VIII
GRAND'MÈRE!
Tandis que sa mère retombait à genoux, Honoré souleva légèrement le rideau de la fenêtre. Il aperçut Brettecourt qui s'éloignait, tout accablé, appuyé sur le bras de Vauchelles. Le danger était écarté pour aujourd'hui, et il saurait bien l'écarter toujours ainsi. Il avait d'ailleurs parfaitement prévu ce qui se passerait dans l'esprit de sa mère: avec sa générosité, sa noblesse de sentiment, elle ferait tous ses efforts pour étouffer en elle toute pensée de colère, de haine; Brettecourt, en somme, n'était pas responsable de ce malheur. Mais il espérait que jamais elle ne le reverrait, que jamais elle n'aurait le courage de supporter la présence de l'homme qui lui avait tué son fils.
—J'ai peut-être eu tort, dit la marquise au bout de quelques instants, j'aurais du me maîtriser, recevoir cet enfant; il venait me demander son pardon… J'ai été cruelle pour lui!
—Ah! ma mère, croyez bien que je n'ai pas attendu votre retour pour déclarer à Henri, en votre nom comme au mien, que cet affreux malheur ne changeait rien à l'amitié que nous avons toujours éprouvée pour lui! Je n'ai pas eu pour lui un seul mot de reproche… Mais sa présence… ici… vous aurait fait trop de mal!
—Merci, mon enfant!
Elle l'attira contre son sein. Oh! qu'elle était touchée des soins dont il l'entourait depuis son arrivée!… Elle ne l'aurait jamais cru si tendre, si dévoué. Et d'ailleurs, il avait maintenant, pour elle, une qualité qui primait toutes les autres: il était devenu le chef de la famille. Il était le marquis de Villepreux! Elle oubliait sa jeunesse méchante, envieuse, ses colères terribles contre son frère, son animosité contre Juliette. Elle ne voyait plus en lui que le dernier descendant des Villepreux qu'elle devait aimer et même respecter par-dessus tout. Et lui, sentant grandir sa puissance, cachait sa joie sous une attitude de parfaite soumission.
Il essaya d'éloigner sa mère pendant qu'on étendait Jean dans sa dernière couche; mais elle eut l'énergie de rester. Elle avait tant pleuré qu'elle assista, sans une larme, à ce navrant spectacle. Et ce ne fut que lorsque son fils eut disparu pour jamais, lorsqu'elle eut déposé sur le bois du cercueil le dernier baiser, qu'elle consentit à se reposer un peu.
Juliette était venue la chercher.
—Pauvre enfant, lui dit-elle en s'éloignant, je ne me suis guère occupée de toi; je demanderai à Honoré qu'il t'installe tout près de moi, que je te sente dormir à mes côtés.
Juliette, malgré sa tristesse, eut un doux sourire:
—Venez, mère!
Et, la faisant entrer dans sa chambre, elle ajouta:
—Honoré a prévenu nos désirs.
Ce fut une exquise consolation pour Mme de Villepreux; elle ne s'attendait certes pas à une si jolie délicatesse de la part de son fils.
«Nous le jugions mal,» pensa-t-elle.
L'enterrement eut lieu le lendemain. Il fut très noble et très majestueux, mais se distingua de la généralité des enterrements mondains par la douleur sincère qui se lisait sur presque tous les visages: Jean de Villepreux n'avait pas un ennemi.
Brettecourt suivit le cortège entre Vauchelles et le maître d'armes Grandier. Au Père-Lachaise, il se cacha derrière une tombe, fuyant le regard de Mme de Villepreux.
On trouva, en général, que le nouveau marquis de Villepreux pleurait un peu trop: on ne croyait pas à ces larmes. Et Vauchelles, qui était un affreux sceptique, les compara aux célèbres larmes de crocodile de Catherine de Médicis. On admira, au contraire, l'énergie de la marquise. Elle n'eut pas une défaillance, même lorsque se produisit le roulement lugubre des cordages remontant après la descente du cercueil. Et c'est elle qui ramena à sa voiture Juliette toute tordue de sanglots.
