SCÈNE II


Entrent ORIAN et ORSO. Ils s'agenouillent tour à tour devant le Pape et lui baisent la main.

LE PAPE PIE.—Je suis content de vous voir, mes enfants.

ORSO. Père, je vous amène un homme obstiné afin que vous lui fassiez entendre raison.

ORIAN.—C'est lui qui a perdu le sens et il faut que vous lui imposiez votre volonté.

ORSO.—Il a fini par se rendre quand je lui ai proposé de soumettre la chose à votre jugement.

LE PAPE PIE.—Je suis prêt à vous écouter.

ORIAN.—Par où commencer, Orso? Mais je sais ce que notre Père décidera. C'est absurde de nous avoir amenés ici.

ORSO.—Père, il a vingt-huit ans et je n'ai qu'un an de moins que lui.

Mais il est plus sage que moi; les chevaux et les armes sont plus mon affaire que les livres.

ORIAN.—Vraiment ce qu'il dit est si bête qu'il vaut mieux ne pas y répondre.

ORSO.—C'est lui qui m'a ramené à vous, Père, quand je m'égarais tristement.

ORIAN.—Non pas moi, Orso, mais la grâce de Dieu, et les prières de notre mère, et le bon sang qui coule dans tes veines.

ORSO.—Père, il est mon aîné, regardez-le. Il est grand. Je l'aime. Je l'admire.

C'est à lui de décider tout, et moi, je le suis où il va.

Dieu m'a tout disposé pour être son frère, le second avec lui, ce qui était en plus quand on l'a fait. Pour l'aider, pour l'aimer, pour faire ce qu'il me dit; et non pas pour prendre ce qui est à lui et pour lui causer aucune peine.

LE PAPE PIE.—Je sais que tu es un bon enfant, mon Orso.

ORSO.—Alors est-ce que je vais lui prendre la femme qu'il aime?

ORIAN.—Père, n'écoutez pas ce qu'il dit.

ORSO.—Ah, j'ai eu bien du mal à lui arracher cet aveu! Je le voyais si sombre et si fermé. Et je sais qu'elle l'aime aussi.

ORIAN.—C'est triste d'entendre de telles sottises.

LE PAPE PIE.—Est-ce vrai, Orian? Eh quoi, mes enfants, êtes-vous si grands déjà, il me semble que je vous vois tout petits encore. Voilà que vous voulez prendre femme et le vieux Père ne vous suffit plus.

ORSO.—Si fait, Saint Père, nous du moins nous serons toujours avec vous.

ORIAN.—Père, voici ce qu'il en est et je vais tout vous expliquer.

Cet Orso que vous voyez s'est follement épris d'une certaine personne.

Et parce qu'il n'osait pas lui parler, c'est moi qu'il a chargé de lui faire part de ses sentiments.

A quoi j'ai, par faiblesse et plus follement encore, consenti.

ORSO.—Je me le reproche, Orian. C'est un tort que je t'ai fait d'avance.

J'aurais dû savoir qu'où va mon cœur, là le tien doit être aussi.

ORIAN.—C'est à cette fête que donnait le prince Wronsky. J'ai donc... J'ai parlé à cette jeune fille.

Ah, j'étais trop orgueilleux aussi, trop dur, trop sûr de moi-même! Tout cela qu'il y avait en moi et que je ne connaissais pas, à mesure qu'elle parlait, tout cela qui fournissait en moi comme de la musique.

Il ne fallait pas que la vie fût si facile pour moi, il y a quelqu'un qui s'est chargé d'y mettre bon ordre.

Ce n'est pas drôle qu'à la vue de ce beau visage, sans que je sache comment, il y ait quelque chose en moi qui se soit mis à chanter, de si triste, de si enivrant, de si amer?

Toute une partie de moi-même dont je croyais qu'elle n'existait pas, parce que j'étais occupé ailleurs et que je n'y pensais pas. Ah, Dieu, elle existe, elle vit terriblement. Oui. Je n'ai pas une année de plus que mon âge.

