Chinoises d’exportation.

A Manille, à Tahiti, à San Francisco, les Chinois qui viennent s’établir sont accueillis par des huées et des pierres ; à coups de pied on les mène dans des bureaux d’immatriculation où ils laissent leur dignité d’homme et leur premier pécule. Puis ils disparaissent dans la foule toujours grossissante des travailleurs jaunes, dans un ghetto où ils vivront de rien pour économiser l’argent du cercueil qui les ramènera dans une plaine de tombeaux, quelque part autour de Canton.

Les femmes de ceux-là sont heureuses. Peut-être, les Chinoises richissimes exceptées, peut-être sont-elles les seules Chinoises vraiment femmes, vraiment capables d’un pouvoir sur l’homme. Les maris travaillent ; elles jouissent de repos gras et qui engendrent des coquetteries étudiées ; elles ont le temps de songer à l’adultère. Et les Tagals splendides de Manille, les nègres hercules de San Francisco font assez souvent avec elles des couples réels d’amant et maîtresse.