A la sortie du cimetière, tandis que la foule des amis s'éloignait, après ces salutations et ces accablantes poignées de main qui prolongent la douleur, la marquise aperçut Brettecourt qui partait bien vite, comme honteux. Elle eut alors, en souvenir de son fils, une sublime pensée de bonté. Elle appela:
—Henri!
Il s'arrêta, demeura quelques instants immobile, n'osant s'avancer vers elle. Puis, éclatant en larmes, il se précipita sur ses deux mains qu'elle lui tendait.
—Pardon, balbutia-t-il, pardon!
Et il couvrit de baisers les mains de la pauvre mère. Déjà la foule le poussait, les banales poignées de main recommençaient; et bientôt la marquise se trouva seule avec Honoré.
Ils rejoignirent Juliette qui sanglotait toujours, presque renversée sur les coussins de la voiture. Et ils rentrèrent à l'hôtel, sans avoir prononcé une parole. La marquise, marchant automatiquement, se rendit dans la chambre de Jean. Et là, elle eut sa plus violente crise de désespoir: elle s'était jetée sur le lit et baisait la place où avait été étendu son fils. Juliette et Honoré la contemplaient sans rien oser dire. Enfin, elle se releva, les prit tous les deux contre elle et s'écria:
—Mes enfants, si vous voulez que mon malheur soit moins grand, aimez-vous bien tous les deux!
Pour seule réponse, Honoré attira Juliette et l'embrassa avec effusion.
Puis il dit:
—Ma mère, si vous le voulez, cette chambre restera toujours ainsi… Ce serait comme une chapelle où nous conserverions intact le souvenir de mon frère…
Cette pensée toucha profondément la marquise; mais elle eut l'énergie de faire son devoir.
—Non, dit-elle, je refuse. Cette chambre n'était pas seulement celle de ton frère; c'est la chambre des marquis de Villepreux. Tu l'occuperas désormais, mon fils, toi, marquis de Villepreux, chef de notre maison!
En prononçant ces paroles, la marquise eut une telle allure de grandeur que son fils lui-même en fut ému. Il lui sembla qu'il devenait un autre homme; et, pendant quelques minutes, il regretta sa méchante action. Juliette avait doucement levé ses beaux yeux vers lui.
—Je te remercie, dit encore sa mère, de ce que tu as fait pour
Juliette; tu es un bon fils.
Maintenant tous les changements étaient accomplis.
Le lendemain, la marquise reçut, parle courrier du matin, une lettre dont l'écriture la fit longuement tressaillir. Et la malheureuse mère hésita longtemps avant de l'ouvrir.
—J'aurais préféré qu'il ne m'écrivît pas! murmurait-elle.
Elle lut enfin ceci:
«Madame,
«Pardonnez-moi de vous importuner. Dieu m'est témoin que, si un devoir impérieux ne me forçait à vous revoir, je retournerais immédiatement en Afrique, sans même profiter de mon congé. Je comprends à quel point ma présence peut vous faire du mal.
«Vous m'avez permis, hier, avec une générosité admirable, d'implorer mon pardon. Cela suffit à mon cœur. Aussi, n'est-ce pas pour moi que je vous demande une entrevue, et une entrevue secrète… Dans les dernières heures que j'ai passées avec mon ami bien-aimé, j'ai reçu de lui une confidence que mon devoir m'ordonne de vous répéter. Il s'agit d'une chose très grave, d'une chose qui peut, je vous l'affirme, atténuer votre douleur. Je me présenterai chez vous dans la journée. Recevez-moi, je vous en supplie à deux genoux, non pour moi, mais pour mon ami Jean de Villepreux.
«J'ose à peine vous assurer de mon respectueux dévouement, et de mon ardente affection.
«HENRI DE BRETTECOURT.»
