SCENE TROISIESME.

SPHERANTE, L'INFANTE.
SPHERANTE.

[En sortant de la chambre & reconduisant Spher.]

Belle Infante, il est vray Spherante est temeraire,
De vous offrir un coeur indigne de vous plaire,
Mais son crime est si beau qu'il ne peut consentir,
Aux lasches sentimens d'un triste repentir:
S'il ne doit pas de vous obtenir autre grace,
Il se contentera de cherir son audace:
Et son esprit faisant l'office de ses yeux,
Il vous adorera comme l'on fait les dieux:
Mesme si son malheur luy deffend l'esperance,
Vous verrez son amour par son obeissance:
Et son destin tousjours luy semblera bien doux,
Pourveu qu'il ayt l'honneur de vivre aupres de vous,

L'INFANTE.

Bien que je ne sois pas ny charmante ny vaine,
Je veux croire, Monsieur, que je faits vostre peine:
Et certes je vous ay de l'obligation,
D'avoir conçeu pour moy quelque inclination:
Mais vous devez sçavoir que je depens d'un frere,
Que tout ce qui luy plaist (Spherante) il me doit plaire
Et quelque affection que l'on me vienne offrir,
Qu'il ne m'est pas permis, sans luy de la souffrir,
Si vous estes touché d'un sentiment si tendre:
Avecque son adveu vous pouvez tout pretendre,
Ses seules volontez disposent de mon choix.

SPHERANTE s'en allant.

J'obeïray, Madame, à ces divines loix