Et ce qu'elle m'a dit (cette personne dont je parle), je ne peux plus l'ôter de ma pensée.

J'y arriverai cependant.

LE PAPE PIE.—Oui, il faut y arriver.

ORIAN.—L'entretien que nous avons eu, je voulais le garder pour moi. Je voulais me taire, fuir.

C'est lui qui ne m'a point laissé de repos et qui m'a forcé de tout lui dire. Du moins je ne serai pas un traître avec lui.

ORSO.—Et moi je n'en serai pas un avec toi.

Père, délivrez-le de ces scrupules bêtes.

Est-ce qu'il croit vraiment qu'il va me forcer à épouser cette personne qui l'aime et ne m'aime pas?

ORIAN.—Elle t'aimera, Orso.

ORSO.—Est-ce que je te prendrai ce qui est à toi? Ferai-je le bonheur de ma vie de ce qui serait le malheur de la tienne?

Ce n'est pas là ce que nous nous sommes juré, mon grand! Ce ne serait pas la peine d'être frères si nous n'étions en même temps de si bons amis.

ORIAN.—Tout ce que tu dis, Orso, je pourrais le dire aussi bien.

ORSO.—Mais ce n'est pas moi qu'elle aime, bon Dieu! c'est toi, elle a raison. Ce n'est pas un sacrifice que je te fais.

Quant à moi, je suis un soldat, est-ce que je vais fonder une famille, c'est ridicule!

Pour quatre jours complètement que j'ai la compagnie de tous mes membres. Car un temps a l'air de s'approcher qui ne promet pas l'âge de Mathusalem à l'espèce d'homme que je suis.

LE PAPE PIE.—Cette jeune fille n'a-t-elle pas d'yeux pour faire son choix elle-même entre vous deux?

ORIAN.—Précisément elle n'en a pas.

LE PAPE PIE.—Aveugle? c'est la fille du comte de Coûfontaine.

ORIAN.—L'ambassadeur de France oui.

LE PAPE PIE.—Il y a une tradition que jadis une demoiselle de Coûfontaine a sauvé Notre prédécesseur.

ORIAN.—Je ne sais.

LE PAPE PIE.—Vous savez que son père est Notre ennemi, en secrète union avec tous Nos persécuteurs?

ORIAN.—Je ne veux rien savoir de cet homme.

LE PAPE PIE.—Et que la mère est née Juive, et que l'enfant sans doute a été élevée dans la haine du Christ?

ORIAN.—Saint Père, elle est aveugle.

LE PAPE PIE.—Et vous qui voyez, c'est une aveugle que vous voulez prendre pour épouse?

ORSO.—Comment essayer de m'expliquer? Il ne faudrait pas avoir d'honneur. Cette faiblesse qui me donne un droit sur elle, un devoir sur elle. Il y a quelque chose en moi dont je sentais qu'elle ne pouvait se passer. Ces yeux où il n'y a pas besoin qu'il se forme une image pour qu'ils me voient.

ORIAN.—Vous entendez ce qu'il dit?

LE PAPE PIE.—Et que dis-tu toi-même?

ORIAN.—Père, que faire? ce n'est pas ma faute. Tant qu'on n'aura pas trouvé autre chose que les femmes pour en être les enfants, jusque là sur un cœur d'homme elles conserveront leur droit et leur empire.

Qui serait resté insensible en la voyant ainsi chancelante et aveugle et perdue au milieu de ténèbres irrémédiables, et appelant, et me tendant les bras?

La première personne en cette vie qui m'appelle et qui s'adresse à moi, comme quelqu'un de plus faible et cependant de plus fort,

Ce visage à la fois absent et nécessaire avec une délicieuse autorité.

Ainsi l'homme après un long exil qui retrouve le pays natal, et qui, le cœur battant, sous le profond voile de la nuit, reconnaît que c'est la patrie qui est là.

LE PAPE PIE.—Nous n'avons pas de vraie patrie ici-bas.