La marquise montra la lettre à Honoré. Celui-ci dissimula parfaitement son trouble. Et il se dit, d'ailleurs, qu'il valait mieux recevoir Brettecourt, lui faire raconter le peu qu'il savait. Cela ne lui permettrait que de mieux lutter ensuite contre l'ami de son frère.
—Recevez-le, ma mère, dit-il, avec un triste sourire. Ce pauvre Henri est si malheureux qu'on ne peut lui en vouloir de chercher un moyen de s'approcher une dernière fois de vous.
—Tu crois donc, qu'en réalité, il n'a rien à me dire?
—Pas tout à fait; mais il s'exagère évidemment l'importance des confidences qu'il aura reçues. Comment saurait-il quelque chose que nous ne savons pas, nous? Enfin, ma mère, c'est au nom de mon frère qu'il vous demande cette entrevue; accordez-la-lui.
—Soit! Mais, après, que je ne le revoie jamais! Je sais bien que j'obéis à un sentiment mauvais; mais je suis jalouse de le savoir vivant! Je ne puis me délivrer de cette pensée: pourquoi est-ce mon fils qui a été frappé et non pas lui?
Brettecourt se présenta au commencement de l'après midi; et on l'introduisit aussitôt dans le grand salon, où la marquise l'attendait. La veille, aveuglée par les larmes, elle avait à peine pu l'apercevoir; quand il s'avança vers elle, elle fut frappée non seulement par la douleur qui altérait ses traits, mais par le changement inouï qui s'était fait en lui. Il semblait vieilli de dix ans: ses yeux étaient plombés, ses joues tombaient, ses cheveux avaient presque blanchi. Il marchait lentement, en tremblant. Lorsqu'il arriva devant la marquise, sans prononcer une parole, il se mit à genoux.
—Relevez-vous, Henri! dit vivement la marquise.
Et elle lui montrait un siège en face d'elle. Il s'assit et la regarda longuement, n'osant pas parler. Elle le contemplait aussi, affectant un grand calme, maîtrisant ses larmes.
Elle parla la première.
—Henri, vous avez bien fait de venir. Il fallait que nous nous vissions, une fois, une unique fois! Ensuite, j'oublierai que vous existez; il faut bien que je vous oublie pour ne pas vous détester. Et je ne dois pas vous détester, vous le meilleur, presque le seul ami de Jean. S'il était mort frappé par une autre main que… que celle qui l'a frappé, c'est en vous que j'aurais trouvé ma plus grande consolation: vous m'auriez remplacé mon fils…
Il l'interrompit, d'un geste plein de dignité; puis, très lentement, la voix mouillée de larmes:
—Madame, ne m'accablez plus de votre bonté. Je comprends à quel point, malgré l'indulgence de votre cœur, vous devez me détester: j'ai à jamais empoisonné votre vie. Ne parlons plus de moi… Si un devoir impérieux, si l'espoir de vous apporter une immense consolation ne m'y avaient forcé, vous ne m'auriez jamais revu. J'aurais su me contenter de ce pardon que vous m'avez si noblement accordé hier… Je serais déjà reparti. Et Dieu m'aurait permis, sans doute, d'aller retrouver mon ami en combattant glorieusement pour mon pays!
Il fit une légère pause; l'émotion l'étouffait.
Puis il reprit:
—Mais un nouveau devoir me retient à la vie.—Ma vie ne m'appartient plus, elle appartient à mon ami Jean de Villepreux. C'est lui-même qui, dans la dernière journée que nous avons passée ensemble, m'a tracé mon devoir!
Si Brettecourt avait regardé en ce moment la tenture qui fermait à demi une large baie donnant du salon dans un petit boudoir, il aurait vu remuer cette tenture. Honoré de Villepreux, depuis le début de l'entretien, était tranquillement installé dans le boudoir et écoutait.
Mais, à partir de ce moment, il ne se contenta plus d'écouter: il s'approcha de la tenture, se dissimula dans un des plis, ménageant une légère ouverture qui lui permettait de voir le visage de sa mère. Il pourrait suivre ainsi toutes les émotions qu'elle allait ressentir.
