, f.; SPURIUM, ii, n. La coquille des pèlerins d'amour.
STRUTHEUM, i, n.; STRUTHEUS, i, m.; & STRUTHIUM, ii, n.; STRUTHOS, i, m. L'oiseau d'amour; la racine amoureuse; le moineau de Vénus.
STULTICEN, inis, m. Un poète folâtre; qui ne chante que des folâtreries.
STUPRATIO, onis, f. Plaut. Engagement où l'on met une belle de se rendre à sa passion; la soumission à ses désirs amoureux qu'on exige de la complaisance d'une personne; prise de possession de l'honneur d'une jolie personne; la douce et agréable violence faite aux dames; prise de corps amoureuse; l'effort auquel les dames succombent avec plaisir.
STUPRATOR, oris, m. Quintil. Qui soumet une belle à ses désirs amoureux; qui fait aux dames une agréable et douce violence; qui pousse son inclination amoureuse aussi loin qu'elle peut aller; qui engage une jolie personne à se rendre à sa passion; qui s'empare de ce que les dames n'osent offrir; qui prend amoureusement possession de l'honneur d'une belle; qui fait des efforts où les dames succombent avec plaisir; qui exige la dernière complaisance des belles; qui pousse amoureusement sa pointe jusqu'au bout; un abatteur de bois remuant; un Poliorcète en amour.
STUPRATUS, a, um. Cic. Qui a laissé prendre une amoureuse possession de son honneur; qui s'est laissé aller à la passion amoureuse d'autrui; pris amoureusement au corps; qui a donné les dernières marques de complaisance en amour; qui a succombé aux efforts amoureux de quelqu'un; qui s'est donné aux désirs amoureux d'autrui; qui s'est amoureusement soumis aux inclinations de quelqu'un; dont on a exigé les dernières faveurs; à qui l'on a fait une amoureuse et douce violence; qui a été poussé amoureusement à bout; qui a été engagé à se rendre aux sollicitations amoureuses; qui a souffert des secousses d'amour; qui a été employé amoureusement hors de l'état de mariage.
STUPRISEQUESTRA, ae, f. Plaut. Fille de joie. Ou: appareilleuse.
STUPRO, are. Plaut. S'emparer de l'honneur d'une belle; engager une personne à se rendre à sa passion; prendre amoureusement au corps; s'attirer les dernières marques de complaisance en amour; soumettre à ses inclinations amoureuses; faire une amoureuse et douce violence; exiger les dernières faveurs; faire succomber sous ses efforts amoureux; pousser amoureusement à bout; prendre une amoureuse possession; engager à se rendre à ses sollicitations amoureuses; faire céder à ses empressements amoureux; employer amoureusement hors de l'état de mariage.
STUPROSUS, a, um. Val. Max. Voy. [STUPRATOR].
STUPRUM, i, n. Cic. Prise de possession de l'honneur d'une fille ou d'une femme; excès de familiarité amoureuse; l'effort où les dames succombent avec plaisir; la douce et amoureuse violence faite aux belles; amoureuse prise de corps; exaction des dernières faveurs; emploi qu'on fait d'une belle hors de l'état de mariage.
SUAVIOR, ari, dép. S'embrasser, se baiser amoureusement. Voy. [SAVIOR].
SUAVIUM, ii, n. Baiser sur la bouche. Synonymes: basium, osculum. Servius donne l'explication de ces trois mots: basium est le baiser qu'on donne à une épouse; suavium est celui que l'on donne à une maîtresse; osculum est le baiser de paternité, ou que les pères et mères donnent à leurs enfants: c'est aussi le baiser de paix et de cérémonie. Il y a un gros livre sur les baisers, par Kempius. On peut le lire lorsque l'on veut approfondir la matière en curieux et en savant: pour ceux qui ne le sont pas, la chose vaut mieux que le mot.
SUBACTIO, onis, f. Cic. L'action de fouler amoureusement; le travail amoureux qu'on fait faire sous soi.
SUBACTOR, oris, m. Lampr. Voy. [FUTUTOR]. Ou: Voy. [PAEDICO].
SUBACTRIX, icis, f. Voy. [FRICTRIX]. Voy. [TRIBAS].
SUBACTUS, a, um. Foulé amoureusement; repassé naturellement ou contre nature.
SUBACTUS, us, m. Plin. Voy. [SUBACTIO].
SUBADMOVERE MARI FOEMINAM. Colum. Mettre aux prises le mâle et la femelle; engager les deux sexes au combat de Vénus.
SUBAGITATIO, onis, f. Plaut. Le travail amoureux qu'on fait faire sous soi; les mouvements qu'on cause à ce qu'on caresse amoureusement; le branle qu'on donne à l'objet de ses plaisirs; les secousses amoureuses.