ORIAN.—Père, nous ne faisons rien sans vous. Tous les deux en même temps nous avons trouvé cette chose que nous ne cherchions pas.

Père, nous vous l'amenons, dites-le nous. Que faut-il que nous fassions de notre petite sœur?

LE PAPE PIE.—Est-ce un conseil que vous me demandez, enfants? car je ne puis sonder vos cœurs,

Et vous savez que le mariage est un sacrement, dont l'époux et l'épouse sont les seuls ministres.

ORIAN.—Conseillez nous.

LE PAPE PIE.—Dans tout ce que vous dites je ne vois que la passion et les sens et aucun esprit de prudence et de crainte de Dieu.

Cette jeune fille vous a plu et vous ne voyez rien d'autre.

Mais le mariage n'est point le plaisir, c'est le sacrifice du plaisir, c'est l'étude de deux âmes qui pour toujours désormais et pour une fin hors d'elles-mêmes

Auront à se contenter l'une de l'autre.

C'est une grande affaire et qui mérite réflexion et le conseil de plus anciens, comme la fondation d'une ville,

Cette maison fermée au milieu de qui jadis on conservait le feu et l'eau.

ORSO.—Père, si l'on réfléchissait, il n'y aurait pas beaucoup de mariages au monde et beaucoup de villes.

LE PAPE PIE.—Voilà le militaire qui mène tout tambour battant.

ORSO.—Père, ce ne sont pas des vieillards qui se marient, ce sont des jeunes gens.

LE PAPE PIE.—Ainsi, s'il n'y avait point cette crainte de faire de la peine à ton frère,

Ce ne seraient point Nos conseils qui t'arrêteraient?

ORSO.—Il me faudrait un ordre positif. Autrement ce n'est pas vous qui vous mariez, c'est moi, pauvre petit bonhomme.

Et qui endure les conséquences.

LE PAPE PIE.—Et que cette jeune fille ne t'aime pas, ce n'est pas ce qui t'arrêterait? Allons, n'hésite pas, sois franc.

ORSO.—Père, vous le voulez, eh bien, pour dire la vérité, non, ce n'est point cela qui m'arrêterait.

Puisque je l'aime, pourquoi ne m'aimerait-elle pas? Puisque je suis capable de la prendre en mains, pourquoi ne la prendrais-je pas?

Cela arrêterait Orian parce qu'il n'est pas assez patient et assez simple.

Il n'y a rien à quoi on n'arrive avec de la patience et de la douceur et de la sympathie, et un peu d'autorité, et un certain savoir-faire.

LE PAPE PIE.—Cette mère qui ne verra pas ses enfants.

ORSO.—Eux-mêmes la verront.

LE PAPE PIE.—Et cette famille que tu connais, ce père et cette mère qui sont les siens, ce n'est pas cela non plus à quoi tu fais attention.

ORSO.—J'aimerais mieux que la fille ne fût pas aveugle et que la famille ne fût pas borgne, mais qu'y puis-je?

Quand on livre bataille on ne choisit pas toujours le lieu et l'heure. Quand on construit une ville, on n'est pas sûr que le chemin de fer y passera.

Ce ne sont pas les difficultés qui arrêtent un homme de cœur.

Celui-là est incapable de quoi que ce soit qui n'a pas en lui un certain sentiment de la nécessité.

LE PAPE PIE.—La jeune fille est riche et tu es pauvre.

ORSO.—Tant mieux pour la ville que nous allons construire!

Sa fortune ne sera jamais aussi grande que l'usage que je saurai en faire.

LE PAPE PIE.—Mais tu ne construiras rien du tout, puisque c'est ton frère qui va épouser celle que tu aimes.

ORSO.—Voilà ce qu'il faut lui enjoindre positivement.

LE PAPE PIE.—Et tu ne mourras point de douleur?

ORSO.—Je ne mourrai que si on me casse la tête et il y faudra un bon coup!