Brettecourt continuait;
—Sans cet abominable malheur, madame, je serais aujourd'hui à Angoville pour vous présenter l'humble prière de votre fils; car il m'avait chargé pour vous d'une mission… qui eût été alors bien pénible à remplir, mais qui, je l'espère, va vous causer aujourd'hui une immense joie…
—Quelle joie pourrais-je avoir désormais? balbutia la marquise.
—Celle de voir revivre votre fils! déclara énergiquement
Brettecourt.
La marquise lui jeta un regard si stupéfait qu'il dit:
—Vous me croyez fou, peut-être? Ecoutez-moi bien, madame!—Vous prépariez depuis longtemps un brillant mariage pour votre fils: vous vouliez lui donner Mlle de Persant…
—Mais Henri, fit la marquise avec une certaine brusquerie, vous n'êtes donc venu que pour raviver toutes mes douleurs?
—Pour les adoucir, madame!—Jean m'avait chargé de vous annoncer que ce mariage ne s'accomplirait pas: il éprouvait, pour celle que vous lui destiniez, la plus tendre affection, mais une affection de frère. Depuis une dizaine de mois, il aimait, de l'amour le plus profond, une pauvre jeune fille…
—Assez, monsieur, assez! Vous oubliez le respect que vous devez à une mère…
—Madame, s'écria avec solennité Brettecourt, j'ai le droit de vous parler comme je le fais, et votre devoir est de m'écouter… Mépriseriez-vous donc… ce qui peut rester de votre fils?
—Expliquez-vous, Henri! Achevez!
Elle avait entrevu soudain la vérité. Henri comprit qu'il n'avait plus qu'un mot à ajouter pour gagner la cause de l'enfant inconnu dont il se constituait le défenseur; mais il fallait aussi faire estimer la mère, la fiancée de son ami…
—Madame, je dois vous répéter les choses comme mon ami me les a dites:—Jean aimait une jeune fille qui ne fait partie ni de notre monde ni même de la bourgeoisie, une simple ouvrière, à laquelle il s'est fait connaître sous un nom supposé. Ce qu'il m'a raconté au sujet de cette jeune fille m'a rempli d'amitié et d'admiration pour elle; et il m'avait chargé de vous dire ceci, et je vous le répète aujourd'hui, en vous en donnant ma foi de gentilhomme, c'est que, malgré sa modeste situation, cette jeune fille était digne d'entrer dans votre famille: il la voulait pour femme, et je devais implorer votre consentement. Il hésitait, depuis longtemps, à vous ouvrir son cœur, parce qu'il tremblait à la pensée de vous faire une peine, même la plus légère. Et celle-ci eût été grande. Il comptait cependant sur votre âme si aimante, si indulgente! Il n'avait plus, d'ailleurs, le droit d'hésiter: son honneur lui commandait de rendre le sien à cette jeune fille, puisqu'il le lui avait enlevé; son honneur lui commandait de se marier, pour que la naissance de son enfant ne fût pas entachée par une situation irrégulière…
Brettecourt n'eut pas le temps de continuer. La marquise s'était dressée devant lui, comme transfigurée:
—Un enfant! O mon Dieu! Jean me laisse un enfant!…
Et elle prenait les deux mains de Brettecourt.
—Henri, jurez-moi que vous ne me trompez pas, que vous n'abusez pas de ma crédulité! Un enfant de mon Jean, de mon fils, de mon bien-aimé!…
—Je vous le jure! prononça solennellement Henri.
Elle se jeta à genoux et, joignant les mains:
—Mon Dieu! vous avez permis cela? Vous avez eu pitié de moi? J'aurai un enfant de mon fils! Je sentirai encore sa chair! Mon Jean revivra dans un petit être que j'élèverai, que j'adorerai… Je pourrais donc avoir encore du bonheur sur cette terre?… Comme femme, comme mère, j'aurai été comblée… Et je serais grand'mère? Grand'mère de l'enfant de mon premier-né!…
Caché dans son pli de rideau, Honoré était blême de colère:
—S'il vient jamais au monde, celui-là, murmurait-il, il aura affaire à moi!