SUBAGITATOR, oris, m.; SUBAGITATRIX, icis, f. Qui met en mouvement l'objet de ses désirs; qui fait travailler amoureusement sous soi; qui met en branle ce qu'il aime.
SUBAGITATUS, a, um. Qu'on a mis amoureusement en branle; mis en mouvement amoureux; à qui l'on a donné des secousses amoureuses; qui travaille amoureusement sous autrui.
SUBAGITO, are. Plaut. Faire mouvoir amoureusement sous soi; mettre en amoureux mouvement; mettre en branle ce qu'on aime; donner des secousses amoureuses à l'objet de ses plaisirs.
SUBALARIA NEGOTIA. Affaires amoureuses.
SUBANS, tis, omn. gen. Plin. Qui refoule amoureusement. Ou: qui est en amour; qui est en chaleur.
SUBATIO, onis, f.; SUBATUS, us, m. Plin. Voy. [SUBACTIO]. Ou: la chaleur des femelles; le désir du mâle[214].
[ [214] Ce qui se dit plus spécialement des animaux.
SUBATUS, a, um. Qui a été amoureusement refoulé. Voy. [SUBAGITATUS].
SUBIGATRIX, icis. f. Voy. [SUBIGITATRIX].
SUBIGENDUS, a, um. Col. Qu'il faut refouler amoureusement; qu'on doit faire travailler amoureusement sous soi.
SUBIGITATRIX, icis. f. Plaut. Tribade, moderne Sapho.
SUBIGITO, are. Plaut. SUBIGO, ere. Cic. Suet. Refouler amoureusement; faire travailler amoureusement sous soi; refouler la charge amoureuse[215].
[ [215] Cela se dit des hommes et des femmes: Nicomedes Caesarem subegit.
SUBIGUS, i, m. Le dieu qui présidait au renversement des belles[216].
[ [216] Aux premiers sacrifices à l'Amour.
SUBO, are. Plin. Rechercher le mâle; être en amour; être en chaleur[217]. Ou (Hor.): Voy. [SUBIGO].
[ [217] Se remuer, s'agiter pendant le plaisir amoureux. Voy. [SURIO].
SUBANDO CUBILIA RUMPERE. Hor. Enfoncer le lit à force de faire rage[218].
[ [218] Et de mouvoir le croupion.
SUBSIDERE MARIBUS. Se dit des femelles des animaux, qui s'arrêtent et se tiennent fermes pour recevoir le mâle.
SUBULA, ae, f. Colum. L'alène de Cupidon.
SUBULO, onis, m. Voy. [PAEDICO].
SUBULO, are. Voy. [PAEDICO].
SUBURRANA PUELLA. Fille publique; courtisane; raccrocheuse. La Suburra est le quartier de Rome où logent toutes les filles publiques. Suburrana uxor, vel Summoeniana uxor: une prostituée, une femme qui se marie au premier venu pendant un quart d'heure.
SUCCUBA, ae, f. Ovid. Concubine; maîtresse; celle dont on a les faveurs.
SUCCUBO, are. Apul. Se soumettre aux caresses amoureuses; travailler amoureusement sous une personne.
SUCCUBONEUS, a, um. Titinn.; SUCCUBUS, a, um. Prud. Qui se soumet aux caresses amoureuses; qui travaille amoureusement sous autrui.
SUCCUMBO, ere. Varr. Voy. [SUCCUBO].
SUCCUMBERE ANTE NUPTIAS QUIBUS & VELLENT. Varr. Se soumettre, avant le mariage, aux caresses de tous ses amants; en donner à tous ceux qui en veulent avant d'être mariée; ne refuser personne avant ses noces.
SULCUS, i, m. Sillon charmant; fosse d'amour.
SUPERCUNNUM, i. n. Les broussailles du mont de Vénus.
SURIO, ire. Ce mot exprime pour les hommes ce que subare veut dire des dames.
SUSTINERE SESE (scilicet in gaudiis). Savoir jouir; s'arrêter à propos pour prolonger le plaisir que l'on peut donner à son amie dans l'acte Vénérien. Voy. [MORARI].
SYBARITICI LIBELLI. Catéchismes pour les libertins, dans lesquels la gymnastique lubrique était enseignée avec la plus grande perfection. Selon Lucien, ils ont pour auteur Hémithéon, natif de Sybaris.
SYNCOETIUM, ii, n. Le paiement des plus vives caresses amoureuses; l'honoraire en amour; le prix des dernières faveurs.
SYNUSIA, ae, f. La plus intime liaison que puissent avoir ensemble les deux sexes; la plus étroite union que puissent former deux personnes de sexe différent.