Ce n'est pas une petite fille qui privera d'un officier les armées de la Sainte Église.

LE PAPE PIE.—Orian, que pouvons-nous contre cet homme résolu? il n'y a qu'à lui laisser le chemin libre.

ORIAN.—Je n'attendais pas de votre sagesse un autre avis.

LE PAPE PIE.—Pauvre enfant, tu l'aimes trop. Toi qui étais si fier de ta force, quand la main de Dieu se retire, vois ce qu'une simple créature peut sur nous.

ORSO.—Et c'est parce qu'il l'aime trop que vous lui dites de ne pas l'épouser?

LE PAPE PIE.—Ce n'est pas parce qu'il l'aime trop, mais parce qu'il ne l'aime pas assez.

ORSO.—Je ne vous entends pas.

LE PAPE PIE.—Ce n'est pas aimer quelqu'un que de ne pas lui donner ce qu'on a en soi de meilleur.

ORSO.—Et qu'y a-t-il de meilleur que l'amour également rendu?

LE PAPE PIE.—Ce qu'elle aime, ce n'est pas cet Orian qui est mon fils et que je connais seul.

ORIAN.—Point celui-là, mon père, mais un autre qui est bien fort.

LE PAPE PIE.—Je le sais, pauvre enfant.

ORSO.—Ainsi, pour tout le bien que je lui dois, la peine que l'on puisse lui faire la plus grande,

Vous voulez que ce soit moi qui la lui fasse? La chose qui est la plus précieuse,

Que ce soit moi qui la lui prenne?

ORIAN.—C'est moi seul, Orso, qui te le demande.

ORSO.—Je ne t'écouterai pas.

ORIAN.—A qui d'autre confierai-je ce qui m'est le plus cher au monde?

ORSO.—Manque à celle-là qui t'appelle et qui n'a que toi au monde!

ORIAN.—Où tu es je ne suis pas absent.

ORSO.—A décevoir son cœur ses ténèbres ne sont pas assez grandes.

ORIAN.—Cesse, Orso, tu me fais mal.

ORSO.—Mais il faut que tu l'épouses!

ORIAN.—Notre père me donne un autre conseil.

ORSO.—Te laisses-tu ainsi dépouiller de ce qui est à toi?

ORIAN.—Orso, si je l'épousais, il n'y a point de mesure possible entre nous;

Ce qu'elle demande, je ne peux le lui donner,

C'est mon âme qu'elle demande et je ne peux absolument pas la lui donner,

Moi-même ne la possédant pas.

ORSO.—Et moi, père, quel conseil me donnez-vous?

LE PAPE PIE.—Ne viens-tu pas de Nous dire que tu n'avais besoin d'aucun?

ORSO, à Orian.—Je ne puis te faire ce tort.

ORIAN.—Aucun tort. Sois à cette âme obscure le guide que je ne puis pas être.

De moi ce n'est pas la lumière qu'elle demande, c'est sa nuit qu'elle voudrait me partager.

Ce n'est pas un tort que tu me fais,

A moi de m'interdire ces ténèbres, à elle de lui donner la lumière, si tu le peux,—la cruelle lumière!

LE PAPE PIE.—La lumière n'est pas cruelle.

ORSO.—Adieu, Père! (Il lui baise la main.)

—Adieu, Orian.

Il sort.

Silence.

LE PAPE PIE.—Mon fils, il ne faut pas m'en vouloir. Il y a assez de gens qui me haïssent sans toi.

ORIAN.—Père, je ne vous en veux pas.

LE PAPE PIE.—Dis-moi, c'est donc si fort, ces attachements de la terre?

ORIAN.—Je vois une face qui se tourne vers la mienne, un beau visage, père, un pauvre visage qui ne voit pas!

LE PAPE PIE.—Il te verra plus tard.

ORIAN.—J'entends une voix qui dit: Orian, ne me reconnais-tu pas?

LE PAPE PIE.—Il faut lui fermer tes oreilles.