La marquise s'était relevée.
—Mais vous m'avez dit, n'est-ce pas, Henri, que cet enfant n'était pas encore né?
—Non, madame, puisque Jean tenait essentiellement à être marié avant sa naissance. Sa volonté absolue était, du reste, de ne jamais séparer la mère de l'enfant…
—Mais je ne les séparerai pas non plus! déclara la marquise. Mon Jean! Comme c'est bien lui, si noble, si bon, incapable d'une tromperie! Ah! sans doute aurais-je refusé mon consentement à ce mariage? Je me serais évidemment laissé guider par l'orgueil. Mais je serais folle, aujourd'hui, je serais coupable d'obéir désormais à autre chose qu'à mon cœur. La femme aimée par mon fils, la femme qui le partageait avec moi, cette femme ne peut être qu'une noble femme!… Je l'aimerai… Ah! voyez-vous, Henri, tout ce qui venait de Jean était si sacré pour moi!
—Ah! madame, si vous l'aviez entendu me parler de cet enfant! Si vous l'aviez entendu, quand il me disait: «Je suis père! Il me semble que mon fils a tressailli dans mon sein!» Car il voulait que ce fût un fils!… Il me disait ces choses avec tant de foi que je les croyais aussi!
—Un fils! balbutia la marquise. Un fils de mon Jean! Oh! si réellement c'était un fils!
Un superbe orgueil éclairait son visage. Et elle souriait presque, en regardant Brettecourt. Si la plus cruelle des douleurs lui était venue de lui, n'était-ce pas de lui qu'elle recevait cette sublime consolation?
—Eh bien! Henri, allons trouver cette femme; nous lui dirons que celui qu'elle aimait était le marquis de Villepreux, que les Villepreux respectent fidèlement leur parole, et que, si la mort a empêché mon fils de tenir la sienne, je suis là, moi, pour remplir ses engagements autant que peut le faire une grand'mère.—Qu'avez-vous donc, Henri?…
Brettecourt s'était reculé. Il ne s'attendait pas à une aussi vive explosion; il était venu sans réfléchir à cela, voulant dire d'abord la vérité, et chercher cette femme, ensuite… Il balbutia, comme terrifié:
—Mais… je ne la… connais pas!…
—Vous m'avez donc trompée? s'écria la marquise d'une voix qui s'irritait.
—Madame, je vous le jure une seconde fois sur mon honneur: je vous ai fidèlement répété l'aveu que m'a fait mon pauvre Jean dès qu'il m'a revu. Mais il ne m'a pas dit le nom de cette femme… Il devait, le soir même, me la faire connaître…
La marquise retomba accablée sur son fauteuil, les yeux fixes.
—J'espérais déjà! murmurait-elle. Mais ne vous trompez-vous pas vous-même, Henri? Ne vous exagérez-vous pas quelques paroles trop légèrement prononcées par mon fils?
—Je n'ai pas été le seul, madame, à recevoir les confidences de votre fils. Il les a faites, je le sais, au point de vue légal, à M. Florimont, votre notaire. Et, par son testament, Jean a tenu à bien établir…
—Un testament! s'écria la marquise, renaissant à l'espérance. Jean a fait un testament? Mais alors, nous allons tout savoir?…
—Hélas! madame, je crains bien que, comme moi, M. Florimont n'ignore absolument le nom de cette jeune fille. Jean lui avait fait seulement connaître ses projets: il vous les dira, et vous verrez que je ne vous ai pas trompée. Nous n'aurons plus alors qu'à rechercher cette jeune fille…
—Nous la retrouverons, Henri!
Honoré, les poings fermés, les dents serrées, murmura presque à mi-voix:
—Cherchez-la vite, alors, mes amis, avant qu'elle ait disparu!