Du bien commun spirituel que l'œil peut apercevoir.

Chapitre IV.

Dans ce qui peut être aperçu, qu'elle voye si toutes les Sœurs se trouvent à tous les exercices Spirituels en leurs tems, ainsi qu'elles y sont obligées, comme à l'Office, à la Méditation, à la Messe, aux Sacremens, & aux examens: de sorte qu'aucune n'y puisse manquer une seule fois, qu'elle ne le sçache, ou par soi-même, ou par le moyen de la Sous-Prieure. De plus elle doit prendre garde que quant à l'extérieur chacune assiste à ces exercices d'une façon décente, & qu'en Psalmodiant, ou méditant, pas une ne fasse aucun acte par lequel elle puisse distraire les autres.

Et lorsque quelqu'une seroit endormie dans le tems de la Méditation, ou de l'examen, celle qui sera près d'elle s'en apercevant l'éveillera, & celle qui dormoit résistera au sommeil en quelque maniere, quand même il seroit nécessaire qu'elle demeurât debout.

Et pour cet effet, il est à propos que les Sœurs reposent autant qu'il est necessaire, afin qu'elles soient vigilantes dans le tems convenable, & pour cela quand les nuits sont fort courtes, on doit prendre garde de retarder les exercices du matin, en sorte que les Offices divins qui sont de si grande importance pour la gloire de Dieu, & pour l'édification du prochain, soient faits avec vigilance, n'ayant point égard, ni au travail, ni à d'autres vûës basses, par raport au Service de Dieu.