ORIAN.—Je revois de nouveau cette expression qu'elle avait, la joie qui peu à peu devient plus forte que le doute, ce mélange si touchant de désir et de confusion et de dignité virginale.

LE PAPE PIE.—Sois fort.

ORIAN.—Je vois cette tête qui fléchit, j'entends cette voix qui dit tout bas: Orian. et de nouveau,—de nouveau—si bas qu'on peut à peine l'entendre...

Silence.

LE PAPE PIE.—Pleure, mon enfant, cela te fera du bien.

ORIAN.—Je ne pleure pas.

LE PAPE PIE.—Pardonne-moi si je t'ai parlé, non en mon nom, mais au nom de ce qu'il y a de plus profond en toi.

Bientôt le Vieillard importun n'est plus.

Reste avec moi du moins, toi, mon fils préféré, à cette heure de la tribulation et du dépouillement qui approche. Reste avec moi à cette heure où tous vont me répudier.

ORIAN.—Je reste avec vous. J'ai foi en vous. Je crois que ce que vous me conseillez est bien.

LE PAPE PIE.—Est-ce moi seul qui te conseille?

ORIAN.—Ah, votre voix n'aurait pas tant d'empire, elle ne m'obligerait pas à de tels sacrifices, si elle ne répondait à ce qu'il y a de plus fort dans un homme,

A cette chose que j'ai à faire et pour laquelle je sais que j'ai été mis au monde, à cette chose qui l'a obligé à naître, à cette chose la plus forte dans un homme qui demande l'action et non pas le bonheur!

Il ne me reste qu'à la connaître.

LE PAPE PIE.—Est-ce que Dieu n'est pas une réalité pour toi?

ORIAN.—Dois-je marcher vers lui directement?

LE PAPE PIE.—Tu n'iras pas avec Dieu avant d'être débarrassé de ce que tu dois aux hommes.

Orian, donne-leur la lumière! Il n'y a pas qu'une aveugle au monde.

Pour celui qui sait ce que c'est que la lumière et qui la voit, est-ce qu'il n'est pas responsable de ces ténèbres où sont tant de pauvres âmes autour de lui et comment en soutenir la pensée?

Orian, mon fils, ce que je n'ai pu faire, fais-le, toi qui n'as pas ce trône où je suis attaché pour mieux entendre le cri désespéré de toute la terre; ce supplice d'être attaché pendant que toute la terre souffre et qu'on sait qu'on a en soi le salut, toi qui n'as pas ce vêtement devant lequel par la malice du diable tous les cœurs reculent et se resserrent!

Parle leur, toi qui sais leur langage, qui n'es un étranger à aucun repli de leur nature.

Fais leur comprendre qu'ils n'ont d'autre devoir au monde que de la joie!

La joie que Nous connaissons, la joie que Nous avons été chargé de leur donner, fais leur comprendre que ce n'est pas un mot vague, un insipide lieu commun de sacristie,

Mais une horrible, une superbe, une absurde, une éblouissante, une poignante réalité! et que tout le reste n'est rien auprès.

Quelque chose d'humble et de matériel et de poignant, comme le pain que l'on désire, comme le vin qu'ils trouvent si bon, comme l'eau qui fait mourir si on ne vous en donne, comme le feu qui brûle, comme la voix qui ressuscite les morts!

Mon âme est avec la tienne, mon fils. Fais leur comprendre cela, Orian.

LE FRÈRE MINEUR, est là depuis un moment.—Il y a à la porte du couvent toute une compagnie de dames et de cavaliers, la femme et la fille de l'ambassadeur de France, je crois,

(à Orian) Et il y a avec eux le signor Orso qui dit que vous veniez.

ORIAN.—Je ne puis.

LE FRÈRE MINEUR.—Il m'a bien recommandé d'insister et désire ardemment que vous veniez.

Silence.

ORIAN.—Non, je ne puis pas. Dites leur que je ne puis pas.


ACTE III

Les ruines du Palatin. Un soir de la fin de septembre 1870.